1944 : Le débarquement en Provence

Composition

Commandant la 1e D.F.L. : Général Brosset
Chef d’Etat-Major : Cdt Saint-Hillier
Etat-Major : Cie de Q.G. Lieutenant Olivier
Première Brigade :
Etat-Major Colonel Delange
1e Bat. Commdt Cdt Arnaud
1e Bat. L.E. Cdt de Sairigné
2e Bat. L.E. Cdt Morel
22e Bat. N.-A. Cdt Lequesne
Deuxième Brigade :
Etat-Major Colonel Garbay
2e Bat. Commdt Cdt Galibert
B.M. 4 Cdt Buttin
B.M. 5 Cdt Bertrand
B.M. 11 Cdt Langlois
Quatrième Brigade :
Etat-Major Colonel Raynal
4e Bat. Commdt
B.M. 21 Cdt Dives
B.M. 24 Cdt Dulbecco
B.I.M.P. Cdt Magendie
1eR.A. Col. Bert
+ P.A.L.O. Lt La Porte
1eR.F.-M. (Reconn.) C.C. de Morsier
1eG. Ant. D.C.A. Cdt Larde
1eB.G. Lt-Col. Tissier
1eB.T. Cdt Piette

Soit au total (après les pertes en Italie) : 15 807 hommes

Période du 13 août au 31 décembre 1944.

La 1e D.F.L. qui doit participer à l’opération « Anvil Dragon » quitte les ports italiens de Tarente et de Brindisi le 13 août 1944 et prend pied à Cavalaire le 16, après que les troupes d’assaut aient dégagé les plages la veille. Si le matériel perdu au combat a pu être remplacé avant son départ, le personnel manquant après sa campagne d’Italie crée de nombreux vides dans les rangs de la Division.

D’autres français libres participent également à l’opération : Avisos F.N.F.L. « Moqueuse » (C.F. Ploix) et « Cdt Dominé » (C.C. Cornault), Escadrille de bombardement F.N.F.L. « 6 F » (C.C. Lévis Mirepoix), groupe de bombardement F.A.F.L. « Bretagne » (Cdt Mahé).

La 1e D.F.L. va participer avec la 9e D.I.C. à la prise de Toulon qui tombera le 25 août 1944 en même temps que Paris et Bucarest.

Puis, c’est la ruée vers le Nord de la France, en remontant la rive droite du Rhône. La D.F.L. libère Lyon le 3 septembre 1944, puis est stoppée par le manque d’essence. Pourtant, une colonne est lancée en avant, elle dégage Autun le 9 et fait sa liaison avec les Spahis de la 2e D.B. venant de Normandie le 12 septembre à Nord-sur-Seine près de Châtillon-sur-Seine.

Le 17 septembre 1944, la D.F.L. prend position devant les forces ennemies qui se sont rétablies dans la région de Beaune-les-Darnes Le 25, la Division entame les combats pour enlever Lyoffans, Clairegoutte, le col de la Chevestraye et Ronchamps au pied des Vosges.

En octobre 1944, la pluie et le froid s’installent ; les soldats noirs de la 1e D.F.L. ne peuvent supporter ce climat et doivent être remplacés par de nouveaux engagés, des F.F.I. et des maquisards. Tout en se blanchissant, la Division continue à combattre avec un matériel qui s’use et par un temps abominable. Le 2 novembre, au cœur du dispositif de la 1e Armée Française (Général de Lattre de Tassigny), la D.F.L. se lance sur Giromagny en direction de l’Alsace. Le 20 novembre 1944, à la tête de ses troupes, le Général Brosset trouve la mort près de Champagney. Le Général Garbay le remplace et les combats se poursuivent. Giromagny tombe le 22, le Ballon d’Alsace le 24, Rougemont-le-Château le 25, Masseveaux le 26. Entre-temps, la Légion Etrangère a trouvé assez de ressources pour recréer un 3e bataillon. A bout de souffle, ayant rempli sa mission et atteint l’Alsace, après avoir permis à de Lattre de Tassigny de prendre Belfort et Mulhouse, à Leclerc de s’emparer de Saveme et de Strasbourg la 1e D.F.L. est relevée le 9 décembre 1944 et reçoit l’ordre de se porter en Gironde prêter main forte aux troupes du Général de Larminat qui préparent l’assaut des poches de Royan et de la Pointe de Grave (Opération « Indépendance »).

Arrivée le 23 décembre 1944 sur ses nouvelles positions bordelaises, la D.F.L. reçoit le 25 décembre l’ordre urgent de retraverser la France pour couvrir la plaine d’Alsace que les Américains sont en train d’abandonner pour colmater les vides causés plus au nord, dans l’Ardenne belge, par la puissante contre-offensive du Maréchal Von Runstedt.

