13e DBLE

13e Demi-Brigade de Légion Étrangère


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Pour la 13e D.B.L.E, on ne connait pas d’insigne aussi célèbre que ceux des Bataillons de Marche de la 1e D.F.L. Sans doute en 1940, un insigne représentant un drakkar portant la légende "More Majorum", c’est à dire "selon la tradition des anciens", avait été réalisé et distribué au moment de la campagne de Norvège. Certains l’avaient même conservé en Angleterre et avaient projeté de reprendre cet emblème en y ajoutant la croix de Lorraine.Finalement le projet fut abandonné ; cependant quelques légionnaires continuèrent à porter leur insigne de 1940. (...). Finalement, il semble que deux insignes métalliques particuliers aient été créés pour la "13e Demi" : en effet, un insigne réalisé sans doute à Damas en 1942 et comportant la grenade à sept flammes, en surimpression sur deux canons croisés, portant la mention : 1/13. Enfin, un insigne en argent doré comportant la grenade à sept flammes avec le chiffre 13, en surimpression sur une croix de Lorraine, semble avoir été réalisé en Syrie.

(Les Français Libres et leurs emblèmes par B. LE Marec. Lavauzelle).

La 13e Demi-Brigade de Légion Etrangere, "LA 13", est née à SIDI BEL ABES le 20 février 1940.

Composée d’environ 2 400 hommes, en provenance de tous les Régiments étrangers stationnés en Afrique du Nord, elle était placée sous le commandement du Lieutenant-Colonel MAGRIN-VERNERAY.

Articulée en 2 bataillons et des éléments de commandement, la Demi-Brigade est transportée d’Oran à Maseille, par les croiseurs Marseillaise et Jean-de-Vienne.

Elle est ensuite dirigée sur le camp de Larzac où, pendant trois semaines, elle perfectionnera son instruction, touchera de l’armement neuf et obtiendra la cohésion nécessaire pour monter en ligne.

Destinée à faire partie du CORPS EXPEDITIONNAIRE dont on ignore le futur théâtre d’opérations, la 13e Demi-Brigade se rend, par chemin de fer, dans la région de Bellay, intitulée "zone de rafraichissement", où elle est placée sous les ordres du Général AUDET, commandant de la Force "A".

Des équipements spéciaux , type ’montagne’, lui sont fournis en partie, mais ce n’est que dans la région de BREST, où elle est précipitamment envoyée, qu’elle touchera le complément.

LA CAMPAGNE DE NORVEGE (5 MAI - 7 JUIN 1940)

L’Allemagne a envahi la Norvège...le 20 avril commencent les opération d’embarquement. Les voitures, le matériel, les mulets sont embarqués sur des cargos, le personnel prend place à bord de 2 paquebots, le Providence et le Général Metzinger. Dans le brouillard, un abordage avec un chalutier, oblige le Général Metzinger à relâcher à Liverpool tandis que le Providence va charbonner à Glasgow.

Le 30 avril, jour anniversaire du combat de Camerone, fête de la Légion, changement de paquebots. Les éléments de Glasgow sont embarqués sur le Monarch-of-Bermuda et ceux de Liverpool avec le colone, montent à bord du Ville d’Alger . Le confoi regroupé en mer, monte vers le Nord, pour arriver le 5 mai 1940 dans un fjord de Norvège.

Immédiatement transbordée sur des chalutiers et destroyers, malgré des bombardements aériens, la Légion débarque à HARSTADT et TILBOTEN

Le matériel est à peine regroupé que le 12 mai, la Brigade effectue un nouveau voyage en mer, à bord du Vindictive et de quelques destroyers.

BJERKVIK

Le 13 mai à O heure, la 13e Demi-Brigade de Légion Erangère fait son premier combat, sa première opération de débarquement de vive force, avec l’appui de l’artillerie navale britannique et le concours de 6 chars français.

