11e Cuirassiers

11e Cuirassiers


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Commandant NARCISSE GEYER-LA-THYVOLLET

Le 11e Cuir était l’élément porté du Régiment de Reconnaissance de la D.F.L., c’est-à-dire que les Cavaliers du 11e Cuir et les Fusiliers-Marins combattirent côte à côte dans les Vosges comme ils l’avaient déjà fait en 1918 au Moulin de Laffaux.

L’HISTORIQUE

Au cours des combats de 1940 le régiment se battit sans espoir de la Somme à la Basse-Seine et deux citations â l’Ordre de l’Armée vinrent marquer pour la postérité la magnifique conduite de cette Unité.

A la suite du débarquement allié d’Afrique du Nord, les troupes allemandes franchirent le 11 novembre 1942 la ligne de démarcation et envahirent la zone dite Libre.

A LYON, au quartier de la Part-Dieu occupé par le Régiment, la Wermacht à coups de pieds et de crosses en chassa ses soldats français, De son autorité silencieuse, le gouvernement de l’époque couvrit cet acte brutal, prouvant ainsi, à ceux qui doutaient encore, que l’occupant était bien un ennemi.

Dans ce quartier de la Part-Dieu les officiers, enfermés dans un local avec l’emblème du régiment que l`un deux avait enlevé de la salle d’honneur, décidèrent de le remettre au colonel de la garde mobile du quartier voisin car celle-ci était reconnue comme force de l’ordre par les Allemands.

Un jeune officier du régiment le lieutenant GEYER , volontaire pour le transporter fit envelopper par son ordonnance l’étendard dans son manteau et bravant le danger, s’enfuit par la fenêtre. Arrêté souvent en chemin par les patrouilles ennemies le simple mot Offizier lui permit d’atteindre sans encombre le colonel et de lui confier l’emblème.

Bien qu’il soit libre et l’étendard sauvé, il y avait la parole donnée ; et par crainte de représailles envers ses compagnons, le Lieutenant GEYER réintégra la prison.

Puis, le 27 novembre 1942, la nuit venue et pendant que les Allemands buvaient et chantaient, des ombres se glissèrent dans la cour du quartier et gagnèrent l’écurie.

L’une d’entre elles, un officier, le lieutenant GEYER, détacha son cheval Boukaro.

Tout heureux de retrouver son maître ; il dut le caresser doucement afin de calmer ses hennissements de plaisir et, avec l’aide d`un de ses hommes il enveloppa de paille et de chiffons les sabots du cheval et le sella.

Le moteur d’un camion fut mis en marche afin de couvrir les grincements du portail : A t’approche d’une sentinelle les deux hommes eurent juste le temps de cacher le cheval derrière le véhicule. Le chauffeur prétexta une réparation et l’officier profitant des accélérations du moteur ouvrit la grille, enfourcha son cheval et disparut dans la nuit.

Quelques secondes plus tard, la sentinelle allemande rejoignit son poste furieuse d’avoir été dérangée.

Précédé de deux de ses hommes montés sur une bicyclette, l’officier traversa les rues de LYON ; après avoir évité de nombreuses patrouilles ; il arriva à DECINES , au terme de sa première étape.

Là, il décida de partir pour la Drôme en deux étapes afin de ménager sa monture ; parcourant 80km atteignant prés du Grand Serre, la forêt de la Thivollet dont il prit le nom pour pseudonyme.

Au cours de plusieurs voyages à LYON, il recruta ses anciens soldats, et reconstitua partiellement le 11e Cuirassiers.

Afin de pouvoir subsister, quelques-uns d’entre eux travaillaient le jour dans des fermes et se retrouvaient la nuit pour faire de l’exercice.

Bientôt éventé, et par crainte de représailles envers la population, l’officier regroupa ses hommes dans un camp et ils passèrent leur premier hiver dans la nature. Démunis de ressources, ils vécurent alors, sur la solde perçue par leurs camarades, placés en congé d’armistice. Pendant des semaines, ces maquisards eurent froid et faim. A cette époque les parachutages étaient inexistants ; bien souvent ils n’eurent qu’une pomme de terre pour souper et se contentèrent d’une couverture à deux pour dormir, l’instruction militaire fut la seule distraction de ces jeunes gens jouant à cache-cache avec l’occupant.

Au printemps, de nombreux réfractaires au Service du Travail Obligatoire vinrent renforcer les cuirassiers et le lieutenant GEYER , promu capitaine, se trouva bientôt à la tête de plusieurs camps.