MARCHE DE LA 1e DFL - IV

"Long chemin jusqu’à la Tunisie,
Après les combats d’El Alamein ;
Puis crevant les défens’s d’Italie,
Au prix de beaucoup de vies humain’s !
Mais bientôt débarquant en Provence,
Libérant Toulon et des abords,
Après bien des années d’espérance,
Nous étions encore les plus forts".

photographie : exposition "une chevalerie exceptionnelle". 2010

LE DEBARQUEMENT DE PROVENCE

Le 12 août, la rade de TARENTE est encombrée de navires de guerre et de transports. Un horizon de côtes basses et arides évoque la Tripolitaine ou le Sud-tunisien. On se distrait tant bien que mal, dans une moiteur étouffante, en de longs échanges de vues qui roulent principalement sur la stratégie ou l’identification navale.
- As-tu vu le Montcalm ?
- Il se pourrait que nous débarquions à Port-Vendres.

- On ferait une drôle de tête si nous arrivions après-demain en Albanie.

Cette période d’attente est entrecoupée de nombreux exercices d’embarquement et de débarquement où les L.C.A - embarcations d’assaut - jouent le rôle principal.
Le 13 août : départ. Décidément, c’est en France que va débarquer la Division. Le champ des discussions se rétrécit. Les conceptions s’affermissent :

Il faut un bon mois pour prendre Toulon.

En continuant par l’Italie, l’Allemagne était envahie plus rapidement.

15 aout : distribution des cartes de la côte provençale. Photographies aériennes. Plans des ouvrages de défense. Ceintures pneumatiques et brassards tricolores pour se faire reconnaître des F.F.I.

16 août : au matin, la radio du bord annonce le succès initial du débarquement. Les commandos ont pris pied dans les Iles du Levant et sur les plages françaises du LAVANDOU, A SAINT RAPHAEL, tandis qu’une division aéroportée occupait la Vallée de l’ARGENS.

A 17 heures apparaît enfin cette côte de France qui depuis plus de quatre ans hante les rêves de tous les exilés . Elle émerge et se dessine rapidement, malgré la brume et les nuages artificiels répandus à profusion. La baie de CAVALAIRES est aussitôt identifiée. Depuis la veille, elle est aux mains des parachutistes franco-américains, qui ont nettoyé la côte et auxquels a été adjointe une équipe chirurgicale de la division, à la grande rage des véritables combattants qui ne pardonnent pas au service médical de les avoir devancés dans ces premiers pas vers la libération.

Voici la France ! faut-il pleurer, crier, non. Chacun domine sa joie ; on se tait. Chacun songe à Juin 1940, à tant de chemins parcourus, tant de luttes et d’épreuves, tant de camarades tombés. Les navires jettent l’ancre au milieu d’une étonnante armada de croiseurs, transports, vedettes, bateaux de débarquement. Des navettes déchargent sans interruption personnel et matériel à un rythme étourdissant, dans la nuit qui tombe.

Celle-ci s’épaissit bientôt de toutes les fumées que crachent les navires survolés par les avions ennemis ; le tir de la D.C.A roule sur le tonnerre des bombes qui s’écrasent sans toucher personne. Un ballon est abattu, mais les L.C.A dans l’obscurité, errent à l’aveuglette, tous repères perdus.

La 2e Brigade débarque la première avec le Général BROSSET et son état-major.

Les uns passent au sec sur un wharf déjà en place et se félicitent de bénéficier d’une aussi remarquable organisation. Les autres plongent jusqu’à la poitrine dans la mer et sont aussitôt convaincus qu’ils vivent bien leur débarquement : mais tous restent silencieux.
Ah ! ce premier contact avec le sol de France, dans l’obscurité, sous le vent tiède qu’embaume la forêt de pins !
Quelques kilomètres sur une route que l’on devine et que l’on reconnaît ; puis la halte, jusqu’à l’aube, pour permettre le regroupement des troupes ; l’attente au milieu des vignes, parmi les grappes déjà mûres, dont chacun se hâte de profiter, sans voir , dans l’obscurité, le champ de mines au milieu duquel la moitié de la 2e Brigade et tout l’état-major de la Division sont venus chercher le repos.
Au jour, une bonne part du premier matériel est déjà là. En fin de soirée, le regroupement du personnel et des moyens s’achève.

Il ne manque que le 2e Bataillon de la Légion, qui rejoindra quelques jours plus tard.

Le 18, les commandos sont relevés au contact de l’ennemi et le front de la Division, qui suit la vallée du REAL MARTIN, s’étend depuis SAINT ISIDORE jusqu’à la mer.

Le 19, le dispositif d’attaque est fixé pour l’action qui doit avoir lieu le lendemain à l’aube.
La 1e DFL est placée sous les ordres du général de LARMINAT, qui dirige également la 9e Division d’infanterie coloniale et un groupement de commandos et de bataillons de choc.
L’axe de la Division est représenté par la route de SAINT RAPHAEL - TOULON, au nord de laquelle attaquera le R.C.T 2 (Colonel GARBAY), tandis que le R.C.T 3 (Colonel RAYNAL) agira dans la zone de la route à la mer.

Les positions allemandes, disposées en cercle autour de TOULON, comprennent une ceinture de défenses extérieures, dont HYERES, les massifs du FENOUILLET et le Mont REDON constituent les bastions est et une ligne de défense rapprochée, jalonnée, toujours dans la même direction, par les collines de TOUAR, les villages de LA GARDE et du PRADET.

