GALLAND Gérard

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Unité : 11 Cuir

 

Français Libre

 

À propos

 

Écrits

Gérard Galland, aujourd’hui dans sa quatre-vingt-cinquième année, vit une retraite heureuse à Fresnes, dans la région parisienne. C’est chez lui qu’il nous a reçues cet hiver dernier .

Gérard Galland a pris une part importante à l’édification de la mémoire du 11Cuirassiers, et ce notamment au sein de l’Association 11e Cuirassiers -Vercors-Vosges-Alsace.

Il nous a remis une impressionnante documentation dont une partie de ses Mémoires, que vous découvrez dans cette page sous la forme du résumé,des circonstances qui précèdent et conduisent à son engagement, suivi du récit (téléchargeable) relatant son "Engagement volontaire pour la durée de la seconde guerre mondiale".

U ne seconde partie, historique, de cette documentation concerne le récit de l’engagement du 11e Cuirassiers au sein de la 1e D.F.L dans les combats des Vosges et de l’Alsace, ansi qu’un Album de photographies du 11e Cuirassiers couvrant les années 1942 à 1946.

Cette seconde partie est accessible dans la rubrique "Découvrez ses Unités - Mémoire du 11e CUIR, par Gérard Galland.

Enfin, une étude remarquable sur la libération du Pays sous vosgien à laquelle participèrent notamment le 11e Cuirassiers et le RFM sont accessibles dans la partie de notre site relative au parcours et aux campagnes de la D.F.L.

Pour son accueil sympathique et la confiance qu’il nous a fait en nous confiant le fruit de son travail de mémoire, l’Amicale de la D.F.L lui exprime ses plus vifs remerciements.

Florence Roumeguère et Michèle Chadaillac - Mai 2011

Les interrogatoires

Fin 1943, domicilié avec sa famille à Saint Martin d’Hères dans la banlieue de Grenoble, le jeune Gérard Galland, qui va avoir 17 ans, suit les cours du collège de Vaucansson, en 2e année de préparation de l’Institut Electrotechnique de Grenoble.

En pleine occupation allemande, le climat de tension est extrême à Grenoble : des exécutions sommaires de collaborateurs et d’allemands ont lieu toutes les nuits suivies de représailles.

Le 22 novembre, en rentrant chez lui à vélo, Gérard Galland s’inquiète d’être encore dehors à cette heure proche du couvre-feu, car les Allemands tirent sur tout ce qui bouge.

Au niveau de la Maison des étudiants, qui vient tout juste d’être réquisitionnée par les Allemands, une voix gutturale lui intime l’ordre de s’arrêter en hurlant Halt.

Tremblant de peur de la tête au pied, fusil pointé sur son ventre, puis dans le dos il est poussé vers l’entrée et se retrouve dans le bureau d’un gradé de la Wermarcht flanqué de deux civils en manteau de cuir.

Débutent les interrogatoires. Le jeune homme, objet de suspicion de la part de l’officier reçoit une gifle magistrale au moment où il sort un simple stylo de sa poche en cherchant ses papiers.

Après un premier interrogatoire de vingt minutes Il se retrouve dans une salle au sous-sol, entouré de bottes et de souliers …à cirer…

A seize ans et demi Gérard Galland obéit, l’angoisse au ventre.

Une heure plus tard, débute un second interrogatoire, basé sur sa famille.

Convaincus au bout de trois quart d’heure qu’ils n’ont pas affaire à un terroriste, il est finalement relâché.

Risquant de se faire abattre s’il sort dans la rue après le couvre-feu, le jeune homme est contraint de rester dans la Maison des étudiants jusqu’au lendemain matin.

Où étais tu, que faisais-tu ? Il raconte à sa mère, soulagée de le retrouver, son arrestation.

Mais, prise de panique en apprenant qu’il a été interrogé deux fois, sa mère prend la décision de l’éloigner de Grenoble pour le cacher dans la montagne.

La "cache"

Une famille protestante de Grenoble, amie du père de Gérard, qui est décédé deux ans plus tôt, l’emmène en charrette en novembre 43 jusqu’au MACHENY, hameau d’agriculteurs perché sous les cornes du Châtel, en haute montagne.

Là haut, le travail est rude. Citadin sous alimenté, Gérard est rapidement épuisé. Durant neuf mois, il devient commis de ferme, heureux avec ses brebis et ses chèvres, ses deux bœufs et sa jument Suzanne et ses deux cochons Adolpe et Hermann .

Après des mois de famine, Gérard Galland trouve la situation merveilleuse et apprécie cette vie en liberté, même si dit-il seul le sentiment de notre défaite ignominieuse hantait mon esprit , défaite qu’il n’arrive pas à admettre.

