GARBAY (Gal) Pierre

03/10/1903

Grade : général

Unité : QG 52/QG 50/BM 3

 

Français Libre

 

À propos

Lieu de naissance : Gray

Profession : militaire

Ralliement : AEF (août-40)

 

Écrits

Sorti de Saint-Cyr en 1924 (promotion Metz et Strasbourg), Pierre Garbay sert d’abord au Maroc, puis en Chine. Après son retour en métropole (1931), il est nommé capitaine (1933) et affecté à l’Etat-major du détachement français de Shangai. Adjoint du Lieutenant-colonel Jean Colonna d’Ornano au régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (1938) il prend une part active au ralliement de ce territoire à la France Libre (août 1940). Chef de Bataillon, commandant du bataillon de marche n°3 (septembre 1940), il se distingue en Erythrée, lors des combats de Kub-Kub et de l’Engiahat (février-mars 1941). Après la campagne de Syrie, il quitte le Bataillon pour prendre le commandement de la 4e Brigade légère (septembre 1941). Entre-temps, le général de Gaulle a fait de lui un Compagnon de la Libération (décret du 25 juin 1941).

Lieutenant-colonel (décembre 1941), il est également nommé commandant de l’infanterie de la 2e brigade française libre (BFL), puis adjoint au général Cazaud, commandant la 2e BFL (mai 1942) dont il prendra le commandement à l’issue de la Campagne de Tunisie, en mai 1943.

En Italie, l’année suivante, il montre une grande autorité dans plusieurs combats difficiles , notamment à Viterbe, MOntefiascone et Bolsena. Nommé colonel (juin 1944, puis commandant l’infanterie de la Division française libre (DFL) (août 1944), il apparait de plus en plus comme le second du génral Brosset, commandant la 1e DFL-DMI (division motorisée d’infanterie), auquel il succède quand celui-ci meurt accidentellement (20 novembre 1944).

Il est aussi difficile d’imaginer deux personnalités aussi différentes que le général Garbay et le général Brosset, écrit le général Simon. Garbay est une sorte de moine-soldat, calme et sans passion. Très réfléchi, excellent manoeuvrier, il est d’un tempérament très timide, mais bienveillant et aimable lorsque l’on a su gagner sa confiance. Il n’aime pas parader ou paraître en public, mais cache beaucoup de générosité naturelle sous un aspect un peu bébarbatif ".

A quarante et un ans à peine, il est alors le plus jeune général de la France libérée (si l’on excepte, bien sur, les généraux de la Résistance intérieure).

Il lui revient, tout en poursuivant les combats, de "blanchir" la DFL, c’est à dire de remplacer les coloniaux mal adaptés aux rigueurs du climat vosgien par les combattants de l’intérieur. Avec lui, tout se passe sans heurts ni drames. Sous son commandement, la Division va de victoire en victoire, jusqu’aux derniers combats sur les pentes du Massif de l’Authion (mai 1945). (...)

Extrait d’une notice biographique de François Broche, Dictionnaire de la France Libre, 2010.

GARBAY, CONTINUATEUR ET LIQUIDATEUR

On a déjà rencontré Pierre Garbay à deux reprises, au moins : d’abord comme commandant du Bataillon de marche n°3, avec Kœnig, puis, plus tard, comme adjoint de Brosset. Il reviendra à cet officier moins flamboyant sans doute que ses prédécesseurs d’être leur continuateur et de commander la DFL jusqu’à la Victoire.

Né le 4 octobre 1903 à Gray (Haute-Saône), il entre en 1922 à Saint-Cyr dans la promotion de Metz et Strasbourg, qui est également celle de deux généraux qui s’illustreront à divers titres : Leclerc et Challe. Sous-lieutenant en 1924, il choisit la Coloniale, est d’abord affecté au Maroc, où il participe à la guerre du Rif dans une section de mitrailleurs, puis est nommé lieutenant et désigné pour la Chine, en 1928 ; il y sert jusqu’en 1931. Rapatrié, il fait un stage à l’Ecole d’Application de Versailles, puis au SR. Capitaine en 1933, il retrouve la Chine, où il sert à l’Etat-major du Détachement français de Shanghai. En juin 1938, on le retrouve en Afrique équatoriale, au Régiment des tirailleurs sénégalais du Tchad, où il est l’adjoint du lieutenant-colonel Jean Colonna d’Ornano, qui sera tué à Mourzouk en janvier 1941.

