BIMP

Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique


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L’HISTORIQUE DU B.I.M.P.

Jusqu’à la sortie de Bir-Hakem en juin 1942, 1e BIM et BP 1 connurent une existence distincte, quoique commune, au sein de la 1e Brigade. Mais après la dure bataille du siège, suivie de la sortie en force de Bir-Hakeim, compte tenu des lourdes pertes que les deux formations avaient subies, dont celles des deux chefs de bataillon - le Lieutenant-Colonel BROCHE et le Commandant SAVEY-, 1e BIM et BP 1 durent fusionner pour constituer le Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique : le BIMP.

C’est désormais sous ce sigle que volontaires français de Métropole et du Pacifique prendront part aux campagnes de LIBYE en 1943, de TRIPOLITAINE ET DE TUNISIE.

Après la bataille d’EL ALAMEIN , en novembre 1942, tandis que la 1e Division Française Libre est mystérieusement maintenue en Egypte, le BIMP se voit octroyer le privilège d’accompagner la 8e Armée britannique dans sa poursuite des forces de l’Axe en CYRENAÏQUE et en TRIPOLITAINE avec mission d’assurer la protection du Quartier Général du Général MONTGOMERY et de défendre des aérodromes avancés de l’aviation de chasse alliée.

Cette faveur faite au BIMP lui vaudra encore le plaisir d’accueillir à CASTEL BENITO, près de TRIPOLI, les éléments de la Colonne LECLERC arrivant du TCHAD et d’attaquer plus tard avec elle la ligne MARETH pour entrer en TUNISIE.

Rejoint en avril 1943 par le reste de la 1e DFL, le BIMP s’y intègre à nouveau et son périple sera désormais celui de la Division.

Renforcé des engagés d’Afrique du Nord, des évadés de France par l’Espagne et surtout par 250 jeunes corses, le BIMP part avec le plein de ses effectifs en avril 1944 pour la campagne d’ITALIE sous le commandement du Commandant MAGNY qui tombera le 17 mai 1944 devant SAN GIORGIO à la tête de la 3e Compagnie dont le Capitaine de LABORDE a déjà été tué.

Très sévèrement éprouvé au cours des combats du GARIGLIANO et de TOSCANE, le BIMP débarque en PROVENCE en août 1944 avec ses effectifs réduits d’un tiers mais dans la plénitude de ses forces morales qu’exalte le contact avec le sol de la mère patrie où Calédoniens, Tahitiens et Canaques abordent pour la première fois de sa jeune existence, tandis que les anciens du 1e BIM retrouvent la France après cinq ans d’absence.

Cette ardeur conduit le Bataillon à des succès méritoires mais accentue encore les vides dans ses rangs ; ce sont plus de 300 volontaires qu’il faut enrôler pour combler les pertes d’Italie et de Provence.

Le département du Var, les villes de Nîmes et de Lyon ont tôt fait d’y pourvoir : maquisards du Haut Var, chantiers de jeunesse du Paradou, réfractaires et FFI du Gard, collégiens lyonnais s’engagent d’enthousiasme.

Malgré leur inexpérience, cause de lourdes pertes, ces hommes de tous âges égaleront très vite les vétérans de Libye et d’Italie qui surent, en quelques semaines, leur insuffler l’esprit et la volonté de ceux dont ils prennent la place dans les rangs du BIMP.

Mais en novembre, les rigueurs du climat métropolitain obligent le commandement à envisager la relève des 275 Calédoniens, Tahitiens et Canaques rescapés des combats qui forment encore le noyau de la 1e Compagnie et une importante partie des unités de commandement et d’accompagnement.

Afin de conserver au Bataillon le souvenir de ces vaillants et valeureux compagnons, la formation qu’ils quittent gardera l’appellation du Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique jusqu’à sa démobilisation.

Pour combler partiellement le vide provoqué par le départ des Gars du Pacifique, le maquis Le COZ d’Indre et Loire est affecté au BIMP mais ses 70 garçons constituent à peine le quart des besoins.

