1945 : La fin de la Guerre - La Victoire

REFONTE DE LA PREMIÈRE DIVISION FRANçAISE LIBRE AVANT SA DISSOLUTION

JUIN 1945

Première Brigade : les 1e, 2e et 3e Bataillons de la Légion Étrangère redeviennent la 13e Demi-Brigade de la Légion.

Deuxième Brigade : les BM 4, BM 5 et 22e BNA deviennent le 2e Régiment d’Infanterie Coloniale.

Quatrième Brigade : les BIMP, BM 11 et BM 21 deviennent le 1e Régiment d’Infanterie Coloniale.

Après le Bataillon de marche n°2 qui fut Compagnon de la Libération à la suite des combats de Bir-Hakeim, cinq autres unité reçoivent cette décoration :

PÉRIODE DU 19 JUIN AU 15 AOÛT 1945

Avant d’être dissoute, la 1e DFL établit son bilan :
Débutant sous d’autres noms, la 1e DFL n’a cessé de se battre depuis 1940.

Elle a servi de catalyseur aux jeunes troupes qui se sont efforcées par la suite d’égaler sa valeur.

Elle a prouvé au monde que tous les Français n’étaient pas mûrs pour l’esclavage imposé à leur pays.

Elle a guerroyé dans onze pays différents et sous tous les climats (Gabon, Erythrée, Syrie, Egypte, Ethiopie, Libye. Cyrénaique, Tripolitaine, Tunisie, Italie, France).

Quarante-huit cimetières, abritant ses 4 000 morts, jalonnent son itinéraire :

Libreville Lambaréné Mitzie (au Gabon)  Cub-Cub Keren
Massaoua (en Erythrée)  Port-Soudan Suakin (au Soudan)  Qastina
Sarafan (en Palestine)  Cheik Meskine Damas Alep
Abou-Kemal (en Syrie)  Beyrouth (au Liban) Heliapolis Alexandrie
El Daba El Alamein (en Egypte)  Gambut Tobrouk Bir-Hakeim (en Libye) 
Dema  M’Rassas (en Cyrénaïque)  Zuara (en Tripolitaine)  Enfidaville
Tunis Nabeul (en Tunisie)  Gallucia San Clemente San Giorgi
San Ambragio Contaluppo Passano Viterbo San Lorenzo
Radicafani Naples (en Italie)  Hyères La Londe Villersexel
Roye Caravillers Giromagny Lusan Châtenois
Oberheim l’Escarène (en France)

90 000 kilomètres séparent les deux points extrêmes de son épopée : Albershot et Meaux.

102 792 prisonniers (l’équivalent d’une armée) ont été capturés par ses combattants.
Les services que la 1e DFL a rendus à la France Libre, à la Patrie, aux Alliés, n’ont pas de prix.

Elle a mérité 4 citations à l’Ordre de l’Armée :

Six de ses unités ont été décorées de la Croix de la Libération :

Quatre de ses morts représentant les combattants en uniforme reposent au Mémorial de la France Combattante au Mont-Valérien, sous cette épitaphe :

«  Nous sommes ici pour témoigner devant l’Histoire que de 1939 à 1945 ses fils ont lutté pour que la France vive Libre  ».

La 1e DFL a vécu les plus extraordinaires aventures dans la forêt gabonaise, les roches d’Érythrée. la sécheresse de Syrie, les sables du désert, les Djebels de Tunisie, la poussière d’Italie, la boue des Vosges, le froid d’Alsace, les neiges des Alpes.

Elle a fait plus de campagnes et traversé plus de pays que les troupes d’Alexandre le Grand, de Gengis-Khan ou de Napoléon.

Elle a perdu, au cours de ses campagnes :

Toutes les races : blanche, noire (Africains et Malgaches), jaune (Indochinois) ; rouge (volontaires Boliviens et Colombiens) étaient représentées dans ses rangs et formaient une division absolument unique en son genre, où chacun, du Général au dernier des brancardiers Pondichériens, s’était engagé volontairement pour le meilleur et pour le pire afin d’œuvrer à la Libération de la France.

