LANGLOIS Xavier

23/08/1911

Grade : commandant

Unité : BM XI (Bm 24)

 

Français Libre

Voir ses décorations

  • Officier de la Légion d’Honneur
  • Compagnon de la Libération
  • Croix de Guerre 1939-1945
 

À propos

Lieu de naissance : relecq kerhuon

Profession : militaire

Ralliement : aef (août-40)

Lien compagnons

Mort pour la France

Lieu de décès : ?

 

Écrits

Xavier Langlois est né le 24 août 1911 au Relecq- Kerhuon dans le Finistère. Son père, officier de marine, est mort pour la France en 1917.

Il fait ses études au lycée de Brest puis au Prytanée militaire en 1928. Il prépare ensuite l’Ecole navale où il se présente, ainsi qu’à Saint-Cyr, en 1931. Reçu aux deux concours, il choisit Saint-Cyr (promotion Tafilalet) d’où il sort sous-lieutenant.

Ayant choisit l’infanterie coloniale, Xavier Langlois sert d’abord comme lieutenant dans un Régiment de Tirailleurs sénégalais à Toulon avant d’être affecté en Afrique, au Dahomey.

De 1935 à 1937, il commande un groupe méhariste au Niger puis, après un retour d’un an en métropole, il repart, en juillet 1938, commander un nouveau groupe

méhariste au Tchad. C’est là que le surprend l’armistice de juin 1940.

Dès le mois d’août 1940 il rallie les Forces françaises libres, entraînant avec lui son poste et par son exemple, d’autres postes. Affecté au Bataillon de Marche n°1 (BM 1), il prend, dès mars 1941, le commandement d’une compagnie.

Il participe à la campagne de Syrie au cours de laquelle il est blessé par balle.

A l’automne 1941, il reçoit pour mission de former un nouveau bataillon, le Bataillon de Marche n°11 (BM 11), qu’il ne quittera plus.

En avril 1942 le capitaine Langlois cède provisoirement au commandant Bavière le

commandement du BM 11 qui est alors dirigé vers l’Egypte et reçoit, en mai 1942, l’ordre de tenir un poste avancé en Libye, à Djeraboub, à 100 kilomètres au sud de Bir-Hakeim.

Au mois de juin, alors que la bataille fait rage à Bir-Hakeim, une partie du BM 11, sous les ordres de Xavier Langlois, se lance dans une équipée de 400 kilomètres en direction du poste italien de N’Djalo. Revenant sur ordre, le bataillon quitte Djeraboub le 28 juin et doit se replier sur Le Caire à travers la dépression de Qattara, réputée infranchissable. Au début du mois de juillet, l’unité se présente néanmoins au complet à l’Etat-major.

Le commandant Langlois qui a repris la tête du BM 11 remonte rapidement en première ligne avec ses hommes pour assurer la défense rapprochée du Caire puis d’Alexandrie ; il combat ensuite à El Alamein puis participe, au printemps 1943, à la campagne de Tunisie à la suite de laquelle il est cité à l’ordre de l’Armée.

En avril 1944, après s’être réarmé et réorganisé, le BM 11 s’embarque pour l’Italie avec l’ensemble de la 1e Division française libre. Au Garigliano, Xavier Langlois est de nouveau

blessé, par éclat de mortier. Il quitte l’hôpital avant guérison pour reprendre sa place à la tête de son unité. A Bagno-Reggio, il conduit ses hommes à l’attaque d’une importante position ennemie, atteignant ses objectifs d’un seul élan et conservant le terrain conquis en dépit des violentes réactions adverses.

En août 1944, il débarque en Provence et se bat à Toulon, remonte la vallée du Rhône et de la Saône jusqu’à la région de Belfort et du Ballon d’Alsace. La résistance allemande se durcit.

Le 23 novembre au matin, un officier du BM 11 est fait prisonnier au cours d’une liaison.

