Bataillon de Marche n°22 (Nord-Africain)

22e Bataillon Nord-Africain


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PUISSENT LES GENERATIONS QUI PRENDRONT LA RELEVE POUR LA SURVIE DE LA FRANCE NE JAMAIS OUBLIER CE QU’ELLES DOIVENT AUX "AFRICAINS QUI VENAIENT DE LOIN"

Journal de Marche du Bataillon , cité par François Broche dans le Dictionnaire de la France Libre, 2010.

L’insigne de la 22e Compagnie Autonome Nord-Africaine fut dessiné en octobre-début novembre 1941, et réalisé grossièrement à cette époque dans les souks de Beyrouth. Ce même emblème sera fappé à nouveau plusieurs fois , entre autres en Afrique du Nord car il fut conservé par le 22e B.M.N.A..Signalons à ce sujet une particularité : il était porté en général, non pas sur la poitrine, mais sur le revers gauche du calot, qui était en général couleur bleu ciel ( porté par le regretté Colonel Demolins ci-contre ).

(Les Français Libres et leurs emblèmes par B. Le Marec. Lavauzelle.)

L’HISTORIQUE

Après les combats qui opposèrent les Français Libres à Vichy en SYRIE (juin-juillet 1941) de nombreux ralliements à la France Libre sont intervenus, notamment en provenance des unités Nord-Africaines. C’est aini que le Capitaine LEQUESNE , venant du 15e R.T.M rejoignit, avant même la fin des hostilités, la 1e D.F.L et regoupa autour de lui des tirailleurs et des gradés d’unités marocaines, algériennes et tunisiennes. Au début de septembre 1941, sont constituées les 21e et 22e Compagnies Nord Africaines au dépôt des troupes du Levant de BEYROUTH.

La 21e Compagnie Nord africaine devait plus tard donner naissance à la CAC 2.

La 22e Compagnie Nord Africaine, sous les ordres du Capitaine Lequesne, eut un destin des plus glorieux et devint, après les combats de Tunisie, le 22e Bataillon de Marche Nord Africain.

Elle fut créée avec le Lieutenant ANDRE et l’Aspirant PROST par le capitaine LEQUESNE qui fut l’âme de la Compagnie.

Organisée en Compagnie d’Infanterie, dotée d’une section de 4 canons de 75 mm utilisés en anti-chars tractés, après une période de formation et d’entraînement en Syrie - à SAIDA et HOMS - elle fut envoyée en Lybie pour renforcer la 1e Brigade Française Libre (1e BFL) dès le 1e janvier 1942.

LA LYBIE

Elle participe alors à la phase initiale des opérations de la 1e BFL, notamment à la percée sur HALFAYA ( Alem BATTOUNA du 16 au 25 janvier 1942) puis à la prise de FORT CAPPUZO , pour repartir ensuite sur EL MECHILI dès le 30 janvier 1942. Elle assure la défense des aérodromes et des Q.G, lorsque son concours n’est pas réclamé pour des combats en opérations.

BIR HAKEIM

Après moult va et vient entre février et mai 1942 ( Bir Bu, Maafes, El Adem, etc...), la 22e Compagnie de Nord Africains prend position à Bir Hakeim , où elle restera pratiquement du 8 mai au 11 juin 1942.

Successivement elle occupe le Point d’appui n 5 (P.A. 5) renforce le Bataillon du Pacifique, occupe le Sous-Quartier du Fort, rejoint à nouveau le P.A. 5 et renforce la 6e Compagnie du B.M 2 dans le secteur nord-ouest.

Son rôle, bien que discret, sera toujours très efficace, grâce en particulier, aux tirs de flanquement des mitrailleuses de l’Adjudant JEANNERT , qui arrêtèrent net plusieurs attaques d’infanterie ennemie. Les actions du Lieutenant ANDRE (porté tué, mais en réalité très grièvement blessé et fait prisonnier), des Adjudants-chefs MILLET et PERENON et de l’Adjudant GONZALEZ , tués dans la Bataille, font l’amiration de chacun.

La 22e Compagnie de Nord Africains paye un lourd tribu à cette bataille : 10 tués, 47 disparus et 17 blessés, soit 74 hommes hors de combat sur un effectif d’environ 150 officiers, sous officiers et tirailleurs.

