L’ALSACE- La bataille pour Colmar (L’épopée... )

La Bataille pour Strasbourg n’est pas encore terminée que la Division reçoit l’ordre d’étudier et de préparer une action offensive à exécuter au sud de SELESTAT, en direction de MARCKOLSHEIM, pont de SASBACH, ayant pour but, en liaison avec la 3e DIUS de participer à la bataille d’ensemble que la Ie Armée française compte déclencher à la fin de janvier pour réduire la poche de COLMAR et rejeter à l’Est du Rhin toutes les forces allemandes qui occupent encore la plaine d’Alsace au Sud de Strasbourg.

La zone dans laquelle la 1e DFL doit attaquer d’Ouest en Est est coupée du Nord au Sud par une série de cours d’eau ( ILL, NEUGRABEN, BENNWASSER, BLIND, Canal du Rhône au Rhin – et parsemée de forêts ( Illwald) et de bois orientés perpendiculairement à la direction de marche qui certainement ont été mis à profit par l’ennemi pour y échelonner ses lignes successives de résistance.

Il n’a évidemment pas échappé au commandement que cette région est particulièrement favorable au défenseur qui de plus a tout loisir de l’organiser ; cependant l’action de la Division, menée dans le cadre du 2e Corps d’armée, dont l’objectif est NEUF-BRISACH , devra coûte que coûte et malgré les grandes difficultés de terrain se développer dans le compartiment SELESTAT-HILLAEUSERN , au sud de la route Sélestat- Marckolsheim.

Le plan général de la Ie Armée pour la réduction de la poche de COLMAR comporte deux attaques convergentes sur NEUF-BRISACH , celle du 1e Corps d’Armée au Sud et celle du 2e Corps d’armée au Nord ; entre ces deux Corps d’armée la 28e Division d’infanterie des Etats-Unis, la 10e Division d’infanterie et des éléments divers fixeront les forces ennemies dans les Vosges et se tiendront prêts à les talonner en cas de repli.

Le 2e Corps d’Armée, qui mène l’action du Nord, attaque initialement avec la 3e DIUS au sud, la 2e DFL au nord ; derrière ces deux divisions la 5e DB exploitera vers le sud tandis que la 2e DB rassemblée dans la région d’ERBSHEIM prendra à son compte le nettoyage du triangle KRAFT-SELESTAT-MARCKOLSHEIM, puis poussera ses blindés entre Rhin et canal en direction de NEUF-BRISACH .

L’attaque du 1e Corps d’armée doit se déclencher par surprise trois jours avant celle du 2e Corps.

Les mouvements de mise en place de la Division s’effectuent du 16 au 20 janvier et sont précédés de la relève des éléments en ligne de KRAFT à KOGENHEIM par la 3e DIA. La 4e Brigade relève la 2e Brigade sur le front EBERSMUNSTER-SELESTAT .

La 1e Brigade prend position à GERGHEIM et RORSCHWIHR , la 2e Brigade dans la région de SAINT HIPPOLYTE-ORSCHWILLER .

L’obligation de maintenir la 4e Brigade à la disposition du général LECLERC , commandant le secteur RHIN-SELESTAT , impose de mener l’opération sur MARCKOLSHEIM avec deux brigades seulement, ce qui, une fois la bataille engagée, rendra presque impossible toute relève ou dépassement, en une saison où le froid sévit durement, où le sol est recouvert d’une épaisse couche de neige, dans une zone basse et marécageuse, pauvre en villages et en abris naturels ; il faut donc pour réussir que l’affaire soit menée très vite et d’un seul élan assure au moins la possession de la ligne de villages à l’ouest du canal du Rhône au Rhin, OHNENHEIM, ELSENHEIM, GRUSENHEIM .

C’est pour ces raisons que le général commandant la Division, dans son ordre général n°6 du 4 janvier, définit comme suit son idée de manœuvre :

La 1e DFL sera renforcée d’un combat-command de la 2e DB, de 4 groupes de 105 et de 2 groupes de 155.

L’attaque sera menée par le RCT 1, au sud, le RCT 2 au nord, dont les missions de composition sont :

D’après les renseignements que l’on a pu avoir sur l’ennemi, celui-ci oppose sur le front d’attaque de la Division :

► Cinq bataillons d’infanterie et un bataillon de pionniers ( dans l’ILLWALD ), apurés par des détachements blindés disposant de Horniss, de Jagdpanthers et de quelques chars modernes. De trois à cinq groupes d’artillerie peuvent intervenir dans le secteur d’attaque de la Division.