Aussi est-ce par sergent recruteur et d’instruction que le Bataillon complétera ses effectifs : ainsi un élément de recrutement et d’instruction est implanté à CHALONS SUR SAONE avec quelques gradés blessés et encore mal guéris : des sous-officiers sont dépêchés dans le Nord de la France et en Bretagne où, débauchant quelques FFI insatisfaits de la pauvreté et de l’inaction de leur formation, ralliant quelques bonnes volontés désireuses de se rendre utiles, ils ramèneront des camions qui constitueront un apport précieux en ces temps de pénurie.

Excellent recrutement qui se fera rapidement apprécier pendant la campagne d’Alsace.

C’est cet amalgame de vétérans coloniaux parmi lesquels de nombreux français de couleur : citoyens du Sénégal, des Antilles ou des Indes, de maquisards corses, varois, tourangeaux enrégimentés, de collégiens et d’apprentis lyonnais en rupture d’enseignement, de FTP de Nîmes, de FFI de Valenciennes et de Bretagne, qui livrera dans les Alpes Maritimes du 11 au 17 avril 1945, contre les chasseurs bavarois et les fortifications de l’Authion, l’une des plus meurtrières batailles du Bataillon.

En 48 heures, le Pic de l’Authion, culminant à 2080 mètres, le Camp des Cabanes Vieilles, la redoute des Trois Communes seront enlevés et conservés ; mais 147 hommes paieront de leur sang et pour 52 d’entre eux de leur vie, ce succès digne des anciens de Bir-Hakeim dont quelques un ont trouvé la mort dans ce dernier combat après cinq années de guerre.

Tel fut le sort du Caporal PECRO, enfant de l’Assistance, décoré de la Médaille Militaire Française et de la Military Medal Britannique pour son exploit de pointeur au canon de 75 anti-char à Bir-Hakeim où il détruisit cinq chars ennemis au cours d’une même attaque : ces décorations lui avaient valu à titre permanent la place d’honneur à la garde du Drapeau.

A défaut de ce fanion, c’est le calot du caporal PECRO, présenté au Général DE GAULLE par le Commandant MAGENDIE, qui avait reçu, le 10 avril 1945, à Nice, la Croix de la Libération destinée au Bataillon :

Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique,
Nous vous reconnaissons comme notre Compagnon
Pour la Libération de la France
Dans l’honneur et par la victoire


En Septembre 1945 le BIMP est à la Tour Maubourg. Le Général de Gaulle les passe en revue avec le Capitaine Hervé, Compagnon de la Libération, (BP 1 et BIMP).

Au défilé sur les Champs Elysées, on reconnait Jean TRANAPE qui porte le fanion du BIMP.

EN SAVOIR PLUS....

BIBLIOGRAPHIE BIM-BP-BIMP (d’après Laurent Laloup )

Titre Auteur Édition Année
Le neuvième compagnon Georges Fleury Grasset 1990
Quand ronchonnait le tambour de guerre Jean Fauvet France-Régions 1990
Le Bataillon des guitaristes François Broche Fayard 1970
L’oiseau n’a plus d’ailes... Peter Schwiefert NRF 1974
A bras le cœur Roger Barberot Robert Laffont 1972
Jacques Savey, Dominicain, héros de Bir-Hacheim Édition du cerf 1972
Revue Historique des Armées n°4 Une page d’Histoire 1973
Revue Historique des Armées n°3 La polynésie française 1976
Paul Poggionovo
Témoignages : 1940 - 1945 A. Pivette
De la défaite à la victoire avec les Françaises libres Pierre Delsol Compte d’auteur
L’Espoir ne meurt jamais Raphaël Folliot 1972
Les carnets de route d’un combattant du Bataillon du Pacifique Roger Ludeau 1946
Septembre 1940, France libre, le ralliement des établissements français d’Océanie au général De Gaulle Henri Weill Lavauzelle 2002
Les révoltés de l’honneur Benjamin Favreau
Trente calots bleus à liseré rouge du 1eB.I.M Roger Malfette Malfette 1996
Revue Historique des Armées n°81 : Le Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique 1940 - 1945 Le Goyet 1965
Les premier pas du B.I.M, Extrait de la Revue de la France Libre n°29 1950

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