Défense contre Avions

Forces Terrestres Antiaériennes


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En 1943 sont créées les Forces Terrestres Antiaériennes (F.T.A). L’insigne des F.T.A dessiné en Libye en 1943 par des militaires de l’unité, fut repris en 1944 par Augis à Lyon.

La seconde formaion de D.C.A. de la 1e DFL fut le 21e Groupe Antillais de Défense Contre Avions. Sans doute ne fut-il créé qu’en Tunisie, le 16 janvier 1944, mais en fait, il était constitué du Bataillon Antillais n°1 formé en octobre 1942 à la Dominique puis instruit à Fort-Dix aux U.S.A à partir de juin 1943 et qui débarqua à Casablanca le 12 octobre.

Après son intégration à la 1e D.F.L, il fusionne avec les F.T.A divisionnaires et prend le nom de 21e Groupe Antillais de DCA. (21e G.A.D.C.A.). L’insigne fut dessiné début 1944 en Tunisie à Manzel Bou Zelfa, et après un travail en équipe, le soldat Joseph réalisa la maquette. Sur un fond tricolore, la silhouette du canon de Bofors rappelait que le 21e Groupe était une unité de D.C.A originaire des Antilles comme l’indiquait la légende. Un modèle peint fut d’abord exécuté en Italie, mais beaucoup trop volumineux, il ne put être porté ; une deuxième série, émaillée cette fois, fut réalisée alors au Caire mais elle ne parvint jamais au groupe. L’insigne officiel fut donc celui exécuté en France par Drago en 1944, d’abord peint puis émaillé ; pour l’obtenir, le 21e G.A.D.C.A dut d’ailleurs fournir des douilles d’obus tant le métal était alors une matière première rare ! Enfin, lorsque l’unité stationna vers la fin de la guerre dans la région de Mougins, non loin de Cannes, une brodeuse des environs confectionna alors des écussons qui furent cousus sur les chandails.

(Les Français Libres et leurs emblèmes par B. LE Marec. Ed. Lavauzelle).

CARTE DU PARCOURS DU BATAILLON DES ANTILLES

Source : carte et légende réalisée dans le cadre du travail des élèves du Lycée Saint James (Martinique) pour le concours Résistance et Déportation 05-06)

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HISTORIQUE RESUME du Bataillon des Antilles

En octobre 1942, devant l’afflux de jeunes gens évadés de la Martinique et de la Guadeloupe, pour s’enrôler dans les Forces Françaises Libres, fut créé le Bataillon des Antilles. Il comprenait à l’origine environ 500 volontaires, encadrés par quelques gradés français évadés des Antilles ou recrutés dans divers pays du continent américain. Après quelques mois d’instruction à la Nouvelle-Orléans, l’unité rejoignit le camp de FORT-DIX, et le chef de Bataillon DREANNO, venu de Londres avec quelques officiers et sous-officiers, fut placé à sa tête.

En août 1943, le Bataillon atteignait le chiffre d’environ 1 700 hommes, la plupart sans aucune instruction militaire. Les Américains acceptèrent de lui fournir un armement moderne et mirent à sa disposition des stocks de munition d’instruction et les différents champs de tir.

Le 13 septembre 1943 , l’unité, rebaptisée du titre de Bataillon de marche des Antilles n°1 et constituée sur le type américain, avec une compagnie supplémentaire pour lui servir de dépôt et de réservoir d’hommes, quittait le camp Fort Dix pour rejoindre l’Afrique du nord, où elle devait recevoir des armes et des cadres.

Débarqué à Casablanca le 12 octobre 1943, le Bataillon acheva son instruction au camp d’El-Hajeb, avec un armement français individuel et quelques armes automatiques.

Envoyé en décembre 1943 à Sousse et Kairouan, en Tunisie, le BMA n°1 reçut de l’armement collectif anglais, quelques véhicules et quelques radios.

Le 18 janvier 1944, il fut intégré à la 1e DFL et prit le nom de 21e Groupe Antillais de DCA. Après plusieurs mois d’instruction et le remplacement du chef de Bataillon Dreanno par le chef de Bataillon Lanlo, l’unité, équipée de matériel américain, débarqua en Italie en mai 1944.