La mission est de donner la main aux chasseurs qui sont bloqués dans la montagne et dans la neige ; de s’emparer de Bjervik et du camp d’Elvegards et d’établir devant NARVIK une solide tête de pont destiné à servir de base à une opération ultérieure pour la prise de cette ville.

Le 13 mai au soir, les deux premières parties de la mission sont exécutées, la troisième le sera dans les jours suivants par des opérations de détail continuellement gênées par les bombardements aériens.

Pendant cette opération s’est distingué particulièrement le groupe de la 5e Compagnie ; quatre légionnaires voyant leur section arrêtée par le tir d’une mitrailleuse s’élancent sur cette arme, le premier et le second sont tués à moins de 50 mètres de la pièce, le troisième devant la pièce ; le quatrième, le Légionnaire RODRIGUEZ , abat, à coup de crosse, les servants de l’arme.

RODRIGUEZ est le premier médaillé militaire de la 13e Demi-Brigade de Légion Etrangère.

NARVIK

Participent à cette opération avec la Légion : le Bataillon norvégien IMO, le Groupe d’artillerie coloniale, une batterie norvégienne

Sur la presqu’ile d’ ANKENES , une brigade polonaise et son artillerie montent, en même temps, une attaque sur Ankenes.

Un batailon de chasseurs est en réserve.

A 4 heures du matin, tandis que le chef de bataillon PARIS, chef d’état-major du Général BETHOUARD , commandant le C.E est tué, alors qu’il venait voir le déroulement des opérations de débarquement, une contre-ataque allemande met en péril les éléments déjà embarqués, la 2e Compagnie tient tête, arrête et repousse les éléments de contre-attaque. Tous les officiers de cette compagnie sont tués ou blessés, soixante hommes sont hors de combat, mais le succès de l’oépration est assuré et à 17 heures, le 2e bataillon fait son entrée dans Narvik.

A signaler pendant la journée, le bel exploit d’une pièce de 25m/m qui mit hors d’état un canon de 88 m/m placé sous un tunnel et qui tenait la plage de débarquement sous son feu : mètre par mètre, les servants tractèrent la pièce près de l’autre entrée du tunnel et, tirant au travers de trois wagons de chemins de fer, tuèrent tous les servants du 88 et démolirent la pièce.

Commencèrent alors les opérations de nettoyage de toute la partie nord de la Norvège. L’ennemi est poussé progressivement de tunnel en tunnel et de piton en piton, vers la frontière de la Suède.

Il n’en est plus qu’à 7 kilomètres lorsqu’il faut évacuer ce théâtre d’opérations, les combats qui se déroulent en France nécessitant le rapatriement de toutes nos forces.

Du 5 au 7 juin, la 13e Demi-Brigade rembarque, l’ennemi ne le réalisera pas avant le 8 au matin.

Tout le matériel lourd doit être détruit sur place, pendant que trois canons de 25m/m peuvent être rembarqués en fraude.

JUIN 1940

Le 14 juin, la 13e Demi-Brigade débarque à Brest, reste à peine 24 heures dans la région et est dirigée sur PLANCOET.

Dans la nuit du 17 au 18, des reconnaissances d’officiers vont à l’est de Rennes, sous la direction du colonel, préparer l’arrivée des unités sur les positions qu’ils auront à tenir.

Le 18 au matin, la Demi-Brigade, embarquée en chemin de fers sous les ordres du chef de bataillon CAZAUD , se dirige sur RENNES pour occuper ses emplacements.

La panzer-Division qui a Brest pour objectif, ne lui laisse pas le temps d’arriver et la coupe de ses reconnaissances. Le train arrive à DINAN , et en même temps que la Panzer-Division, mais peut cependant faire demi-tour et ramener la Légion à BREST , où elle s’embarque, avec armes et munitions, et est transportée en ANGLETERRE.

Le colonel et ses officiers peuvent traverser la Panzer-Division, apprenant que la Demi-Brigade a été redirigée sur Brest, puis sur l’Angleterre, ils passsent eux-mêmes en Grande-Bretagne où ils retrouvent leurs unités, le 21 juin.