Dans la nuit du 9 octobre 1943, les maquisards réussirent a déjouer l’opération dirigée contre eux par 300 soldats S.S., dite de l’armée allemande. Trois habitants du Grand Serre et un Cuirassier, déportés et décédés à BUCHENWALD en furent les victimes.

Le 4 janvier 1944, le capitaine GEYER , nommé chef militaire de la zone Sud du VERCORS depuis le 6 décembre 1943, en remplacement du capitaine LE RAY, gagna le VERCORS.

A la tête de ses hommes il dut franchir plusieurs barrages de police, et installa son P.C. près de ST-MARTlN-EN-VERCORS , d’où il continua sa tâche.
Tout en tenant l’ennemi en haleine, les cuirassiers échappèrent aux opérations de nettoyage lancées contre eux. en janvier, mars et avril 1944.

Après le débarquement allié du 6 juin, la mobilisation des forces vives de la Résistance fut ordonnée, et de tout le pourtour du VERCORS affluèrent de nombreux volontaires.
La terreur régna chez l’ennemi qui fit appel à des sections spéciales pour tenter de réduire cet abcès incrusté sur ses fines arrières et nuisibles au moral de ses troupes.

Les Allemands, après avoir sondé les Forces Françaises en attaquant du 13 au 15 juin le secteur Nord du VERCORS venu par les chasseurs, renforcés par deux pelotons de cuirassiers, décidèrent de monter une opération de grande envergure, minutieusement combinée.

Le 21 juillet, deux divisions allemandes, la 157e Division d Infanterie Alpine et la 9e Panzer, appuyées par l’aviation, par des troupes aéroportées et par des parachutistes investirent le plateau.

Attaqués de toutes parts par un ennemi supérieur en nombre et puissamment armé, les PAS cédèrent. Les habitants du plateau furent pour la plupart massacrés. Dans la grotte de la Luire, les Allemands, frappés d’une folie sanguinaire, s’acharnèrent sur tous les blessés qu’ils achevèrent. Les appels à la radio étant demeurés vains, l’ordre de dispersion fut donné, et les cuirassiers se réfugièrent dans la forêt de LENTE .

Sur le sol souillé par le barbare, plus de 200 d’entre eux, en fiers gaulois fidèles â leur race, étaient tombés au champ d’honneur.
Toute trace de vie ayant disparu sur le plateau, l’ennemi crut à la victoire d’autant plus que les cuirassiers embusqués dans la forêt de LENTE demeurèrent introuvables.

Entendez-vous la trompette guerrière , dit leur chanson ; dès le débarquement de Provence du 15 août, ils se regroupèrent et sous la conduite de leurs chefs, ils enlevèrent de haute lutte les villes de ROMANS et BOURG-DE-PÉAGE, puis ce fut la marche sur LYON.

Le 3 septembre, et après 22 mois d’absence, le 11e Cuirassiers retrouve à LYON son ancien quartier de la Part-Dieu. Dans la soirée, le régiment fut intégré à la 1e Division Française Libre, l’une des plus brillantes Unités de l’Armée. Les cuirassiers eurent ainsi l’honneur de combattre avec les premiers Français Libres, de combattre ensemble sous les ordres du général BROSSET , l’une des plus belles figures de l’histoire militaire de la dernière guerre mondiale et qui tombera quelques semaines plus tard, le 23 novembre, à la tête de sa division, dans les Vosges.

Sur l’Étendard demeuré sans tache, les cuirassiers ajoutèrent aux tragiques et glorieux combats du VERCORS ceux dans les Vosges de BELFORT, FRESSE. Côtes 701 et 714, CHAMPAGNY, GIROMAGNY, MASSEVAUX, RONCHAMP et d’ALSACE, BENFELD, HUTTENHEIM. 

France, pays des beaux châteaux, des paysages pittoresques, de tant de belles régions où, durant de longs mois, des Français luttèrent au coude à coude pour te débarrasser de l’envahisseur qui avait foulé ton sol glorieux, tu dois à tes morts d’avoir gardé ton prestige de grande Nation.

Afin d’éviter le retour de tous ces durs combats, de tous ces sacrifices, que le sang de nos morts ne soit versé inutilement, que la France ne doit plus être le jardin de fleurs exposé aux ravages des passants, nous nous devons de garder vivante la fière devise de notre régiment :

TOUJOURS AU CHEMIN DE L’HONNEUR.

J. LA PICIRELLA

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