L’attaque démarre au petit jour, et tout de suite, au nord de la route, le BM 5, dans un élan magnifique, enlève d’assaut le mont REDON, sur lequel pendant tout le reste de la journée, l’ennemi s’épuisera en contre-attaques vaines et sanglantes.

A sa droite, le BM 11 progresse en direction de LA CRAU et s’empare de deux collines fortifiées.

De ce côté, toute la position de défense extérieure ennemie est complètement enfoncée.

Au sud de la route, l’attaque du R.C.T 3 échoue d’abord devant les positions du Golf Hôtel, formidablement défendues, et de l’Oratoire ; en fin de journée, cependant, le GAPEAU est franchi, et le bataillon d’infanterie de marine ainsi que le BM 24 se sont emparés des hauteurs qui bordent la rive ouest de la rivière.

Dès le lendemain, l’action reprend : le général BROSSET exploite le succès de la 2e Brigade et fait déborder par le BM 24, bataillon de réserve de cette unité, les résistances qui arrêtent le R.C.T 3 ; BIMP et BM 24 attaquent à nouveau et le soir même le Golf-Hôtel, assailli du Nord au Sud après une préparation d’artillerie intense à laquelle participent les navires de la flotte, cessent toute résistance.

Les faubourgs d’HYERES sont atteints, tandis que plus au nord, le BM 11, flanqué du 22e BMNA enlève de haute lutte le village de LA CRAU, où il reçoit un accueil enthousiaste.

Il s’agit maintenant de faire sauter la deuxième position de l’ennemi.

Le 22 au petit jour, précédées de leurs éléments blindés, les deux colonnes reprennent la progression ; mais dès 9 heures, le contact est partout rétabli.

Vers midi, le BM 11 réussit à s’emparer, en y perdant son troisième commandant de compagnie en deux jours, des cotes 79.2 et 75.3, éperons avancés du massif du TOUAR.
Une furieuse contre-attaque adverse y est stoppée in extremis avec l’appui d’un groupement de chars légers, dont le maître LE GOFFIC , paie de sa vie son dévouement à ses camarades de combat.
Dans le secteur du R.C.T 3, le BM 21 s’empare du village du PRADET , pénètre dans LA GARDE, dont une contre-attaque le rejette, mais qu’à la nuit, le BIMP prendra malgré de lourdes pertes.

En fin de journée, la dernière ligne de défense adverse est fortement entamée ; seul subsiste, l’écran protecteur des faubourgs de TOULON, qui commande toute la zone où la Divisions s’est engagée. Le R.C.T 2 doit le réduire le lendemain et permettre ainsi la progression du R.C.T 3 qui opère en plaine, tandis qu’au nord de la Division, les éléments de gauche de la 9e DIC doivent lier leur action à celle du R.C.T 2 en attaquant le village de LA VALETTE.

L’attaque démarre à 9 heures ; elle est menée par le BM 4, chargé de nettoyer les pentes nord et la crête du TOUAR tandis que le BM 5 réduira les escarpements sud. Dès le début, l’avance est rendue très difficile par le terrain couvert et accidenté, les violents bombardements des batteries sous béton et les organisations d’infanterie fortement défendues ; bientôt l’incendie s’empare des bois de pins et des buissons et c’est au milieu des flammes, dans le tonnerre des explosions des dépôts de munitions que l’ennemi fait sauter, que, vers 15 heures, les deux bataillons, exténués mais triomphants, couronneront l’ensemble du massif, dont l’ennemi s’enfuit en y abandonnant des batteries et de nombreux prisonniers.

A 15 heures, le BIMP s’ébranle à son tour, s’empare de la cote 46.2 et s’aligne de la Note à Clos-Pouvenel, tandis que le BM 21 atteint le pont de la Clue et enlève les cotes 25.8 et 28.2.

On fait alors le point :

TOULON est atteint. Sa dernière ligne de défense est enfoncée.

La garnison du Mont des oiseaux, que le 1e BLE, laissé en arrière, avait mission de couvrir, s’est rendu après avoir subi un sévère pilonnage de la flotte et de l’artillerie de terre.

Dans TOULON même, le chef de bataillon MIRKIN , de l’E.M divisionnaire, assisté de quelques camarades, vient par un merveilleux coup d’audace, d’obtenir au bluff la reddition de 800 Allemands qui s’étaient retranchés dans le quartier de SAINT JEAN DU VAR.

La journée du 24 sera consacrée aux derniers nettoyages des quartiers est de la ville, dont la 9e D.I.C devra achever l’épuration en réduisant pour sa part les forts du MAURILLON, de la MALGUE et de SAINT MANDRIER.

Le BM 21 se distingue à cette occasion en décidant par téléphone et sans difficulté les garnisons des forts de CARQUEIRANNE et de SAINT MARGUERITE - 26 officiers, 85 hommes - à se constituer prisonniers, tandis que le 22e B.N.A nettoie le cap BRUN, dont il capture aisément les derniers défenseurs...

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