Les Sapeurs du Génie de la 1e DFL 1940-1945, par Jean FONTANA

Collection M. PARTOUCHE

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Lire également du même auteur : "Que sont devenus les emblèmes de nos unités ? Le Génie"


Les sapeurs du GENIE de la  PREMIERE DIVISION FRANCAISE LIBRE  1940-1945

Jean Fontana
Colonel Honoraire du Génie, ancien Sous-Lieutenant
3 section, 1e Cie DU Génie, Cie S.M – 1 D.F.L.

A tous mes camarades Sapeurs de la 1 DF.L. – Fraternellement -  08/05/1999

1 Cie du GENIE

1e BATAILLON DU GENIE

LES SAPEURS DU GENIE DE LA 1e DFL : 1940-1945

Les premiers sapeurs 1940

Partie des Alpes en Mars 1940 pour constituer le CORPS EXPEDITIONNAIRE de SCANDINAVIE la 1e Division Légère de Chasseurs (5e et 27e Demi-Brigades de Chasseurs Alpins plus la 13e Demi-Brigade de Légion Etrangère) comportait un élément du GENIE de la valeur d’une compagnie fournie par le 4e Régiment du génie, de GRENOBLE.

Débarquées fin avril 1940 à NAMSOS (5e DBA) et début Mai à NARVICK (27e DBA et 13e DBLE) ces unités sont ramenées fin mai 1940 à BREST d’où elles rembarquent le 17 Juin pour l’Angleterre où elles se trouvent à la fin de ce mois avec des restes des unités évacuées de DUNKERQUE.

Le Sous Lieutenant DESMAISONS ainsi qu’ABBO, BOVIS, CAUDELIER, CURAY, POYER, RIGAL, ROVERA et TRUQUETTI, provenant tous de cette unité du Génie issue du 4e R.G. sont les premiers sapeurs qui répondent à l’Appel du Général DE GAULLE. Ils sont rejoints, début juillet 1940 par d’autres sapeurs provenant d’autres unités (BINET, FRIT, GOULU, MANTEL et deux autres) puis par quarante cinq jeunes (dont un tiers de Bretons) ayant réussi à fuir la France devant l’invasion Allemande ou dans les premiers jours de l’occupation.

Sous le commandement du S.LT DESMAISONS cette gosse section grosse section constitue la 1Compagnie du Génie des Forces Françaises Libres. Le 31 Août 1940 elle quitte l’Angleterre pour l’Afrique au sein de la 1e Brigade Française Libre commandée par le Colonel MAGRIN - VERNERET dit MONCLAR..

L’AFRIQUE 1940-1943

ERYTHREE

Après le ralliement de (’AFRIQUE EQUATORIALE FRANÇAISE (Août 1940) et l’échec de DAKAR (23 Septembre 1940), cette unité du Génie est réduite à quarante Sapeurs, certains d’entre eux ayant été envoyés à l’Ecole des Elèves Officiers de BRAZZAVILLE. Fin Décembre 1940, cette section du Génie quitte DOUALA avec la Brigade Française d’Orient. Par mer, via le SOUDAN Egyptien, elle gagne l’ERYTHREE où, du 20 Février au 10 Avril 1941, elle participe à KEREN et à MASSAOUAH à la campagne victorieuse contre les Forces Italiennes.

Le 4 Avril 1941, au prix d’efforts acharnés, les Sapeurs dégagent en un temps record les itinéraires DEMBE-GHINDA (comblement d’une triple brèche) et DEMBE-DOGHALI (pistes, déminage) permettant ainsi la jonction rapide de la 10Brigade Britannique (5e Division Indienne) et de la Brigade Française d’Orient venant de DEMBE pour l’assaut final sur MASSAOUAH.

Par mer de MASSAOUAH à SUEZ, puis à travers le SINAÏ, avec la BFO, le GENIE aux ordres du Lieutenant DESMAISONS rejoint QASTINA, en Palestine, où se regroupe ce qui va devenir la 1Division Légère Française Libre.

F.F.F. WESTERN - DESERT 1941-1943

Après l’affaire de SYRIE, à partir de la mi-Juillet 1941, plusieurs unités du GENIE sont constituées au LEVANT avec des volontaires issus de la population civile locale (français ou autochtones Libanais et Syriens) et des cadres militaires ralliés à la France Libre dont certains avaient été emprisonnés pour gaullisme des officiers (CAUDRON, HITTIER, TAILLEFER, GRAVIER André CHOLLEY) et plusieurs sous officiers ainsi que de nombreux sapeurs déjà instruits (dont des nord-africains) provenant de l’Armée du LEVANT ou du 33e Bon du Génie.

