GOUBIN Emmanuel

11/11/1913

Unité : TRAIN -101 ca

 

Français Libre

 

À propos

Lieu de naissance : glomel

Ralliement : liban (août-41)

 

Écrits

EMMANUEL GOUBIN, présenté par le général KOENIG dans ses Mémoires "Bir Hakeim" :

Les sous-officiers et les hommes de troupe furent pour la plupart évacués de Benghazi le 15 août après avoir vécu dans des conditions déplorables, rongés par la vermine et peu nourris. Embarqués sur le Nino-Bixio avec environ 7 000 prisonniers, ils furent torpillés le 17 à 4 heures de l’après-midi par un sous-marin anglais, à 40 km de la côte grecque. Au cours de ce torpillage, 400 Anglais furent tués et 140 volontaires français libres disparurent en mer. Les survivants furent dirigés sur la Grèce, où ils abordèrent au port de Pilos puis à Fatras, ensuite vers l’Italie. Durant ce trajet l’adjudant Goubin, de la 101e compagnie auto, qui était entré le 8 à l’aube à Bir-Hakeim avec un convoi de ravitaillement et avait été fait prisonnier au cours de la sortie après que son pick-up eut été mis hors d’usage, s’évada du train avec trois de nos amis, Duval, Martinet et Chancoin. En sautant du train, Martinet tomba malencontreusement sur la tête et resta évanoui. Chancoin se fractura la jambe. Le train stoppa, les buissons furent fouillés et au bout de trente heures de recherche, les évadés furent trouvés par un paysan grec qui les remit aux Italiens. Ils firent le trajet de Fatras à Bari, maltraités, insultés, menottes aux mains. Comme beaucoup de nos infortunés camarades, ils errèrent de camp en camp : Altamura, puis à Bergamo, le camp 62, où ils reçurent avec joie des colis de la Croix-Rouge britannique. Goubin déclara par la suite qu’ils mourraient de faim littéralement. Le 10 septembre 1943, Goubin et ses trois compagnons s’évadèrent comme beaucoup le firent à l’approche des Allemands, en profitant du désordre amené par le débarquement en Italie. Ils restèrent huit jours au milieu de formations de résistance italiennes qui s’étaient improvisées un peu partout. Le 22 janvier 1944, ils passèrent en Suisse où ils restèrent jusqu’au 8 août surveillés dans un camp militaire. Le 8 août ils traversèrent le col des Houches et gagnèrent la France. Ils s’engagèrent immédiatement dans une compagnie de FTP, la compagnie 93 A 16, cantonnée au Carroz. Ils participèrent le 17 août à la libération des Cluses puis en Savoie aux opérations d’Aiguebelle et de la Maurieiine. Ils furent témoins d’atrocités sans nom commises par les occupants. Après un séjour à l’hôpital au Carroz, Goubin, qui avait perdu ses trois camarades, fut envoyé le 6 octobre par avion d’Annecy en Angleterre, où il donna au BCRA les renseignements qu’il possédait.

Pour eux et comme pour beaucoup d’autres, la captivité fut insupportable et ils n’eurent de cesse de s’évader et de reprendre la lutte. Quelques-uns eurent la même chance que Goubin et se mêlèrent aux formations de résistance étrangères ou françaises. Le séjour dans des camps de prisonniers n’avait pas abattu leur ardeur et c’est pourquoi des exemples aussi exceptionnels doivent être rapportés. Ils donnent la vraie mesure de nos hommes."

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