Les opérations n’avaient pas permis d’entendre l’appel diffusé le 18 juin 1940 par le Général de GAULLE, mais en Angleterre et en particulier au camp de TRENTHAM-PARC où sont rassemblées toutes les troupes françaises revenant de Norvège, la presse porteà la connaissance des Légionnaires, les bruits d’armistice et la réaction du Général DE GAULLE ; les termes " d’Honneur et Fidélité ", qu’il emploie leur rappellent trop la devise inscrite à leur drapeau, pour qu’ils y restent insensibles ; aussi , lorsque le 30 juin, le choix leur est donné de rentrer au Maroc ou de se mettre à la disposition du Général DE GAULLE, pour continuer la lutte aux côtés des Alliés, sous le drapeau français, les trois quarts d’entre eux sont décidés.

Sur les 14 000 officiers et hommes de troupe vivant à Trentham-Parc, 1 300 sont restés, dont 900 légionnaires.

D’ALDERSHOT A YAOUNDE

Du 1e juillet au 31 août 1940, les activités principales furent l’assimilation de quelques individualités arrivées isolément en Angleterre, le rétablissement de la discipline quelque peu secouée par les spectacles de l’exode durant le court séjour en Bretagne, la perception d’un équipement pour les pays chauds, la récupération des bagages de Norvège dans les ports britanniques au gré des arrivées des cargos, les quelques formalités adminsitratives nécessaires à la création d’une force française en formation sur un territoire étranger, l’entraînement, indispensable pour l’acquisition d’une cohésion, les honneurs rendus aux nombreux visiteurs de rang important qui se succédèrent au Camp d’ALDERSHOT MORVAL BARRAKS où toutes les Forces Françaises Libres avaient été rassemblées après le défilé du 14 juillet à LONDRES devant la statue de FOCH et l’inspection du Général DE GAULLE .

VIDEO DU DEFILE DU 14 JUILLET 194O A LONDRES

ERYTHREE 1941

Le 17 novembre 1940, le Général DE GAULLE crée une Brigade d’Orient dont la Demi-Brigade de Légion fait partie. Le Colonel est d’autant plus pressé de quitter le CAMEROUN que les six mois d’engagement sont bientôt terminés. Mais le Général DE LARMINAT refuse l’autorisation de traverser l’Afrique de l’Ouest en Est les reconnaissances d’itinéraires qu’il avait prescrites et qui ne servent à rien.

Le 13 décembre, le matériel lourd est embarqué à DOUALA  : 22 décembre, la Demi Bridage quitte YAOUNDE au son de la Marseillaise jouée par des musiques autochtones encore habillées en tenues allemandes.

Elle laisse au CAMEROUN ce qui sera le noyau de la Colonne LECLERC.

Début janvier 1941, transbordement des troupes à FREETOWN où nous attend le NEURALIA .

Le NEURALIA fait partie d’un important convoi de 22 bâtiments, puissamment escorté. Pendant cette longue traversée, du 8 janvier au 1 février, avec une seule escale à DURBAN du 25 au 29 janvier, l’état sanitaire de la troupe est mauvais.

Débarquée à PORT-SOUDAN, la Légion monte le camp à SOUAKIM à l’emplacement même où Kitchener s’était installé. Cinquante ans auparavant : c’est la Caïda dans le pays. L’Afrique, dans son aridité et sa luminosité, paraît familière aux yeux du Légionnaire.

Par cabotage sur le RETNAGIRI de la marine indienne, la Demi-Brigade fait un débarquement sur la côte d’ÉRYTHRÉE puis, par camions, sur de mauvaises pistes, rejoint le 4 mars CUB-CUB où le 3e Bataillon du Tchad a livré un magnifique combat, fait 400 prisonniers et pris le fort de CUB-CUB malgré ses 4 canons.