Certaines de ces unités seront utilisées sur place à des travaux de renforcement des défenses côtières du LIBAN au profit des F.N.F.L. ou d’aménagement d’aérodromes pour les F.A.F.L. mais la plupart est destinée à participer aux combats en LIBYE dans les rangs des Brigades ou Divisions Légères que te Haut Commandement projette alors de créer

C’est le cas de la 1Compagnie du Sapeurs Mineurs qui recomplétée à DAMAS à environ 130 hommes (section du commandement, section atelier et trois sections de combat) est commandée par le Lieutenant puis Capitaine DESMAISONS avec les sous Lieutenants FRAQUE et HURLIN comme adjoints et pour diriger les sections les S.Lt SEIGNEUR, LEONETTI et BOUC, les Adjudants et Sergents Chefs BINET, BOVIS, RIGAL et TESSONNEAU ainsi que le Sergent Chef CAUDELIER à l’Atelier.

Avec une section de Parc aux ordres d’un Lieutenant, cette 1e Cie constitue le GENIE DIVISIONNAIRE F.F.L , commandé par le Capitaine GRAVIER et qui quitte HOMS le 31 Décembre 1941 avec la 1e Brigade Française Libre pour l’Egypte puis la LIBYE et plus précisément la CYRENAIQUE, successivement à HALFAYA (15/1/1942), à MECHILI (25/1/1942), à GHAZALA (5/2/1942) et enfin le 14 Février 1942 à BIR HAKEIM dans le désert LIBIQUE, sur le flanc gauche de la Vllle Armée Britannique.

Les sapeurs organisent la position (champs de 130 000 mines A.C. et A.P., P.C., abris, tranchées, emplacements de tir), puis en tenant un point d’appui du Quartier S.O (celui du Bataillon du Pacifique), la 1e Cie de SM, participe du 27 mai au 10 Juin à l’héroïque défense de ce centre de résistance, et à la sortie de viveforce du 11 Juin, au prix de très lourdes pertes (53 tués, disparus ou prisonniers sur un effectif initial de 128) avant d’être ramenée au LIBAN. Elle en revient en octobre 1942 pour participer aux combats de l’HIMEIMAT (23, 24 Octobre) où elle ouvre des brèches dans les champs de mines, sous le feu, en avant de l’infanterie et des chars.

Une 2Compagnie, initialement de Sapeurs Pontonniers, formée en Octobre 1941 à HOMS avec des Nord-Africains est réorganisée en mars 1942 en compagnie de Sapeurs Mineurs puis dirigée sur l’EGYPTE où à partir du 21 Juillet 1942 elle relève à EL ALAMEIN, à la 1e Brigade Française Libre la 1e Cie de S.M. jusqu’au retour de celle-ci en octobre.

Restant en EGYPTE Occidentale la 2e Cie S.M. est alors affectée à la 2e Brigade F.L avec laquelle elle participe, dans des secteurs fortement minés, aux combats d’EL ALAMEIN et ALAM EL HALFA (14 Octobre - 14 Novembre 1942) et y subit des pertes sévères avant d’être relevée fin novembre par la 6e Cie S.M. 

Réorganisée en EGYPTE, cette 2e Cie S.M. commandée par le Capitaine André CHOLLEY est affectée en Août 1943 à la 2e Division Française Libre envoyée à TAMARA, au MAROC pour être transformée en 2e D.B.

Avec une 7e Cie du Génie créée au CAMEROUN, cette 2e Cie S.M. forme alors l’embryon du 13e Bataillon du Génie, aux ordres du chef de Bataillon GRAVIER, unité organique de la 2e Division Blindée.

Constituée à DAMAS, au début de 1942 avec des Libanais et des Syriens Alaouites une 3e Compagnie de sapeurs Mineurs est affectée en avril 1942 à la 2e Brigade à BARDIA, en Cyrénaique avant de devenir au début de 1943 la 6e Cie S.M. commandée par le Lieutenant TISSAIRE.

En plus de ces unités initialement employées au sein des F.F.F.W.D. (Free French Forces - Western Désert) dans le cadre de la Vlllème Armée Britannique, le GENIE F.F.L. a aussi compté en 1941 une Compagnie de Parc, à BEYROUTH, transformée en 1942 en 4e Compagnie de Sapeurs Mineurs (Syriens et Nord-Africains) destinée à être affectée à une 3e Brigade projetée mais non réalisée.

Cette 4e Cie S.M. est finalement envoyée en EGYPTE, près d’ALEXANDRIE, où renforcée en Septembre 1942 du Groupe Atelier (Sergent OZANNE) de la 1e Cie S.M. elle devient la 5e Cie S.M. et est ramenée au LIBAN. Rebaptisée 4e Cie S.M. cette unité rejoint la 1e DFL au début de Juillet 1943.

D’octobre à fin décembre 1942, un cours d’élèves Officiers est organisé à BEYROUTH, à l’issue duquel TSAREFF (engagé dès 1941 comme Officier Technicien) est nommé Sous Lieutenant à compter du 1Janvier 1943 en même temps que sont promus Aspirants BERTHIAUX, MONIER, OZANNE, DUFOUR.