Le 31 mai, le Groupe reçut l’ordre de rejoindre la Division à PONTE-CORVO . Il assura la protection antiaérienne des itinéraires, des terrains de Piper-cub et participa aux opérations de transport. Positionné autour de MONTEFIASCONE , à partir du 12 juin, il fut soumis à des tirs de mortiers, le soir même, puis à une attaque aérienne, la nuit suivante. Les pertes s’élevèrent au total à 5 morts et 10 blessés.

Le 25 juin, le Groupe laissa Montefiascone pour AVERSA , dans le sud de l’Italie. Les hommes quittaient la rade de Tarente à bord de paquebots le 12 août, deux jours après le matériel, embarqué à Brindisi.

Dans la nuit du 16 au 17 août, le Groupe débarqua sur la plage de CAVALAIRE et se rassembla à la CROIX VALMER . Devant la faiblesse du danger aérien, les véhicules de la 4e batterie aidèrent aux transports de la Division, tandis que les 2e et 3e batteries assuraient la protection aérienne. Le 20 août, une section, devenue infanterie, opéra dans la vallée de VALBONNE .

Les 22 et 23 août, les camions du Groupe menaient quelques 200 prisonniers vers l’arrière, à la caserne d’ HYERES, tandis que la 3e batterie assurait la protection aérienne et que la 2e prenait position à LA VALETTE .

Dans les Vosges, le Groupe de DCA assura la protection antiaérienne dans la zone de déploiement de l’artillerie malgré le froid, l’humidité et la neige. Ses véhicules étaient prêtés pour acheminer rapidement l’infanterie vers la zone de combat ou de la zone de combat vers une zone de repos.

Du 10 octobre au 30 novembre , une compagnie d’infanterie occupa dans les montagnes de FRESSE trois points d’appui, à plus de 800 mètres d’altitude, en pleine forêt et dans la neige. Le 21 novembre 1944 , enfin, les Antillais participèrent à l’attaque menée par le BM 4 et le 22e BMNA .

Le 11 novembre 1944 , le commandant LANLO avait adressé le message suivant à ses hommes : Vous avez l’honneur d’être les Français de couleur à quitter les derniers le front de combat de l’infanterie. Ceux d’entre vous qui, pour remonter en ligne, ont caché aux médecins leurs souffrances, m’ont donné la plus grande joie des chefs ; la vue d’hommes qui servent ennoblis par l’abnégation et le sacrifice.

Envoyé ensuite sur le front de l’Atlantique, comme l’ensemble de la 1e DFL, le Groupe assura uniquement la protection aérienne du terrain d’aviation de COGNAC , entre le 16 et le 27 décembre 1944, sans subir aucune attaque aérienne.

En ALSACE, où la Division avait été rappelée d’urgence, les missions de DCA du Groupe se doublèrent de missions de défense contre les blindés. La 1ère batterie était installée dans la région de BENFELD , la 2e batterie à VAL DE VILLE et THANNENKIRCH ; une section se tenait aux avant-postes, à HERBSHEIM .

Du 7 au 11 janvier 1945 , à Herbsheim, Sand et Benfeld, les batteries subirent des bombardements violents et des tirs de harcèlement.

Le 7 janvier, une section composée d’éléments des 2e et 4e batteries recevait l’ordre de prendre position, le lendemain matin, dans Herbsheim. Soumis à de violents bombardements et à des tirs de harcèlement, le village restait encerclé pendant quatre jours. Le 11, en début de matinée, la section décrochait.

Les jours suivants, à BENFELD , le Groupe repoussait toutes les attaques de l’ennemi, détruisant plusieurs chars. Le groupe comptait de nombreux tués, dont deux officiers, et les chefs des deux demi sections de Herbsheim.

Dans la nuit du 22 au 23 janvier, 1945 , la Division partait à l’attaque de la poche de COLMAR . Malgré la neige, les obstacles posés par l’ennemi et l’opiniâtreté de la défense allemande, le Rhin était atteint dans les derniers jours du mois. Puis, du 19 février au 7 mars , le Groupe participait à la garde du Rhin avec une compagnie d’infanterie et une batterie en défense contre les blindés, dans la région de DIEBOLSHEIM.

