COQUIL Jean

27/04/1905 - 24/02/2014

Grade : capitaine

Unité : BM 5

 

Français Libre

Voir ses décorations

  • Croix de Guerre
  • Médaille de la Résistance
 

À propos

Lieu de naissance : iwillac ?

Profession : liberal cadre

Ralliement : aef- Cameroun

Date de décès : 24/02/2014

 

Écrits

Jean COQUIL est né en avril 1915 et passa toute sa jeunesse à IRVILLAC, un petit village près de Brest, où ses parents étaient instituteurs. Il y bénéficia d’une jeunesse calme et studieuse, poursuivit ses études secondaires au Lycée de Brest et c’est tout naturellement qu’il put, après son baccalauréat préparer les Grandes Ecoles, réussissant le concours d’entrée à St Cyr d’où il sortit jeune officier en 1938.

A la sortie de l’école il avait opté pour l’Infanterie Coloniale et fut affecté au 2e RIC de Brest. Son avenir étant réglé il pouvait penser à créer un foyer. Mais de fortes tensions se révélaient déjà avec nos voisins allemands et c’est ainsi que s’il eut la permission de se marier au jour fixé, ce fut, raconta-t-il, sous la condition qu’il reprenne son service le soir même à la caserne.

Peu après, il était désigné pour l’ Afrique, rejoignit son poste au Cameroun où son épouse put le rejoindre avant le déclanchement des hostilités.

Basé à Yaoundé, Jean commençait à y former de nouvelles troupes à destination de la métropole quand survint la déroute de juin 1940 et l’armistice du 22 juin qui avait précédé un appel à la poursuite des combats qu’avait lancé de Londres un jeune général inconnu, Charles de Gaulle.

Jean Coquil fut l’un des rares français du Cameroun à décider d’y répondre favorablement. Confiant son épouse à ses chefs, il quitta clandestinement le Cameroun et parvint à rejoindre Victoria au Cameroun Anglais où il retrouve une vingtaine d’autres français qui se mirent à la disposition du délégué du général de Gaulle, un délégué qui n’allait pas tarder à devenir célèbre puisqu’il s’agissait du futur général Leclerc.

Epaulé de sa vingtaine de français Leclerc se fit déposé de nuit à Douala et parvint à persuader les responsables de rallier le Cameroun à de Gaulle.

Et voici le lieutenant Coquil de retour au Cameroun où il se remet à l’instruction des blancs et noirs qui allaient former plus tard le BM5.

Mais bien vite il est dirigé sur Brazzaville où l’on a décidé de créer un camp d’Ornano destiné à recevoir l’école de formation de jeunes officiers à partir des troupes arrivées d’ Angleterre.

Coquil y sera instructeur durant quelque deux ans et demi, formant et préparant au combat ces jeunes héros qui allaient se distinguer sur les divers fronts de Syrie, d’ Afrique et d’ Italie et y inscrire de nouveaux héroïques épisodes de l’Histoire de France.

Enfin libéré de son travail d’instructeur il peut rejoindre un bataillon partant pour le front et se retrouve à la 1e DFL où il va retrouver, en remplacement des disparus, son unité d’origine, le BM5 où, durant les derniers mois d’hostilité, il sera un valeureux commandant de compagnie.

La guerre terminée, il accepte sa mutation dans le corps des administrateurs des colonies et de 1945 à 1960, il y assumera au Cameroun divers postes de responsabilité (chef de subdivision, de région, directeur des affaires économiques, etc) aidant ce territoire, notre territoire, particulièrement cher à son cœur à se diriger vers l’indépendance, une œuvre énorme d’aide, de conseils, d’exemple pour permettre, à partir de 1960 aux camerounais à se gérer eux-mêmes.

Il en résulte son retour en France où il se reclasse dans l’enseignement jusqu’à l’heure de la retraite qu’il prendra à Brest après une vie exemplaire de dévouement au service de son pays, un dévouement qu’il n’a pas épuisé car il va désormais se mettre au service des Anciens Combattants et particulièrement ceux de la France Libre et de la 1e DFL.

Il est difficile de dire ici combien son aide m’a été précieuse pendant les quelques vingt ans où nous avons dirigé en commun l’amicale de la 1e DFL, notamment lors de nos nombreux voyages et déplacements, de la mise en place des Musées de l’Ile de Sein et du Fort Montbarey, des congrès nationaux organisés dans le Finistère.

Je trouvais, nous trouvions chez lui à la fois un ami, un artiste, toujours prêt, toujours disponible. Merci, mon très cher ami pour tes conseils éclairés et pour l’aide immense que tu nous as apportée. Et merci pour ton amitié qui n’a jamais tenue compte de la différence de grade qui nous séparait.

Cette vie modèle de Français notre pays t’en a récompensé par de nombreuses médailles dont je me permets de citer les Chevalier de la Légion d’ Honneur, Croix de Guerre 39-45, Médaille de la Résistance, Chevalier de l’Ordre National du Mérite, Médaille de la France Libre et bien d’ autres.

Mais à ces reconnaissances officielles, je voudrais ajouter ici d’autres qui comptent autant, l’amitié propre de tous ceux qui t’on connu, l’attachement qu’ils te portaient, les liens indéfectibles qui au long des années s’étaient tissés entre vous.

Et je voudrais dire ici à tous tes proches et surtout aux deux que j’ai le mieux connues, ta sœur Yvonne et ta fille Lucienne, combien je partage leur peine et suis proche d’elles par le cœur et la pensée.

Adieu ami Jean et merci en notre nom à tous de ce que tu nous as donné et apporté.

Allocution prononcée par Alexis LE GALL

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