NAISSANCE DU 1e BATAILLON DU GENIE : TUNISIE 1943

Au printemps de 1943 le regroupement en CYRENAIQUE des 1e et 6e Compagnies de S.M. et d’une Compagnie de Parc, commandée par le Lieutenant ROSENECK, assisté du Lieutenant MARTIN et formée à BEYROUTH en Janvier 1943, constitue le Premier Bataillon du génie (Chef de bataillon GRAVIER) et l’Etat-Major du Génie Divisionnaire (Lieutenant Colonel HITTIER - Chef de bataillon TAILLEFER- Capitaine NEUVILLE -Médecin Lieutenant LEVY-LEROY) de la 1e Division Française Libre, elle-même formée par la réunion des 1e et 2e Brigades Françaises Libres.

La 1e DFL doit cependant attendre encore aux environs de GAMBUT (Cyrénaïque) jusqu’au 18 Avril 1943 pour être enfin engagée à nouveau, cette fois en TUNISIE, où, à partir du 2 mai 1943 elle participe à TAKROUNA aux derniers combats en AFRIQUE. Le Génie y subit encore des pertes dont celles du C.B. TAILLEFER et de l’Asp. PALMADE, et de dix sapeurs tués. Le Bataillon reçoit alors plusieurs jeunes engagés FFL.

De Juin à Septembre 1943 le Génie suit la 1e D.F.L. dans son exil à ZUARA en TRIPOLITAINE, où le Lieutenant-Colonel LEOTARD remplace momentanément, le Lieutenant-Colonel HITTIER, malade, et où un cours d’Elèves Officiers du génie permet la promotion en grade d’Aspirant de LASSERRE, RUAUX, LECLERC, NOVELLO, GAYANT, VANIER et ALOZY.

Revenu en TUNISIE avec la Division, après la fusion le 1e Août 1943 des F.F.L et de l’Armée d’A.F.N., le GENIE bivouaque pour l’hiver entre HAMMAMET et KORBA.

Il perd alors plusieurs cadres FFL partis rejoindre la 2D.B. au Maroc (C.B. GRAVIER) ou retournés au LEVANT (Capitaine DESMAISONS, Lieutenants ROSENECK, BOUC, et SEIGNEUR ...) et en reçoit plusieurs d’A.F.N. (Chef de bataillon TISSIER, Capitaine LION, vite reparti, Capitaines RIOU et BERNARD, Lieutenants HERBERT, CHEVRE, JACOBSON, ARNAUD, ARON, Sous Lieutenants SERROR, GILLES, Aspirants FONTANA, JAUDET, SERRAT, BOSC).

Il reçoit aussi quelques conscrits nord-africains mais surtout beaucoup de jeunes engagés européens dont de très nombreux Corses et aussi des évadés de France par l’Espagne comme le Capitaine GIOUX vétéran de 1916-1918.

Il s’ensuit une totale réorganisation du commandement et des unités, qui, en outre sont pendant plusieurs mois soumises à un entraînement intensif, et ainsi familiarisées avec le matériel américain dont la 1DFL est enfin équipée.

Le 1e Avril 1944 le GENIE de la 1e D.F.L. est articulé en :

EUROPE

Italie avec le C.E.F.I

Quittant (’AFRIQUE entre le 15 et le 27 Avril 1943 par BONE et BIZERTE, les divers éléments du 1e Bataillon du Génie débarquent à NAPLES entre le 20 Avril et le 4 mai, se regroupent près d’ALBANOVA et gagnent le 6 Mai la région de SAN CLEMENTE où le CORPS EXPEDITIONNAIRE FRANÇAIS en Italie, commandé par le Général JUIN, se prépare à l’Offensive. Intégrée dans le dispositif du CEFI sur la droite de celui-ci, la 1e D.F.L. commandée par le Général Diego BROSSET, en assure la liaison avec le Corps d’Armée CANADIEN de la Vlllème Armée Britannique.

Après avoir aménagé sur la base de départ des pistes, observatoires, PC et emplacements de tir, les trois Compagnies de Sapeurs Mineurs, à partir du 11 Mai au soir, et sous les feux d’un ennemi pugnace :

► 1- assurent des franchissements du GARIGLIANO :

lancement par la 1e Cie S.M au droit de SANTA MARIA di MORTOLA, dans la nuit du 11 au 12 d’une passerelle d’infanterie M2 de 40 mètres pour le passage du 22ème BMNA, repliée à l’aube et remplacée la nuit suivante par un pont flottant M2 de 7,5 tonnes

en amont passage par la 2e Cie, des 2e et 3e escadrons à pieds du 3e Régiment de Spahis Marocains au moyen de bateaux pneumatiques

► 2- aménagent des passages dans le fossé antichar (ligne GUSTAV) puis des trouées dans les champs de mines, des déviations et des gués (RIO FORMA QUESA) et dégagent d’autres obstacles qui constituent les lignes de résistance successives GUSTAV, puis DORA (Castello CHIAIA) et enfin HITLER (Rio FORMAQUESA), à gauche vers SAN ANDREA et à droite, le long du GARIGLIANO puis du LIRI, sur la direction SAN AMBROGIO, SAN APOLLINARO, SAN GIORGIO et enfin par le MONTE d’ORO jusqu’à PONTECORVO et au MONTE LEUCIO atteints et tenus le 21 Mai au soir.

