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Bataillon d’Infanterie de Marine


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L’HISTORIQUE DU 1e B.I.M.

Le 25 août 1940 à ISMAILIA, le Baron de BENOIT, Commissaire de la France Libre en Egypte, remettait un drapeau tricolore offert par la colonie française du CAIRE et d’ISMAÏLIA aux Volontaires Français du 1e Bataillon d’Infanterie de Marine.

L’emblème aux couleurs nationales françaises prit place aux côtés de l’Union Jack britannique confié en juillet 1940 par le Gouverneur anglais de l’île de CHYPRE à la garde de ces volontaires français.

Quels étaient ces volontaires qui depuis deux mois, à défaut du drapeau français, avaient formé leurs rangs sous les plis d’un pavillon britannique en attendant de retrouver leur emblème national ?

Au nombre de 500 environ à l’origine, ils venaient tous du 24e Régiment d’Infanterie Coloniale. Officiers, sous-officiers, soldats de carrière ou mobilisés, un même sentiment de honte et de rage leur avait faire refuser l’armistice de juin 1940, soit qu’ils avaient été déjà associés à nos alliés britanniques pour la défense de l’île de Chypre, soit qu’ils aient eu à quitter leur garnison de SYRIE pour passer en PALESTINE.

A CHYPRE , les Anglais, surpris par les évènements et ne disposant d’aucune instruction, s’étaient montrés très réservés et avaient assisté passivement à la lutte d’influence des jeunes officiers et sous-officiers groupés derrière le Capitaine LOROTTE contre la hiérarchie traditionnelle qui, devant ce mouvement de résistance, s’efforçait de maintenir l’obéissance afin de ramener le 3e Bataillon tout entier, au sein du Régiment resté à TRIPOLI de Syrie.

Du 18 juin au 10 juillet les résistants s’étaient comptés et affirmés : 350 hommes se refusèrent à retourner au Levant ; Cependant les Anglais les obligèrent à restituer la totalité de l’armement lourd dont ils s’étaient emparés.

Le 12, le Colonel FONFERRIER – qui sera tué plus tard dans la résistance en France – venu de TRIPOLI pour essayer de reprendre son ascendant sur ses soldats égarés, s’adresse directement à tous : il est écouté avec respect mais une vibrante Marseillaise s’élève spontanément de tous les rangs pour lui répondre. Dans ces conditions, je vous souhaite bonne chance, conclut le Colonel ému. Et chacun de comprendre qu’il eût préféré se joindre à eux mais que son sens du devoir envers son Régiment et le Commandement français fait de lui le prisonnier de sa charge.

Rassemblés à NICOSIE , les volontaires français sont alors reçus avec enthousiasme par les Britanniques qui organisent une prise d’armes à l’occasion de la fête nationale du 14 juillet, puis le lendemain, en témoignage de la confiance qu’ils gardent à leurs compagnons d’armes fidèles, leur remettent solennellement au cours d’une nouvelle prise d’armes, un drapeau aux couleurs de l’Union Jack.

Le Haut Commandement britannique en Moyen-Orient ayant prescrit de diriger le détachement français sur l ’ÉGYPTE , les 350 volontaires français arrivant de CHYPRE sont accueillis à ISMAILIA le 23 juillet par 150 camarades de leur Régiment, venus de Syrie par la PALESTINE .

A TRIPOLI, en effet, la 3e Compagnie du 24e R.I.C commandée par le Capitaine FOLLIOT , un ancien de 14-18, ne s’est pas résignée à cesser le combat. Dès que l’armistice est officiellement annoncé, le 27 juin, 130 gradés et hommes embarquent subrepticement avec armes et bagages sur cinq camions subtilisés à l’aide de faux ordres de mission et gagent la PALESTINE en une seule nuit, sans manquer de cisailler, de temps à autre, les lignes téléphoniques que longent la route TRIPOLI-BEYROUTH-NAKOURA.

Au passage de la frontière, les trois gendarmes français se laissent facilement convaincre de l’inanité de toute opposition.

Très rapidement, d’autres éléments sont venus rejoindre la compagnie FOLLIOT : ce furent d’abord une vingtaine de légionnaires d’origine espagnole du 6R.E.I, puis un lieutenant d’un régiment de chars ayant quitté HOMS avec un convoi de camions sur lesquels avaient embarqué quelques chausseurs de passage à RAYAK , suivis quelques jours plus tard par une auto-mitrailleuse et enfin, le 2 juillet par tout un escadron à cheval de SPAHIS marocains aux ordres du Capitaine JOURDIER .

