Hommage aux anciens de la campagne d’Italie

Le 2 juin, de nombreux anciens d’Italie se sont retrouvés au ministère des Anciens combattants à l’invitation du secrétaire d’Etat, M. Kader ARIF, pour un hommage aux anciens de la campagne d’Italie.

L’ADFL était représentée par son Président, Noël MURATI et Madame Yvette BUTTIN-QUELEN, sa Secrétaire Générale, veuve de deux anciens, dont l’un fut aussi Compagnon de la Libération.

Le Ministre a prononcé un discours très applaudi :

Monsieur le Président du Souvenir Français,

Messieurs les Anciens Combattants du Corps Expéditionnaire Français en Italie,

Mesdames et Messieurs,

La France commémore cette année la Libération du territoire. Voilà 70 ans, des combattants venus de 4 coins du monde, d’outre-mer et des anciennes colonies rejoignaient les combattants métropolitains, avec ou sans uniforme, pour rendre à la France sa Liberté.

Vous le savez, plusieurs cérémonies leur rendent hommage. Mardi dernier, nous avons célébré l’esprit de Résistance qui a animé des milliers de femmes et d’hommes. Vendredi, nous adresserons un message de reconnaissance, de remerciement et d’amitié aux partenaires et amis, jadis pays alliés de la France.

C’est pourquoi, je tenais aujourd’hui, et par ce « qu’il ne peut y avoir ni ne doit avoir de mémoire perdue », comme l’a souhaité le Président de la République, à rendre un hommage solennel aux hommes qui se sont engagés dans la campagne d’Italie et qui participèrent à la Libération de l’Europe.

Cette bataille a en effet marqué une étape essentielle de la reconquête de l’Europe. Elle a marqué aussi la mémoire collective française puisqu’elle a vu s’illustrer le Corps Expéditionnaire Français du général Alphonse JUIN, dont les troupes avaient remporté de grands succès dans la campagne de Tunisie et en Corse.

La campagne d’Italie, c’est quoi ?

C’est le rassemblement des hommes de la 2ème division d’infanterie marocaine, de la 3ème division d’infanterie algérienne, de la 4ème division marocaine de montagne et de la 1ère division Française Libre ainsi que des goums marocains. Des hommes qui n’ont jamais cessé d’avoir foi en la France et en sa victoire.

C’est un peu plus de 7 mois de combats acharnés, de novembre 1943 à juillet 1944. Depuis la prise du Belvédère, qui voit tomber 1350 tirailleurs tunisiens, à la prise de Sienne en passant par la victoire du Garigliano, menée en 15 jours, la libération de Rome, dans la nuit du 4 au 5 juin 44, et les combats de Montecassino et de Radicofani.

La campagne d’Italie, ce sont des chefs valeureux. Le général de MONTSABERT, à la tête de la 3ème division d’infanterie algérienne, le colonel LAPPARA, à la tête du 4ème régiment de tirailleurs marocains, le colonel LINARES à la tête du 3ème régiment de tirailleurs algérien, le général GUILLAUME commandant les tabors marocains ou encore le chef de bataillon SAINT-HILLIER, chef d’état-major du général BROSSET commandant la 1ère Division de la France Libre.

La campagne d’Italie, c’est aussi le courage et le professionnalisme exemplaires des soldats qui feront déclarer au général américain CLARK, commandant la Vème Armée : « Ces soldats ont ajouté un nouveau chapitre d’épopée à l’histoire de la France. »

Alors que l’arrivée du général JUIN à Naples le 25 novembre 1943 passe inaperçue, le général ALEXANDER tient à l’accompagner à son départ d’Italie, le saluant jusqu’au complet décollage de l’avion. Car en 7 mois, le Corps Expéditionnaire Français en Italie avait forcé l’admiration des alliés et écrit une page glorieuse de l’histoire militaire de la France.

Le général JUIN dira : « L’armée d’Afrique venue combattre en Italie a marqué la renaissance des armées françaises. »

La campagne d’Italie, c’est aussi la fraternité des combattants américains, britanniques, polonais, français tous jetés dans ces combats difficiles. C’est enfin le sacrifice de près de 40 000 tués, blessés et disparus, vos camarades, vos frères d’armes.

Mais la campagne d’Italie, par l’héroïsme déployé de nos soldats, par le sang versé des combattants, par la volonté sans faille de leurs chefs, est surtout une page glorieuse de notre histoire militaire. Qui peut dire aujourd’hui ce qu’aurait été l’issue de la Seconde Guerre mondiale sans la campagne d’Italie ?

Aussi est-il nécessaire que nos enfants et petits-enfants connaissent cette histoire. Et je sais que vous vous y employez, tous et tout particulièrement vous, monsieur le Contrôleur Général des Armées DELBAUFFE.

Le Souvenir Français est aujourd’hui l’héritier de grandes associations, celle de Rhin et Danube, celle aussi du Corps Expéditionnaire Français en Italie. Dans un esprit de responsabilité et de solidarité, il a repris le flambeau en portant la mémoire de ses combattants. C’est ainsi que le Souvenir Français, aux côtés de la Ville de Paris, est à l’initiative de l’inauguration d’une plaque dédiée aux combattants du Garigliano.

A vous tous, messieurs les anciens du Corps Expéditionnaire Français en Italie, nous nous devons de rendre un hommage à la hauteur du rôle historique que vous avez joué et de l’esprit de sacrifice dont vous avez fait preuve.

Lors de la réception qui a suivi, le Ministre nous a informés qu’il avait obtenu, pour ceux qui n’avaient encore reçu aucune distinction, environ 1.500 Légions d’Honneur, qu’il remettra lors de la commémoration du 15 août.

Il souhaite donner un éclat particulier à cette commémoration en y invitant les Chefs d’ Etats Africains. Il envisage une réception sur le porte-avions Charles de Gaulle ainsi qu’une revue navale.

Ceux qui souhaiteraient assister à cette manifestation sont priés de nous le faire savoir dans les meilleurs délais, afin que nous puissions préparer les dossiers nécessaires, sachant qu’à partir du 15 juillet à début septembre, les bureaux de l’ADFL sont fermés.