Le 29 Mai ses sapeurs étant au repos, le Général BROSSET les passe en revue et leur exprime sa satisfaction. La 1D.F.L. repart le 1e juin de la rivière SACCO jusqu’à TIVOLI, atteint le 5 avant de traverser Rome sous les acclamations des Italiens, et être engagée le 11 Juin à partir de VITERBE sur la VIA CASSIA en direction de MONTE FIASCONE, BOLSENA, ACQUAPENDENTE et RADICOFANI.

Les sapeurs redoublent d’efforts pour faciliter la poursuite de l’ennemi en lançant des BAILEY, en aménageant rapidement des gués (sur PAGLIA, RICO, ORCIA) et des déviations, et en déminant notamment à RADICOFANI et aux abords de la Ligne FRIEDA, atteinte le 19 juin, terme pour la D.F.L., de cette victorieuse Campagne d’Italie fougueusement menée mais qui a coûté au 1Bataillon du Génie des pertes sévères : 23 tués dont un officier et de très nombreux blessés en quarante jours de progression sur près de 250 kilomètres.

Le rythme de cette offensive est dû à la parfaite organisation du Commandement et de la Logistique du CEFI, mais le Bataillon n’a pu le suivre que grâce au travail de la Cie du Commandement 1/21.

En effet, depuis l’arrivée en Italie, la tâche des trois compagnies de Sapeurs Mineurs est considérablement facilitée par l’efficace soutien procuré sans faille par la Cie 1/21, dont les diverses équipes techniques assurent toujours avec célérité la fourniture, l’entretien, la réparation des matériels de radio, de pontage et de terrassement, le dépannage des véhicules jusqu’aux avant postes ainsi que l’installation et l’exploitation de stations d’alimentation de toute la Division en eau potable.

Le 30 Juin 1944 passant en revue près de NAPLES, la 1e D.FL. , le Général DE GAULE décerne la Médaille Militaire au Maître Ouvrier Jean LUCIANI, à la demande du Général BROSSET qui avait été personnellement témoin de son courage alors que dans la soirée du 19 Juin, pendant deux heures, le M.O. LUCIANI, avait aménagé aux commandes de l’angle dozer de la 2e Cie S.M., et sous de violents tirs d’artillerie des déviations sur la route en avant de RADICOFANI - (texte de la citation)

Au cours de ces deux mois de combats en Italie, l’encadrement des unités n’a pas subi d’autre modification que le remplacement dès le 12 mai, à la tête de la 1ère Cie, du Capitaine RIOU, par le Lieutenant CHEVRE, la mort le 26 Juin 1944 de l’Aspirant LASSERRE grièvement blessé le 21 mai devant PONTECORVO et l’affectation à cette même Cie du Lt. ARON.

Tous volontaires (à la seule exception des renforts nord africains reçus en Tunisie), les sapeurs ont, quelle que soit leur origine, acquis durant cette brève campagne une cohésion parfaite, et maintenu l’esprit Free French reçu des Anciens de 1940, qui caractérise leur DIVISION qui refusant d’être appelée 1e D.M.I. demeurera toujours la 1e D.F.L.

FRANCE

Partis le 11 Août de TARENTE et de NAPLES, sur plusieurs navires, les détachements du GENIE sont enfin en vue des côtes de France le 16 Août 1944 vers 17 heures, et dans la soirée les premiers éléments à pieds débarquent sans encombre sur les plages de la Croix Valmer (CAVALAIRE).

Sitôt qu’elles ont récupéré leur matériel, les compagnies se regroupent le 18 Août près de La LONDE des MAURES d’où dès le lendemain la CAMPAGNE de France débute par l’attaque, par HYERES et LA GARDE, du secteur fortifié de TOULON qui tombe le 24 Août.

A l’aube du 19 Août, les trois brigades débouchent de la vallée du PONSARD, du Pas du Cerf au Nord, aux Bonnettes au Sud de LA LONDE.

au Nord la 2e Brigade (BM4.BM5.BM11) couverte sur sa droite par le 22BMNA, par le Vallon des BORRELS, la TUILERIE et le GAPEAU en direction de LA CRAU (BMNA) et d’HYERES par les MAURETTES au Centre la 4Brigade (BIMP.BM21.BM24) de part et d’autre de la RN 98 vers HYERES et la GARDE tandis que la 1e Brigade (1e B.L.E.) nettoie la zone côtière au Sud de la RN 98 par les SALINS-PALYVESTRE et le MONT des OISEAUX vers CARQUEIRANNE et vers GIENS.

