Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique

Origine

Le 1er juillet 1942, le 1er Bataillon d’Infanterie de Marine (B.I.M) et le Bataillon du Pacifique fusionnent pour former, à compter du 16 juin 1942, le Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique

Lors de la fusion des deux bataillons, chacun possédait depuis longtemps un insigne et souhaita le garder. En 1943, tandis que la formation était en Tunisie, le bruit courut que le B.I.M.P. allait être dissous et que les hommes, nommés sergents pour la circonstance, allaient servir de cadres à des bataillons de marche en cours de constitution.

C’est pour bien marquer la volonté unanime de rester "marsouins" que le Père Podevigne, l’aumônier du B.P. qui avait conservé ses fonctions au B.I.M.P, dessina et fit faire en Afrique du Nord en 1943, un emblème propre à la nouvelle formation. Sous la devise du B.I.M. "France toujours", c’était un assemblage de deux écussons du B.I.M et du B.I.M.P disposés symétriquement dechaque côté de l’ancre coloniale. Mais lors de sa présentation à l’unité, toutes les craintes de dissolution ayant disparu et un nouvel emblème ne s’imposant plus, l’insigne n’eut pas beaucoup de succès. Il était en effet très grand (55 mm X 50mm), un peu compliqué, sans aucune couleur ; de plus en aluminimum et de fappe défectueuse, il se ternissait rapidement. Néanmoins, depuis la Tunisie jusqu’en France, les nouvelles recrues reçurent et portèrent cet emblème tandis que les anciens préféraient garder celui de leur formation d’origine. Ce n’est qu’en 1944 à Paris que le Père Starky, remplaçant du Père Podevigne, fit réaliser chez Arthus Bertrand un nouvel insigne reprenant l’écusson du B.I.M mais avec la légende : B.I.M.P. (Les Français Libres et leurs emblèmes par B. Le Marec. Ed. Lavauzelle).

Chefs de corps

1B.I.M.  Capitaine Lorotte
Commandant de Chevigné
Commandant Savey
B.P. I Lieutenant-colonel Broche
Commandant Savey
B.I.M.  Commandant Alessandri
Commandant Bouillon
Commandant Magny
Commandant Magendie

Opérations

  1. 1941 : La Syrie
  2. 1942 : L'Egypte - El Alamein
  3. 1943 : La Tunisie
  4. 1944 : L'Italie
  5. 1944 : Vers Belfort
  6. 1945 : L'Alsace

Citations

12 décembre 1940

« Après plusieurs engagements antérieurs aux avant-postes, ce bataillon, sous les ordres du commandant Lorotte, a brillamment attaqué les positions italiennes dans la région de Sidi Barani et atteint son objectif faisant de nombreux prisonniers et capturant un matériel important. »

21 mai 1941

« 13e Demi-Brigade de Légion étrangère.
3e Compagnie du 1e B.I.M.
Le 8 avril 1941 à Massaouah, appuyées par les feux de la compagnie d’accompagnement du capitaine Amilakvari, ont, au cours d’un combat de trois heures, mené pied à pied et par manœuvre additives et partielles soit spontanées, soit ordonnées par le lieutenant-colonel Cazaud, commandant la 13e Demi-Brigade de Légion étrangère, pris Moncullo, le fort Moncullo, le fort Vittorio Emmanuele et le fort Umberto, capturant au cours du combat, 30 officiers, 700 Européens et 100 Ascaris. Ont ensuite capturé au cours de l’exploitation du succès, l’amiral commandant en chef en Afrique occidentale italienne, le général commandant en chef en Erythrée, 2 officiers généraux, 449 officiers et plusieurs milliers de prisonniers, le lieutenant-colonel Cazaud ayant fait lui-même 600 prisonniers et la seule 3e Compagnie du bataillon d’infanterie de marine sous les ordres du capitaine Savey ayant fait prisonniers 1 943 Italiens. »

17 janvier 1943

1e Compagnie antichars de la 1e Brigade F.F.C.
« Constituée avec des éléments du 1e B.I.M. et sous le commandement du capitaine Jacquin, a pris une part active à la campagne de Libye nord de février à juin 1942. Ossature de la défense antichars de la position de Bir-Hacheim au cours d’un siège de quinze jours, a contribué puissamment à la conservation de l’intégrité de la position par ses feux ajustés et meurtriers au cours de nombreuses attaques par chars, notamment lors de l’attaque du 27 mai par une Division blindée italienne. Par la suite a détruit à courte distance un nombre de chars qui n’est certainement pas inférieur à 5 et plusieurs autos-mitrailleuses. En a endommagé plusieurs autres.
A subi, du fait de combats très durs contre un ennemi très supérieur en nombre et en moyens, des pertes sévères, certaines pièces ayant, à bout portant, livré des duels à mort avec des chars ennemis. Au cours de la sortie de vive force de la position dans la nuit du 10 au 11 juin 1942, a réussi à ramener la majeure partie de ses canons encore intacts. »

29 juin 1943

« Bataillon d’Infanterie de marine et du Pacifique.
Bataillon d’élite, constitué de la fusion du 1e Bataillon d’Infanterie de marine et du Bataillon du Pacifique, a, sous la conduite de son chef, le chef de bataillon Bouillon, confirmé la belle réputation acquise par ces deux unités au cours des campagnes de 1940, 1941, 1942 en Moyen-Orient. A brillamment pris part à toutes les opérations de la VIIIe Armée britannique en Libye, Cyrénaïque, Tripolitaine et Tunisie et représente dignement les Forces françaises combattantes. »

22 juillet 1944

« Bataillon d’Infanterie de marine et du Pacifique.
Bataillon au passé glorieux qui, après s’être battu sur tous les champs de bataille des Forces françaises libres en Libye, en Erythrée, à Bir-Hacheim, à El Alamein et en Tunisie, vient de fournir en Italie de nouvelles preuves de sa valeur. Le 12 mai 1944 a donné sur les pentes est du Girofano un des coups de boutoir décisifs de la bataille de rupture. Le 19 juin a fini en pointe du Corps expéditionnaire atteignant son objectif dans des délais imprévus. A perdu 68 tués, dont le commandant Magny, chef de corps, et 2 commandants de compagnie ainsi que 189 blessés.
A citer en exemple aux Troupes coloniales pour son dynamisme et sa bravoure. »

28 mai 1945

DÉCERNANT LA CROIX DE LA LIBÉRATION

« Vétéran de 1940, formé par les coloniaux de Chypre et les volontaires du Pacifique. A combattu en Libye, à Cheren, à Massaouah, à Bir-Hacheim, en Italie, à Toulon, à Belfort et en Alsace. Après avoir eu deux compagnies citées à l’ordre de l’Armée a obtenu lui-même deux citations du même ordre.
Chefs de corps tués à l’ennemi : lieutenant-colonel Broche, chef de bataillon Savey, chef de bataillon Magny.
Gardera dans l’histoire la gloire d’avoir représenté l’infanterie coloniale sur les champs de bataille où les Forces françaises libres ont été les premières à reconquérir l’Honneur. »