Tous les commandants successifs de cette grande unité ou des formations dont elle est originaire : « Lieutenant-Colonel Magrin Verneret (dit Monclar), Général Legentilhomme, Général Koenig, Général Cazaud. Général de Larminat, Général Brosset, Général Garbay, ont été faits Compagnons de la Libération.

La Première Division Française Libre est dissoute le 15 août 1945.

La Première Division Française Libre, après avoir reçu sa quatrième citation à l’ordre de l’Armée, est dissoute le 15 août 1945, mais la majorité des grandes unités qui la composaient sont maintenues en état d’activité.

Sur un total de 1 042 Compagnons de la Libération (dont 238 à titre posthume) faits par le Général de Gaulle « pour s’être particulièrement signalés dans l’œuvre de la Libération de la France et de son Empire », 366 (dont 78 à titre posthume) ont appartenu à la 1e DFL.

REIMS, 8 MAI 1945 : LA FRANCE À LA TABLE DES VAINQUEURS

Ach ! Il y a aussi les Français ? Il ne manquait plus que cela...

L’Histoire a retenu le cri du maréchal Keitel, l’homme qui, aux côtés de Hitler, avait imposé aux Français vaincus l’humiliant armistice de Rethondes en juin 1940, lorsqu’il aperçut le général de Lattre de Tassigny à Berlin le 9 mai 1945.

Eh oui, les Français étaient là, au cœur du IIIReich qui ne devait survivre que de quelques jours au suicide de son Führer, aux côtés du maréchal Joukov et de maréchal Tedder, adjoint d’Eisenhower, pour la signature de la capitulation allemande. Comme ils avaient été présents, dans la nuit du 7 au 8 mai, à la table des vainqueurs, dans la salle de l’École Professionnelle de Reims, où Bedell-Smith, chef d’état-major d’Eisenhower, Sousloparov, représentant de Joukov, et Sevez, sous-chef d’état-major de l’armée française, avaient obtenu de Jodl, chef d’état-major de la Wehrmacht, la capitulation de l’Allemagne (qui ne sera officiellement qu’à 15 heures).

C’est le même jour, à 23 h 01, que les combats prenaient officiellement fin.

Le cauchemar était terminé et il en était ainsi parce que, dès juin 1940, une poignée d’hommes avaient entendu un message venu de Londres leur assurant que rien n’était perdu, que des forces immenses ne s’étaient pas encore déployées et qu’un jour, elles écraseraient l’ennemi.

Il faut, avait ajouté la voix retransmise par la BBC, que la France, ce jour-là, soit présente à la victoire.

Ce jour était arrivé.

La France humiliée de 1940 s’était redressée, non sans d’immenses difficultés, non sans d’extraordinaires sacrifices, mais elle avait pris toute sa part, avec une efficacité que nul ne pouvait lui dénier, à la victoire des Alliés. Dans le discours qu’il prononce dans l’après-midi du 8 mai, de Gaulle proclame d’une voix forte :

La guerre est gagnée ! Voici la victoire ! C’est la victoire des Nations unies et la victoire de la France. L’ennemi allemand vient de capituler devant les armées alliées de l’Ouest et de l’Est. Le commandement français était présent et partie à l’acte de capitulation.

Le lendemain, dans un télégramme qu’il envoie à S.M. George VI, il écrit : En 1939 comme en 1914, c’est ensemble que nous avons tiré l’épée contre l’ennemi qui attentait à la liberté de l’Europe et à celle du monde. En 1945 comme en 1918, c’est ensemble que nous avons vaincu.

À Berlin, de son côté, de Lattre s’adressait le même jour à ses soldats : Vos victoires marquent les étapes de la résurrection française (...).

Victoire de mai, victoire radieuse de printemps qui redonne à notre France, la jeunesse, la force et l’espoir. .

François Broche

Extrait de la Revue de la France Libre, n 289, 1 trimestre 1995.

Article paru l’été 2012 sur le site de la Fondation de la France Libre

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