Pour la 4Brigade, la 1Cie S.M. démine, elle reconnaît puis aménage, sous des feux incessants un passage près du GOLF HOTEL, dans le lit à sec du GAPEAU, le pont sur la RN 98 ayant été détruit, et un autre passage en amont. Elle ouvre à l’aide de bungalores torpédos des brèches dans des barbelés à la MAURANNE où les sapeurs font vingt cinq prisonniers - et enfin elle dégage des obstacles sur la N°559 au PONT de la CLUE (mines, dents de dragon, lance flammes fixes).

La 2e Cie S.M. démine au profit de la 1e Brigade et participe dans le secteur de la 4e Brigade à la progression du 4 escadron des Fusiliers Marins le 21 jusqu’à HYERES, puis le 22 à partir de la MOUTONNE vers LA GARDE (où le S.Lt. TSAREFF est tué) et vers le PRADET.

L’action a été de courte durée mais violente ; l’intensité des tirs ennemis cause au 1e B.C. ses premières pertes sur le sol de France : cinq tués dont un officier et douze blessés graves

LA POURSUITE Septembre 1944

Lancée à la poursuite de l’ennemi, la 1e D.F.L. borde le 27 août la DURANCE et le RHONE dont tous les ponts ont été détruits et au franchissement desquels les trois compagnies participent dés le lendemain par la construction d’un pont de charpente sur le canal de CRAPONNE (Cie 1/3)

La construction et l’exploitation par la Cie 1/1 à TRINQUETAILLE en aval d’ARLES d’un bac formé par l’assemblage de deux péniches et un remorqueur civils ce qui permet de faire franchir le RHONE aux véhicules lourds de la 1e D.F.L. et du C.C.1 (1e DB.), le lancement par la Cie 1/2 d’un pont flottant M2 (classe 9) sur la DURANCE en crue, et sur le RHONE des portières M2 à VALABREGUES et à ARAMON et enfin la construction, achevée le 30 Août, sur le RHONE près d’AVIGNON d’un pont flottant, avec des matériels hétéroclites de récupération (bateaux 35, péniches, etc.)

A noter que seule de toute l’Armée B, la 1e D.F.L. disposait d’un équipage de pont M2 que le Général BROSSET avait refusé de laisser en Italie.

La poursuite reprend le 1e Septembre.

La Cie 1/2 avec le CC1 et le 4e escadron du RFM et le 1e BLE par UZES-L’ARGENTIERE- TENCE-St ETIENNE et l’ARBRESLE, la Cie 1/1 avec le RFM (moins son 4e escadron) et le 8e RCA par la RN 86, qui arrivent aux abords de LYON le 2 Septembre au soir et y pénètrent derrière le Général BROSSET le lendemain matin. Toutes ces compagnies ont fort à faire pour y rétablir des passages provisoires sur les moins endommagés des vingt et un ponts de la ville détruits sur la SAONE et le RHONE. Dans la matinée, la 1e Cie S.M. répare le Pont SEURIN sur la SAONE.

Elle rétablit le soir même un passage provisoire sur le PONT WILSON sur le RHONE.

La 2e Cie S.M démine en outre les gares SNCF de PERRACHE et des BROTTEAUX.

Le carburant faisant défaut, seule la 2e Cie S.M. repart le 6 Septembre avec la 1e Brigade qui entre le 8 et le 11 barre à AUTUN la route aux troupes allemandes, qui refluant du SUD-OUEST de la France, tentent vainement de fuir vers le RHIN.

Le 12 Septembre, la jonction est réalisée avec la 2e DB qui arrive de PARIS.

LES VOSGES - Septembre à Décembre 1944

Le 1e Bataillon du GENIE étant regroupé à partir du 17 Septembre dans la région VILLERSEXEL - l’ISLE sur le DOUBS, ses trois compagnies de S.M. :

Tous ces travaux sont exécutés sous une pluie incessante qui provoque boue et inondations, auxquelles s’ajoute la neige sur les hauteurs.

Plusieurs jeunes Bourguignons, engagés au début Septembre, remplacent les sapeurs tués ou grièvement blessés en Italie. Ils sont instruits au sein des sections auxquelles ils sont immédiatement incorporés. Il en est de même pour les nombreux volontaires Ardennais engagés en OCTOBRE.

Du 19 Novembre au 4 Décembre dans le cadre de l’offensive vers THANN et malgré des conditions atmosphériques exécrables, les sapeurs accompagnent, pour dégager leurs itinéraires, les Groupements. NORD (PRESSE -LA CHEVESTRAYE-BALLON d’ALSACE -RIMBACH -MASEVAUX : 2e Cie) et SUD (RONCHAMP -AUXELLES BAS - GIROMAGNY-GROSMAGNY-ROUGEMONT le Château -MASEVAUX-BOURBACH : 1e et 3e Cie).