Après la sortie de vive force du périmètre de Bir Hakeim, dans la nuit du 10 au 11 juin 1942, la 22e Compagnie de Nord Africains se regroupe avec le matériel qu’elle a pu sauver à SIDI-REZEG, avant de rejoindre le reste de la Brigade au camp de MAAFES , dans les environs d’ ALEXANDRIE. Le 1e juillet 1942, elle prend un premier repos à d’HELOUAN, à 35 kilomètres, au sud du Caire, et rallie le 13 juillet 1942 le camp de TAHAG à 38 kilomètres à l’ouest d’ISMAILIA.

Après le recomplètement de ses effectifs et de son matériel, elle est passée en revue le 18 août 1942, par le Général de Gaulle à l’occasion de la présentation de la Free French Brigade.

EL ALAMEIN

Rattachée au 1er Bataillon de Légion étrangère, elle participe avec celui-ci en octobre 1942, à la Bataille d’El Alamein, attaque de nuit de Naqbel KHADINO , où le sous-Lieutenant TASSIN et le Caporal Mohamed BEN YAYA sont blessés le 23 octobre 1942.

Après la percée d’EL ALAMEIN , la 22e Compagnie de Nord Africains participe à la poursuite de l’Afrika Korps : MARSA MATRUH, SIDI BARANI, GAMBUT, MARTUBAT, D’ANNUNZIO , à 30 kilomètres à l’ouest de BENGHAZI, ADJEDABIA El AGUEILA, NUFILIA ES SOLTAN, BOUCIRAT, MISURATA , pour arriver enfin après plus de 1 700 kilomètres de désert, à la frontière d’une terre française : MEDENINE, en Tunisie, le 30 avril 1943.

Elle est à la bataille d’ ENFIDAVILLE , du 5 au 13 mai 1943, où se distinguent le Lieutenant SAIDI , commandant la 2e section et le Sergent-Chef ARTTROUS, commandant les mitrailleuses.

Elle reçoit la reddition de 293 allemands dont 9 officiers et de 207 Italiens, dont 7 offciers. Cette victoire est encore chèrement acquise : une dizaine de tués et autant de blessés.

Après la reddition de TUNIS , le 13 mai 1943 , la 22e Compagnie de Nors-Africains, avec le reste de la 1e B.F.L. retourne dans les sables de Libye. (SABRATHA et ZOUARA).

La proximité des troupes victorieuses de la France Libre attire de nombreux volontaires.

Cet afflux permet à la 22e Compagnie de Nord Africains d’incorporer de nombreuses recrues, pour la plupart anciens Tirailleurs, mais également des Français dont quelques officiers, notamment le Sous Lieutenant Lucien CAYLA .

Le cadre de la 22e Compagnie devient vite trop nétroit et le 1e juin 1943 est créé le "22e Bataillon de Mitrailleuses Nord Africain".

Le 28 juin 1943 à ZOUARA , le Général de Gaulle remet personnellement la croix de la Libération au Capitaine LEQUESNE, pour sa conduite exceptionelle à BIR HAKEIM. 

Fondateur de l’unité, le Capitaine LESQUESNE est promu au grade de Chef de Bataillon. Après tant d’efforts, de dévouement, de courage et de peines, c’était là une récompense que chacun partage avec le Commandant.

Pendant son séjour en TRIPOLITAINE et en TUNISIE, de juillet 1943 au début avril 1944, le Bataillon devient le "22e Bataillon de Marche Nord Africain" (22e B.M.N.A.).

Il incorpore toujours des évadés de France et de Corse. Il reçoit en particulier :

► les Capitaines PALLENC, MEZAN, PRABIS, Le père BIGO, MAGNE, AIT-IDIR ;

► les Lieutenants NAUDET, ANTHONIOZ, GABERTG, ANCEL, LANGLOIS, BLANC, PIOBETTA, FAJOL, DURIEZ, LERIDAN, NESSIER, SIRI ;

► Les Sous-Lieutenants BUISSON, AMANTON, NAPOLI, FEVRE, de LASSUS, DUPRE, LEPORT, HOCHE, DANNAUS ;

► Les aspirants ROCQUES, QUILLES, MARAGGI, SIGURET, TABURET, de BABOT ;

► Le Médecin-Lieutenant CHEVROU, les Médecins-Auxiliaires DURIX et CHIMENE débarqués de la 2e D.F.L. du Général LECLERC de Londres, d’A.O.F., d’Afrique du Nord, de France.