Lorsque, l’après-midi même, Xavier Langlois apprend que le prisonnier se trouverait dans une ferme isolée avec quelques gardiens, il décide de partir immédiatement avec le peu de personnel disponible qu’il a autour de lui. Arrivé à la ferme de Fennematte près de Giromagny, le groupe se heurte à une forte résistance ; les pertes sont sévères : parmi elles, on relève le lendemain le corps du commandant Langlois.

Il est inhumé à la Nécropole nationale de Rougemont dans le Doubs.

Officier de la Légion d’Honneur

Compagnon de la Libération - décret du 4 juillet 1944

Croix de Guerre 39/45

Source : Biographie de l’Ordre de la Libération


Cette nuit du 23 au 24 novembre 1944 nous parut encore désespérément froide et humide à nous autres, garçons du B.M XI. qui venions d’apprendre la mort du commandant LANGLOIS.

Bien sûr, ça devait arriver : mais nous étions tellement habitués, après chaque baroud, à entendre raconter sur lui les plus étonnantes histoires, que nous n’arrivions pas à prendre que la chance du guerrier ait pu l’abandonner un instant.

Breton, né à Belecq-Kerluen (Finistère) le 24 août 1911, Brution, (promotion du Tafilalet 1931-1933) méhariste, Xavier LANGLOIS, commandait en 1940, le poste de Adre.

Ralliement immédiat évidemment. Le B.M. 1 parti de Brazzaville en février 1941 (trop tard malheureusement) pour s’en aller combattre l’Italien quelque part en Erythrée ou en Ethiopie, le prenait à son passage à Abéché, et le commandant DELANGE lui confiait le commandement de la compagnie d’accompagnement.

Juin 1941, campagne de Syrie.  Le B.M. 1 fonce, prend le djebel Maani, le djebel Kelb devant Damas et s’y cramponne, au cours d’une contre-attaque vichyste, le capitaine Langlois reçoit une balle dans le ventre mais, première manifestation de la baraka, s’en tire avec une quinzaine de jours d’hôpital.

En Syrie, il est chargé de créer, de faire le B.M. XI. Il travaille énormément, - nous aussi - sa puissance de travail est extraordinaire. Pas toujours commode, notre chef de Bataillon, aux flambées de colère légendaires, mais il était impossible de ne pas le suivre partout, n’importe où ; nous avons constamment fait bloc derrière lui car nous étions sûrs de lui comme il était sûr de nous. (De 1941 à 1944, un seul d’entre nous décrocha du bataillon : six mois après son départ, le camarade égaré dans une autre unité, nous inondait de lettres désespérées.)

Le capitaine LANGLOIS eut quelques accrochages avec les autorités supérieures et c’est à une erreur judiciaire (opinion du B.M. XI – Vox populi) que le B.M. XI eut la chance de partir à Djaraboub, oasis perdue aux confins Egypte-Libye, sous le commandement du chef de bataillon Bavière.

LANGLOIS le méhariste retrouvait le désert et nous menait en patrouilles lointaines qu’il dirigeait du haut de son pick-up, jamais las de contempler de ses yeux étonnamment bleus les mêmes paysages inhumains et si attrayants. Il aurait bien voulu nous faire prendre Djalo mais Rommel était déjà à Tobrouk.

Et avec BAVIERE il ramena le B.M XI au Caire, démontrant ainsi à l’état-major britannique que la dépression de Kattara n’était pas un obstacle pour gens décidés.

Le Caire,  défenses sur le canal, comme distraction : palabres avec les autorités égyptiennes ; départ au kilomètre 68 de la route du Caire à Alexandrie puis à Amriya ; déplacements continuels sur le front, nous ne restions en position que le temps de faire quelques patrouilles et s’il y participait c’est qu’elle était dangereuse. Novembre 1942, c’est au cours d’une de ces patrouilles qu’une balle lui éraflait le visage et une autre lui arrachait de l’épaule ses galons.

Attente à Marsa-Matruh et Tobrouk  : il n’arrêtait pas de fignoler son bataillon comme le colonel Brosset fignolait sa brigade. Chaque unité à l’exercice recevait sa visite et si le chef de section de Brenn Carrier, antichars, mortiers ou fusiliers n’en ressentait pas une joie sans mélange, c’est que le capitaine Langlois lui démontrait toujours qu’il pouvait et devait faire mieux.