Au moment où va s’engager la bataille pour COLMAR, la 1ere D.F.L, et son cas n’est pas unique, est loin d’avoir la valeur combative qu’elle avait au 19 novembre, lorsque d’un seul bond elle s’emparait en quelques jours de Champagney, de Giromagny et de Rougemont le Château. C’est qu’en effet depuis cette date, les pertes se sont accumulées : 1 600 dans les Vosges, 1 700 pendant les combats défensifs du début de janvier, et chaque jour creuse de nouveaux trous.

Dans le même temps, la crise d’habillement est très grave. Les chaussures sont en mauvais état. Les effets chauds manquent, et pour livrer u dur combat en plein hiver, dans la neige, le froid et l’humidité, les équipements spéciaux sont en quantité infime.

3 300, tel est le chiffre total des déficits non comblés depuis novembre 1944, puisque la Division n’a reçu aucun renfort. Et ces déficits portent évidemment sur l’infanterie, et en tout premier lieu sur les compagnies de voltigeurs, dont l’effectif variera au moment de l’attaque de 70 à 100 combattants.

Les pertes en cadres ont été lourdes. Elles se feront sentir d’autant plus durement qu’elles ont affecté les plus expérimentés et les plus ardents.

C’est donc une division réduite à deux régiments d’infanterie fatigués, usés, mal habillés, manquant de cadres à qui l’on va demander de se surpasser dans un effort vraiment surhumain. Tout un chacun a cependant compris l’enjeu des prochains combats et la haute qualité du moral compensera les déficiences matérielles.

Le 1Corps d’Armée, dont l’action s’est déclenchée le 20 janvier, n’a pas encore pu, malgré les succès du premier jour, obtenir les résultats décisifs escomptés lorsque l e 23 janvier à 7h30 la 1e DFL attaque à son tour, après que la 3Division d’infanterie américaine, par une opération de nuit, ait pris OSTHEIM et complètement nettoyé la forêt communale de COLMAR .

Sur tout le front de la Division, la progression est rendue très difficile par la présence de nombreuses mines dont beaucoup indétectables.

Le franchissement des cours d’eau à gué ou en canot pneumatique ralentit encore la marche et en plusieurs endroits on se heurte à des postes ennemis installés sous rondins.

Malgré une coupure profonde et les résistances du bois nord-ouest d’I LLHAEUSERN, ce village est rapidement occupé et permet le passage des jeeps ; le 1 BLE continue sur ELSENHEIM , mais doit refluer devant une contre attaque de chars venant du nord du bois d’ ELSENHEIM .

L’ennemi se cramponne aux lisères nord et nors-est d’ ILLHAEUSERN , mais le cimetière est pris par une lutte terrible pour l’ennemi. Le moulin du Ried par contre résiste aux assauts.

Au Nord, le BM 5 franchit l ’ILL au nord de la cote 176, puis le NEUGRABEN, et le BENWASSER . Le 22 BMNA occupe la maison forestière Junghurst, franchit l’ILL à son tour et entreprend le nettoyage de la forêt GEMEINMARK où l’adversaire, installé dans des abris sous rondins, résiste vigoureusement. Vers le milieu de la nuit, le flanc-garde nord du BM 5 est rétabli le long de l’ ILLWALD .

Pendant toute la journée les mortiers et l’artillerie ennemis ont exécuté de nombreux tirs sur le BENWASSER et ILLHAEUSERN .

Le génie travaille activement au rétablissement des passages sur les cours d’eau. Les ponts de l’ILL sont aménagés pour les blindés. Sur la droite, la 3Division américaine a progressé jusqu’à RIEDWIHR , mais, contre-attaquée, a dû se replier sur l’ILL et l’ORCHBACH.

Dans la journée du 24, le 2e BLE, qui a dépassé le 1e BLE s’empare du moulin du Ried ; il est arrêté par des chars et des automoteurs ennemis dans la partie Ouest du bois d’ELSENHEIM.

Le BM 11 occupe le bois d’ERLEN.