Le 22e B.M.N.A est articulé en 1 Etat-Major et 5 compagnies :

► une compagnie de commandement : Capitaine PRABIS

► Trois Compagnies de voltigeurs ;

Lieutenant TASSIN

Lieutenant PIOBETTA

Capitaine NAUDET

► Une Compagnie lourde : Capitaine MEZAN , avec :

Le Bataillon décide de prendre pour devise celle choisie par le Capitaine MEZAN et par le Lieutenant AMENTON : l’apostrophe de César à Vercingétorix " VAE VICTIS " , "Malheur aux vainc us " est déjà parfaitement adaptée au Bataillon : ses combats à venir la confirmeront.

Son insigne, une croix de Lorraine enlacée dans un croissant rappelle sa double origine : Free French et Nord Africaine.

L’ITALIE

Le 27 avril 1944, le 22e B.M.N.A s’embarque pour l’Italie où il est engagé pour son baptême du feu à la bataille du GARIGLIANO sur les bords du LIRI.

En trois jours, le Bataillon avance, à vol d’oiseau, de onze kilomètrese et crève les lignes Gustav et Hitler devant lesquelles les alliés avaient piétiné pendant six mois. Il tue un millier d’Allemands et en capture presque autant, mais au prix de quelles pertes ! deux cent quatorze hommes sont hors de combat, dont cinquante cinq morts parmi lesquels cinq officiers.

Le Capitaine AIT IDIR , seul Capitaine nord africain de la 1e D.F.L., trop vieux pour commander avait demandé à accompagner ses Tirailleurs au baroud, est tué, ainsi que les Lieutenants SIRI, LANGLOIS et PIOBETTA (ces deux derniers évadés de France) et le Sous-Lieutenant Marius DUPORT , dont les cendres reposent dans la crypte du Mont Valérien, où il représente maintenant les morts de la 1e D.F.L..

Près de la moitié des officiers du Bataillon sont hors de combat, cinq morts, onze blessés ; les Lieutenants TASSIN (pour la seconde fois), d e CASENOVE, CAYLA et SAIDI, les Sous-Lieutenants DEMOLINS, BUISSON, FETAT, de LASSUS, les Aspirants de BARBOT, TABURET, QUILLES .

Le 18 mai 1944, après la fin de ces combats sanglants, le général de Gaulle cite le 22e B.M.N.A. à l’Ordre de l’Armée et vient personnellement décorer son fanion.

Le Capitaine-Aumônier R.P. BIGO, le Lieutenant TASSIN , glorieux combattant de la Première Guerre Mondiale et le Lieutenant PIOBETTA sont faits Compagnons de la Libération à titre posthume.

Le Lieutenant Pierre LANGLOIS, frère du Commandant Xavier LANGLOIS , qui commande le B.M. 11 et sera tué dans les Vosges et de Maurice LANGLOIS , qui mourra en Espagne, en tenant de rejoindre la France Libre, est fait Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume, tandis que le Sergent-chef Ernest CORCOS reçoit la médaille militaire.

Après la percée des lignes Gustav et Hitler, la Division pourchasse les Allemands vers le Nord.

Aux approches de Rome, le Sous-Lieutenant AMENTON tombe à son tour au cours d’une patrouille.

Après une période de repos de quelques jours, le Bataillon est à nouveau engagé dans la région de BOLSENA .

Il s’empare de CASTEL GIORGIO, de PECARONE, et de TORRE ALFINA , au nord d’ ACQUAPENDENTE .

Le manque de véhicules retarde sa progression, mais grâce à la 101e Compagnie du Train , l’ensemble du Bataillon est amené à pied d’oeuvre et s’empare de TREVINANO sans coup férir, après avoir eu la veille une fâcheuse rencontre avec des Chars "Tigre".

