DURRBACH André

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Grade : commandant

Unité : SANTE - ACL-spears

 

Français Libre

 

À propos

Lieu de naissance : Toulouse

Ralliement : londres (déc.-40)

Mort pour la France

Lieu de décès : ?

 

Écrits

Interne des hôpitaux de Paris en 1929, fils d’un héléniste connu, il est chirurgien à Dieppe depuis quelques années quand, en février 1940, il part volontairement en Finlande pour traiter des blessés finlandais (guerre russo-finlandaise). Puis, après des déplacements en Suède, plutôt que de rejoindre la France occupée, via USA-Canada, il rejoint Londres et FFL.

Dans son livre Souvenirs d’un médecin FFL (p.128) Robet nous raconte les retrouvailles (via BBC) de deux copains : il a ren contré le matin du 12 décembre 1940 Durrbach en voie d’incorporation, à Carlton Gardens. Il dînera avec lui à son hôtel d’Oxford Street, mais il l’entraîne dans sa chambre pour aller écouter une communication enregistrée d’un médecin des FFL : Bristol-Lebental, qui le soir a rejoint son hôpital à Camberley - et ils entendent Bristol-BBC appeler son vieux camarade chirurgien normand .

Durrbach clame Mais c’est un vieux copain, c’est moi qu’il appelle, il me croit à Dieppe . Robet téléphone alors à l’HM de Camberley. C’est le pharmacien Lieutenant Raymond Lévy qui répond : Passez-moi Bristol, SVP - Rappelez dans quelques minutes, on écoute la BBC . Finalement Bristol prend l’écouteur pour entendre Durrbach lui dire Tu as demandé le chirurgien normand... me voici !

A. Durrbach sera affecté à l’Ambulance Hadfield-Spears, le 10 mars 1941 il partira avec elle de Greenock pour l’Egypte, via le Cap. Il sera Médecin Capitaine, chef de Spears jusqu’à mai-juin 41 (remplacé alors par le Médecin Colonel Fruchaud).

En mai 41, c’est la campagne de Syrie (ambulance légère puis hôpital militaire de Damas, il est Médecin Commandant chef des services chirurgicaux. Les troupes sont sous les ordres de Le Gentilhomme, qui dira (en 1946) au fils d’André Durrbach (Dr Dominique Dùrrbach) avoir estimé son père doublement : grand chirurgien et homme qui ne pouvait avoir que des amis (gravement blessé, il a voulu être opéré par lui, ce qui lui a évité d’être amputé d’un bras !).

Le 15 août 41 de Spears et de l’hôpital (italien) de Damas, Dùrrbach part remplacer le Médecin Cdt Vernier à l’ACL.

En janvier 42, il rejoint la 1e Division FL (DFL) en Cyrénaïque (le Division HM BriL de Tobrouk) (Cd anglais Simpson tué en juin 42).

30 mai 42, chef de l’ACL à Bir Hakeim. Le 8 juin Bir Hakeim est complètement cerné, bientôt une bombe écrase les camions opératoires ; une autre tombe sur l’abri des grands blessés, les tuant tous. Guillon et Dùrrbach dressent des tentes.

En septembre 42, le soir de la bataille d’El Alamein (Egypte) il écrit sur les morts des combats : Ils auront par leur sacrifice libéré le monde de ses hypothèques et préparé le sol que les survivants auront le privilège de semer... mais quel grain sèmeront-ils ? Nos aînés de 14 avaient aussi, de leur sang, préparé pour le monde une ère nouvelle, des moissons de joie, de bonheur... Mais les semeurs ont oeuvré sans foi ou leur grain s’était-il éventé ? ... Les mois sons n’ont pas levé.

La 2e BFL regroupe ses unités dans le sec teur sud d’El Alamein à Alem Halfa pour participer quoique toujours incomplète à la bataille à partir du 20 octobre 42 (PCA Médecin Capitaine Durrbach).

A Bir Hakeim, Durrbach a réalisé ce qu’il souhaitait, au-delà de ses espérances. Il y a eu une réelle entente avec Koenig qui dira : un homme comme Durrbach, c’est un roc, une sécurité dans les coups comme Bir Hakeim et ajoutera en novembre 44 : Je l’ai connu, nous étions de grands amis et nous avions une confiance absolue l’un en l’autre. Dùrrbach était avant tout un magnifique caractère et une intelligence extrêmement sensible et, enfin, une grande valeur chirurgicale professionnelle .

Après le repli de la DFL vers Alexandrie-Le Caire, il réalisa deux camions opératoires et un de stérilisation déployables en quinze minutes (en service à El Alamein).

La 1e DFL mise en réserve, il est évacué sur Le Caire (Hépatite). Il rejoindra sa division en janvier 43 (fin de la campagne de Tunisie).

Il reçut de nombreuses décorations, Croix de Guerre notamment avec une citation émouvante : Venu au poste chirurgical de Bir Hakeim le 21 mai 42, n’a cessé jusqu’à la nuit 10-11 juin 42 de prodiguer ses soins aux blessés malgré l’intensité du feu de l’ennemi. A montré ainsi que son courage et son esprit d’abnégation égalaient ses hautes qualités techniques.

Son épopée prit fin le soir du 22 juillet 43 accidentellement sur une route côtière près des ruines de Sabratha et de Tripoli. Il repose au cimetière militaire de Takrouna.

D’après divers documents - un article de Dominique Diirrbach notamment - et les Uvres de Chauliac et Robet.)

D’après le bulletin de liaison n°32 de l’Amicale du Service de Santé de la France Libre

Bir Hakim l’Authion n°164 Janvier 1997


8 juin 1942 - Témoignage de Marcel PONTIC Santé - Ambulance Chirurgicale Légère

"Je me souviens d’un après-midi, vers 16 heures, dans le camion opératoire, l’équipe du médecin-commandant Durrbach, composée du lieutenant-dentiste Beraud, assistant, du sergent-chef Aramon, anesthésiste, et de moi-même, infirmier-panseur.

Le médecin-commandant Durrbach opérait un légionnaire blessé au ventre, lorsqu’une des nombreuses attaques des Stukas commença.

Une bombe explosa non loin du camion-opératoire qui ébranla celui-ci.

Un éclat traversa la salle d’opération, fort heureusement sans toucher personne, ce qui fit dire au commandant Durrbach : Celle-là n’a pas pété bien loin. Et, avec un sang-froid que je n’arrive pas à analyser maintenant et malgré les détonations plus ou moins proches des bombes qui n’arrêtaient pas, toute l’équipe continua l’opération avec calme.

Je voudrais profiter de l’occasion qui m’est donnée pour rendre un hommage respectueux à ce héros obscur qu’était le commandant Durrbach tué en Tripolitaine en 1943."

Le camion opératoire est atteint par une bombe

Extrait de la Revue de la France Libre, n°168, juin 1967.