Enlèvements d’obstacles, comblements d’entonnoirs de destructions, déminages aménagements de passerelles ou de déviations sommaires dans les parties inondées. Tout est exécuté très rapidement pour ne pas ralentir la progression sous les tirs ennemis et la pluie, le rétablissement plus durable étant laissé à la charge du Génie de Corps d’Armée.

L’énorme effort ainsi fourni par tous les sapeurs avec autant de fougue que d’opiniâtreté permet à la 1e D.F.L. d’atteindre l’objectif qui lui a été imparti, tandis que les divisions voisines piétinent et que la 5e D.B., embourbée, ne parvient pas à déboucher dans la plaine d’ALSACE.

Outre la mort accidentelle le 20 Novembre du Général BROSSET, les pertes sont sérieuses. Au Bataillon du Génie le sous-lieutenant GAYANT est tué le 27 Septembre, le sous-lieutenant NOVELLO le 27 Novembre ; le lieutenant CHEVRE et le Capitaine MAQUAIRE commandant respectivement les 1e et 3e Cie SM sont grièvement blessés les 19 et 27 Novembre et remplacés par le Capitaine GIOUX et le Lieutenant TISSAIRE. Le Lieutenant GAUSSEN blessé le 29 Novembre a RIMBACH est évacué.

ALSACE - Janvier F évrier 1945

Quittant les VOSGES le 12 Décembre 1944, la 1D.F.L. arrive le 14 dans la région de BARBEZIEUX (Charente) pour s’y reposer avant d’attaquer et de réduire début Janvier 1945 la Poche de ROYAN , mais en raison de l’offensive allemande et de la déroute américaine dans les ARDENNES, elle repart dès le 26 Décembre et se regroupe entre BACCARAT et LUNEVILLE. Le 2 Janvier 1945 elle relève la 2D.B. dans la défense de Strasbourg au sud de cette ville Depuis MOLSHEIM jusqu’au Sud de SELESTAT la 1DFL est étirée sur un front de quarante kilomètres qu’elle doit cependant tenir fermement entre l’ILL et le RHIN

Du 4 au 18 Janvier, les trois compagnies du 1Bataillon renforcent les obstacles dans la plaine d’Alsace, de nuit comme de jour, dans la neige, par un froid atteignant -15° :

Malgré la chute le 11 Janvier d’OBENHEIM, la perte du B.M.24 et celle de 24 sapeurs de la 1Cie, la puissante offensive allemande déclenchée le 7 Janvier pour reprendre STRASBOURG par le SUD est arrêtée sur l’ILL de KRAFT à EBERSMUNSTER.

L’offensive de la Ie Armée, pour libérer COLMAR démarre le 23 janvier 1945. La 1D.F.L attaque depuis le SUD de SELESTAT sur deux axes qui convergent vers MARCKOLSHEIM :

Recouverte de 30 à 50 cm de neige, la plaine du RIED au sol gelé en surface mais fangeux au-dessous, est impraticable aux chars hors des routes ; elle est surtout barrée par plusieurs obstacles naturels renforcés défensivement au cours des mois de Novembre et de Décembre 1944 et qui sont solidement tenus par les troupes aguerries au froid de la 2Div. de montagne allemande ramenée de NORVEGE :

  1. Taillis touffus de l’ILLWALD rendus impénétrables à l’infanterie par des armes automatiques sous des abris de rondins, disposés dans la profondeur des bois.
  2. Cours d’eau coulant du Sud au Nord (ILL et BENWASSER de 25 à 30 mètres de large), la BLIND et de nombreux ruisseaux qui ne sont pas tous gelés malgré la température qui se maintient autour de -15°.
  3. Et partout des mines nouvelles indécelables au détecteur magnétique (en Bakélite, en verre et même des TOPFMINES en carton, enterrées sur les chaussées recouvertes ensuite de bitume pour les camoufler).

Les franchissements sont réalisés pour l’Infanterie par des demi-bateaux M2, ou des bateaux pneumatiques gonflés à l’abri des vues et traînés sur la neige jusqu’à l’eau. Pour les véhicules des TREADWAYS sont placés aux rares endroits où le sol est assez ferme pour supporter le passage des lourds camions BROKWAY ou des chars.

Sur l’axe principal dans la nuit du 23 au 24, malgré des tirs ennemis incessants un BAILEY simple de 150 pieds (45 m) est superposé, à ILLHAUSERN, au pont de bois sur pilotis solides dont seule la travure a été gravement endommagée par les obus.

Pour pallier la couardise de la section de la 998Cie U.S qui devant GRUSSENHEIM, arguant de la proximité de l’ennemi, refuse de placer deux paires de ses TREADWAY, sur les 5 mètres de brèche de la BLIND dont le passage doit être livré à nos chars à l’aube du lendemain 28 Janvier, une section de la 1/2 et une autre de la 17/2 tentent dans la nuit du 27 au 28 de lancer un BAILEY. Le bruit du déchargement du matériel déclenche une concentration d’artillerie ennemie qui provoque la mort des deux officiers chefs des sections, celle de vingt sous-officiers et sapeurs, et vingt-trois blessés graves.

