1941 : L’Erythrée

COMPOSITION DES FORCES FRANÇAISES LIBRES

CAMPAGNE D’ÉRYTHRÉE
Décembre 1940 / Mai 1941
1e Escadron de Spahis Marocains Capitaine Jourdier
Décembre 1940 / Avril 1941
Bataillon de Marche n°3 Commandant Garbay
18 Février / 4 Mai 1941 : Brigade Française Libre d’Orient
Commandant la Brigade : Colonel Magrin-Vernerey (Monclar)
Chef d’Etat-Major : Capitaine Saint-Hillier (de Vienne)
Compagnie de Q.G. : Lieutenant Dewey
13eD.B.L.E. Lt.-Col Cazaud
1eBon L.E. Cdt. Reynier
C.R.E. Cne Magnin
Son Eclaireurs Adj. Guillot
1e Gpe Aie Cie Cne Laurent Champrosay
1e Gpe Expl. Lt. de Guillebon
3e Cie. du BM 3  (23 Mars / 4 Mai) Cne Savey

Soit au total 1 200 Hommes.

(23 Juillet 1941 / 22 Avril 1942) Éthiopie
BM Cdt. Bouillon
3e Cie du BM 4 Lt. Lecourt

Période du 24 décembre 1940 au 20 mai 1941.

Le Général de Gaule a déjà plusieurs fois proclamé que la vocation des Forces Françaises Libres était de faire la guerre à l’Axe au côté de leurs Alliés britanniques.

Or, si les forces navales et aériennes sort chaque jour mêlées à des engagements plus ou moins importants, les Forces de Terre ne sont au combat que dans le désert de Libye où le Bataillon d’Infanterie de Marine lutte contre les italiens avec les troupes alliées et dans le sud Libyen
où la Colonne Leclerc marche sur Koufra.

Il est donc décidé de créer, en puisant dans les régions présentes en A.E.F. une Brigade Française d’Orient, qui se rassemblera au Soudan anglo-égyptien et sera mise, pour opération, à la disposition du Général Wavell.

Le B.M. 3 rallie le Soudan par voie terrestre, le reste de la Brigade par voie maritime, quelques renforts (3Compagnie du B.I.M. et Spahis Marocains) venant d’Egypte rejoindront la Brigade sur place. Celle-ci participera à la conquête de l’Erythrée qui impliquera la prise des trois cités importantes de ce pays : la ville fortifiée de Keren dans la montagne, la capitale Asmara et le port de Massaoua sur la Mer Rouge.

Le B.M. 3 entre en opération le 18 février 1941 et remporte, le 20. sa première victoire à Kub Kub. A partir du 23 toute la brigade est en ligne devant Keren qui tombe le 27 mars après de très violents combats. Asmara capitule le 1avril. Le port de Massaoua est nettoyé le 8 avril 1941.

Les italiens ne possèdent plus de port sur le Mer Rouge, celle-ci est retirée par le Président Roosevelt des zones de guerre interdites à la navigation des navires U.S. Suez va pouvoir être directement ravitaillé en matériel américain indispensable aux britanniques pour leur lutte en Libye, en Grèce et en Crète.

Dès la fin des opérations en Erythrée, la Brigade d’Orient est dissoute et toutes les unités françaises libres qui la composaient sont envoyées en Palestine. Le voyage de Massaoua à Suez s’effectuera à bord du transport de troupes français libre « Paul-Doumer » (Cdt Mantelet).

PREMIERS ENGAGEMENTS EN CYRENAIQUE ET EN ERYTHREE

En 1940 le général DE GAULLE avait déjà obtenu du général WAVELL, commandant en chef du théâtre d’opérations du Moyen Orient l’engagement au combat, sous les ordres du commandant FOLLIOT, du bataillon d’infanterie de Marine qui était en Egypte.

Il participe alors à la première offensive menée par les Anglais en Cyrénaïque vers TOBROUK et DERNA .

Dès le 11 décembre le bataillon français se distingue au combat de SIDI BARANI, puis le 22 janvier 1941 à l’assaut des défenses de TOBROUK .

Il y fait un millier de prisonniers italiens tristes, fourbus et sales : Winston CHURCHILL peut annoncer, alors, à la chambre des communes la prise de Tobrouk par les forces britanniques et les forces françaises libres .

Au premières pertes, celles subies à RUFISQUE par les Fusiliers Marins : aspirant CREMEL, quartier-maître BROUDIN et DUPUIS , celles subies au GABON : capitaine DESPIAN, sous-lieutenant REMOVILLE, deux tirailleurs africains du B.M.4 et le sergent DESCHAMPS et les légionnaires GOERLAND et LE PICHON de la 13e demi-brigade de légion étrangère,  il faut ajouter POTIN, LALOU, FLEURY, BARTHOLI du B.I.M., tombés à Tobrouk.

En ERYTHREE à la même époque, l’escadron de Spahis marocains du Commandant JOURDIER rattaché à un bataillon Mahratte d’une Division Hindoue. Nos cavaliers forcent l’admiration de nos alliées : aux reconnaissances audacieuses succèdent les charges à cheval, sabre au clair. Après maintes escarmouches ils parviennent à KEREN en mars 1941.

La brigade française d’Orient dans la campagne d’Erythrée

C’est à la brigade française d’Orient du colonel Monclar , que revient la part principale de tous les combats menés par la France Libre à la veille du printemps 1941. Elle remporte alors en Erythrée toute une série de succès importants, essentiels pour la suite des opérations menés dans le Moyen-Orient.

