CANDELOT Jean

10/05/1922 - 24/08/1994

Grade : quartier-maitre

Unité : RFM

 

Français Libre

 

À propos

Lieu de naissance : Viviers Cours

Ralliement : (01/17/1943)

Pseudonyme : MED MIL

Date de décès : 24/08/1994

 

Écrits

En mars 2012, étaient publiées les Mémoires Jean CANDELOT (1922-1994), Quartier-Maître fusilier-marin.

" La rédaction de mes souvenirs de guerre est principalement axée sur les faits vécus au 1e Peloton du 2e Escadron du 1e Régiment de fusiliers marins de la 1e D.F.L.

Des trente hommes qui composaient mon peloton, seize furent tués à l’ennemi et sept furent gravement blessés, soit un perte de 76 pour cent. Sept, dont moi-même revinrent indemnes".

Ces Mémoires sont richement illustrées et annotées de manière pédagogique par son fils Jean-Louis CANDELOT. Nous en extrayons ici les éléments du parcours de Jean Candelot, et en publions un extrait en relation avec la Campagne d’Italie.

La première partie de ces Mémoires a par ailleurs été publiée dans la Revue de la France Libre de Décembre 2012 ; elle vous est proposé en bas de cette page en téléchargement. FR, juin 2013

Historique

  • Engagé volontaire en 1939 dans la Marine nationale, école des fusiliers-marins de Lorient à bord du Condé. Matelot-fusilier mitrailleur DCA à bord du Chasseur 9 bombardé à Dunkerque et échoué à Malo-les-bains le 21 mai 1940. 
  • Blessé de guerre prisonnier en Allemagne de 1940 à 1942, stalag VI B, camp disciplinaire à Fullen. 
  • Libéré après Mers-El-Kébir, affecté en AOF à bord du croiseur Gloire, participe au sauvetage des naufragés du Lusitania ; affecté ensuite à l’armement du paquebot Medie II. 
  • Rejoint la 1e DFL en Lybie en 1943, 1e Régiment de fusiliers-marins, engagé volontaire pour la durée de la guerre. 
  • Quartier-maître fusilier-marin à la 1e DFL de 1943 à fin de la guerre 1945, campagnes d’Italie, Provence, Vosges, Alsace. 
  • Conducteur de char lors des combats de l’Authion en avril 1945, y conduit le dernier char aux combats. 
  • Démobilisé à la fin de la guerre, rengage dans la marine et est affecté en Angleterre. 
  • Traversée New-York-San-Francisco par ses propres moyens pour rejoindre Tahiti. 
  • Affecté à la base navale de Tahiti en 1946. 
  • Chef de travaux publics puis instituteur à Tahaa, aux îles Sous-le-Vent des EFO en 1947 
  • Directeur d’école à Tubuai, aux îles Australes des EFO en 1950 
  • Gendarme à cheval en Algérie en 1952 
  • Prévôt militaire en Indochine, chef des points sensibles à Do-Non en 1954 
  • Ouvrier d’usine en France à Mont Saint-Martin de 1956 à 1959 
  • Gendarme en Algérie et en France de 1959 à sa retraite en 1969

Décorations

  • Décoré de la Légion d’honneur à titre militaire
  • Médaille militaire
  • Croix de guerre 39-45 avec trois citations,
  • Croix du combattant, croix des combattants volontaires 39/45, croix du combattant volontaire de la résistance,
  • Médaille des blessés de guerre,
  • Médaille des services volontaires dans la France libre
  • Médaille commémorative de la Libération de la France
  • (avec 8 barrettes de campagne et barrette d’engagé volontaire)
  • Médaille de la ville de Dunkerque
  • Médaille de la campagne de Belgique
  • Médaille de la campagne de Hollande
  • Médaille commémorative d’Italie
  • Médaille coloniale 2 barrettes A.O.F. et Extrême-Orient
  • Médaille commémorative d’Indochine
  • Médaille commémorative d’Algérie
  • Chevalier de l’Ordre du Mérite franco-allié
  • Croix d’honneur franco-britannique 40/44
  • Fourragère des fusiliers-marins, détenue à titre personnel
  • Diplôme d’honneur de la Nation
  • Diplôme de l’équipe des bons compagnons du général De Gaulle