Et nous entamons une vaste manœuvre de débordement de l’aile gauche des forces italiennes qui bloquent l’avance anglaise depuis un mois : notre objectif est de couper la voie ferrée KEREN-ASMARA. Cette action, fondée sur la surprise et l’absence d’ennemis, s’exécute fort difficilement car l’alerte est aussitôt donnée et le point d’appui de l’ENGIAHAT renforcé par les Italiens.

Le Grand Willy est conquis le 13 mars malgré la vaillance des ascaris éthiopiens, mais le 15 mars l’attaque de l’ENGIAHAT échoue.

Le C.R du Commandant de la Demi-Brigade explique que le terrain, la supériorité de l’ennemi d’un part, le manque de coordination avec les Britanniques d’autre part, ont exigé des Légionnaires un effort physique intense avec un ravitaillement en eau insuffisant. Le B.M 3 était heureusement là…

Le 27 mars, KEREN tombe après une poursuite où le B.M 3 et la Demi-Brigade font un grand nombre de prisonniers, principalement des européens de la Division Savoie.

Le 2 avril, la Brigade Française d’Orient est devenue flanc-garde Ouest de ka colonne Britannique qui fonce sur MASSAOUAH le long de la Côte de la Mer Rouge. La Légion, motorisée, par des pistes de montagne, déborde ASMARA et coupe la route de retraite italienne sur MASSAOUAH et l’ÉTHIOPIE.

Les Sapeurs sont mis à rude contribution pour déminer les pistes et combler les brèches.

Le 7 avril, la Légion, renforcée de la 3 Compagnie du B.I.M , nouvellement arrivée, attaque MASSAOUAH à la droite des 7e et 10e Brigades Britanniques qui appuient des chars.

Les Compagnies rivalisent d’ardeur, s’entraident, l’une l’autre, et magnifiquement apurées par le 1e  R.A s’emparent des avancées ennemies, puis de la 1e ligne de résistance ( Point d’appui de la NORIA – Fort de MONCULIO- ouvrage de ZAGA ).

Enfin la ligne principale de résistance est atteinte et cède : les forts Victor Emmanuel et Humbert 1e  sont conquis.

L’interdiction d’entrer dans la ville arrête les Compagnies d’attaque tandis que le Colonel MONCLAR et tous les éléments de réserve de la Brigade pénètrent dans le port, collectionnent des milliers de prisonniers et d’armes : 30 officiers et 700 hommes ont été fait prisonniers au combat, le fanion du 112e Bataillon Colonial capturé.

Notre action a fait céder la résistance italienne qui arrêtait l’assaut britannique.

Cette Campagne épuisante reste dans les souvenirs des Légionnaires comme l’un des plus pénibles . L’état physique des hommes empire : les affections les plus fréquentes sont la dysenterie et les adénites. A cela s’ajoute l’altitude, le froid de la nuit et la chaleur du jour, la nourriture limitée au corned-beef et au biscuit, la rareté de l’eau et la dureté des itinéraires jalonnés d’épineux en forme de cierges ou des stupides baobabs, géants creux, ne donnant pas d’ombre.

PALESTINE -SYRIE

LA PALESTINE

Le 3 Mai, quelques jours après un Camerone assez triste, la Légion s’embarque sur le Paul Doumer qui l’emmènera en Palestine. La chaleur écrasante, le Black out font du voyage une torture. Le débarquement à EL KANTARA , quatre jours après, par une nuit froide, nous remet un peu d’aplomb et QASTINAH nous accueille : zone plate et chaude où nous dressons des tentes.

Les légionnaires reprennent rapidement contact avec la civilisation, c’est-à-dire qu’ils deviennent insupportables.

La 1e Division Française Libre est créée rassemblant tous les Français Libres présents au Moyen-Orient : on y côtoie tout l’Empire . Le Général DE GAULLE vient en inspection et y remet huit Croix de la Libération à la 13e  D.B.L.E

LA SYRIE

Nous sommes à proximité des territoires sous mandat français où nous serons bientôt engagés.

Nous croirons jusqu’au déclenchement du feu que les Soldats du Levant n’attendent que l’occasion de rejeter l’armistice et de reprendre le combat.

