FROSSARD Emilien

25/04/1922 - 10/07/2012

Grade : 1c

Unité : 13 DBLE

 

Français Libre

 

À propos

Lieu de naissance : Amiens

Profession : ouvrier/artisan

Ralliement : tunisie (juin-43)

Date de décès : 10/07/2012

Lieu de décès : Paris

 

Écrits

Les documents de cette page personnelle ont été remis à Blandine Bongrand Saint Hillier p ar Ariel GILLE, fille de Emilien FROSSARD en décembre 2012.

LES DEUX TÉMOIGNAGES D’EMILIEN FROSSARD

Emilien Frossard, 26 Avril 1922, code sociétaire R2111622

Amiens 80000, Capitaine de réserve ABC

Fils de Guy Frossard : commandant de réserve du Génie, chemin de fer, a terminé Capitaine en 1918. Tué lors d’un bombardement à Calais, le 23 Mai 1940 pendant la retraite de Dunkerque.

Après 2 ans de remise en ordre des affaires professionnelles paternelles pour que la famille survive, première tentative de Départ pour Londres par des vedettes emmenant des agents.

Cela n’ayant pu se faire, deuxième Départ fin 1942 avec 4 camarades ayant une adresse de passeur dans les Pyrénées pour l’Espagne.

A Bordeaux, obligés de nous séparer en attendant le train, je suis retardé par un contrôle et manque le train, ce qui est une bénédiction, car sans nous être concertés, nous avions tous le même point de destination en Afrique du Nord et nous aurions été embarqués depuis le train, nos papiers d’identité étant faux, évidemment.

Je rentre à Amiens et 6 mois plus tard je repars avec un camarade réfugié à Pau, avec Boussole, carte d’Etat-major ; après 34h nous arrivons :

Internement : prisons de Jaca, Huesca, Saragosse, camp de concentration de Miranda à Ebro- 8 mois

Arrivé à Casablanca : camp de Mediouna, interrogation par un sous-officier Indochinois ( où sont les officiers ?) qui apprenant que j’ai le bac veut m’envoyer à l’Ecole des officiers de Cherchell, ce que je refuse car je veux rejoindre les Forces Française Libres.

Je m’évade caché sous une bâche de camion et vais à Casablanca signer mon engagement à la 2e DB en formation ; mais suis considéré comme déserteur jusqu’au jour où le Consul de Suisse à qui j’avais rendu visite dit aux gendarmes que je suis blessé en Italie.

J’arrive enfin en Tunisie à la 1Division Française Libre

Examen médical : refusé en raison d’antécédents médicaux, accepté SX sur mon insistance.

J’arrive à la 1e brigade où le colonel Commandant me dit qu’à 8 jours près j’ai manqué le dernier contingent pour l’Ecole des Aspirants !

J’intègre le groupe de reconnaissance en JEEP avec lequel je fais je fais campagne en Italie : Garigliano… suis blessé à San Lorenzo à l’entrée de la Toscane, à la 13e Brigade de la Légion Etrangère.

Blessure trop grave pour l’hôpital de campagne, je suis amené à l’hôpital Américain de Naples. Je manque le débarquement de Cavalaire et rejoins les Vosges.

Après la libération de Strasbourg, la DFL va à Royan et revient en urgence à Noël pour contrer l’offensive Von RUNSTEDT.

Mai 1945, je suis démobilisé et rentre m’occuper des affaires de mon père.

  • Médaille des Evadés Décret 29/10/1946
  • Médaille volontaire France Libre Décret 04/04/1946
  • Combattant Volontaire Résistance 50 83 74, 30/10/1955
  • Croix Combattant 172592 10/02/1956
  • Chevalier de la Légion d’honneur Décret 09/02/1968
  • Croix Combattant Volontaire 3047 31/10/1979
  • Carte interné Résistant 120133001 délivrée le 05/01/ 1979
20/12/05 Après la Guerre...

A la fin de la guerre, j’ai d’abord repris l’activité de mon père (tué à Calais en mai 1940), provisoirement car je savais que cette activité n’était plus rentable dans le contexte d’après-guerre, pour subvenir aux besoins de ma famille (mère, frère et sœur) puis ma femme et enfants à venir.

1) J’ai créé avec des moyens artisanaux une fabrication sous-traitée de petits appareils électroménagers : mixers Bamix de brevet suisse et ceci à Paris.

2) Puis en liaison avec le titulaire Suisse des brevets, nous avons (c’est-à-dire moi !) créé une fabrication à Saint-Louis, Haut-Rhin, à la frontière de Bâle, pour être en France sur sa zone de douanes et plus en liaison avec le titulaire des brevets et l’atelier d’Allemagne qui en faisait également. Pour cela j’ai créé la Société FSGE dont j’étais le Directeur Général.

Ma fabrication était bonne, à bon prix, à tel point que j’ai fourni l’Allemagne un certain temps.

Une cinquantaine de personnes y étaient employées.

La Suisse majoritaire ayant voulu vendre à General Electrics (USA) a aménagé les comptes, ce qui a été remarqué par la G.E. évidemment et tout est tombé par terre, La General Electrics ayant pris peur.

En même temps, Moulinex en faisait une mauvaise copie, moins cher mais de qualité médiocre.

J’ai également créé le rotary-club de Saint-Louis (68).

J’étais donc libre mais avec une famille de 4 enfants !

3) J’ai alors créé, dans la région de Dijon, à moitié chemin de Besançon et à proximité d’une usine de menuiserie métallique Mischler, une usine de traitement de surface de l’aluminium pour des profils utilisés dans le bâtiment – fenêtres, vitrines…La Société Francano dont j’étais le PDG

C’était un métier nouveau, en création, nécessitant beaucoup d’électricité (2 transformateurs de 630KVA) 50m3 par heure pour le refroidissement et le rinçage, de la main d’œuvre à former complètement.

Nous avons atteint 75 personnes et travaillé en 3x8 en raison du maintien des bains à température : colmatage à 98 centigrades précisément (ni 96 ni 100 , la cuve faisant 20 000 m3.

J’arrivais à la 4e position sur 35 dans la profession en France du point de vue de l’importance et de la qualité de fabrication.

Malheureusement un très grave accident de voiture m’a handicapé avec fracture du rocher, sans parler des jambes..

Je n’avais plus la même capacité de travail et j’ai dû abandonner avec beaucoup d’amertume.

Pèlerinage 1955 - Fred Moore (Chars) - René Moore (101e CA) - André Vion (3e RAC) - Emilien FROSSARD - Olivier Jourdain (Chars) - René Gauthier (2e RMT)