Bataillon de Marche n°21

Bataillon de Marche n°21


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Quand le B.T.S 1 fut devenu le B.M. 21, on dessina des projets d’insigne et le modèle retenu fut celui du capitaine Marnay, commandant la 2e Comapgnie. Il représentait, sur l’écu français moderne, le soleil levant, rappel de l’emblème du B.T.S. 1, associé à l’ancre de la coloniale et de la croix de Lorraine, mais ne comportant pas le nom de l’unité. et insigne fut réalisé au aire à un très petit nombre d’exemplaires. Puis en 1944, un nouvel emblème fut frappé, toujours au Caire, mais ayant cette fois la forme de l’écu français ancien et comportant la légende B.M. 21. Au cours de la campagne de France, un autre trage fut fait par Drago, reprenant les caractéristiques du modèle précédent.

(Les Français Libres et leus emblèmes par B. Le Marec, Ed. Lavauzelle.

Historique

DJIBOUTI

Fin 1938 à Toulon.

Depuis les accords fâcheusement célèbres de Munich, le fascisme s’est déchaîné et gonflé de sa victoire facile, en Ethiopie crie sur la place de Venise, de Rome Djibouti a noï parce que Djibouti est effectivement le principal débouché de l’Ethiopie.

Le Gouvernement français décide l’envoi de renforts militaires en Côte Française des Somalis.

Le premier Bataillon du 8e Régiment de Tirailleurs Sénégalais forme un bataillon de marche qui prend le nom de 1e Bataillon de Marche de la Côte Française des Somalis et embarque fin décembre 1938 sur le Sphinx à destination de Djibouti.

Le Bataillon est commandé par le Chef de Bataillon Georges RAYNAL que l’on n’appelle pas encore Rabastens mais que nous retrouverons tout au long de l’histoire du Bataillon jusqu’à la fin de la guerre. Certains officiers y resteront constamment, comme le médecin Lieutenant PEYRUSSE et le Lieutenant OURSEL ; d’autres comme le Capitaine LANLO et le Lieutenant FAYAUD rejoindront d’autres unités mais se retrouveront aux côtés du Bataillon au sein de la 1e DFL, de même pour de nombreux sous-officiers et hommes de troupe.

Du 1e Bataillon du 8e RTS au BM21 de la 1ère DFL, ce sera bien toujours la même unité fidèle à son origine et à son esprit.

Dès son débarquement en Côte Française des Somalis, le Bataillon, devenu le 1e Bataillon du Régiment de Tirailleurs Sénégalais de la Côte Française des Somalis, est envoyé à la frontière pour monter la garde en face de l’Ethiopie en barrant route et voie ferrée qui, depuis ADDIS ABEBA , donnent accès au port de DJIBOUTI .

Le Bataillon se trouve donc aux avant-postes de la CFS au moment de la déclaration de guerre de l’Italie à la France le 10 juin 1940. II a ainsi la satisfaction, rare pour une unité française à cette époque, d’avancer de quelques kilomètres en Abyssinie alors italienne.

C’est là qu’il est surpris le 17 juin par un appel du Général LEGENTILHOMME commandant supérieur des troupes de l’Armistice qui dénonce les pourparlers d’armistice engagés par le Gouvernement Français et demande à ses troupes de refuser l’Armistice et de poursuivre la lutte.

Le Bataillon se rallie immédiatement et avec enthousiasme à la proposition du Général Commandant Supérieur. Mais dans son lointain isolement que les faibles moyens militaires anglais du Somaliland et d’Aden ne peuvent efficacement épauler, la Côte Française des Somalis vit des épisodes oscillant entre la tragédie et la comédie.

Fin juillet, départ du Général LEGENTILHOMME chez les Anglais du SOMALILAND ; il est remplacé par un général spécialement envoyé par Vichy.

Quelques jours plus tard les Italiens conquièrent le Somaliland évacué par les quelques unités anglaises qui s’y trouvaient.

Sur toutes ses frontières terrestres la Côte Française des Somalis est maintenant enserrée par les forces italiennes ; alors la situation générale est simple, toutes ses voies de communications maritimes et aériennes sont bloquées.