En file indienne, la Division s’échelonne dans la poussière des routes, la Légion est en queue dans les autobus palestiniens. C’est absurde, un autobus pour faire la guerre. Cela ne quitte pas la chaussée, cela roule lentement, c’est encombrant et visible à souhait…Les avions d’en face en profitent d’autant plus que l’air leur appartient…et notre procession laisse derrière elle des carcasses fumantes. Avec cela, il est difficile d’évacuer un tel moyen de locomotion.

Jusqu’au 15 mars, la Légion subit des pertes par mitraillage et bombardement sur les différentes positions qu’elle occupe : ce jour là, une attaque de chars adverses aboutit à un jeu de massacre stupide de notre première Compagnie. Désormais nous prenons une part très active à la prise de DAMAS où nous entrons dans la soirée du 21.

Nos pertes s’élèvent à 23 tués, 35 blessés, plus 60 légionnaires évacués par suite de leur épuisement.

Deux mille Légionnaires rejoignent la Demi-Brigade et un Régiment, à une C.H.R et trois Bataillons, est constitué sous les ordres du Lieutenant Colonel AMILAKVARI.

Malheureusement la nécessité d’uniformiser les nouvelles Brigades, qui vont être créées, oblige la 13 à détacher le 1Bataillon de la 4e Brigade que commande le Colonel GARBAY (plus tard le 1/3 rejoindra la 2e Brigade).

Le Colonel demande à recevoir officiellement le drapeau du Régiment : il recevra à genoux l’emblème des mains du Général CATROUX .

En fait, la Demi-Brigade possède désormais deux drapeaux . L’emblème remis le 14 octobre a été brodé par les femmes françaises de la colonie du Caire. Ses couleurs ne sont guère règlementaires, mais les inscriptions qu’il porte le sont.

Il avait été confectionné parce que l’on craignait de ne pas recevoir à temps celui qui venait d’Angleterre. Le Général DE GAULLE avait remis officiellement, plusieurs mois auparavant, l’autre emblème à un détachement de renfort partant pour le Moyen-Orient.

S’il est de couleurs règlementaires, en revanche, il ne porte pas les inscriptions de tradition à la Légion. Primat d’Angleterre, il a paru dans quelques cérémonies, en territoire britannique en compagnie des drapeaux du R.M.T des forces aériennes, des parachutistes et du fanion des fusiliers-marins.

Ces deux emblèmes seront conservés au P.C du Régiment jusqu’à BIR HAKEIM inclusivement, au cours du siège ils seront tous deux ramenés au Caire et déposés dans la famille du Colonel. Après EL ALAMEIN, le drapeau remis à HOMS suivit le Régiment, l’autre fut rapporté en septembre 1945 et participa à la Campagne d’Indochine. Tous deux sont actuellement au musée d’Aubagne.

1942 - LYBIE- BIR HAKEIM

Le samedi 25 décembre, le Colonel AMILAKVARI emmène les Bataillons BABONNEAU (2/13) et PUCHOIS (3/13) vers le WESTERN DESERT.

Nous franchissons la frontière de SYRIE par une brume épaisse qui coule sur les véhicules.

Dix jours après, nous sommes à EL ALAMEIN où la 1ere Brigade Française Libre regroupée perçoit son matériel, s’initie à la navigation au compas solaire, reçoit des cours de tactique du Brigadier ESKINE , commandant de la Garde.

Le Général KOENIG nous rejoint : il rassemble les officiers le 9 janvier pour leur expliquer ce que nous sommes : grosse Brigade avec des services ou petite Division.

Nous continuerons à appeler Brigade, ce que certains papiers officiels consacrent Division Légère. Pendant ce temps, les Ecossais de la Garde battent la Légion au football.

Le 14 janvier, la Brigade relève une Brigade Sud-Africaine devant HALFAYA PASS où une dizaine de milliers d’Allemands et d’Italiens sont assiégés.