Le 18 juillet, les contingents français constitués au tour de la compagnie FOLLIOT et de l’escadron JOURDIER, embarquent sur la voie ferrée à HAIFA pour gagner ISMAILIA sur les bords du Canal de SUEZ où la colonie française du Canal leur fit un accueil émouvant.

Le 23, le détachement LOROTTE les rejoint mais déjà, il a choisi de s’appeler pour l’avenir 1e  Bataillon d’Infanterie de Marine reprenant ainsi l’ancienne appellation des Troupes Coloniales avant 1900.

Le Capitaine FOLLIOT acquiesce de tout cœur à cette initiative et se reconstituant l’unicité du 24Régiment, s’intègre dans le B.I.M avec le numéro Un pour sa compagnie.

Disposant d’un armement français sans munition de réserve et de quelques véhicules de fabrication française parfaitement inadaptés au désert à l’exception d’une Lafly six roues, le B.I.M. se présente comme une troupe instruite et disponible pour reprendre le combat par la qualité de ses personnels mais absolument inapte, par ses matériels, à s’engager dans le genre d’opérations très mobiles et puissantes qui se dérouleront aux confins de la Libye et de l’Egypte, au WESTERN DESERT .

Le Capitaine LOROTTE aura la tâche difficile d’obtenir du commandement britannique le matériel radio et de navigation, les véhicules, l’armement lourd et les équipements indispensables pour la guerre du désert.

Les Britanniques en effet, n’en disposent même pas suffisamment pour leurs propres forces : anglaise, australienne, néo-zélandaise ou indienne qui forment la 8Armée. Des troupes polonaises venues elles aussi de Syrie, dans le même état que les éléments français sont tout autant démunies et tout aussi impatientes de reprendre le combat : elles forment la Brigade des Carpathes qui s’illustrera à TOBROUK en y soutenant victorieusement le siège par l’Afrika-Korps du Général Rommel .

A force d’insistance pressante, l’équipement complet pour une compagnie est obtenu : une ardente compétition s’ouvre entre ceux de CHYPRE et ceux de TRIPOLI : c’est toutefois la Compagnie FOLLIOT, première arrivée, qui aura l’honneur d’être aussi la première à entreprendre le combat.

Le 6 septembre, après un entraînement d’autant plus intensif qu’il sera bref, la 1ere Compagnie quitte ISMAILIA pour rejoindre vers SOLOUM la 7e Division blindée britannique celle des Rats du désert qui, seule grande unité mobile et cuirassée, couvre l’ÉGYPTE face à plus de 200 000 hommes de l’Armée Graziani, heureusement toujours passive. Tellement même que c’est le Général WAWEL qui, en décembre 1940 prend l’offensive.

La 1e Compagnie y participe et dès janvier, compte ses premiers morts au Champ d’Honneur : LALOU, POTHIN, BARTOLI et FLEURY ; ainsi, Winston CHURCHILL pourra annoncer à la Chambre des Communes la prise de TOBROUCK par les forces britanniques et les forces françaises libres.

Pour marquer cette reprise des opérations de guerre contre les forces de l’Axe, le Général DE GAULLE nomme les premiers Compagnons de l’Ordre de la Libération sans distinction de grade, parmi les hommes de la 1e Compagnie du 1e  B.I.M.

En février 1941, la 2e Compagnie ( Capitaine GIROD ) équipée à son tour rejoint le premier au WESTERN DESERT et opère avec elle en tandem. Pendant ce temps, à EL DABA , les hommes des trois autres compagnies perdent patience bien qu’ils voisinent avec les Polonais et les Néo-Zélandais aussi dépourvus et ardents que nos gens : les nôtres finissent par se dire si les Anglais n’ont pas de véhicules à nous délivrer, qu’ils nous donnent une seconde paire de chaussures et nous envoient au Soudan où chacun sait que le 1e Escadron de Spahis marocains à cheval a été récemment envoyé pour combattre les Italiens d’ ÉTHIOPIE .

Ces doléances seront entendues : en mars 1941, sous les ordres du Capitaine SAVEY , un Père dominicain, officier de réserve, la 3Compagnie de marche forte de 250 hommes remonte le NIL en bateaux à l’aube (ce qui lui vaudra de découvrir LUXSOR et la HAUTE - EGYPTE ) et rejoint la 1e Brigade Française Libre du Colonel MONCLAR en ERYTHREE .

Avec la 13e Demi-Brigade de Légion Etrangère venue d’Angleterre, et le Bataillon de Marche n°3 arrivé du Tchad, le Trois participe aux combats de KEREN et de MASSAOUA dont la prise, le 8 avril, mettra fin à cette campagne pour les forces françaises.

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