Un singulier régime va ainsi s’installer pendant des mois et des mois : théoriquement la colonie, relevant de Vichy, reconnaît l’Armistice. Mais en fait les conditions locales et l’état d’esprit des troupes françaises - il y a là la valeur d’une division entièrement d’active - incitent Rome et Vichy à la plus grande retenue.

Djibouti vit immobilisé sur ses faibles ressources et dans son dur climat mais avec ses forces militaires intactes.

Le 1e Bataillon du RTS-CFS, toujours aux ordres du Chef de Bataillon RAYNAL devient autonome et prend le nom de Bataillon de Tirailleurs Sénégalais N°1.

Le débarquement des alliés en Afrique du Nord secoue le corps d’occupation français ; mais les pouvoirs locaux restent fidèles à Vichy et se refusent à se rallier aux Forces Françaises Combattantes.

Révolté par cette passibilité, le BTS 1, accompagné du Groupe d’Artillerie de Campagne, s’évade de Djibouti et rejoint l’Abyssinie réoccupée depuis quelques mois par les forces anglaises. II peut ainsi quelques semaines plus tard former l’avant-garde d’une colonne franco-britannique qui, sans coup férir, rentre en Côte des Somalis, renverse les autorités locales de Vichy et rallie l’ensemble des troupes et de la Colonie à la France Libre.

EGYPTE-TUNISIE

Début février 1943 nous retrouvons le BTS N°1 en EGYPTE.

Avec deux autres Bataillons également venus de Djibouti il forme la 4e Brigade de la 1e Division Française Libre. Le commandement en a été donné au Colonel RAYNAL .

Le BTS N°1 prend son nom de guerre de Bataillon de Marche N°21 sous les commandements du Chef de Bataillon DIVES puis du Capitaine FOURNIER.

II va se rééquiper en matériels, se réorganiser, se re-compléter en cadres, et après la fin de la campagne de Tunisie rejoindre la 1e DFL en Tripolitaine pour se regrouper avec elle en Tunisie en septembre 1943 et y recevoir son matériel américain.

En même temps ses Tirailleurs Sénégalais, éloignés de leur pays depuis 5 ans et plus, sont rapatriés et remplacés par les Tirailleurs d’Afrique Equatoriale Française de la colonne Leclerc, cependant qu’arrivent de nombreux cadres et hommes de troupe français, soit évadés de France par l’Espagne, soit venant des unités françaises d’Algérie.

ITALIE

Fin avril 1943 le BM 21 débarque en Italie avec la 1e D.F.L. pour participer, avec le Corps Expéditionnaire Français du Général Juin, à l’offensive qui se prépare.

Le Bataillon est alors commandé par le Chef de Bataillon FOURNIER qui a comme adjoint le Lieutenant MULLER ; les trois compagnies de voltigeurs sont aux ordres des Lieutenants COUTIN, MARNAY et MAROIS , la Compagnie d’Accompagnement du Capitaine OURSEL.

L’attaque démarre le 10 mai à 23 heures.

La 4e Brigade, qui est alors formée du BIMP, du BM 24 et du BM 21, doit attaquer sur les pentes entre la vallée du LIRI à droite et le GIROFANO à gauche.

Le BIMP est à gauche, le BM 24 est à droite, le BM 21 en réserve derrière le BM 24.

En montant de nuit sur sa base de départ le BM 21 subit un violent bombardement au cours duquel est tué le Sous-Lieutenant ZAFIROPOULO de la 2e Compagnie.

La première attaque ayant échoué, la 1e DFL remet ça le 13 mai au matin ; le BM 21 est maintenant en première ligne à droite, avec à sa gauche le BM 24 et en réserve le BIMP.

Dans le brouillard du matin le BM 21 s’infiltre par petites colonnes en festonnant sur le bas des pentes pour manoeuvrer et réduire les nids de résistance allemande dans une succession d’accrochages rapides et violents qui, dans les vallonnements et les broussailles, s’échelonnent depuis la ligne d’attaque jusqu’aux échelons de nettoyage.

