HERRY Louis

07/10/1920 - 14/10/2012

Grade : souslieutenant

Unité : TRAIN -101 ca

 

Français Libre

 

À propos

Lieu de naissance : Cherbourg

Profession : etudiant

Ralliement : londres (juil.-40)

Date de décès : 14/10/2012

 

Écrits

14 octobre- LOUIS HERRY 1920-2012, un ancien de Bir Hakeim nous quitte

Nous venons d’apprendre le décès, dimanche 14 octobre, de Louis HERRY , ancien du 101eTrain, qui, basé à El Adem, délivrait vivres, eau et munitions aux troupes du général Koenig à Bir Hakeim. Le 7 juin 1942, il participait au dernier convoi qui a alimenté la position lors des combats. Il avait ensuite aidé à l’évacuation du camp dans la nuit du 11 juin.

Il s’était engagé en juin 1940 en quittant Lorient pour Londres quand il a entendu le discours de Pétain le 17 juin. Il était membre de la 1e DFL.

Résident au Chesnay, il avait participé par son témoignage à la brochure du 70e anniversaire de la bataille de Bir Hakeim.

A son épouse Marie-Renée, ses 5 enfants, ses 11 petits-enfants et ses 5 arrière-petits-enfants, nous présentons nos plus sincères condoléances.

Noël Murati

La cérémonie religieuse a eu lieu Lundi 22 octobre à 10h en l’Eglise Saint Germain Notre-Dame de la Résurrection, 2 avenue Albert Schweitzer, 78150 Le Chesnay.

Témoignage sur Bir Hakeim

Ce témoignage de Louis Herry a été recueilli à l’été 2012 par Pierre Saint Hillier et Marie-France Gonnord lors de la préparation de la plaquette des commémorations mai-juin 2012 du 70e anniversaire de Bir Hacheim. Louis Herry nous a hélas quittés le 14 octobre 2012.


Dans Bir Hacheim, il n’y avait que des formations de combat. Les Services et les Ateliers étaient importants car l’armement était entièrement français et nous ne pouvions pas compter sur l’assistance anglaise. Ils étaient positionnés en base arrière. La 101e Compagnie du Train des Equipages et le 22e BMNA assuraient la protection de l’ensemble sous les ordres du Commandant Savey. (Bernard Saint-Hillier)

" A 19 ans, élève au Prytanée de La Flèche, j’ai entendu le discours du Maréchal Pétain, annonçant l’armistice, j’ai rejoint ma mère. Je lui ai annoncé que je partais immédiatement rejoindre l’Armée anglaise.

En 1942, j’étais sergent dans le Train, sur un camion armé d’un affût de mitrailleuses lourdes anti-aériennes. Notre compagnie avait cinq camions anti-aériens et deux équipages anti-chars. Notre cantonnement était situé à El Adem, à 20 km de Bir Hacheim. Chaque approvisionnement consistait à aller à Tobrouk charger l’eau, les ravitaillements et les munitions. De retour au camp, cela faisait un circuit de plus de 150 km. Avant l’encerclement de Bir Hacheim, nous y allions tous les jours approvisionner les 3 700 hommes.

Chaque convoi était escorté d’un camion de défense anti aérienne car nous étions des cibles faciles pour l’aviation ennemie. Nous roulions de nuit, presque sans lumière, pour ne pas être repérés, sinon les convois auraient été mitraillés.

La vie était précaire mais les hommes étaient confiants ou fatalistes. On se tutoyait

tous, on courait tous les mêmes risques. On ne devenait pas clochard : on se lavait avec un mouchoir humide pour économiser nos 3 1/2 litres d’eau par jour et on avait un équipement de rechange que l’on ne touchait pas pour le garder propre. L’essentiel était de pouvoir boire du thé. On mangeait des rations : corned-beef, boîtes de haricots ou d’asperges. Il y avait des mouches et des araignées. On ne pensait qu’à notre mission. On était content de conduire. Je peux dire que nous étions tous animés de ce qu’on a dès lors appelé l’esprit Free French .

Un jour, j’ai accompagné Larminat en inspection au camp de Bir Hacheim. La 101e était chargée de sa protection car nous avions des mitrailleuses. Je suis resté près du PC de Koenig. C’était un trou de 2 mètres sur 3.

Une fois Bir Hacheim encerclé, nous n’avons plus pu ravitailler. Enfin, le 7 juin, deux convois ont pu entrer. L’un est revenu, le second est resté bloqué jusqu’à la sortie de vive force. Nous ignorions qu’elle allait avoir lieu, mais on s’en doutait. Le convoi qui n’avait pu ressortir a chargé des blessés pour les évacuer. J’étais dans le convoi qui a pu rejoindre sa base. Au moment de la sortie, la centaine de camions du 101e en attendaient les hommes, soldats et prisonniers, au lieu de rendez-vous signalé par un bidon rempli de sable et d’essence en flamme. Tout cela je l’ai gardé en souvenir, car nous étions avec les anglais qui nous avaient obligés à détruire toute trace écrite, tout carnet.

Louis HERRY 

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