Le BM 5 s’installe sur la zone est du BENNWASSER et de l’OBERRIEDGRABEN , le 22e BNA , avec des T.D. du 8e RCA nettoie le bois et la maison de GEMEINMARK , franchit le NEUGRABEN et atteint le BENNWASSER .

En fin de journée du 24, les premières identifications de prisonniers permettent de confirmer la présence :

Il est donc certain que l’ennemi se défendra avec l’énergie du désespoir et veut à tout prix maintenir ses positions à l’ouest du canal du Rhône au Rhin et au nord du canal de Colmar.

Le 2e Corps d’armée donne alors l’ordre de concentrer tous les moyens de la Division pour forcer le passage d’ILLHAEUSERN à ELSENHEIM tout en maintenant le contact au nord.

En conséquence, le Général commandant la Division décide de passer en force sur ELSENHEIM et GRUSSENHEIM avec le combat-command du RCT 1 pendant que le reste du RCT 1 poursuivra son effort en direction des bois de WUSTMATTEN .

Le RCT 2 contineuera son infiltration vers le bois du SPECK et le nord du bois d’OHNENHEIM.

Le 25 janvier, les 2e et 3e BLE attaquent le bois d’ELSENHEIM. Ils sont arrêtés par une contre-attaque de blindés et immobilisés par les feux de quatre chars ou automoteurs qui se trouvent en lisière nord de ce bois. Les tirs de l’artillerie ennemie sont très meurtriers.

Le combat-command de la 2e DB ne peut déboucher sur l’ ILLHAEUSERN .

Echec également au nord, où le 22e BNA et le BM 4 doivent, après quelques progrès, se replier sur leur position de départ.

Dans le secteur de la 3e DIUS, le CC 6, après un difficile franchissement du RIEDBRUNNEN à LINDENMATTE , parvient au moulin de JEBSHEIM que la 256e Division américaine occupe malgré une forte opposition d’infanterie et de chars.

On mesurera la dureté des combats de cette journée au chiffre des pertes subies par la 1e DFL : 40 tués, 122 blessés, 88 évacués pour pieds gelés, 70 disparus, soit près de 10 % de l’effectif combattant. A cette cadence, il faut en finir vite si l’on ne veut pas que du côté des assaillants, le combat cesse, faute de combattants.

Le général décide pour le lendemain de trouer par le sud la résistance d’ ELSENHEIM , en passant par le secteur de la 3e Division américaine, et en liaison avec une action frontale du RCT 1, de nettoyer le bois d’ ELSENHEIM et de préparer une action vers GRUSSENHEIM .

Un sous-groupe du Groupement tactique Vézinet renforcé d’un peloton du tanks-destroyers du 8e RCA. est chargé de l’action de débordement. Cette opération bénéficiera par priorité de l’appui de l’A.L.C.A.

Les mouvements commencent dans la nuit du 25 au 26 janvier et à 12h30 le sous-groupement de chars parvient à s’emparer du carrefour 177 après une sévère explication avec les blindés et antichars allemands qui se trouvent au sud du bois d’ ELSENHEIM.

Le 3e BLE , qui a attaqué dans les bois d’ELSEINHEIM, est arrêté par une violente résistance d’infanterie enterrée et des chars.

Au nord, l’ennemi tient solidement le bois est de l’ OBETNITTLENGRABEN , le nord-ouest du bois de SPECK et le bois d’OHNENHEIM dont nous n’arrivons à le déloger en aucun point.

Le 27 au matin, le 3e BLE, continuant son effort dans le bois d’ ELSENHEIM , parviendra à opérer la liaison avec le sous-groupement de la 2e DB qui atteindra la partie est et les lisières nord du bois d’ELSENHEIM ; nos blindés réduisent le point d’appui au sud-est de WUSTMATTEN .

Simultanément, un deuxième sous-groupement et le 1e BLE poussent sur GRUSSENHEIM ; manoeuvrant largement par le nord, ils parviennent à établir une tête de pont sur le BLIND .

Devant la 3e Division américaine, la résistance ennemie semble faiblir quelque peu ; le 150e Régiment d’infanterie et le Combat-command 6 avancent vers le canal du Rhône a Rhin tandis que les autres éléments de la 3e Division américaine occupent JEBSHEIM sans procéder à son nettoyage complet. Mais l’ennemi se ressaisit et contre-attaquant vigoureusement oblige les Américains à abandonner le village et leur inflige de lourdes pertes.