Quelques vers de Jean CANDELOT dédiés à ses Compagnons des Fusiliers-Marins morts pour la France

En souvenir de

Nom Age Nom Age
LURIER 19 ans HAFFLIQUAIRE 28 ans
THOMAS 24 ans RANGUET 22 ans
TARIUS 24 ans FRANKEL 24 ans
Gégé (AUGER) 26 ans DURAND 23 ans
LONIS 22 ans

et... combien d’autres compagnons tués au combat et dont seuls leurs proches et leurs camarades se souviendront qu’ils sont tombés pour que la France vive libre !

Puisse notre jeunesse s’en souvenir !

L’aube se lève, grise et sale
Un jour de plus dans la bataille
Les Marins s’éveillent et râlent
Car il leur faut dans la grisaille
Coeur aux lèvres, tripes nouées
Reprendre l’avance
Pour éclairer la Division
Une autre reconnaissance
Où la mort guette l’occasion
Combien.en manquera-t-il ce soir ?
Nul ne le sait !
Ils sont partis dans l’espoir
Que demain encore, ils vivraient.

QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR LA MÉMOIRE DE LA 1E D.F.L

Conclusion de Jean Cadelot, à la fin de ses mémoires

Au moment où je termine ces souvenirs, je pense qu’il faut une conclusion, la voici :

O mes camarades, vous qui dormez aux endroits où votre vie a été tranchée, quel est le résultat de votre sacrifice

L’Oubli, l’Indifférence. On ne veut même plus se rappeler de vous , le huit mai.

Cela m’amène à penser que nous gênons beaucoup de monde.

Jean CANDELOT

Un extrait de l’introduction de son fils Jean-Louis fait écho à cette conclusion

(...) Je fus heureusement surpris qu’une amicale de la 1e DFL existât encore, et que le nombre de témoignages et de documents qu’elle mettait à disposition du public attestait sa vivacité et sa pugnacité, même si beaucoup de ses membres actuels sont surtout des descendants de Français Libres. Je pris aussi conscience de la fierté qui transparaissait à travers les courriers de ce qu’a été la 1e DFL, de ce qu’ont été ses hommes et aussi ses femmes et des valeurs d’abnégation, de sacrifice et de renoncement pour ceux et celles qui, par choix, ont fait que le nom de la France signifiât plus que leur vie.

À ce propos, il est un fait qui m’a troublé dans ma jeunesse : ayant été élève de l’École Militaire Technique d’Issoire de 1963 à 1966, à aucun moment des cours d’histoire que l’on nous inculquait on ne nous a parlé de la 1e DFL ! Il n’y en avait que pour le débarquement de Normandie, la 2e DB et la libération de Paris. D’ailleurs la musique de l’école avait appris la marche de la division Leclerc et j’ignore toujours l’air de celui de la 1e DFL.

Je pense que parmi ceux qui ont écrit l’Histoire après-guerre certains ont volontairement tenté de minimiser, voire d’effacer, la grandeur de la 1e DFL et je cite ici Voltaire, je crois : L’Histoire est un mensonge sur lequel tout le monde se met d’accord..

Ayant atteint l’âge où l’on regarde davantage derrière soi que devant, j’en suis arrivé à une conclusion quelque peu amère et dont notre père a fait un triste constat à la fin de son ouvrage :

Cela m’amène à penser que nous gênons beaucoup de monde...

Qui donc le souvenir de la 1e DFL pourrait-il gêner ?

Pour moi ce sont tous ceux qui par esprit de classe et de caste ne pourront jamais admettre ces paroles du général de Gaulle le 27 février 1946 :

" Ce qu’a su faire , pour la France, la 1e division Française Libre, .../... c’est, pour toujours, un défi lancé à ceux qui doutent de la France".

Mais auxquelles il faut ajouter en écho les paroles du "général Brosset, la veille de sa mort, à Maurice Druon :

"Elle était surtout noire, elle est devenue blanche... "

Ce qui résume peut- être tout..." (...)

Jean-Louis CANDELOT


Extrait de la Revue de la France libre n° 46

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