FIMBEL Jacques

07/11/1922 - 20/06/2008

Unité : 22 BMNA/CAC 2

 

Français Libre

 

À propos

Lieu de naissance : Paris

Date de décès : 20/06/2008

 

Écrits

In Memoriam de la Revue de la Fondation de la France Libre n°34 décembre 2009

Extrait de "Jacques Fimbel, épopée d’un Français libre 1939-1945", publié sur le site FrançaisLibres.net :

D’abord : qu’était la CAC 2 ? Une compagnie lourde antichars. Le "2" correspond au numéro de notre brigade qui comptait 180 hommes à l’effectif et dont le travail essentiel était de détruire les chars ennemis. Pour ce faire, nous étions équipés de canons de 57 ou "six pounders" tirant -comme le nom l’indique- des obus de six livres. Il y avait deux sortes d’obus : des perforants et des explosifs, chacun avec un but bien déterminé.

Dans la CAC 2, en dehors du capitaine Stahl et du lieutenant Paldacci, il y avait quelques figures marquantes.

Il y avait deux autres officiers : le lieutenant Bel et le lieutenant Maura.

Dans les français, parmi les bons copains, il y avait : le sergent Grimm et le sergent Becker, deux alsaciens qui parlaient le dialecte) ; le caporal-chef Jean-Yves Merceur, un breton ; le caporal-chef Wladislas Androzizine qui, malgré un nom polonais se disait lui-même "le polonais bourguignon" car il était né en Bourgogne. On l’appelait Zizine parce que Androzizine, c’était trop compliqué et trop long, il y avait aussi Jehan Autrey, un bon breton, un excellent copain qui était un peu une distillerie ambulante mais qui était un es brave gars ; Paul Pommier, qui était caporal à la section de commandement et qui s’occupait des écritures et de l’administration de la compagnie ; Alain Riffet, qui était le fils du maire de Bordj-Boireridge en Algérie. Il a d’ailleurs été gravement blessé après. Voilà ce qu’on peut dire en ce qui concerne les français.

Parmi les marocains, il y en a deux que j’ai très bien connu et qui étaient avec moi pratiquement tout le temps : c’était le sergent-chef Ben Moustafa et puis, mon vieux complice de toujours et de tous les instants, l’ineffable Boi-Sidi dont le vrai nom était Mohammed Ben Bouazza dont je citerai l’origine et le curriculum vitae antérieur.

Boi-Sidi se chargea pour mon compte de quelques tâches matérielles : lavage et repassage des effets, creusement des trous individuels, etc. Boi-Sidi, ("matricule 3793, chef !") m’appelait chef parce que j’exerçais des fonctions de commandement alors que je n’étais pas officier. Il avait résolu le problème en n’appelant "chef. Comme il n’arrivait pas à prononcer "Fimbel", il m’appelait "Nabeul" du nom du bled où nous stationnions. Quand nous sommes arrivés à Paris, on a parlé de la tour Eiffel, et pour lui, c’était la tour Nabeul.

Boi-Sidi avait une particularité dont il était très fier : c’était que toutes ses dents étaient couronnées d’or. Quand il riait, cela faisait assez curieux !

MA : A quoi cela correspondait-il ? C’était un signe de richesse ?

JF : Oui. Il était très fier de ça. Il disait : "Hein, jouli chef !?!"

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