C’est dans la journée du 28 que la bataille atteint son point culminant. Les bataillons d’infanterie mènent depuis six jours des combats épuisants dans la neige et le froid. Les évacuations pour pieds gelés continuent à un rythme inquiétant et la Division n’a aucun réserve fraîche disponible.

Il faut donc à tout prix arracher la décision au plus tôt et rompre la ligne des points forts ennemis. Il semble que chacun, du plus petit au plus grand, l’ait compris, et l’on peut dire sans exagération que les troupes engagées dépasseront dans les prochains jours les limites de la résistance humaine.

Le 3e BLE et le sous groupement de la 2e DB nettoient respectivement les bois d’ELSENHEIM et de WUSTMATTEN . Mais l’opération principale de la journée se déroule autour de GRUSSENHEIM.

Le 1e BLE et le 2e sous-groupement arrêtent dès le matin une puissante contre-attaque ennemie sur le passage du BLIND ; le tir de l’artillerie allemande nous cause des pertes très sérieuses et le pont de la rivière est rendu impraticable par un tank-destroyer en flammes.

Les blindés, profitant de l’action menée par la 3e Division américaine sur JEBSHEIM, débordent alors GRUSSENHEIM et y pénètrent par le sud, tandis que le 1e BLE, au prix de durs combats dans les vergers, y entre par le nord-ouest.

Le village de GRUSSENHEIM défendu avec acharnement doit être nettoyé maison par maison, puis conservé en dépit d’une très violente contre-attaque ennemie débouchant d’ ELSENHEIM et fortement appuyée par des chars. La réaction ennemie est stoppée grâce au concours des tirs puissants d’artillerie.

L’ennemi laisse sur le terrain deux chars Panther , deux auto-moteurs et deus engins chenillés, mais les pertes du côté français ont été trop sévères : le sous-groupement blindé a perdu 164 hommes, dont 14 officiers.

Le colonel PUTZ , figure légendaire de la Division Leclerc, termine son aventureuse carrière de guerrier sans peur et sans reproche devant le village qu’il a conquis.

Le 1e BLE et le Génie ont perdu une centaine d’hommes dont 8 officiers.

Sur la droite, JEBSHEIM est repris et nettoyé définitivement par la 3e Division américaine appuyée par le Combat command 6 et un bataillon du 1e Régiment de parachutistes après une résistance farouche des défenseurs.

Dans son ordre général exécutif à l’entrée en ligne du 21e Corps d’armée américain, le général commandant le 2e Corps d’armée indique que l’offensive se développe favorablement malgré les conditions atmosphériques particulièrement mauvaises et la résistance acharnée d’un ennemi qui se défend pied à pied, contre-attaquant sans répit et que les Allemands, ayant engagé toutes leurs disponibilités et subi de lourdes pertes en hommes et en blindés, donnent des signes d’épuisement.

La Division doit poursuivre son effort avec le maximum de vigueur et de rapidité vers MARCKOLSHEIM et SASBACH .

Il est alors décidé de faire dépasser les éléments engagés de la 1e Brigade par la 4e Brigade, qui aura pour mission de s’emparer d’ ELSENHEIM et d’ OHNENHEIM en coopération avec le groupement tactique Vézinet. L’artillerie divisionnaire en totalité appuiera cette action.

Dès l’occupation d’ ELSENHEIM le 1e Régiment de fusiliers marins poussera ses reconnaissances sur MARCKOLSHEIM et s’efforcera de s’emparer des passages sur le canal…

La journée du 29 janvier est occupée par le rassemblement de la 2e DB et les mouvements nécessaires pour préparer l’ entrée en ligne de la 4e Brigade, tandis que l’ennemi contre-attaque à nouveau avec de l’infanterie et des chars sur GRUSSENHEIM .

Sur le front de la 3e Division américaine, le Combat-command 6 et les Américains repoussent une contre-attaque avec chars à l’est et au nord de JEBSHEIM .