Après deux jours de combats acharnés les Allemands sont chassés de COLLE SUL RIGO , dont l’occupation était indispensable pour attaquer RADICOFANI .

Dépassant MADONA DELLA VIGNE, le 22e B.M.N.A s’empare après de lourdes pertes des hauteurs qui relient RADICOFANI au MONT CALCINAJO , permettant ainsi au 1e B.L.E de progresser et de faire tomber RADICOFANI .

Cette dernière journée a, une fois encore, coûté très cher aux "calots bleu ciel" : dix neuf morts dans la journée, dont le Capitaine Paul MEZAN , vétéran de la Campagne d’Abyssinie, Seigneur parmi les Seigneurs, tué en fin d’après-midi par un des tout derniers obus, alors qu’il organisait la défense anti-chars au Carrefour de Madona Della Vigne .

Le 22e B.M.N.A descend au repos près d ’ALBANOVA, où le 14 juillet est fêté par une prise d’armes au cours de laquelle 123 officiers, sous-officiers, caporaux et tirailleurs sont décorés, dont 13 à titre posthume. Et pourtant tous méritaient une citation.

On ne peut oublier ici le dévouement et le courage de Germaine SABLON, à qui tant et tant de Tirailleurs doivent la vie : elle a été faite "Caporal d’Honneur" de la Compagnie Lourde.

Le 20 juillet 1944, le Bataillon fait mouvement vers TARENTE... en vue du débarquement en Provence.

LA FRANCE

Le 17 août 1944 à 4 heures du matin, débarquement du "Volledam" sur la plage de CAVALAIRE .

Décrire ce que fut pour nous ce retour sur le sol de France nécessiterait la plume d’un Xenophon ou d’un Péguy.

Le 22e BMNA se regroupe à GASSIN avant de prendre la route d’Hyères pour participer au siège de TOULON. Le 21 août 1944, la 1e Compagnie du Bataillon se fait sévèrement accrocher à la FERME DE BEAULIEU , près du village de la FARLEDE : 2 morts, 10 blessés, dont le Sergent RESSIGUIER .

Le lendemain, le Capitaine NAUDET s’empare, à la tête de la 4e Compagnie de la Ferme de l’ECHAUDE et du CHATEAU-SEMINAIRE DE LA CASTILLE .

Les jours suivants des jeunes F.F.I, Chantiers de Jeunesse se présentent et s’engagent au Bataillon.

Après la prise de TOULON, notamment à la prise du FORT DE LA COLLE NOIRE, du CAP BRUN et de SAINTE MARGUERITE , le Bataillon fait mouvement vers le Rhône, qu’il franchit a ARMANON pour poursuivre les Allemands qui refluent vers le Nord par ALES et UZES.

Le P.C du Bataillon s’installe à BROUZET LES ALES , où les Tirailleurs du 22e B.M.N.A sont les premiers Français en uniforme depuis la retraite des Allemands.

Le 3 septembre, la libération de LYON , défendue désespéréement par quelques "snippers" , coûte la vie à deux sous-officiers : le Sergent WANTELLET de la Compagnie Lourde et le Sergent BOU AMAR de la 4e Compagnie.

BELFORT

Trois jours de repos à LYON , puis mouvement vers le nord et à ONANS, relève des unités américaines. Progression lente, générée par des tirs de mortiers et d’armes automatiques ennemis, et arivée sur la route de MEDIERE à BELFORT , le P.C s’installe à la GUINGUETTE .

C’est là que le 24 septembre 1944, vers une heure du main les avant-postes des Lieutenants DURIEZ et NESSIER amènent un"Oberfeldwebel" allemand qui s’était présenté en parlementaire pour rendre le corps du Caporal AZULAY , disparu la veille au cours d’une patrouille.

Le père BIGO, aumônier du Bataillon avec deux brancardiers va chercher le corps tandis que les Allemands lui rendent les honneurs en le saluant à l’hitlérienne.

Après quelques jours de repos, près de VILLERSEXEL , le 22e B.M.N.A remonte en ligne à FREDERIC FONTAINE, MOFFANS et EBOULET , près de RONCHAMP .