Pendant la courte bagarre de Tunisie  , il démontrait, cette fois-ci à une section aplatie sous un magnifique tir de barrage de nuit, que les Italiens étaient même chose à rien : cinq minutes après nous étions tous debout comme lui à admirer les traceuses de tout calibre qui allaient se perdre au loin.

Premier coup dur pour le bataillon, le départ des vieux tirailleurs en permission ; ils ne purent jamais réintégrer le B.M. XI et regrettèrent sûrement leur commandant qui n’avait jamais peur et s’inquiétait toujours de leur bien-être. Lui ne les vit pas partir sans regrets car il en avait fait de bons guerriers et il n’avait plus le temps de transformer les nouveaux - peut-être pleins de bonne volonté mais sans instruction militaire sérieuse - en rudes combattants.

Quand même, c’est un bon bataillon, très digne de la division Brosset, qui vint relever le B.I.M.P devant Casa Chiaia. Il y eut de sérieux dégâts. Mais que le commandant LANGLOIS n’ait été blessé qu’après sept jours d’allées et venues continuelles entre ses compagnies (il arrivait chaque fois que ça allait mal et c’était souvent) est absolument extraordinaire. C’est loin du bataillon du reste, qu’il fut touché d’un éclat de mortier alors qu’il venait d’établir avec un ou deux groupes de combat, une tête de pont sur le Liri.

Exploit qui lui valut, si l’on en croit la petite histoire, un sérieux rappel à plus de modération. Que voulez-vous, la devise du B.M. XI était 89, pas de mollesse et notre commandant tenait peut-être à nous prouver que les graffiti, du genre un marsouin marié perd 75% de sa valeur inscrits sur les murs du bar de Nabeul à l’occasion de son mariage, ne pouvait s’appliquer à lui.

Cavalaire, Toulon.  Arrêt de la poursuite faute d’essence ; il profitait de nos loisirs forcés pour nous renseigner clairement sur la situation intérieure du pays, en des causeries amicales qui nous rapprochaient un peu plus de lui.

Peut-être n’a-t-il jamais travaillé autant que septembre à novembre 1944 faute d’effectifs et surtout de munitions aucune action d’ensemble ne pouvait être tentée ; les compagnies dispersées livraient chacune leur baroud (et il était de tous les barouds) : Myoffans, Lomontot, Granges-la-ville, on allait tenir des positions assez mal définies et sûrement des plus inconfortables.

Les tirailleurs fourbus furent remplacés par des jeunes gars de France, volontaires arrivés individuellement ou en bloc comme le bataillon du Morvan. Vite, toujours plus vite, il fallut les habiller et renvoyer les uns, équiper les autres, organiser les nouvelles unités.

Immédiatement les jeunes avaient compris le commandant Langlois et le suivaient avec la confiance absolue que nous, ses vieux garçons, lui témoignions.

Pas longtemps hélas !

Le 23 novembre, nous passions en Alsace au col de Chantoiseau. Et c’est en Alsace, que ce jour-là, devant la sinistre ferme de Fennematte, le commandant Langlois est tombé. Trois jours après le général Brosset, notre commandant.

Xavier Langlois, mort au champ d’honneur le 23 novembre 1944.

Ses frères :

  • lieutenant René Langlois (22e B.M.N.A.), mort au champ d’honneur, le 14 mai 1944 ;
  • Maurice Langlois (résistance intérieure), mort au champ d’honneur, le 1e décembre 1943.

Son père :

  • lieutenant de vaisseau Xavier Langlois , mort au champ d’honneur, le 6 septembre 1917,

Revue de la France Libre n°24 janvier 1950

 

Xavier Langlois BM 11 et son frère,
le Lt Pierre Langlois du 22 BMNA, décédé en Italie en mai 44.

Chemin de mémoire...

Le monument érigé à la mémoire du commandant LANGLOIS à Dolleren (Haut Rhin)

Cliché source Memorial GenWeb