L’ordre d’opération n°13 du général commandant la 1e DFL :

Le 30 au matin , le 1e RFM et le 22e BNA occupent la plus grande partie du bois d’ OHNENHEIM malgré une vive résistance. Le BM 21 et un sous-groupement blindé dès leur mise en place sont violemment pris à partie par l’artillerie ennemie. Le nord de WUSTMATTEN est occupé, mais le débouché est difficile au sud, où l’ennemi, sous rondins, oppose une forte résistance ; avec le concours du 3e BLE et du BM 11, le BM 21 arrive cependant à border la BLIND dans WUSTMATTEN .

Il reste encore à nettoyer le nord du bois d’OHNENHEIM et le SPECK ainsi que WUSTAMATEN . Il faut aussi s’emparer du moulin d’ELSENHEIM et du village d’OHNENHEIM. De ces tâches seront chargés, le 31 janvier, le 22e BNA, le 1e RFM, le BM 21 et le sous groupement 1 de la 2e DB.

De bonne heure le 31 janvier des patrouilles trouvent le Speck et les lisères sud de l’ ILLWALD inoccupés.

Le 1e RFM progressant par le moulin d’OHNENHEIM , occupe le village et se saisit d’ HEIDOLSHEIM .

Simultanément, les blindés et le BM 21 occupent ELSENHEIM .

Les patrouilles du 1e RFM reconnaissent le pont, sur le canal du Rhône au Rhin, mais rencontrant une vive résistance doivent se replier.

Peu après, soutenu par des éléments du BM 21, un escadron de reconnaissance du 1e RFM parvient à s’emparer par surprise de ce passage et pénètre dans MARCKOLSHEIM , où de nombreux prisonniers sont capturés.

Des documents de la plus haute importance sont pris sur un officier d’état-major allemand tué au volant de sa voiture au moment où, venant d’ AUTZENHEIM et croyant Marckolsheim encore occupé par les troupes allemandes, il pénétrait dans le village.

Ces documents donnent l’ordre de bataille et le plan de regroupement et de défense des forces allemandes autour de NEUF BRISACH . Ils sont aussitôt communiqués au 2e Corps d’armée et à la 3e Division américiane.

Sur la gauche, les Tabors arrivent à proximité de MUTTERHOLTZ et d’ HILSENHEIM . Sur la droite, la 5e DB livre de durs combats à DURRENENTZEN .

Le 1e février, des éléments de reconnaissance du 1e RFM , malgré l’abondance des mines, réalisent la liaison avec la 2e DB à SUNDHOUSE ;

d’autres éléments du 1e RFM , avec les éléments de la 2e DB malgré de durs accrochages, en particulier à l’auberge Sponeck, poussent jusqu’au pont de SASBACH, sur le Rhin, et jusqu’à la cote 182 ; enfin, le gros du 1e RFM , surmontant toutes les résistances rencontrées, parvient aux lisières ouest d’ ARTZENHEIM et de concert avec les blindés s’empare du village, puis réalise la liaison avec le 254e Régiment d’infanterie américaine.

Le BIMP, appuyé par des tanks-destroyers du 8e RCA, nettoie le nord du bois de la Hardt et s’installe à ARTZENHEIM .

Au soir du 1e février, la 1e DFL a sur tout son front atteint le RHIN. Sa mission est remplie.

Ses pertes, qui s’élèvent à 220 tués, 1240 blessés, 96 disparus, 550 pieds gelés, ajoutées au déficit existant à la veille de l’attaque, portent à 5 336 le total des vides creusés dans ses rangs et non comblés. C’est donc une Division saignée à blanc, à bout de forces, dont les régiments d’infanterie n’atteignent pas 40% de leur effectif et dont les compagnies de voltigeurs sont réduites à 30 ou 40 hommes qui sera parvenue, dans les conditions matérielles et atmosphériques les plus défavorables, à franchir tous les obstacles naturels, à surmonter toutes les embûches du froid, de la neige et de l’eau et à vaincre un ennemi solidement organisé, contre-attaquant sans cesse avec énergie et efficacité et se faisant tuer sur place plutôt que de reculer.

EN SAVOIR PLUS

"L’inoubliable 1e DFL "Texte d’un reportage de Pierre Jarry, radiodiffusé en février 45 sur les combats alsaciens de la 1e DFL.

Bibliographie

La bataille d’Obenheim 4-11 janvier 1945, Strasbourg, Le Verger Editeur, 2004

 
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