Aussitôt deux autres sections (une de la 1/2, une autre de la M12) dégagent le chantier et placent rapidement deux paires de TREADWAY fournies par le 96B.G., en sorte que le passage est livré aux chars dès 7h30 le 28 janvier.

Au total, le rétablissement des itinéraires au Nord de Colmar, dans le secteur de la 1e D.F.L., a nécessité la mise en place de 19 ponts (6 BAILEY, 10 TREADWAYS et 3 ponts de charpente).

Comme toujours depuis le débarquement, les efforts des trois compagnies de combat ont été très efficacement soutenus par les sections spécialisées de la Compagnie 1/21, qui en particulier ont assuré dans des conditions difficiles l’approvisionnement en mines et en matériel de pontage.

Entre le 5 janvier et le 8 février, les pertes du Génie ont été très lourdes. La difficulté des tâches a été accrue par le froid rigoureux qui empêchait de creuser le sol pour miner, ou de le sonder pour déminer, et qui rendait très douloureuses, faute de gants, toutes les manipulations à mains nues des pièces métalliques (mines ou éléments de pontage).

D’autant que par suite de la carence des services de la 1e Armée, la 1e D.F.L. qui pour le Débarquement de Provence avait été contrainte de laisser les paquetages individuels en Italie, n’avait, à l’inverse des autres divisions, perçu que de très partiels recomplètements des équipements vestimentaires portés depuis le débarquement : manteaux et chaussures manquent.

Malgré leur fierté pour la part déterminante prise par leur Division à la défense de STRASBOURG puis à la libération de COLMAR, les sapeurs sont las, et d’autant plus déçus lorsqu’ils apprennent qu’ils sont frustrés de la légitime récompense que certains attendaient depuis 1940 et pour laquelle tous avaient tant sacrifié : l’entrée en Allemagne.

LES ALPES - Avril Mai 1945

Avec la 1D.F.L, le 1Bataillon du Génie quitte l’ALSACE, le 10 Mars 1945 pour les Alpes Maritimes de MENTON au COL des FOURCHES en Haute Tinée.

Le voilà de retour dans ces montagnes d’où étaient partis les tous premiers sapeurs de 1940, ceux du 4RG envoyés en NORVEGE - mais dont il n’en reste plus au GENIE de la 1e D.F.L.

Dans un premier temps, la DIVISION devant prendre l’AUTHION, solidement tenu, avant d’exploiter ensuite vers TENDE et CUNEO les 1e Cie S.M.. dont le Capitaine CHEVRE a repris le commandement (au Nord) et 2e Cie S.M. (Sud) assurent le rétablissement des itinéraires de la base de départ, principalement dans la zone centrale où la 4e Brigade est chargée de l’effort principal. Les sections de la 3e Cie S.M. accompagnent du 10 au 12 Avril l’infanterie de cette Brigade dans l’assaut meurtrier des divers ouvrages fortifiés de l’AUTHION.

La progression vers TENDE se poursuivant jusqu’au 24 Avril, dés le 21 une seconde offensive est lancée au Nord d’ISOLA, par le col de la LOMBARDE vers VINADIO et CUNEO.

Les 1et 3Compagnies ont fort à faire pour déneiger et ouvrir le mauvais chemin du col de la LOMBARDE, sur lequel il faut renforcer les ponts de bois et disloquer au bulldozer les congères gelées, mais qui sera rendu praticable dès le 29 Avril aux véhicules légers.

Au Sud la 2Cie démine et répare les chemins dans la vallée de la ROYA ainsi que la route du bord de mer jusqu’à VINTIMILLE et BORDIGHERA.

Partout les nombreuses mines, surtout anti personnel, accroissent la difficulté de la progression.

Ce même jour 29 Avril, les forces allemandes d’Italie capitulent et le débouché de la 1D.F.L. en Italie est arrêté par les Américains.

Pour la 1D.F.L., qui vient de perdre encore 150 tués et 300 blessés dans les ALPES, la guerre est finie.

Mais le GENIE n’a pas terminé sa tâche il lui est ordonné de rétablir de toute urgence la circulation routière jusqu’au Col de TENDE, d’une part pour assurer la liaison avec les forces Alliées en Italie, et d’autre part pour permettre le ravitaillement des habitants de TENDE et de BRIGUE qui ayant spontanément élu un conseil municipal, et chassé les autorités italiennes réclament le rattachement à la France de toute la vallée de la ROYA.

Le tunnel de TENDE étant obstrué par plusieurs destructions, la 1Compagnie rend carrossable un sentier qui franchissant le col de TENDE débouche vers LIMONE -PIEMONTE et CUNEO.

Entre BREIL et TENDE, soit 22 km, dans la très étroite vallée de la ROYA, la route et la voie ferrée ont subi vingt cinq très importantes destructions. Tous les ponts y sont détruits, et faute de possibilité de contournement les diverses brèches doivent, au début, être traitées successivement.