Un de ceux-ci coûte la vie au Sergent-Chef EHRARD, un des plus anciens cadres du Bataillon, qu’il a rejoint en 1938 comme caporal.

Au milieu de l’après-midi le Bataillon arrive sur la crête dite des Jumelles en face du village perché de SAN ANDREA qui est son dernier objectif.

Heureusement l’ennemi très éprouvé est à bout de résistance. Il ne réagit pas contre la reconnaissance que l e Lieutenant MULLER, le Lieutenant TABUTEAU, et l’Aspirant ROSTAND poussent jusque dans le village et ils capturent une soixantaine d’allemands qui s’y terrent.

La ligne Gustave est rompue.

La 4e Brigade poursuit sa progression puis passe en réserve.

Le BM 21 est à nouveau engagé sur le flanc droit de la Division devant PONTECORVO où les orgues de Staline lui font subir des pertes sévères.

Aux côtés de la 13e Demi-Brigade de Légion Etrangère, il participe à la réduction du Monte LEUCIO et à la progression en direction de MADONE DELLA SILVA .

La ligne Hitler est percée.

La liaison avec ANZIO va être établie et la route de Rome ouverte.

Une autre phase très dure s’ouvre pour le BM 21 à partir du 15 juin au nord du lac BOLSENA depuis ACQUAPENDENTE jusqu’au mont CALCINAJO.

C’est d’abord une progression harassante en pleine montagne pour coiffer le Monte RUFENO et dévaler sur CELLE SUL RIGO . En réduisant les résistances ennemies ( tué : Lieutenant ROUVER, blessé : Aspirant BEADLE ) le bataillon arrive le 18 juin à hauteur du Monte CALCINAJO qu’occupe la 1e Compagnie du Lieutenant MARNAY et à sa gauche la 3e Compagnie du Lieutenant MAROIS .

Etiré sur un large front le Bataillon doit ferrailler dur pour aligner sa 1e ligne.

Le front enfin parait se calmer en même temps qu’un épais brouillard recouvre les crêtes et isole les unités.

Et brutalement à 14h30 une violente contre-attaque de chasseurs parachutistes allemands émerge à bout portant du brouillard, et se lance à l’assaut des positions de la 1e Compagnie, sur le Monte CALCINAJO, cependant que de tous côtés des tentatives d’infiltrations se heurtent aux autres unités du Bataillon.

Sur le CALCINAJO la bagarre au corps à corps est sévère ; le Lieutenant COUTIN est mortellement blessé ; les deux autres officiers de la Compagnie, les Lieutenant TABUTEAU et Lieutenant CHIARI sont blessés, l’ Adjudant ESCUSA est tué ainsi que l’ Adjudant indigène KALI ; sur une vingtaine de cadres la Compagnie n’a plus que deux sous-officiers indemnes.

Mais les survivants contre-attaquent à leur tour.

Toutes les armes d’appui du Bataillon, et bientôt toute l’Artillerie divisionnaire interviennent massivement.

Le brouillard se dissipe peu à peu permettant aux autres compagnies du Bataillon et aux Blindés divisionnaires de faire pression sur les flancs ennemis.

Enfin l’ennemi fléchit et décroche. Les pertes ont été lourdes mais le CALCINAJO a tenu.

C’est sur ce succès que le Bataillon achève sa campagne d’Italie.

II va maintenant se regrouper et se refaire dans la région de NAPLES en attendant d’autres missions dont personne encore ne peut localiser le théâtre.

FRANCE

Le 16 août, le convoi maritime de la DFL mouille devant CAVALAIRE . Le BM 21 débarque le 17 et est aussitôt dirigé vers l’ouest.

Le 19 , la 4e Brigade est engagée sur le GAPEAU devant HYERES encore occupé par l’ennemi. Le BIMP est à droite face à l’hôtel du Golf, le BM 24 à gauche le long du Gapeau, le BM 21 en réserve derrière le BM 24. Le 20 août le BIMP. et le BM 24 sont stoppés dans leur progression au début de la nuit. Le BM 21, qui est derrière le BM 24, est autorisé à prendre l’affaire à son compte. II dépasse donc le BM 24 et audacieusement s’infiltre en colonne le long de la voie ferrée menant à HYERES , la 3e Compagnie en tête.

