Bataillon de Marche n°5

Bataillon de Marche n°5


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L’EMBLEME DU B.M. 5

Le B.M. 5 ou Bataillon de Marche du Cameroun, attendit longtemps son emblème : en effet, c’est seulement sur un projet du sergent Cotteret, dessiné durant l’hiver 1943-1944 en Tunisie, que l’insigne du Bataillon fut réalisé au Caire au début de 1944. Il fut distribué au mois de juin alors que le B.M. 5 faisait partie du Corps Expéditionnaire en Italie ; une nouvelle frappe en a été faite chez Arthus Bertrand à la fin de la guerre.

(Les Français Libre et leurs emblèmes par B. Le Marec. Ed. Lavauzelle).

L’HISTORIQUE DU B.M. 5

Le Bataillon de Marche n°5 a été formé au début de 1941 sur proposition du Commandant GARDET.

Il n’a été constitué que de volontaires. A l’origine, une centaine d’européens d’active ou de réserve, composèrent les cadres et les spécialistes, avec à leur tête le Commandant GARDET.

L’instruction eut lieu dans un camp à 70 kilomètres de YAOUNDE , sur la rive droite de la SANAGA, en un site bien mal choisi : chaleur humide, moustiques, tsé-tsé.

Le camp fut construit par le Capitaine DRONNE , dynamique et rabelaisien, en un temps record.

Le 1e mai, le 3e bataillon du Régiment de Tirailleurs Camerounais occupe le Camp Lieutenant-Colonel d’Ornano .

Cinq mois d’instruction dans une ambiance de dur travail, de foi ardente, de confiance en le chef de la France Libre.

Fin septembre, le Bataillon est prêt ; il est maintenu au Cameroun pour des raisons supérieures. Il s’énerve mais, Patience , telle est la consigne. Pour tromper son attente, il est envoyé dans le Nord à GAROUA .

Enfin, le 1e février 1942, l’ordre de départ arrive : destination le Levant : le Bataillon prend sa dénomination de guerre : Bataillon de Marche n°5.

Du 15 février au 30 avril, par route, chemin de fer, voie fluviale (Le Nil), le B.M 5 traverse l’A.E.F., le Nord Congo Belge, le Soudan Egyptien, le Sinaï, la Palestine, pour stopper à DAMAS en Syrie.

Du 15 mai au 17 juillet, il organise un Centre de Résistance au Col de BAIDAR , à 1 500 mètres d’altitude dans la ceinture fortifiée de BEYROUTH , installation précaire.

Début juillet, ordre de rejoindre la 1e Division Légère.

Elle est dans la banlieue du CAIRE .

Le B.M 5 est intégré à la 2e Brigade avec l’autre Bataillon, le B.M. 11.

Ni armement, ni matériel adéquats ; la Brigade est utilisée à organiser des Centres de Résistance, d’abord du 25 juillet au 25 août sur la route LE CAIRE-ALEXANDRIE : puis à 15 kilomètres à l’Ouest d’Alexandrie, elle construit un solide bouchon à cheval sur la route côtière : on perçoit quelque armement, les antichars en particulier.

Le 31 août et jours suivants, ROMMEL a tenté la percée depuis EL ALAMEIN , il a échoué.

La lassitude réapparaît avec l’inaction, et brusquement, ordre de mouvement vers le Sud-Ouest : départ le 17 octobre. De position en position, la 2e Brigade intégrée à la 50e Division Britannique s’approche du front .

Le 23 à la nuit, le B.M. 5 occupe la croupe d’ EL HALFA, en alerte immédiate : à 21h45 se déclenche l’apocalyptique bombardement qui dure toute la nuit, prélude à la Bataille d’EL ALAMEIN.

La Brigade n’est pas engagée : elle fait de la déception , s’agite derrière le front pour induire l’ennemi en erreur. Du 24 octobre au 2 novembre , le B.M. 5 change quatre fois de position : mouvements de nuit en black-out , pénibles et fastidieux.

La 8e Armée a perçé au Nord : l’ennemi décroche, la Brigade participe au nettoyage avec la section MAYLIE ; les pertes, les premières, proviennent surtout des mines : une dizaine de tués et 20 blessés.

Inaction à nouveau, en dehors du salvage dans la zone de combat ; puis début janvier 1943, mouvement sur TOBROUK ; l a Brigade récupère alors le B.M 4 et est commandée par le Colonel Diègo BROSSET.

Instruction offensive ; visite de BIR HAKEIM : offensive du Belluc.

Départ le 19 avril pour la Tunisie ; relève des Britanniques le 6 mai, le B.M. 5 arrive à TAKROUNA, à l’ouest d’ENFIDEVILLE ; retrouvailles avec la Force LECLERC.