La 2Cie responsable de ce tronçon d’itinéraire dirige les travaux, aménage les accès et lance des BAILEY. Elle reçoit le renfort de la 3Cie plus 600 fantassins et plusieurs centaines de civils pour déposer des tronçons de la voie ferrée (rails et traverses) dont elle nivelle le ballast au bulldozer ; elle bénéficie du concours d’entreprises civiles pour la fabrication et l’assemblage de ponts de charpente. Les équipes au travail se relayant nuit et jour sur les chantiers approvisionnés en matériel par la Cie 1/21, la circulation est rétablie dès le 5 Mai au soir en empruntant alternativement des tronçons de route, des déviations et des sections de plateformes de voie ferrée avec des tunnels dont un hélicoïdal.

Les hautes autorités civiles et militaires se rendent aussitôt à TENDE le 6 Mai et y sont chaleureusement accueillies et acclamées.

Hélas début juin 1944, au départ de la 1D.F.L., malgré le sacrifice de tant de nos soldats, les Américains imposeront à la population consternée le retour des autorités italiennes qu’elle avait chassées. Ce n’est qu’en 1947 qu’un plébiscite scelle définitivement le rattachement à la France seulement de la Haute Vallée de la ROYA.

EPILOGUE

Le 1juin 1945 la 1DFL est relevée et rejoint l’Ile de France pour défiler le 18 Juin à PARIS sur les Champs Elysées, au terme de cinq années de campagnes menées par ses différentes unités formées de volontaires accourus du monde entier et qui sont les seules de l’Armée Française à n’avoir jamais, depuis juin 1940 cessé de combattre pour l’HONNEUR et la PATRIE.

La Division est officiellement dissoute dès le 15 Août 1945 ; la liquidation définitive du 1Bataillon du GENIE intervient dans les premiers jours de 1946. Ses sapeurs démobilisés se dispersent : certains affrontent les difficultés de la réinsertion dans la vie civile au sein d’une population oublieuse des périls qu’ils ont volontairement affrontés pour lui rendre la Liberté pour d’autres c’est une simple permission de détente, bien méritée certes, avant de poursuivre leur carrière militaire sur les champs de bataille d’Outre-Mer.

Mais tous les sapeurs et leurs cadres du 1Bataillon du GENIE, demeurent marqués par l’esprit Free French qui les animait, et par la chaude et généreuse camaraderie qui les unissait tous et que le temps et les épreuves de la vie ne leur ont pas fait oublier, plus de cinquante ans après.

Ils sont légitimement fiers du travail accompli et n’ont qu’un regret la perte de tant de camarades.

La seule campagne de France a coûté au 1BG, 37 tués dont 4 officiers, 29 disparus et 150 blessés graves Evacués dont 6 officiers soit un total de 216 hommes, représentant 31% de l’effectif de 670 au débarquement en Provence.

De Juillet 1940 à Mai 1945, le total des pertes s’élève à 144 tués ou disparus et à plusieurs centaines de blessés, bien que pendant toutes les campagnes en Afrique, les effectifs au combat aient été beaucoup moins importants qu’après 1943.

Parmi les trente et un sapeurs du Génie d’active ou de réserve qui ont été faits Compagnons de la Libération, six ont,entre 1940 et 1945, servi au génie de la 1e D.F.L.

Fidèles à la devise de leur ARME, et quel qu’aient été leur grade ou le moment où ils ont rejoints la 1e D.F.L. tous les sapeurs ont

SOUVENT CONSTRUIT

PARFOIS DETRUIT

Mais TOUJOURS SERVI

ainsi qu’en témoigne la décision n°578 du 29 Mars 1945 par laquelle le Général de GAULLE, Président du Gouvernement Provisoire, Chef des Armées

CITE à l’ORDRE de l’ARMEE.

Le Premier Bataillon du Génie de la Première Division Française Libre :

Unité ardente qui, sous les ordres du Chef de Bataillon TISSIER s’est brillamment distinguée. Au cours des campagnes d’ITALIE et de FRANCE a fait constamment preuve d’une efficacité remarquable, réparant les brèches au plus près de l’ennemi, parfois en avant des premiers éléments d’Infanterie. Lors des opérations de réduction de la poche de COLMAR en janvier 1945, a permis le passage des blindés assurant ainsi la victoire, réparant vingt grandes brèches dans un temps record, grâce au dévouement total qui s’est manifesté à tous les échelons et à l’esprit de sacrifice des Sapeurs qui, travaillant sans répit sous la neige et la glace, subissant de très lourdes pertes, ont fait preuve d’une abnégation absolue. En particulier, le franchissement de la BLIND, au cours duquel la section qui commença les travaux fût anéantie et aussitôt remplacée, décida du succès de la campagne,

LA PRESENTE CITATION COMPORTE L’ATTRIBUTION DE LA CROIX DE GUERRE AVEC PALME ET SERA PUBLIEE AU JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

 
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