Refusant l’armistice, il prend part au ralliement du Tchad à la France, est nommé chef de bataillon en septembre et commandant du Bataillon de marche n°3. C’est à la tête de cette unité qu’il participe aux premiers combats des Français libres contre l’Axe en Erythrée, notamment lors des combats de Kub-Kub et de l’Engiahat, en février-mars 1941. En mai, le BM 3 est envoyé en Syrie ; en septembre, Garbay quitte le bataillon pour prendre le commandement de la 4e Brigade légère. Entre temps, de Gaulle a fait de lui un Compagnon de la Libération (25 juin 1941). Lieutenant-colonel en décembre, il est également nommé commandant de l’Infanterie de la 2e Brigade française libre, puis, en mai 1942, adjoint au général Cazaud, commandant la 2e BFL, dont il prendra le commandement un an plus tard, à l’issue de la campagne de Tunisie. En Italie, l’année suivante, il montre une grande autorité dans plusieurs combats difficiles, notamment à Viterbo, Montefiascone et Bolsena, et il est nommé colonel le 25 juin 1944. Commandant l’Infanterie de la DFL en août 1944, il apparaît de plus en plus comme le second de Brosset, auquel il succède tout naturellement le 20 novembre 1944, à 41 ans à peine, ce qui fait probablement de lui le plus jeune général de la France libérée (si l’on excepte bien sûr les généraux de la Résistance).

Garbay connaît la Division depuis ses débuts et, avec le flegme et la discrétion qui ne cesseront de le caractériser, il lui revient, tout en poursuivant les combats, la difficile mission de blanchir la DFL, c’est-à-dire de remplacer les coloniaux mal adaptés aux rigueurs du climat vosgien par les combattants de l’intérieur, qui ne sont pas a priori des modèles de discipline. L’Histoire retiendra qu’avec lui, tout se passe sans heurts, sans drames, sans surprises – et sur ce plan, Garbay apparaît incontestablement comme l’anti-Brosset : Il est difficile d’imaginer deux personnalités aussi différentes que le général Garbay et le général Brosset, écrit le général Simon. Garbay est une sorte de moine-soldat, calme et sans passion. Très réfléchi, excellent manœuvrier, il est d’un tempérament très timide mais bienveillant et aimable lorsque l’on a su gagner sa confiance. Il n’aime pas parader ou paraître en public, mais cache beaucoup de générosité naturelle sous un aspect un peu rébarbatif.

Là encore, je ne referai pas l’histoire de la DFL dans les campagnes des Vosges et d’Alsace. Je rappellerai simplement que, sous le commandement de Pierre Garbay, elle va de victoire en victoire, jusqu’aux derniers combats, sur les pentes du massif alpin de l’Authion, en mai 1945. Garbay sera le dernier commandant de la DFL et il aura le triste privilège de dissoudre l’unité, une fois la guerre terminée. Après la guerre, il exerce jusqu’en 1961 de hautes responsabilités outre-mer : commandant supérieur des troupes de Madagascar, puis de Tunisie, enfin de la zone AOF-Togo. Général d’armée en 1958, gouverneur militaire de Paris en 1959, membre du Conseil supérieur de la Guerre jusqu’en 1960, il prend sa retraite deux ans plus tard et disparaît en 1980. Sa dernière citation personnelle le qualifiait d’exemple vivant de droiture, de courage, d’abnégation et d’esprit du devoir. Ces mots, pour une fois, n’étaient pas creux : ils reflétaient très fidèlement le fond d’une personnalité.

Extrait de la conférence de François Broche sur les généraux de la DFL

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