De nuit, les positions ennemies reçoivent du ravitaillement par avion, et, simultanément, les obus de la flotte britannique.

Au matin du 5 janvier, à 6 heures, l’escadrille LORRAINE survole nos positions, acclamée par toute la Brigade. Le 17 janvier enfin, après le tapage nocturne causé par les 75 de notre 1e R.A , qui mêle ses obus à ceux de la flotte, nous observons un rassemblement ennemi sur la côte.

Les Sud-Africains ont obtenu la reddition ennemie. Comme ils gardaient la nouvelle et le bénéfice de cette capitulation pour eux, notre artillerie, toujours en éveil, commence un tir d’efficacité sur les Compagnies en colonne par trois.

Le 29 janvier au matin, la Brigade gagne MECHILI où elle retrouve la Brigade Polonaise des Carpathes. Ces deux Brigades forment la garnison de ce point d’appui sous les ordres du Général de LARMINAT. Trois patrouilles prospectent le terrain au Nord jusqu’à GIOVANI BERTA à 200 km. de là, à l’Ouest et au Sud. Mais l’ennemi reste invisible, alors que la radio annonce sa présence partout. C’est la panique dans le Haut Commandement Britannique.

Enfin, sur ordre, le 3 février au matin, les Forces Françaises et Polonaises se replient en liaison avec au Nord la 11e Brigade Hindoue.

Le 4 février, à 4 heures du matin, nous atteignons les avant-postes Sud Africains et la Brigade s’installe à BIR EN NAGHIA : 3/13 – 2/13 – B.M. 2 sur une ligne, le B.P. 1 en réserve derrière le 3/13. Les Stukas repèrent notre position et le bombardement qui suit fait deux blessés.

La position défensive choisie n’a aucune valeur en soi. Le terrain ondulé n’est pour la défensive, pas meilleur ici qu’ailleurs ou plus loin. Le sol rocheux est même fort dur : on le creuse au spiros . Tandis que la position de résistance s’organise : emplacements de tir, fils de fer, barrages de mines, des formations sont au devant de l’ennemi pour le harceler, l’obliger à s’arrêter : c’est le début des Jock columns .

Peu après, la Brigade occupe BIR HAKEIM.

La vie sur la position est rude : elle est consacrée à l’instruction et à l’organisation du terrain. Heureusement, l’imprévu des Jock Columns donne de l’intérêt au séjour. Les unes après les autres, les formations constituées en groupement de toutes les armes harcèlent l’ennemi.

Un tableau de chasse non négligeable en chars, véhicules, avions, prisonniers montre l’efficacité des F.F.L devenus chasseurs de primes.

L’attaque de ROMMEL se produit le 27 mai : c’est la Division Blindée Ariete qui fonce sur BIR HAKEIM . Soixante-dix chars et canons automoteurs avancent face au point d’appui qu’occupe le 2e Bataillon de Légion. Les antichars blindés, trente et un, se replient en tiraillant, six sont détruits à l’intérieur de la position. Le 132e Régiment Blindé italien perd même son Colonel avec quatre-vingt onze membres de ses équipages.

Jusqu’au 30 mai, les patrouilles s’activent vers le Nord dans le V de mines ou bien font la guerre de course dans le Sud.

La Légion prend part à ces activités : les prises sont nombreuses et le ravitaillement ennemi atteint. Rommel décide d’ouvrir une brèche dans le champ de mines pour satisfaire plus rapidement ses besoins logistiques.

L’Etat Major britannique interprétant cela comme une retraite, ordonne à la Brigade de se porter sur ROTUNDA SIGNALI. Le B.P 1 exécute seul ce mouvement.

Le deuxième acte du siège commence par un bombardement le 1e Juin, peu après le renvoi sur l’arrière de 680 Hindous libérés et 260 prisonniers. Une escorte accompagne les drapeaux et les archives de la Légion.