Le 9 mars, le Groupe faisait mouvement vers le front des ALPES .

Arrivé vers le 15 mars 1945, il fut placé en défense côtière de NICE A MENTON , avec une partie du 1e RFM. Il prêta au train ses GMC et ses chauffeurs.

Le 7 septembre 1945, le 21e Groupe antillais de DCA fut cité à l’ordre de la Division par le général Garbay, commandant la 1e DFL.

De la Martinique aux campagnes de Libération de l’Italie et de la France :

L’exemple du 21e GADCA (Groupe Antillais de défense Contre Avion)

Ex-Bataillon des Antilles n°1 (BA1), incorporé dans les FTA (Forces Terrestres Antiaériennes) de la 1e DFL (1e Division de la France Libre)

  1. Départ des Antilles via la Dominique ou Sainte-Lucie 1942-1943
    (5 convois de Octobre 42 à Juin 43)
  2. Départ du 1e convoi des Etats-Unis de 1 149 dissidents après un entraînement militaire au Fort Dix dans l’Etat du New- Jersey 24 Sept 43 (BA 1 créé en oct. 42).
  3. Arrivée au Maroc (Casablanca) 12 oct. 43. Cantonnement à EL HAJEB et MEKNES
  4. Tunisie Déc. 43. Consolidation de la présence des Alliés en Afrique du Nord (Formation du 21e GADCA 18 janvier 44)
  5. Campagne d’Italie (Monte Cassino) Mai 44.
  6. Débarquement de Provence à Cavalaire 15 Août 44
    Libération de Toulon 25 Août 44
  7. Franchissement du Rhône 31 Août 44
  8. Lyon 6 sept 44
  9. Campagne des Vosges- Campagne d’Alsace fin Sept 44-mars 45
  10. Campagne de la Riviera (Côte d’Azur) Mars-mai 45
  11. Retour aux Antilles par convois maritimes : le 7 septembre 1945, 9 sous-officiers et 125 hommes de troupe sont dirigés vers le centre de transit de Rouen pour rapatriement

voir aussi le détail des campagnes sur Basart


retrouver ce média sur www.ina.fr

VIDEO INA : Dans le cadre de "France forever", l’Office Français d’Informations Cinématographiques propose un film consacré à l’entraînement sur le sol américain de troupes françaises.Le Général Charles Antoine LUGUET, attaché de l’air, Général de division aérienne, est filmé dans une base militaire américaine où est arrivé un bataillon de soldats antillais et où s’entraînent soldats, marins et fusiliers marins français. ...


Vidéo supprimée

Parcours de dissidents - France5

Retour sur une page méconnue de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale : l’engagement de milliers de jeunes Antillais dans le combat pour la France libre.
Diffusion : dimanche 11 juillet à 20.35

EN SAVOIR PLUS

BIBLIOGRAPHIE

les dissidenciés guadeloupéens dans les Forces Françaises Libres Anthony Girod-À-Petit Louis L’Harmattan 2002
Militaria mag N°260 - Volontaires antillais de la France libre Frédéric Pineau 2007
1926 - 1946 : Une jeunesse guadeloupéenne J. Frémont 2006
Chronique et itinéraires de mes campagnes 1942 - 1945 Jean Raspaud 2000
Les Dissidents des Antilles dans les Forces Françaises Libres Combattantes, 1940 - 1945 Lucien Joseph Abénon et Henry E. Joseph Association des Dissidents de la Martinique 1999
Revue Historique des Armées - N°71 : Les Combattants antillais des deux guerres Dubois 1963

DOSSIER CONCOURS ET DEPORTATION 2005-2006 du Lycée Saint James

"La contribution des ruraux de la région Saint-Pierre - Prêcheur - Grand-Rivière au départ en dissidence vers l’île anglaise de la Dominique pendant la Seconde Guerre Mondiale"

Contact : LYCÉE PROFESSIONNEL SAINT JAMES

Adresse : Route de FONDS SAINT DENIS 97250 SAINT PIERRE

Téléphone : 0596 78 16 05

Email : ce.9720516d@ac-martinique.fr

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