Depuis deux mois, les Britanniques piétinent devant Keren, accumulant les échecs et subissant de lourdes pertes. La division Savoie avec ses bataillons d’alpins, de grenadiers et de bersagliers italiens, les dix bataillons d’Ascaris érythréens et éthiopiens, appuyés par de nombreuses pièces d’artillerie tiennent tête aux 4e et 5e Divisions indiennes du général Platt dans un pays montagneux facile à défendre.

CuB CUB

Dés son arrivée en Erythrée le 14 février, le bataillon de marche n°3 du Commandant Garbay est engagé.

Il s’empare le 22 février de la forteresse de Cub Cub, après deux jours d’une résistance acharnée que lui oppose le 112e régiment colonial italien. Cette victoire et acquise au prix de seize tués et trente neuf blessés, l’ennemi abandonne cent tués sur le terrain et laisse entre nos mains 450 prisonniers et une batterie de 4 canons. Le reste du 112bat en retraite sur Keren.

Keren

Les deux mille hommes de la Brigade française d’Orient prennent ensuite une part notable à la victoire de Keren, en enfonçant le 28 mars l’aile droite de la défense adverse. La 3e  compagnie du B.I.M. du Capitaine Savey participe à cette action avec la 13e  Demi-brigade de la Légion étrangère du lieutenant colonel Cazaud et les Sarahs du bataillon du Tchad.

Au cours de ces combats d’une grande âpreté, menés dans des montagnes aux pentes abruptes, à plus de 2 000 mètres d’altitude, par une chaleur torride, les alliers perdent plus de 5 000 hommes.

Le 30 mars, le général De Gaulle passe en revue la brigade, à Chelamet, avant qu’elle n’entreprenne l’exploitation du succès en direction de l’est vers la capitale Asmara et le port italien de Massawah.

Le colonel Brosset, son chef d’état-major, nous apprend alors, le succès remporté au Sahara par le colonel Leclerc qui, à la tête d’une colonne motorisée de 350 hommes a pénétré de 500 kilomètres en territoire italien et à poursuivi la compagnie saharienne qui venait de détruire la patrouille britannique des Long Range Desert Patrol du major Clayton, et l’a obligé à se replier en Tripolitaine.

Puis le 1e mai, après un siège de 10 jours, le colonel Leclerc a obtenu par une action personnelle d’une témérité inouïe la capitulation du fort d’El Tag dans l’oasis de Koufra faisant 322 prisonniers et un butin important.

MASSAOUA

Après avoir parcouru 300 kilomètres de pistes, capturé au passage les garnisons défendant les postes de défense italiens, la brigade française d’Orient atteint les abords du port de Massaouah sur la mer rouge.

Le 9 avril, sous les ordres du Brigadier Heath surnommé en raison de sa petite taille et de son courage “la petite merveille de poche”, trois Brigades partent à l’assaut des ouvrages fortifiés qui sur une ligne de hauteurs protégent la ville : les cinquième et septième brigades indiennes au long de la mer, la brigade française à leur droite.

Les Français rompent les premiers le dispositif ennemi, enlèvent les forts de Montecullo, Vittorio Emmanuelle, Umberto premier défendus par douze canons, et s’emparent des défenses des dépôts pétroliers.

L’efficacité des batteries Quirot et Petitjean du 1e R.A . commandé par le chef d’Escadron Laurent Champrosay ont grandement facilité le succès.

Le colonel Monclar pénètre dans la ville en tête du peloton motocycliste de la Légion et reçoit la reddition de l’Amiral Bonetti, Commandant la place et de 450 officiers, 11 000 italiens marins et soldats. Ils s’ajoutent aux 3 000 prisonniers faits par la Brigade au cours des combats antérieurs dans lesquels les Italiens se sont battus contre nous avec courage.

Ainsi prend fin la participation de la France Combattante aux opérations d’Erythrée. La Brigade a montré aux alliés et fait éprouver aux Italiens la valeur de sa force : elle a perdu 132 tués ou blessés au cours de cette campagne.

Les conditions dans lesquelles se déroulent la bataille, en région montagneuse très accidentée, loin de toutes pistes praticables, avec pour seuls impedimenta et ravitaillements ceux portés à dos d’hommes, au “bout du monde” disent les méharistes du Tchad, limitent le nombre de postes radios ; les besoins opérationnels réduisent au strict nécessaire l’échange des messages radios et leurs teneurs.

Il est donc impossible de faire connaître au Quartier général de Khartoum l’importance de la participation française aux succès remportés.

A Londres, le général De Gaulle n’apprend qu’avec retard, par un télégramme laconique, la victoire de Cub Cub, première victoire remportée par la France Libre et ne peut faire connaître à la France ce motif de fierté, cette raison d’espoir.

L’ETHIOPIE

Le coup de grâce qui met fin à l’existence de l’Empire fasciste d’Orient est donné à la fin de l’année par le Bataillon de Marche N°4 levé au Cameroun et commandé par le chef de bataillon PALEWSKI. Les troupes italiennes d’Ethiopie et les rescapés des formations battues en Erythrée luttent encore sous les ordres du duc d’Aoste. La dernière phase de la campagne sur le front du Kenya s’achève par la prise de Gondar : la compagnie hisse le drapeau français.

Général Bernard Saint Hillier

EN SAVOIR PLUS

Deux films sur la Campagne d’Erythrée "British Pathé"

1941 - Ethiopian Campaign

1941 - Erytrée last stand

 

Les articles de cette rubrique :

Navigation