Devant le B.M. 5, les Djevillat, collines escarpées fortement tenues par les Allemands de la 90e Division Légère. Le 11 mai, à l’aube, il attaque : sa position est enlevée en 14 heures ; les pertes sont lourdes, dont quatre officiers tués.

Le 14 mai, le Lieutenant-Colonel GARDET reçoit la reddition du Général italien ORLANDO et de son corps d’armée.

Le Général GIRAUD trouve les Français Libres indésirables ; il rejette la D.F.L en Tripolitaine. DE GAULLE vient l’inspecter : " la pénitence sera courte ". BROSSET promu Brigadier, prend le commandement de la Division ; GARBAY de la 2e Brigade ; la 4e Brigade est constituée.

Retour en août en TUNISIE dans le CAP BON : adieux à la VIIIe Armée. Instruction intensive à l’américaine !

Jugée apte, la D.F.L. embarque le 17 avril 1944 et débarque à NAPLES ; est engagée le 12 mai sur le GARIGLIANO avec le Corps Expéditionnaire. Juin : la 2e Brigade est le 17 devant CASTELLO-CHIALA. Le B.M. 5 s’empare dans la nuit du MONTE CALVO (950 mètres) ; appuie le 19 les B.M 4 et B.M.11 au franchissement difficile du RIO FORMAQUESA ; enlève le 20 avec ces deux bataillons le PONTE CORVO-LINIE, s’empare brillamment du MONTE-MORONE, mais au prix de 35 tués et 160 blessés.

C’est alors la poursuite. Devant TIVOLI, le B.M. 5 réduit les 5 et 6 juin la VILLA ADRIANA ; toute la nuit du 11 au 12 et le 12, il livre un combat acharné sur la route VITERBO-SIENNE pour la position du BAGNO-REGGIO. La 2e Compagnie Chrétien perd tous ses chefs de section.

La 2e Brigade est relevée le 14 ; la D.F.L, le 20. Le 13 juillet, le Corps Expéditionnaire quitte l’Italie à TARENTE, le 16, il débarque en PROVENCE.

Minute inoubliable pour la D.F.L.

Relève le 18 des Américains débarqués le 15 devant HYERES, dominé par le MONT RADON aux pentes abruptes. C’est l’objectif du B.M. 5 : attaques, contre-attaques ; à 20 heures, il reste maître de la position : brillante conduite du Capitaine Faure. Le 23, le Massif du TOUAR à LA GARDE, est enlevé par le B.M 4 et le B.M 5.

Reddition de TOULON ; retraite de l’ennemi qui s’accroche à BELFORT . La D.F.L relève les Américains à VILLERSEXEL ; s’étire sur un front de 20 kilomètres, sous la pluie, le B.M. 5 dans la forêt, conquiert le Bois de Saint Georges le 29, péniblement.

Car la forêt devant BELFORT est impénétrable, farcie de défenses. La D.F.L glisse vers le Nord-Ouest ; le B.M. 5 est face à PLANCHER-LES-MINES : pluie, neige, froid, relève lente des Noirs pas les jeunes Français.

L’attaque de BELFORT est déclenchée le 19 novembre ; pour le B.M.5 en direction de GIROMAGNY ; horde de fantômes harassés que conduit le Commandant BERTRAND . Plancher-les-Mines est dépassé ; le 20, sous la pluie, AUXELLES-HAUT est occupé ; le 21 sous la neige, LEPUIX-GY ; le 22, GIROMAGNY ; les 24 et 25, ETUEFFONT-HAUT ; ETUEFFONT-BAS et ANJOUTEY. Exténué, sur les genoux littéralement, le Bataillon est relevé.

Le 20, le Général BROSSET s’est tué et le Colonel GARBAY, promu Brigadier, lui succède .

Le 1e janvier 1945, la 1e D.F.L relève la 2e D.B au Sud de STRASBOURG face aux Allemands qui tiennent une bonne partie de l’ ALSACE et prétendent reprendre la ville. Leur tentative forcenée du 7 au 14 janvier n’affecte pas la 2e BRIGADE. C’est le Capitaine Hautefeuille qui commande maintenant le Bataillon.

Mais du 23 janvier au 2 février, le B.M. 5 participe avec toute la D.F.L à la Bataille de COLMAR, au Sud de SELESTAT. Terrible épreuve dans la neige par – 15, face à un ennemi bien retranché. Il y perd entre autres, le Lieutenant Le Bastard, son premier volontaire, son meilleur officier, « sans peur et sans reproche ».

Le Général DE GAULLE charge alors la D.F.L. de libérer BRIGUE et TENDE . Elle arrive sur les ALPES le 15 mars. Le B.M. 5 tient en gros la frontière au Nord de MENTON ; il ne prend pas part à la Bataille de l’Authion ni au passage épique des Alpes par le Col de la Lombarde ; pendant le décrochage Allemand il occupe VINTIMILLE et BORDIGHERA sans coup ferrir.

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