Bousculant dans la foulée les résistances ennemies surprises, le Bataillon s’enfonce en coin dans le dispositif allemand et réussit avant le jour à s’installer solidement en hérisson aux lisières de Hyères, en contact étroit avec l’ennemi dans toutes les directions.

Au jour, BM 24 et BIMP reprennent la progression à la droite du Bataillon.

Le contact ennemi se desserre. Au début de l’après-midi le Bataillon avance dans la ville en direction de la gare qui est occupée de vive force en fin d’après-midi, sous un violent bombardement ennemi.

Le 21 août en fin de matinée le Bataillon qui se préparait à partir vers l’ouest reçoit l’ordre d’accélérer son mouvement pour épauler les Fusiliers-marins durement accrochés dans le village du PRADET.

Effectivement l’ennemi tient solidement les crêtes à l’ouest du PRADET et ses automoteurs se montrent particulièrement agressifs, prenant le Bataillon en écharpe depuis les crêtes du village de la GARDE qui ne sera pris d’assaut qu’en fin de journée par le BIMP.

Le 23 et le 24 août le Bataillon conquiert en combattant les crêtes entourant le FORT SAINTE MARGUERITE très fortement tenu ainsi que les maisons qui le bordent.

L’assaut sera difficile.

Avant de se lancer, on tente le coup de bluff qui vient déjà de réussir au Fort de CARQUERANNE grâce au C apitaine MULLER , officier adjoint en chef de Bataillon.

Le coup de bluff réussit là encore miraculeusement : le commandant de l’ouvrage accepte de se rendre.

Bilan : plus de 850 prisonniers avec armes et bagages.

Après la prise de TOULON, le Bataillon suit le mouvement de la 4e Brigade, d’abord vers NIMES puis de Nîmes à LYON, DIJON et en direction de Belfort.

Le BM 21 est à nouveau engagé le 26 septembre en direction de RONCHAMP.

II s’empare après un dur combat en rase campagne du village de CLAIREGOUTTE

(tués : Sous-Lieutenant BARJOU, Adjudant SEYLLER ; blessé : Sergent-Chef PINAUD ).

Par un coup d’audace deux sections de la troisième Compagnie conduites par le Lieutenant GRAS conquièrent le village de FREDERIC-FONTAINE et réussissent à s’y maintenir malgré une violente contre-attaque ennemie (blessés : Sous-Lieutenant TOMMASI et Sous-Lieutenant COMPAIN ).

Du 29 au 4 novembre le Bataillon participe avec les blindés à la traversée de la forêt et à la prise du village d’EBOULET

(blessé : Lieutenant BUNTZ de la CA ; tué : Adjudant indigène Mahamat ABIRAHIM de la CA).

Dans RONCHAMP prise, le BM 21 s’installe en position défensive, au contact de l’ennemi qui tient CHAMPAGNEY , et sous le feu des automoteurs ennemis profitant des commodes positions de batterie sur les crêtes bordant l’ ouest de la cuvette de BELFORT .

C’est l’automne, le temps devient froid, à la pluie succède la neige.

Les Africains, du reste très largement rapatriables, sont très éprouvés par le froid ; leur relève doit être faite très rapidement.

Le mois d’octobre est donc employé à blanchir le Bataillon avec de jeunes engagés volontaires (dont d’importants contingents de l’Aisne) que l’on n’a pas le loisir d’instruire et qui aussitôt doivent monter en ligne sur les positions défensives du Bataillon. Ces braves garçons qui seront des garçons braves vont faire leurs classes en combattant. Ils ne connaîtront peut-être pas toutes les finesses des manoeuvres mais ils compenseront leur manque d’instruction militaire par beaucoup de courage et de bonne volonté !

L’offensive reprend le 18 novembre avec pour objectifs BELFORT et la HAUTE-ALSACE.

