GAUTHIER Emile

??/??/???? - 23/12/2016 / 1922-2016

Unité : BM 4 - Chambaran - 2e section 3e Cie

 

Voir ses décorations

  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 1939-1945
  • Médaille de la Résistance
 

À propos

Lieu de naissance : Metz

Ralliement : septembre 1944 (Lyon)

Date de décès : 23/12/2016

 

Notes

Hommage de Pierre Robédat à son camarade Emile Gauthier.

Notre ami Emile Gauthier nous a quittés.
Pour notre Amicale, il était le plus proche de « nos » Chambarans, ces magnifiques résistants qui se sont trouvés sur notre route, à Lyon,le 3 septembre 1944.

Nous venions d’Afrique, avec entre autres, des soldats noirs originaires d’A.E.F. Ils avaient combattu avec nous en Erythrée, en Syrie,en Libye, en Tunisie et en Italie. Sur notre sol, après les combats d’Hyères et de Toulon, voilà qu’entrant à Lyon, nous y trouvons une troupe valeureuse qui en fait avait mené l’action essentielle pour en chasser les Allemands.

Il s’agissait d’un maquis parfaitement organisé, les Chambarans, venu du Dauphiné. Sa saga remonte à l’été 1940 : les noms des docteurs Valois et Carrier sont entrés dans l’Histoire. Au fil du temps, mené par les Mariotte,Valois, Morel, Taillade, Artiéres, et bien d’autres, ils ont fait face à des situations,inimaginables pour nous et rendues plus difficiles encore en raison des actions perpétrées par les infâmes miliciens.

A travers eux, nous découvrons la France profonde : entre les briscards, tant noirs que blancs de la D.F.L., et ces jeunes français, l’entente est parfaite, la fusion immédiate.

Emile Gauthier était de ces braves.

Le Général de Gaulle ne s’y est pas trompé, le 14 septembre à Lyon, en décorant de la Croix de Guerre avec palme le fanion des Chambarans et en faisant chevalier de la Légion d’Honneur, Marie-Jeanne Jacquier, figure emblématique des Chambarans.

Après Lyon ils vont être ré-équipés au sein de la D.F.L., tout en participant aux actions, avant d’être incorporés au B M 4 de la 2éme Brigade. Le chef de bataillon Buttin le commande ; il a désormais comme adjoint le chef de bataillon Mariotte, issu des Chambarans. Les anciens maquisards remplacent nos tirailleurs, peu aptes à tenir le froid qui arrive.

Emile Gauthier va participer aux combats pour la libération de Belfort, à ceux des Vosges qui amèneront à la difficile et meurtrière campagne d’Alsace, où sa compagnie s’illustre dans l’Illwald, enfin aux combats dans les Alpes du Sud, dans lesquels son unité mène le combat pour ouvrir le col de Tende.

Avec l’Amicale de la 1ère D.F.L., c’est un fidèle des cérémonies mémorielles rappelant les combats des Chambarans. Il y vient souvent avec sa famille : bel exemple de transmission du flambeau.

Emile Gauthier, nous garderons ta mémoire.

 Cel (h) P Robédat
 Ancien du BM4
 Président de l’Amicale de la 1ére D F L

Écrits

Mai 2011, OBENHEIM. Monsieur Emile Gauthier et son épouse ont fait le déplacement à Obenheim et à Strasbourg pour assister à la commémoration annuelle du BM 24 et au Congrès de l’Amicale de la DFL. Emile Gauthier est originaire de Lorraine et il nous rappelle dans un entretien à écouter ci-dessous, quelle fut la situation dès juillet 1940 en Alsace et en Moselle lorsque commença la germanisation de ces territoires : déplacements des populations francophones vers des départements français, incorporation en 1941 des classes 22 et 24 dans une organisation paramilitaire allemande, puis incorporation des mosellans dans l’armée Allemande. Nombre de ces incorporés de force connurent ensuite les camps russes dont celui de Tambov, particulièrement sinistre dont beaucoup ne revinrent pas.

Echappé de Lorraine en 1943, Emile Gauthier rejoint les maquis d’Oisans et des Chambaran avant d’intégrer avec ses camarades résistants la DFL, à Lyon en 1944. Il participera aux combats des Vosges, d’Alsace et de l’Authion.

A Saint Hippolyte, le 25 mai, il a déposé une gerbe à la stèle des 33 jeunes "Chambaran" du BM 4 tombés dans les combats pour la Défense de Strasbourg.

Emile Gauthier BM 4 évoquela germanisation de...

SAINT HIPPOLYTE

Le rappel des faits , extrait de notre chapitre sur l’historique du BM 4 :

"Le 18 janvier, le B.M. 4 est relevé par le B.M 21 et va vers le Sud, d’abord à KINTZHEIM , où il relève le 2e B.L.E, puis le 23, il se regroupe à Saint-Hippolyte, au pied du HAUT KOENIGSBOURG . Le lendemain, faisant face à l’Est, il borde la rive Ouest de l’ILL , à la corne Sud-Est de la forêt de l’ILLWALD de façon à contrôler les mouvements ennemis qui pourraient être masqués par elle. Le mouvement s’effectue sans encombre, trois prisonniers sont faits.

A 17h50, alors qu’il fait nuit noire, une intense fusillade éclate, les tirs d’arrêts partent mais la radio fonctionne mal, on ne peut les régler à la demande, et il n’est pas possible d’envoyer des renforts à l’aveuglette. Le crépitement des armes automatiques dure environ une heure, puis c’est le silence. De 20h30 à 23 heures, des éléments de la 2e Compagnie rejoignent isolément ou par petits groupes, le Capitaine arrive un des derniers. La Compagnie avait été brutalement submergée par une attaque d’environ trois Compagnies allemandes. Malgré une défense énergique, la 2e Compagnie avait été vaincue par le nombre et avait laissé sur le terrain la moitié de son effectif.

Le lendemain, les autres compagnies du bataillon s’installent sur la rive Ouest de l’ILL et aux lisières Sud de la Forêt de l’ILLWALD , tandis que la 2e Compagnie, réduite à deux sections, se reforme à Saint Hyppolyte".

En savoir plus

  • Lire également le IN MEMORIAM prononcé par Emile GAUTHIER lors des obsèques de son camarade Paul ROCCHI