Les Divisions Trieste et 90e Légère, les 3e, 33e, 580e Groupes de Reconnaissance investissent la place. Les artilleries d’action d’ensemble allemande et italienne sont en batterie. Deux parlementaires viennent sommer le Général KOENIG de rendre la place sans condition. C’est le moment que choisit le B.P. 1 pour revenir, non sans mal, sur ses emplacements.

Du 3 au 6 juin, la situation empire. Aux éclatements de 105 se mêlent les projectiles de 170 et 210 et les Stukas viennent nous bombarder régulièrement.

Le 4 juin, la 101e Compagnie Auto assure un ravitaillement en eau et en obus, le jour où un deuxième ultimatum se heurte au même refus de céder.

Les attaques se succèdent, contre le B.P. 1 et contre le B.M. 2 en particulier ; enfin, le 7, un dernier convoi de ravitaillement franchit les lignes alors que nous en étions réduits à une journée de vivres.

Le troisième acte du siège commence.

Deux cents canons et cent avions appuient les attaques quotidiennes ennemies.

Le Commandement Supérieur fait savoir à ROMMEL que BIR HAKEIM est devenu désormais un objectif militaire et politique : KESSELRING le presse aussitôt d’en finir car l’aviation subit trop de pertes et les escadres de renfort doivent être retirées avant la fin du siège.

ROMMEL en personne mène l’attaque ; il a fait venir le Groupe d’Assaut Hecker et ses chars lourds bavarois pour en finir.

Le quartier Nord-Ouest et Nord, B.M. 2 et flanc gauche du 2e Bataillon de Légion, devient à son tour l’objectif principal, le B.P. 1 n’ayant pas cédé aux tentatives allemandes.

Les bombardements d’artillerie et d’aviation précèdent les assauts que la fumée et la poussière dissimulent à la vue. Sous la pluie des projectiles, le 1er R.A. et le 1er R.F.M ripostent. Les attaques sont contenues.

Une compagnie de Légion vient renforcer le dispositif du B.M. 2 : l’ennemi est à moins de deux cent mètres.

L’ordre est donné aux défenseurs harassés et à bout de nerfs d’évacuer BIR HAKEIM. Il n’y a plus ni eau, ni vivres, ni munitions.

Ce 10 juin, des milliers d’obus et deux cents sorties de bombardiers ont accompagné les attaques arrêtées in extremis.

La sortie de vive force, fuite en avant désespérée vers la liberté fait de la nuit du 10 au 11 juin une horreur dantesque. Les mines sautent sous les véhicules, des ambulances flambent, des camions secouent sur les pistes défoncées des grappes humaines qui, parfois, s’effondrent. Les blessés appellent. La charge des Brenn Carriers du 3e D.B.L.E permet aux ambulances de s’échapper.

Aux 90 tués et 200 blessés du siège s’ajoutent 40 tués, 125 blessés et 814 disparus dans cette ultime charge française.

Un Bataillon de la Division Piave et la 15e Division Blindée que ROMMEL fait monter en ligne pour l’assaut final assistent à ce combat furieux.

Trois mois passés aux portes du Caire permettent à sa Brigade de souffler et de percevoir un nouvel armement et du matériel britanniques .

Les formations sont réorganisées : le B.I.M et le B.P fusionnent et forment le B.I.M.P. Quant à la 13e Demi-Brigade, elle rassemble sous les ordres du Lieutenant-Colonel AMILAKVARI une Compagnie de Commandement, une Compagnie Antichars et deux Bataillons : d’abord le 1e (Commandant de BOLLARDIERE) venu en Lybie avec la 2e Brigade en avril 1942 et qui, entraîné dans la retraite de la VIIIe Armée n’a subi que quelques escarmouches. Ensuite le 2e Bataillon (Commandant BABLON) qui rassemble les anciens des 2e et 3e Bataillons.

L’ITALIE

LA LUTTE CONTINUE...

Le Général Kœnig, appelé à l’Etat-Major Général de l’Armée à Alger, passe le commandement de la Ire Division Française Libre au Général Brosset.

Fin avril 1944 la Division part pour l ’Italie.