Le 19, le Bataillon prend CHAMPAGNEY et le MAGNY (tué : Lieutenant ROBERTSON de la 31 Compagnie), le 21, La CHAPELLE SOUS CHAUX . Il arrive enfin le 25 avec une colonne de Fusiliers-marins à ROUGEMONT LE CHATEAU , porte de l’Alsace ; il est alors dépassé par la 5e DB.

Le 28 novembre le Commandant FOURNIER est nommé Chef d’Etat Major de la 4e Brigade ; le Capitaine OURSEL prend le commandement du Bataillon.

Au cours du mois de décembre le Bataillon suit !es mouvements de la DFL qui. retirée d’Alsace, vient prendre position devant ROYAN puis brusquement est renvoyée vers l’Alsace où se développe l’offensive de Von Runstaedt.

Le 1e janvier le BM 21 est chargé de relever les éléments de la 2e DB et de s’installer en position défensive face au sud-est à ERSTEIN, OSTHOUSE et KRAFT le long de l’lll et du canal de décharge de l’lll au Rhin , étiré sur 11 km.

Le 4 janvier, la situation étant critique au nord de l’Alsace, le Bataillon modifie son dispositif et se déploie face au nord, mais reprend le 6 ses positions face au sud où l’ennemi s’agite depuis la poche de COLMAR.

Effectivement, l’attaque ennemie venant du Sud se produit le 7 janvier .

Dépassant les points d’appui du BIMP et du BM 24, les colonnes blindées ennemies arrivent en fin de matinée devant le pont d’ OSTHOUSE tenu par la 3e Compagnie du Capitaine MULLER .

Bloqué devant ce pont, l’ennemi défile à la recherche d’un passage devant ERSTEIN et jusqu’à KRAFT solidement tenu par la 2e Compagnie du Capitaine LAFAURIE , appuyée par les armes lourdes de la CA et de la Compagnie de Canons de la Brigade.

Kraft tient ; la route de Strasbourg est fermée.

Du 8 au 16 janvier l’ennemi maintient sa pression sur les trois points d’appui du Bataillon à OSTHOUSE, à ERSTEIN et surtout à KRAFT dont la garnison est fortement éprouvée par de durs bombardements. mais le front du Bataillon tient. L’ennemi s’acharnera sur les points d’appui du BIMP à HERBSTEIN et ROSSFELD et du BM 24 à OBENHEIM qui sera pris le 10 janvier.

Mais l’offensive allemande est à bout de souffle et s’arrête.

Le 18 janvier le Bataillon est relevé par la 3e DIA et est porté à SELESTAT où il relève le BM4.

La ville est entre nos mains mais l’ennemi en tient les débouchés à l’est et au sud et arrête toutes les reconnaissances lancées par le Bataillon pour donner de l’air à la ville.

Le 30 janvier le Bataillon est relevé de Sélestat par les Tabors et se porte à ILLHAUSERN où il reçoit pour mission de s’emparer d’ ELSENHEIM .

II mène de très durs combats le long de la BLIND dans le bois de WUSTMATTEN

(tué : Sous-Lieutenant ROSTAND 1e Compagnie ; blessé : Lieutenant BASTIEN ).

Enfin avec les Fusiliers-marins et chars de la 2e DB, il occupe le 31 janvier ELSENHEIM et OHNENHEIM, puis dans la nuit du 31 janvier au 1e février la 1e Compagnie du Capitaine GORY se force un passage jusqu’à MARCKOLSHEIM où de nombreux prisonniers sont faits.

Le Rhin est enfin atteint.

Le 15 février le Bataillon est relevé de Marckolsheim et est envoyé au repos à SELESTAT .

Mi-mars, la DFL est transférée sur le front des Alpes.

Le BM 21 arrive le 13 mars à Cannes d’où il fait mouvement le 26 mars sur TOURETTE-CEVENS.

L’instruction et l’entraînement physique sont poussés intensivement dans les unités pour préparer les opérations en montagne.

Le 5 avril il est renforcé par la Compagnie d’Eclaireurs-Skieurs du Lieutenant MONTEL.

