Commémoration du 70e anniversaire de la Bataille d’El Alamein

Cérémonie du 70e anniversaire à El-Alamein (Egypte)

Le 23 octobre 1942, à Al Alamein, en Égypte, l’Afrikakorps du maréchal ROMMEL recule devant la VIIIe armée britannique et la 1e Brigade Française Libre.

Cette bataille demeure la plus célèbre victoire des Alliés en Afrique du Nord face aux troupes germano-italiennes du maréchal Rommel et la dernière grande offensive des forces du Commonwealth, permettant la reconquête définitive, jusqu’en Tunisie, de territoires occupés par les forces de l’Axe.

A l’occasion du 70e anniversaire de la bataille d’Al Alamein, le 23 octobre 2012, le Ministre délégué auprès du Ministre de la Défense en charge des Anciens combattants, M. Kader ARIF , a représenté la France aux différentes cérémonies de commémoration. Il était accompagné de M. Nicolas KINSKY, petit-fils du lieutenant-colonel Dimitri AMILAKVARI , mort au combat alors qu’il commandait la 13e demi-brigade de la Légion Etrangère lors de cette bataille et du lieutenant Jean-Mathieu BORIS, vétéran de la deuxième Guerre mondiale et témoin français de cette célèbre bataille sur le sol égyptien. L’Ambassadeur de France au Caire, M. Nicolas GALEY , était également présent pour l’occasion.

Durant cette journée de commémorations, le Ministre M. Kader ARIF a pris part à la cérémonie internationale au cimetière du Commonwealth, où plus de 7 000 soldats des pays membres de cette organisation sont inhumés, ainsi que des soldats d’autres nationalités, dont des Français. Une cérémonie nationale a eu lieu au carré français durant laquelle la communauté française a pu rencontrer M. Nicolas KINSKY et le lieutenant Jean-Mathieu BORIS.

Discours du Ministre Kader ARIF

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Allocution de M. Nicolas Kinsky, petit-fils du Lieutenant-colonel Dimitri AMILAKVARI

Le 23 octobre 2012, El Alamein

Monsieur le Ministre, Monsieur l’ambassadeur, Messieurs les Officiers, chers compatriotes,

Permettez-moi de vous remercier, avec beaucoup d’émotion. Merci de votre présence qui témoigne l’attachement à ce que la cérémonie d’aujourd’hui représente de Courage et d’Espoir, entre toutes ces nations, devant tous ces soldats, et devant cette tombe au milieu de tant d’autres.

C’est un grand honneur de rendre en fils, hommage à ces combattants et à leur chef.

En particulier en votre présence, monsieur le ministre, qui connaissez personnellement, le poids et la valeur du sacrifice, et de la votre, monsieur l’ambassadeur, qui oeuvrez aujourd’hui à ce

que la diplomatie dépasse les armes.

Permettez-moi de vous transmettre le message que j’ai reçu de la 13e DBLE témoignant, je cite, de l’immense regret pour le colonel Maffeis et l’ensemble de la Phalange Magnifique, de ne pas être représentés à cette occasion et de ne pouvoir ainsi rendre honneur et hommage à nos Grands Anciens.

Le message rappelle l’honneur du régiment de suivre les traces de son ancien chef de corps. La 13e DBLE poursuit sa route et sa 3e page d’histoire, après une page de, 22, oui 22 ans de guerre, et une page africaine à Djibouti, en retrouvant le désert de sable, cette fois-ci aux Emirats Arabes Unis, et reste à jamais marqué par son empreinte.

La 13 est aux côtés des représentants français et interalliés, par la pensée aujourd’hui.

Je citerai volontiers ici les paroles souvent répétées et qu’on attribue à mon grand-père, lui français et officier de légion : "nous, étrangers, n’avons qu’une seule façon de prouver à la France notre gratitude pour l’accueil qu’elle nous fait. C’est de mourir pour elle".

Il s’agit bien de cela : mon grand-père né au Caucase et lieutenant-colonel français est tombé ici au milieu de ses frères d’armes de toutes nationalités, en Egypte : je crois qu’il est tombé, comme tous ici en combattant non pour un territoire mais pour une nation, un pays, c’est-à dire pour des hommes qui veulent vivre ensemble. Ces hommes sont tombés pour l’Homme : pour la liberté de l’Homme ; il est tombé pour sa femme, pour ses enfants, pour moi, pour nous tous. C’est dans cette foi en l’Homme et la volonté et l’espoir de vivre ensemble que ce rejoignent tous, tous, les combattants tombés ici.

Il était prince géorgien, oui ; il était légionnaire et Français Libre, oui. Il était officier français, oui. Il était respecté par ses adversaire comme par ses hommes, oui ;

Français Libre, il combattait sous commandement interallié et britannique ; c’est un char anglais qui s’est dérouté pour recueillir son corps et le ramener auprès des siens. La bataille d’El Alamein a été engagée pour défendre l’Egypte et la route du Caire où nous retournerons tout à l’heure : libre, oui.

J’espère que tout cela prend un sens en croyant que ce sacrifice pour la France est aussi le signe d’un sacrifice pour l’Homme…

Ce sont ici, de tous camps, à la fois des hommes, et des héros ; nous avons besoins de héros ; mais c’est pour que nous gardions espoir qu’un jour nous pourrons dire comme le Galilée de

Brecht, heureuse la ville qui n’a pas besoin de héros.

Encore une fois, en mon nom et celui de ma mère fille du Lieutenant-colonel Amilakvari, merci ; merci à mon grand-père, merci à ses camarades, merci à tous ces hommes ici dans tous ces différents cimetières, et vraiment de tout mon coeur, merci

Un service funèbre a été célébré le mercredi 24 octobre à la Paroisse Orthodoxe Géorgienne Saint Nino, 8 rue de la Rosière, Paris XVe en souvenir du Colonel Amilakvari à 19 heures.

Allocution et témoignage de M.Jean-Mathieu Boris

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Jean-Mathieu Boris : Les combats... ont été très durs ; on était complètement submergés

(01:14)

Agé de 91 ans, il est le dernier vétéran français de la bataille de el-Alamein en Egypte