BOLS Nestor Passions

01/04/1917 - 05/06/1997

Unité : FTA

 

Français Libre

 

À propos

Ralliement : dominique (mai-43)

Date de décès : 05/06/1997

 

Écrits

Un après-midi de la fin de l’automne 1942, un Martiniquais de vingt-cinq ans, au fin visage ouvert, solidement bâti, regarde mourir le flot sur la grève. Ce jeune homme, fils d’un pêcheur de Trinité décédé quatre ans auparavant, est Nestor BOLS, un métis dont le grand-père était presque blanc.

Pour un Antillais, le patronyme de Bols, — d’une consonance nordique, est assez insolite. Il suggère que celui qui le porte est le lointain descendant de quelque Viking dont le drakkar aborda la Martinique, qui sait ?, peut-être au temps de Knut-le-Grand I. De ce lointain ancêtre, Nestor Bols a hérité, avec le goût de l’aventure, l’énergie et le courage tranquille, l’amour de la mer et sa connaissance qui en est le corollaire. Comme ce Bols danois, comme aussi son père qui vivait de la pêche et qu’il accompagnait souvent dans sa frêle embarcation, Nestor a la passion de la mer et il en connaît bien des secrets. Ainsi, il sait apprécier la direction et la puissance des courants marins, la force des vents ; il possède aussi un sens inné de l’orientation qui lui permet de se diriger, simplement en observant dans le ciel, le jour, la marche du soleil, la nuit, le lent mouvement des étoiles...

Tout en regardant les jeux de l’écume sur le sable, Nestor Bols se penche sur son passé... Du plus loin qu’il se souvienne, il y a la mer ; la mer qui l’a bercé. Durant son insouciante enfance, elle a été le témoin de tous ses jeux. Il ne fréquentait pas encore l’école primaire que, déjà, il savait nager. Chaque jour, lui et des camarades de son âge piquaient des têtes dans les vagues, jouaient, se lançaient des défis.

A quatorze ans, son C.E.P. en poche, il a quitté l’école et embarqué avec son père ; pendant plusieurs années, avec lui, dans la pirogue familiale, il a longé les côtes de la Martinique, poussant parfois, le canal de la Dominique franchi, jusqu’à la mer céruléenne des anciens Caraïbes. Et, au large de Macouba ou de Grand’Rivière, parfois, quand le temps le permettait, quand la luminosité était grande, il discernait très loin, vers le nord, dans une espèce de brume qui flottait, comme une apparence d’île : la côte méridionale de la Dominique. Il ignorait alors que cette île entraperçue devrait avoir tant d’importance pour lui l’année de ses 26 ans.

Lorsqu’il va faire son service militaire, Nestor Bols, qui a toujours vécu au grand air, sous le chaud soleil des Tropiques, est un athlète accompli qui peut nager durant des heures, un champion de la course à pied — du 400 mètres —, dont les exploits enthousiasmeraient les sportifs de la métropole, comme le feront, trente ans plus tard, ceux de son campatriote Roger Bambuc...

Nestor Bols se souvient de 1989 et de la déclaration de guerre du 2 septembre... Tout de suite, il s’est porté volontaire pour venir se battre en France. Avec d’autres Antillais, il débarque à Bordeaux. Il est envoyé en Corse ; puis, au mois d’avril 1940, il revient sur le continent, à Chartres.

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