GULIANA Georges

25/04/1915 - 04/01/2000

Grade : 1c

Unité : Transm

 

Français Libre

 

À propos

Profession : ouvrieartis

Ralliement : liban (août-42)

Date de décès : 04/01/2000

Mémoire : Dossier transmis en 2009 par son fils Philippe

 

Écrits

Georges GULIANA est le dernier fils d’une famille de réfugiés géorgiens qui, avec l’aide de la diplomatie française et de la congrégation des pères lazaristes, a pu fuir les troubles et les exactions des révolutionnaires bolcheviques qui sévirent de 1918 jusqu’en février 1921 dans la toute jeune république indépendante de Géorgie.

Ses parents issus de l’aristocratie ou de la bourgeoisie d’origine géorgienne ou russe, ont fuit Tiflis (Tbilissi) en Géorgie en transitant par Constantinople (Istanbul), tout comme la famille princière géorgienne de son compatriote le colonel Dimitri AMILAKVARI.

Son père David aurait été officier dans l’armée russe du tsar ou géorgienne. Sa mère Marie, de confession catholique chaldéenne parlait plusieurs langues dont le français, le chaldéen et l’araméen. Elle aurait une ascendance dynastique perse.

C’est sans doute à Constantinople, que son père contracta en 1920 un engagement dans le Bataillon Assyro-Chaldéen (1) qui était en cours de constitution pour rejoindre à Alexandrette la 4ième division des troupes du Levant (Liban - Syrie) sous les ordres du Général Gouraud.

Son père, vraisemblablement sous le commandement du capitaine Philibert Collet, futur français libre, fut grièvement blessé durant des combats contre les peuplades Druzes de Syrie en rébellion entre 1920 et 1923. Il décédera accidentellement en 1924 à Alexandrette des conséquences de ses blessures.

A la mort de son père en 1924, la famille GHILIANA (2) quitte Alexandrette et rejoint Beyrouth, où les enfants furent placés à l’orphelinat français tenu par des religieuses, les sœurs de la Charité. Ils reçurent instruction et formation pour se lancer dans une vie professionnelle.

En 1935, Georges GULIANA qui a fait des études dans les domaines de l’électricité et de la téléphonie rentre dans les télécommunications des troupes françaises à Radio Levant. Il participera au côté des techniciens français à l’installation des lignes, appareillages et centraux téléphoniques à Beyrouth puis dans tout le Liban.

En poste à Radio Levant avec quelques-uns de ses camarades, ils entendent le 18 juin 40 sur la BBC l’appel du Général De Gaulle. Affichant sa volonté de refuser la capitulation et de se rallier aux forces ne voulant pas déposer les armes, il est licencié sans indemnité le 22 juin 1940.

ll a relaté ces événements en ces termes :

...Le 18 juin 1940, je me trouvai de service à Radio Levant. Avec plusieurs de mes camarades nous entendîmes sur les ondes de Radio Londres une voix qui disait : Ici Londres, le général Charles De Gaulle vous parle .

Inutile de vous rappeler combien l’émotion était grande d’entendre une voix française exhorter les Français à la résistance et créer ainsi l’espoir de libération dans le cœur de tous ;

Le lendemain, nous apprenions la nouvelle à ceux de nos camarades de travail (soldats et fonctionnaires civils français) qui n’avaient pu entendre la voix de l’espérance. Quelques-uns parmi eux prirent conscience qu’on ne devait pas capituler, d’autres voulurent suivre la voie tracée par le Maréchal Pétain.

En peu de temps la discorde entraîna de sérieuses bagarres ;

Nous étions un petit nombre, partisans du Général de Gaulle et bientôt ce fût le drame : les soldats furent emprisonnés, les civils français mis en demeure de faire leur soumission et moi, n’étant pas de nationalité française, je fus licencié avec perte de tous mes droits comme titulaire au service de l’Etat français. Mon licenciement fut ordonné par le commandant BRIGOT, chef des services des Transmissions du Levant. ...

Alors que la perte de ma situation était pour moi une sévère punition et un sérieux handicap pour mon avenir, mon souci restait de me rendre utile à la France. Je cherchais à rejoindre les Forces Françaises Libres stationnées en Palestine mais me heurtais toujours à des obstacles.

6 mois environ après son licenciement, alors que sans occupation il désespère de faire quelque chose d’utile, il est contacté discrètement par un officier de renseignements qui lui propose de devenir agent au service de la France Libre. Il devait surveiller les mouvements des troupes, des navires, des chemins de fer et du matériel, ainsi que fournir des informations sur le réseau téléphonique du Liban.

C’est à l’occasion d’une de ces actions clandestines qu’il sera surpris par la gendarmerie alors qu’il était en train d’écouter des communications perché en haut d’un poteau téléphonique sur les lignes traversant la forêt de Broumanna.

Après une série d’interrogatoires musclés, mais infructueux, il sera emprisonné à Beyrouth. Avec l’aide d’amis libanais, il s’évadera et sera caché dans la montagne à Nabatier dans le sud Liban, jusqu’à l’arrivée des Forces Françaises Libres à partir de juillet 1941.

En novembre 1941, après la victoire des Français Libres sur les troupes de Vichy, il est réintégré par le Capitaine BADIN, officier FFL du 2e bureau prenant la direction des transmissions du Levant. De novembre 1941 à juillet 1942, il se chargera de la remise en état du réseau des télécommunications du Levant.

Le 1e août 1942, il s’engagera dans la 1e DFL et à partir de ce jour il participera aux campagnes de Libye, Tunisie, Italie et France, d’EI-Alamein jusqu’à l’Authion.

Il sera blessé 2 fois, en Afrique et en Italie (de mémoire).

Promu au grade de Caporal dans les FFL en Afrique, il sera dégradé en Italie pour avoir refusé à un officier de l’armée des ralliés après novembre 42 de prendre ... une garde au retour d’une mission de guerre.

Il a été décoré de la Médaille Militaire, Croix Guerre 39/45, Médaille de la France Libre, Médaille du combattant volontaire de la résistance, Médaille Coloniale - Tunisie et Médaille du Corps Expéditionnaire Français d’Italie).

Il a été démobilisé en juillet 1945,

II a été naturalisé français en août 1945.

Il est rentré à la radio de la RTF en 1948 et aux actualités télévisées de l’ORTF en 1963.

Il s’est marié le 7 octobre 1950 avec Mlle Anne-Marie CADEINE infirmière puis surveillante générale en kinésithérapie à l’assistance Publique de Paris et ils eurent 3 fils.


Notes

(1) Archives SHAT de Vincennes Carton Bataillon Assyro-Chaldéens note n 612/2 du 21e Bureau de l’Etat Major de la 41e Division. ...La famille de David GHILIANA composée de 1 femme et 4 enfants était munie d’un passeport régulier (ci-joint copie)...

(2) Les 2 transformations du nom de la famille GHILIANA : Au Liban le H devient U et le nom de famille, s’il reste conforme en phonétique, se transforme en GUILIANA. C’est dans les conséquences de la 21e guerre mondiale que Georges GUILIANA fils de réfugiés géorgiens devint Georges GULIANA, citoyen français par décret du Général de Gaulle le 20 Août 1945.

Fait à Paris le 6 décembre 2009, par Philippe GULIANA sur la base des témoignages écrits par Georges GULIANA, des souvenirs familiaux et des documents en possession de la famille.

Citations

Un épisode de la Campagne d’Italie en juillet 1944 à Montefiascone, par Gaston BRAUN (Transmissions)