Les cadets de la France Libre

Rien ne réconforte autant le chef des Français libres que le contact de cette jeunesse, fleuron d’espoir ajouté à la gloire obscurcie de la France. Général de Gaulle

Au mois d’août 1940, le général de Gaulle décide de regrouper les très jeunes volontaires et étudiants qui l’ont rallié pour leur donner une formation d’officiers.

En février 1941, l’École militaire des Cadets était née.

Dès le mois d’août 1940, le général de Gaulle décide de regrouper les étudiants qui l’ont rallié pour leur donner une formation d’officiers. Une sorte de prytanée les réunit d’abord, puis en février 1941, les premiers élèves du futur Saint-Cyr de la France libre se retrouvent à Malvern (Worcestershire) pour constituer l’embryon de l’École militaire des Cadets.

L’École militaire des Cadets de la France libre, installée à partir de mai 1942 à Riverfust Hall (Worcestershire), formera cinq formations d’aspirants :
"Libération", juin 1942, "Bir Hakeim", décembre 1942, "Fezzan-Tunisie", juin 1943, "Corse et Savoie", décembre 1943, "18 juin", juin 1944.

Environ quatre cents officiers furent ainsi formés dans les écoles et les pelotons de 1940 à 1944. Les pertes de ces aspirants, sous-lieutenants et lieutenants, issus de la France libre, ont été très élevées (un sur quatre des anciens Cadets ont été tués au combat).

L’École militaire des Cadets a été assimilée à l’École militaire supérieure de Saint-Cyr par une loi de la République (17 mars 1954), et la promotion de Saint-Cyr de juillet 1987 porte le nom de "Cadets de la France libre".

L’Ecole militaire des cadets de la France libre

par Pierre Lefranc

Revue Espoir n 135, juin 2003

Il est facile d’imaginer l’embarras du général de Gaulle voyant arriver des adolescents répondant à son appel à continuer le combat, et dont la plupart n’ont pas atteint l’âge de porter les armes. Que faire de ces jeunes coupés de leur famille, en pays étranger et alors que leur formation a été brutalement interrompue ?

Parant au plus pressé, voici durant l’été 1940 ces volontaires en culottes courtes, habillés en boys-scouts, logés sous la tente et chantant autour d’un feu de camp. Mais ces garçons ne sont pas venus pour ça et ne manquent pas de le faire savoir.

Dans un premier temps ceux qui préparaient leur baccalauréat sont pris en mains et se présentent à un examen improvisé, et les autres s’impatientent.

Le destin voulut bien que se trouvât à Londres, rallié d’Afghanistan à la France libre, un jeune professeur auquel le Général confia aussitôt le soin de transformer la troupe des campeurs indisciplinés en élèves d’un véritable établissement militaire. Le choix se révéla excellent et André Beaudouin prend en février 1941 le commandement de ce qui est devenu l’Ecole militaire des Cadets, appellation donnée aux élèves officiers en Grande-Bretagne. Dès lors, encadrés par des instructeurs de Saint-Cyr, les volontaires ne se posent plus de questions et acceptent avec ardeur leur double formation civile et militaire.

Surmontant de rudes obstacles, ils viennent essentiellement de France, mais aussi des Amériques du Nord et du Sud, du Liban, d’Egypte, de Polynésie, de Madagascar, d’Islande, de Belgique et même de Suède. Ils étaient bien jeunes ces futurs officiers auxquels le 13 septembre 1941 le général de Gaulle remet leur fanion. De la promotion Libération (mai 1942), sur quinze aspirants, huit seront tués à l’ennemi.

En mai 1942, quittant les locaux de la Public School de Malvern (Worcestershire), l’Ecole s’installe dans le manoir de Ribbesford près de Bewdley (Worcestershire). Les quatre promotions suivantes seront : Bir-Hakeim (décembre 1942), Fezzan-Tunisie (janvier 1943), Corse et Savoie (décembre 1943), 18 juin (juin 1944).

Les promus sont sans délai envoyés partout où les Forces françaises libres sont engagées : Egypte, Tripolitaine, Fezzan, Tunisie, Italie, France, Hollande, Allemagne. Chefs de section d’infanterie, parachutistes ou officiers de liaison, toujours en première ligne, ils paieront un lourd tribut : un sur quatre a donné sa vie pour la France.

Une loi de la République a assimilé l’Ecole à l’Ecole spéciale militaire de Saint- Cyr et son drapeau a été décoré de la Légion d’honneur, de la Médaille de la Résistance et des croix de guerre française et luxembourgeoise. Il a été déposé en présence du général de Gaulle au Musée du Souvenir à Saint-Cyr-Coëtquidan. Un mémorial érigé à Coëtquidan rappelle les sacrifices des Cadets, une promotion de Saint-Cyr porte le nom de l’Ecole et plusieurs villes de France, dont Paris, ont attribué le nom de l’Ecole à une rue.

Les liens tissés entre les anciens Cadets sont demeurés puissants. L’Amicale très active qui les réunit leur permet de ne pas oublier le privilège qui leur a été accordé de pouvoir être fiers de leur jeunesse.

Les CADETS de la FRANCE LIBRE de la 1e D.F.L

Promotion des Cadets de la France Libre

Insigne et paroles du chant de la promotion des Cadets de la France Libre 1985-1988.

Publié sur le site CARNETS DE CHANTS Lien

Pour reconquérir notre terre que l’ennemi a occupée
Accourant du pays qui souffre‚ riches de leur Honneur blessé
​À la France éprouvée‚ qu’on voulut leur ravir
Ils vouent leur foi‚ leurs espoirs‚ leur avenir.

Refrain

C’est à genoux
Qu’ils ont un jour promis
Soyons les fiers gardiens du feu sacré
Ils ont vaincu nos anciens les cadets
Ralliant l’Empire qui veille portant bien haut nos trois couleurs
Ils sèment d’immortelle gloire‚ la voie de leur rude labeur
Pour sauver la Patrie‚ ils ont franchi les mers
Pour vaincre ils se forgent alors l’âme de fer.

Sans trêve‚ ils sillonnent l’Afrique‚ combattent en France, gagnent l’Asie
Pour défendre aux confins de l’Orient‚ l’aura de la mère chérie
À ceux qui ont subi le choc de leurs assauts
Imposent crainte et respect pour leur drapeau
Sur l’autel de leur sacrifice‚ à nous Cyrards ils ont légué
Brûlé par le feu de l’épreuve‚ l’insigne éclat de leur fierté
Fais qu’en ce jour béni nos cœurs fervents mon Dieu
Unis par les liens du sang‚ s’engagent en preux.

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