DUFOUR Louis

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Grade : Adjudant

Unité : BM 12/BM 24/BM 15

 

Français Libre

 

À propos

 

Écrits

Louis DUFOUR, ancien de la 1e DFL, par son fils Jacques

Mon père, Louis Dufour est né le 17 mai 1909 à Dieulefit dans la Drôme dans une famille modeste qui connaît bien le mot ‘’RESISTER’ : ses grand père et grand oncle ont été l’un et l’autre internés à la célèbre Tour de Crest dans la Drôme et déportés pour avoir résisté au coup d’état du 2 décembre 1851.

Son père meurt en 1920 et sa mère fera en sorte que ses deux enfants, Marie et Louis obtiennent le Brevet Supérieur, diplôme d’un bon niveau dans les années 1920.

Marie devient institutrice et Louis s’engage pour cinq ans au 23e RIC, le 23 juillet 1927.

De retour à la vie civile en 1932 il intègre la Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM)

Le 1 septembre 1939 il est mobilisé au 21e Bataillon du Régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc.

Le 8 février 1940 il rejoint la 6e Compagnie et ensuite le Corps Francs du 4e RIC avec lequel il participera à toutes les opérations de ce régiment lors de la Campagne de France et sera cité 3 fois.

Démobilisé comme sergent-chef le 19 juillet 1940 il est mis à la disposition de la SNCF.

Il reprend la vie civile pour peu de temps car, la loi du 13 août 1940 interdit les loges maçonniques et, comme tous les fonctionnaires Louis Dufour doit signaler son appartenance à une société secrète. Militant syndicaliste et Franc Maçon il refuse de signer, comme il le disait, ‘’allégeance au Maréchal Pétain’’ et il est révoqué.

Son but est de rejoindre les Forces Françaises Libres et pour cela il prend un engagement, début 1941, au DITC de Marseille.

Evadé de France par l’Espagne, il connaît l’internement des geôles franquistes

Date de ralliement aux FFL : 1941

Successivement il servira :

  • La Compagnie Autonome de Chars de Kano (Nigéria Britanique)
  • Le Régiment des Tirailleurs Sénégalais du Tchad à Fort Lamy
  • Le Groupe Nomade du Kanem en nomadisation aux confins Nigero-Tchadiens comme chef de section méhariste.
  • Le BM 12 avec lequel il est dirigé, avec la Brigade d’AEF, sur les territoires d’opérations d’Afrique du Nord et ensuite en Italie.
    Le Bataillon de Marche n°12 a été créé le 1 février 1943 au Tchad. Ex Bataillon de Marche du Kanem il entre dans la composition de la brigade mixte de l’AFL.
  • Le débarquement de Provence et la Campagne d’Italie
  • Avec le BM24 il participe aux combats de La Trouée de Belfort : Recologne, Ronchamp, Giromagny (21-11-1944), Grosmagny (24-11-1944) et la Campagne d’Alsace.
    Le Bataillon de Marche n°24 est issu du Bataillon de Tirailleurs Sénégalais n°4. Affecté à la 4e brigade de la 1e DFL, il sera pratiquement anéanti en Alsace, entre le 7 et 10 janvier 1945 à Obenheim.
  • Il rejoint le B.M 15 pour libérer la Pointe de Grave (14 au 21- 4-1945).
    Le Bataillon de Marche n°15 a été créé en 1943 au Tchad. Avec le BM 14 il entre dans la composition du Régiment AEF-Somalie avec lequel il combat à la Pointe du Grave et autour de La Rochelle.
  • Adjudant- Chef, chef de section, proposé à titre exceptionnel au grade de Sous- Lieutenant suite à la participation aux opérations de Giromagny et Grosmagny le 4 mars 1945.
  • Croix de Guerre 1939/45, cinq citations : 2 Corps d’Armée, 1 Division, 2 Régiments
  • Démobilisé le 15 août 1945, il retrouve son emploi à la SNCF jusqu’à son rappel en Algérie le 14 juin 1956 à la 531e Demi Brigade des Fusiliers de l’Air.
  • Une nouvelle fois proposé au grade de Sous-Lieutenant le 25 août 1956 sans succès malgré un rapport élogieux du commandant du 1e Bataillon de la 531e DBFA :

‘’En conséquence, afin de sanctionner les services d’un Sous-Officier dont la carrière brillante fut une série de servitude envers la France, j’ai l’honneur de proposer l’Adjudant-Chef DUFOUR au grade de sous- lieutenant de réserve. Cette nomination hautement méritée permettra de plus à l’Armée Française de compter dans ses rangs un officier de grande valeur’’

L’Armée Française ne l’a pas souhaitée et l’adjudant-chef Dufour, une nouvelle fois blessé en décembre 1956 et décoré de la Croix de la Valeur Militaire avec une citation, a rejoint pour la dernière fois, à près de 48 ans, la SNCF, jusqu’à sa mort le 11 Novembre 1964.