La Compagnie du Capitaine NAUDET (4e Compagnie) s’installe, le 30 septembre 1944, sur les hauteurs boisées qui dominent EBOULET, où de durs combats se soldent par des pertes très lourdes : 11 morts, 4 disparus, et 49 blessés, parmi lesquels le Lieutenant FEVRE et l’ Adjudant-Chef RANGADE de la Compagnie Lourde et l’ Adjudant PAULEAU de la Compagnie de Commandement.

Ce qui fut le pire, ce fut l’assassinat du R.P BIGO, aumônier du 22e B.M.N.A, parti le 2 octobre 1944, sans autre arme que sa Croix pectorale secourir les blessés français et allemands tombés entre les lignes, et abattu d’une rafale de mitraillette dans le dos, après avoir été pendu par les mains à l’arbre le plus proche, avec les trois infirmiers qui l’accompagnaient.

Ainsi disparaissait dramatiquement l’aumônier du Bataillon, qui pendant près de quatre années, s’était penché sur tous les blessés, indistinctement amis ou ennemis. Peu de jours auparavant, il avait ramené au péril de sa vie un blessé allemand qui ne dut de survivre qu’à son seul courage. Mort en héros et en Saint comme il avait vécu, ce rescapé de Dunkerque qui rallia la France Libre encore blessé, fut pleuré de tous ceux qui l’avaient connu et aimé.

L’après-midi de ce jour néfaste, la Compagnie du Capitaine NAUDET prend dans un élan irrésistible le village d ’EBOULET et y constate un autre crime :alignés contre un talus, les cadavres d’un Sergent et de trois Tirailleurs disparus l’avant veille. Les habitants de ce petit village racontèrent alors comment les Allemands, avant de les achever, les avaient torturés.

Le lendemain 3 octobre 1944, le FOUR A COKE est occupé et la route de RONCHAMP - CLAIREGOUTTE est ouverte.

Ces combats ont coûté terriblement cher au Bataillon : plus de 25 morts dont 2 Officiers, car, outre le Père BIGO, disparaissait le dernier "Cyrard" du Bataillon, le Lieutenant LERIDAN, revenu à la Compagnie Lourde après avoir été blessé et sans être guéri.

Les blessés dépassèrent la centraine, dont l’ Aspirant de BARBOT .

Le Bataillon se porte alors, dans la région du RAHIN pour attaquer la cote 620, accompagné de 4 chars des fusiliers marins ( Peloton BOKANOWSKY ).

Grâce à leur appui et au conours des mortiers du Sous-Lieutenant DEMOLINS , le terrain, truffé de mines antipersonnel, est dégagé. Au cours de l’opération, trois morts sont à déplorer, dont un jeune engagé de Lyon, et 17 blessés, dont le Capitaine-Vétérinaire MATHIEU , arrivé l’avant-veille seulement au Bataillon, en qualité de Sous-Lieutenant chef de section, car malgré sa spécialité et son âge, il n’avait pas accepté de raccompagner des Sénégalais, repliés sur l’arrière : le lendemain on apprend sa mort à l’hôpital.

Durement éprouvé, le Bataillon est relevé le 14 novembre 1944 par le B.I.M.P et part au repos dans la région de LURE.

A cette date, le 22e B.M.N.A passe de la 1ere Brigade à la 2e Brigade, sous les ordres du Colonel BAVIERE , et reçoit en renfort la Compagnie Nord Africaine du 1e B.L.E commandée par le Lieutenant GROS : elle devient la 2e Compagnie du 22e B.M.N.A.

Le 25 octobre 1944, le Bataillon fait mouvance vers SERVANCE où les opérations se soldent encore par une perte douloureuse : l’Adjudant BORNERAND, père de quatre enfants, qui avait rejoint le Bataillon lors de la Libération de Lyon, alors qu’il servait comme Lieutenant au Bataillon des Sapeurs-Pompiers de Lyon, est tué d’une balle en plein coeur.

La légende veut qu’il fallut l’intervention de l’ange gardien" du 22e, le Capitaine Adjudant-Major Félix PALENC, ancien Officier de Guerre 1914-1918, auprès du Général BROSSET et de celui-ci auprès du Général de GAULLE, pour que soit restitué à l’Adjudant BORNERAND s on grade de Lieutenant.