Le 9 avril le Bataillon monte sur ses bases de départ, à l’extrême gauche de la DFL. Il a charge de couvrir l’attaque de l’Authion en s’emparant du Col de RAUSS puis en poussant jusqu’à FOTAN dans la vallée de la ROYA .

La 1e Compagnie est maintenue en réserve de Brigade à LANTOSQUE .

Après une très pénible progression sur les lignes des crêtes qui atteignent parfois 2 000 mètres, la 3e Compagnie occupe à midi la cime de TUOR qui domine l’ouvrage fortifié du col de RAUSS cependant que la Compagnie d’éclaireurs-skieurs pitonne sur les CAPELETS.

Collant au plus près d’un tir d’appui magistralement exécuté par la CCI 4 du Capitaine FOUVERT, la 3e Compagnie se jette fougueusement sur l’ouvrage de RAUSS et s’en empare avant que ses défenseurs aient eu le temps de réagir. Elle va y refouler à l’aube du 11 avril une contre-attaque allemande.

Pour soulager le BIMP qui peine durement sur l’Authion, le Bataillon reçoit l’ordre de tenter une opération de diversion en direction de l’ouvrage fortifié de la BAISSE DE SAINT-VERAN.

L’action est tentée par la 2e Compagnie du Capitaine LAFAURIE , mais le terrain est trop défavorable par suite de la position dominante de l’ouvrage, la Compagnie arrive jusqu’à la première casemate mais ne peut en déboucher et doit se replier vers une position moins dangereusement découverte.

Le 12 avril la 1e Compagnie engagée sur l’Authion s’empare de vive force du Fort de la FORCA et, descendant par les lignes de crêtes, occupe le 13 avril l’ouvrage de la BAISSE DE SAINT-VERAN que l’ennemi a évacué au cours de la nuit.

Du 14 au 17 avril, par une succession de manoeuvres combinant attaques frontales et débordements par les flancs, le Bataillon pousse ses premiers éléments jusqu’à la cime de PEZURBE qui domine la vallée de la ROYA .

L’ennemi ne cède le terrain que pied à pied ; il lance même le 18 avril en rangs serrés aux cris de Heil Hitler une violente contre-attaque contre les éléments de la 1e Compagnie qui tiennent la cime de PEZURBE sous le commandement du Lieutenant ROBI-ARQUEROS.

Mais la 1e Compagnie s’accroche et refoule les chasseurs de montagne ennemis.

Etiré sur des kilomètres, le Bataillon est épuisé par dix jours de combats dans la montagne.

A partir du 19 , ordre est donné au 2e Bataillon de la 13e Demi-Brigade de Légion Etrangère de relever le BM 21.

La relève commence par la cime de PEZURBE où s’installe une Compagnie de Légion, la 1e Compagnie du BM 21 restant en soutien à CAMPEI à quelques distances en arrière pour permettre à la Légion de consolider progressivement son dispositif.

Effectivement à l’aube du 20 avril une contre-attaque allemande surprend la Légion à PEZURBE , mais se heurte à la 1e Compagnie du BM 21 à CAMPEI et est stoppée après une dure lutte au corps à corps au cours de laquelle le Capitaine GORY est gravement blessé. Pour l’évacuer ainsi que les autres blessés il faudra plus de 20 heures de brancardage sur pistes de montagne : cela donne une idée de la difficulté du terrain dans lequel le Bataillon évolue depuis le début de l’offensive des Alpes.

Et cela sera le dernier combat du BM 21.

Début mai il franchira les Alpes et c’est dans un petit village de Lombardie sur la route de LENI qu’il fêtera la fin de la guerre.

Le 11 juin, il se trouvera dans la région parisienne avec toute la DFL.

Et il sera alors le 3e Bataillon du 1e Régiment d’Infanterie Coloniale qui gardera la flamme et le souvenir de la grande aventure commencée sur les roches pelées de la Côte des Somalis, poursuivie dans les sables nord-africains, les lourdes collines italiennes, les pinèdes toulonnaises, les bois des Vosges et de l’Alsace, et terminées sur les crêtes enneigées des Alpes.

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