J’étais un CUIRASSIER

Elie ROSSETTI

Enfin mon vieux, c’était alors l’occupation !

La FRANCE était vaincue, soumise et partagée, 
Depuis longtemps nul n’avait vu telle invasion 
Ni son armée battue, défaite et humiliée.

Quel âge avais-tu donc en ces années bien sombres 
Pour accepter vergogne et collaboration, 
Vivant comme un minable où bien caché dans l’ombre, 
Et supportant sans fin toutes ces privations.

Misérable tu étais devant ton impuissance, 
Tête courbée, versant des pleurs de désespoir, 
Bafoué, avili, amère déchéance, 
Ayant perdu l’honneur et n’ayant plus d’espoir.

Réveille toi ami, réponds à mes questions 
Car de toi j’ai pitié et me voila déçu, 
Pourquoi avoir subi crimes et déportations, 
Et pleurer aujourd’hui tant de parents perdus.

Hélas bien sûr, devant la honte et la défaite 
J’ai souffert en mon âme et mon cœur et mon corps, 
Tu dis vrai mais vois-tu, je n’ai baissé la tête, 
Car j’étais patriote et j’étais au Vercors.

Tu étais au Vercors ! alors je suis ému, 
Si j’ai douté de toi, de ta vie exemplaire, 
Je suis heureux bien sûr car cela est connu, 
Tu reviens d’un pays aux héros légendaires.

Je me souviens c’est vrai, de ce pays martyr 
Où tous se sont battus contre la barbarie, 
En luttant et souffrant jusqu’au dernier soupir 
Dans de combats sanglants, mourant dans l’agonie.

Du prestigieux Vercors d’où est parti l’honneur 
Le combattant meurtri a pansé ses blessures, 
A chassé l’ennemi et toutes ses horreurs, 
Repoussant à jamais sa hargne et ses morsures.

De là, je suis parti pour délivrer Romans, 
Et puis ce fût Lyon, les Vosges et l’Alsace, 
En retrouvant la FRANCE et les fleurs de ses champs, 
Dans ma Patrie vengée, j’ai retrouvé ma place.

Tu servis sans contrainte, glorieux patriotisme, 
Vivant des journées dures, des moments d’héroïsme, 
Qui étais-tu alors Spartiate au cœur altier, 
Mais non écoute bien J’étais un Cuirassier.

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