C’est à cette époque que nait son désir de résister, dans cette région du Dauphiné proche du Vercors où se trouve installé un maquis d’hommes résolus, prêts à se battre avec les moyens qu’ils possédaient.

Il avait cependant promis à sa mère d’obéir, de ne pas rejoindre ces voyous, tu me le promets

Il ne sait pas à cette époque que sa mère, pour plus de sureté, avait chargé le pasteur de Mens, cousin d’une de ses amies, de dissuader le jeune homme s’il venait à lui demander s’il connaissait une filière pour rejoindre les combattants.

Et pourtant, le chef de la famille qui l’a recueilli au Macheny a été déporté en Allemagne pour avoir ravitaillé un camp de maquisards…

Premiers contacts…

Responsable du troupeau de moutons et de chèvres qu’il sort quatre heures par jour, Gérard Galland guide ce troupeau le long des chemins bordés d’arbustes.

Un jour, sur la route départementale de Cordéac à Mens, il voit s’arrêter une camionnette dont l’un des occupants lui demande où trouver de l’eau.

A cet homme qui lui demande s’il est de la région, il raconte ses mésaventures à la Maison des étudiants…

L’homme de son côté lui indique appartenir à la compagnie civile de Cordéac.

Gérard Galland ignorant de quoi il s’agit, se méfie.

… et première mission

Il devait revoir la camionnette et ses occupants quelque temps plus tard, au Macheny, où ils venaient chercher des agneaux pour approvisionner la compagnie civile… du maquis de Cordéac.

Ils se présentent à la ferme de Gérard où ils sont reçus par le grand-père qui reconnaît en l’un deux le fils d’un ami garagiste, avec lequel il a été conscrit dans l’unité des Cuirassiers…

Mis en confiance, le grand-père accède à leur requête et leur remet un agneau. Puis ils ‘s’enhardissent à demander l’aide du jeune homme pour disent-ils faire une course en fin de semaine.

En dépit du désaccord de Marguerite, la fille du grand père, ce dernier donne son accord. Et le voici embarqué à bord de la camionnette.

En route, tout heureux, Il apprend que le débarquement de Normandie a eu lieu le 6. Et les maquisards ont besoin d’un agent de liaison discret pour transmettre un message - qu’il doit apprendre par cœur- au Lieutenant PAYOT qui dirige le Camp du C 12 à 50 kilomètres de là.

Les gars de la Compagnie civile de Cordéac arriveront dans la nuit du 11 au 12 à la scierie. Ils seront dirigés par le Lieutenant Gabriel et encadrés par 3 sous-officiers, Phébus, Calva et Pékin. Ce sont des gars qui n’ont reçu qu’une instruction succincte. Ils savent monter et démonter les mitraillettes Sten , les fusils et les fusils mitrailleurs, mais ils n’ont jamais participé à un combat.

"Je suis le Lieutenant PAYOT"

"Je suis le Lieutenant PAYOT, je suis très en retard sur les prévisions de l’état-Major de THIVOLLET, alors quand recevrai je les renforts.

C’est par ces mots que débute la rencontre entre Gérard Galland et le chef du C 12, qu’il a réussi à rejoindre dans la nuit après une harassante traversée à vélo.

Il avait rempli sa mission.

Par lasuite, en tant qu’agent de liaison, il eut plusieurs contacts dans d’autre villages, mais sa liaison la plus fréquente était celle du camp C 12 à la Bâtie.

A Lallet il devait rencontrer un jeune homme qui dirigeait un groupe, membres du 1e Corps-Franc du Vercors qui deviendra par la suite le 1e escadron du 11e Régiment de Cuirassiers.

En août 44 s’achevait le séjour de Gérard Galland au MACHENY et il rejoignit Saint Martin d’Hères, résolu à poursuivre le combat jusqu’au jour où tout le territoire national serait libéré .

Il s’engagera volontaire pour la durée de la seconde guerre mondiale à Lyon, le mois suivant, en septembre 1944. (  cf récit téléchargeable ci-dessous )

Engagement militaire volontaire de Gérard Galland -sept 44-Mai 46

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engagement_militaire_de_gerard_galland_septembre_44-_mai_1946-51760.pdf

 


C’est au cours du baptême de la 233e promotion d’élèves sous-officiers (21% de femme) baptisée "FRANCE 1944 - PROVENCE" que le Général Jean-Claude Godart, commandant de l’école, remet la Médaille Militaire à Gérard Galland au titre de sa participation aux combats pour la libération de la France. ​

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