Les Poèmes de la DFL

L’AUTHION ??

Maurice Gilles - Montpellier le 8 avril 1995
en mémoire des camarades tombés à l’Authion

Fallait-il, pour mourir, se rapprocher des cieux ?
Pourquoi donc, à l’Authion, en ce printemps dernier
D’une guerre sans fin ? Pourquoi si grand charnier
Où périrent nombreux, nos frères... jeunes... vieux ?
Pourquoi mes chers amis, par un temps radieux,
Tant de sang à coulé ? On ne peut pas nier,
Qu’on pouvait sûrement, fixer dans son terrier,
Cet ennemi d’alors... en ses arides lieux !
Mais nous gênions beaucoup au terme du conflit ;

Il fallait : nous meurtrir... et tuer notre esprit,
Nous priver de cueillir, les lauriers des combats,
Par les Free Frenchs gagnés. Nul n’a pu faire mieux...
Et nous fûmes bien seuls à lutter... tels forçats...
L’Authion venait à point... pour immoler les Dieux !!


LES FORBANS MAGNIFIQUES

Poème épique
en hommage et à la mémoire d’Hommes hors du commun :

LES FUSILIERS MARINS DE LA FRANCE LIBRE

1er R.F.M

(Compagnon de la Libération)

et, à travers eux, à tous les Français qui se sont sacrifiés
pour la Liberté et la Justice
Bannis de la Patrie, humiliée, asservie...
Patriotes fervents. Marins Jeunes et forts
Intrépides, ils avaient sacrifié leurs vies
L’espoir, par le combat, était seul réconfort
Combattants absolus à la Foi souveraine
Sous l’uniforme ami, qu’en France on condamnait *

A peine une poignée sous la Croix de Lorraine :
Symbole dans lequel leur lutte s’incarnait
Le fusilier-marin de notre France Libre,
Des sables aux montagnes, aux Nazis s’opposa
Artilleur, cavalier, mais Marin dans ses fibres,
Et qui, à BIR HAKEIM, un contre dix, osa !

Au regard tous avaient la lueur intraitable
Ô france souviens-toi...tes héros dérangeaient !

Et l’Allemand craignait ces hommes redoutables
Qui, dès Quarante-deux, la débâcle vengeaient !

Labourant le Désert, abreuvés d’eau croupie,
Etouffés par le sable en ouragant cinglant...

Sachant que sous leurs roues la mort était tapie :
Les mines ennemies dans leurs fracas sanglants !

Puis vint El Alamein, Tunis et l’Italie...
De joie pleurant, aux plages du Débarquement !

Leurs tombes ont jalonné nos campagnes jolies
De Cavalaire aux Vosges, au contact Allemand
Enfin jusqu’à l’Authion, ils portèrent l’épée
Les ultimes tués...luttaient depuis quatre ans !

L’Histoire connaît peu de semblable Epopée...
Fantastique aventure, ils allaient l’illustrant
D’aucuns ont qualifié l’Unité héroïque :
Fortes-têtes, exaltés, même Royal-Voyou !**
"Pauvres crétins enviant mes Forbans-magnifiques",
Jugea le Grand Brosset, Général Casse-cou !

Et le temps a passé...sublimant leur mémoire
Sakos n’évoquant pas de doux Enfants-de-Choeur
Quel drapeau cependant assume autant de Gloire ?
Fors la tâche sacrée, indomptés et vainqueurs !
Ô frères Inhumés sous tant de Croix grossières !
Après cinquante années...si vos corps ne sont plus ;

Humus ou noir terreau, mêlés à la poussière...
De nos coeurs, nos pensées, jamais n’être exclus !

AJ.R

1er RFM

1995

* Le battle-dress britannique

** La 1ere DFL du Général Yves GRAS (p. 260)


 
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