Le 11 novembre 1944 , le Bataillon commémore l’Armistice de 1918, entouré de la population et notamment des anciens Combattants de la Grande Guerre. Après la messe se déroule une cérémonie simple et touchante au Monument aux Morts et au cimetière, au cours de la quelle le maire de SERVANCE , prononce une allocution : c’était le 1e 11 novembre passé sur le sol de France depuis 1940.

Le 15 novembre 1944 , le Sergent-Chef Hubert SALLIER de la section des Pionniers, est tué par une mine ; c’est en quelques jours le quatrième gradé des Pionniers tué au combat. A la même époque, le Sergent-Chef Raymond BARBELET est tué à quelques kilomètres de son village natal, avant même d’avoir pu revoir les siens.

Le 18 novembre 1944, le Bataillon est relevé et se regroupe à FRESSE et dans les hameaux environnants, pour relever le lendemain le 1e Régiment du Morvan (unité F.F.I), à la cote 892, base de départ prévue pour l’attaque du Col de la CHEVESTRAYE .

Au cours de cette relève, le Sous-Lieutenant ROHFRITSCH est blessé par un obus de mortier.

Le Bataillon attaque le 20 novembre 1944 à 7h 15 avec la 3e Compagnie, commandée par le Lieutenant BERTHOLAZ , en tête. Ce dernier est blessé par une mine et son évacuation à travers les sentiers vosgiens pose de délicats problèmes à cause de sa taille et de son poids. Le Sous-Lieutenant TABURET prend alors le commandement de la 3e Compagnie qui atteint ses objectifs marlgré le feu nourri de l’ennemi et les nombreux champs de mines qui lui causent de lourdes pertes.

Le 25 novembre , le Bataillon passe sous le Commandement du Colonel DELANGE , dont le Groupement est chargé de la conquête de la Vallée de la DOLLER.

Le 22e s’installe à SEWEN, à OBERBRUCK et à DOLLEREN.

Cette nuit là, deux patrouilles de la 4e Compagnie, sous les ordres du Capitaine Pierre ANTHONIOZ, franchissent le KEHRBACH, mais sont sévèrement accrochées.

Pendant ce temps, les 1e et 2e Compagnies réussissent à prendre pied sur la rive Sud de la DOLLER, vers AMBERG et HOHBUHL , s’assurant ainsi de la possession d’excellents observatoires. Le lendemain, la section de l’ Aspirant ROCQUES de la 3e Compagnie, arrive au cimetière et à la fabrique d’ OBERBRUCK, où la 6e Compagnie s’installe en force.

Le 28 novembre, la 4e Compagnie s’empare de WEGSCHELD et la 2e Compagnie occupe, après de rudes combats, la partie de KIRCHBERG située sur la rive sud de la Doller.

Dans la soirée, la 3e pousse jusqu’à la partie Nord de KIRCHBERG . Ces succès ne sont pas sans pertes : 8 hommes de troupe et l’ Aspirant LA ROCHEBILLIERE sont blessés.

Le 29 novembre 1944 , KIRCHBERG est définitivement libéré, ainsi que LANGEFELD et NICDOBRUCK et la jonction avec la 3e B.L.E s’effectue à MASSEVAUX .

Le lendemain, la 4e Compagnie ayant à sa tête le Capitaine Pierre ANTHONIOZ, pousse une importante reconnaissance jusqu’au ROSSBERG, où elle se fait fortement accrocher, mais parvient à se dégager malgré une puissante contre-attaque allemande.

Le 1e décembre, le Bataillon est relevé, remis à la disposition de la Seconde Brigade, et s’est regroupé à NOIDANS-LE-VESOUL .

Le 9 décembre 1944, le Commandant LEQUESNE , envoyé en mission au LEVANT, doit quitter le commandement de son Bataillon, du Bataillon quil a forgé de toutes pièces et qui sous son commandement s’est couvert de gloire au sein de l’héroïque 1e D.F.L. et passe l’intérim au Capitaine PALENC .

Le 14 décembre 1944, le Bataillon se met en route pour les Charentes, en vue de participer à la réduction de l a poche de ROYAN .

L’ALSACE

A venir...

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BIBLIOGRAPHIE

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