Embarquée à Bône et à Bizerte, elle est regroupée dans la région de Naples au fur et à mesure de l’arrivée des transports.

La 13e Demi-Brigade de Légion étrangère va pouvoir continuer la lutte contre l’ennemi qu’elle poursuit depuis février 1940.

La 13e Demi-Brigade établie en base de feux, assiste à la percée sur le Garigliano et se prépare à participer à la poursuite. Alors qu’elle monte en ligne, à San Giorgio, elle subit de nuit un violent grenadage d’aviation qui lui cause de grosses pertes. Son tour d’attaquer arrive à hauteur de Pontecorvo, au Monte Leucio où une avance rapide, suivie d’une contre-attaque sérieuse, lui vaut des pertes sévères, elle tient tête, repousse l’assaillant et reprend sa course en avant.

La marche sur Tivoli, la traversée de Rome, le défilé entre une haie de véhicules démolis par l’aviation, l’arrivée sur le lac de Bolsena , les kilomètres avalés. en territoire ennemi et la prise de Radicofani , qui vaut au 1e bataillon une citation à l’Ordre de l’Armée, font que c’est avec une confiance énorme que la Demi-Brigade attend le jour " J " du débarquement dans le Midi de la France qui maintenant ne saurait tarder.

LA FRANCE

LE 16 AOUT

Le 16 août 1944, à 18 heures, ayant bouclé le périple commencé en 1940, les premiers éléments de la Demi-Brigade débarquent à Cavalaire, près de Saint - Tropez. C’est alors la marche sur Toulon ; le 1e bataillon, appuyé par la compagnie de canons et la compagnie anti-chars, est chargé du nettoyage des salins d’Hyères et de Carqueiranne , il y fait plus de 300 prisonniers.

Sans perdre de temps, Toulon tombé, la division file sur Avignon , passe le Rhône malgré les ponts détruits, traverse les Cévennes, atteint et délivre Lyon, puis gagne Autun où, par une action rapide, une colonne de plus de 3 000 hommes est surprise et faite prisonnière après avoir subi en quelques minutes des pertes s’élevant à 50 tués et 300 blessés.

Dijon voit défiler la Demi-Brigade qui repart aussitôt vers Baume-les-Dames, et alors c’est la guerre de position qui reprend..

La Légion à DIJON - Photos INA

BELFORT - L’ALSACE

L’ennemi s’est rétabli devant Belfort. Sous la pluie et dans la boue, pendant plus de deux mois, attaquant et patrouillant sans relâche ni repos, malgré la perte de son général, la Brigade a la satisfaction de voir ses efforts couronnés de succès par la prise du Ballon d’Alsace, et l’espoir de voir l’ennemi bouté hors des deux provinces si chèrement disputées.

A l’issue de la bataille, le Général GARBAY qui a remplacé le Général Brosset à la tête de la division, adresse l’ Ordre Général N°1 aux troupes .

Fin décembre, la 13e Demi-Brigade de Légion étrangère, qui n’a pas connu un jour de repos depuis le débarquement, est rapidement regroupée et envoyée sur le front de l’Atlantique où elle doit réduire la poche allemande de la Pointe de Graves.

Mais l’offensive allemande des Ardennes ne lui laisse pas le temps de remplir cette mission. Alors qu’elle vient à peine de reconnaître le terrain, elle est regroupée à nouveau et dépêchée en Alsace. Dès son arrivée, elle a à faire face à une très violente attaque qu’elle subit de pied ferme, arrêtant net Ia poussée allemande et sauvant Strasbourg au prix de lourds sacrifices.

La tentative allemande vient à peine d’être enrayée que, le 23 janvier, la 13e Demi-Brigade passe, sans repos, de la défensive à l’attaque et participe à l’offensive générale déclenchée par la 1e Armée. Elle parvient, au cours d’une longue et très coûteuse bataille, à enfoncer les lignes ennemies permettant ainsi la prise de Colmar.

Elle termine son admirable périple sur les bords du Rhin..

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