LEQUESNE Pierre

08/05/1904 - 03/09/1947

Grade : commandant

Unité : 22 BMNA

 

Français Libre

Voir ses décorations

  • Chevalier de la Légion d’Honneur
  • Compagnon de la Libération
  • Croix de Guerre de TOE
  • Médaille Coloniale
  • Croix de Guerre 1939-1945 avec palme
 

À propos

Lieu de naissance : langogne

Profession : militaire

Ralliement : liban (juin-41)

Lien compagnons

Date de décès : 03/09/1947

 

Écrits

Allocution prononcée par le Général SAINT-HILLIER,  ancien Chef d’Etat-Major de la 1e D.F.L. Président de l’Amicale de la 1e D.F.L.

Le 26 septembre 1991 l ors de l’inauguration de la stèle d’Eboulet

Avant d’évoquer la personnalité du Lieutenant-Colonel LEQUESNE, je voudrais vous remercier vous tous ici présents en cette journée du souvenir.

► Vous, les habitants de ces villages qui ont tant souffert il y a 47 ans,

► Vous, les anciens, qui avez œuvré sur ce sol pour la Libération de la France.

Quant aux enfants des écoles, accompagnés par vos maitres et maîtresses, soyez attentif au rappel des sacrifices consentis pour votre liberté.

La 1e Division Française Libre était animée d’un esprit très particulier né du fait qu’elle rassembla les premiers soldats du Général de GAULLE qui refusèrent l’armistice de 1940, puis des volontaires venus de tout l’empire, ce qui lui donna une empreinte coloniale qui fit sa fierté.

La Division accueillit en Tunisie les Résistants évadés par l’Espagne, un grand nombre de ceux qui, en Afrique du Nord, réprouvaient un régime né de la défaite, et les libérateurs de la Corse. Enfin au fur et à mesure de sa progression sur le sol de France, des Maquisards des Alpes, de l’Aisne et de Haute-Saône, des Provençaux, Francs-Comtois, Ardennais, Bretons, vinrent compléter ses rangs décimés par les combats, ou remplacer les Africains éprouvés par un hiver froid et pluvieux.

Solide formation de combat, elle forme un tout redoutable, dont les composants se montraient solidaires par amitié et estime réciproque : Marins-Cavaliers, Fantassins, Artilleurs, Sapeurs-mineurs, inséparables et unis emportèrent la victoire.

La 1e D.F.L. parcourut en cinq années, 90 000 kilomètres qu’elle jalonna de 48 cimetières où reposent 4 000 des siens morts au Champ d’Honneur.

LIEUTENANT-COLONEL LEQUESNE

Dans l’épopée de la 1e Division Française Libre, le Lieutenant-Colonel Pierre LEQUESNE a une place qui fait de lui une grande figure de la France Libre.

Attiré par la vie militaire, il s’engage en 1923 à l’âge de 19 ans, et participe l’année suivante aux opérations du Maroc. Il y est cité et décoré de la Croix de Guerre des T.O.E. Devenu officier - après avoir suivi les cours de Saint-Maixent - il choisit de servir Outre-Mer et c’est au Levant que l’armistice de 1940 le surprend.

En 1941, au moment où la D.F.L. pénètre en Syrie, le Capitaine LEQUESNE rallie le Général de GAULLE avec la Compagnie qu’il commande. Les hostilités terminées, il s’emploie à regrouper autour de lui les Tirailleurs Nord-Africains, qu’ils soient Marocains, Tunisiens ou Algériens, et met sur pied des unités composées de volontaires prêts à continuer le combat.

A Beyrouth le 15 septembre 1941, il prend le commandement de la 22e Compagnie Nord-Africaine. Homme de caractère et d’expérience, il forme son unité avec un soin minutieux, attentif aux moindres détails, la voulant irréprochable.

En mai 1942, la 22e Compagnie partage depuis cinq mois au sein de la 1e Brigade du Général KOENIG, la vie rude que mène la VlIIe Armée Britannique dans le désert. Par un concours fortuit de circonstances, elle est appelée à renforcer la position de Bir-Hakeim. Avec le 3e Bataillon de Légion, elle forme la réserve dont dispose le Général pour contre-attaquer ou renforcer son dispositif lorsque le danger devient menaçant ; elle connaîtra les tirs intensifs de l’artillerie ennemie, les bombardements écrasants de la Luftwaffe, la résistance acharnée des groupes d’assaut allemands qui tentent d’ouvrir une brèche dans nos lignes.

Au cours de la contre attaqua du 8 juin, le Lieutenant ANDRE est très gravement blessé. Lors de la sortie, l’ambulance qui l’emporte dans un état comateux saute sur une mine et brûle. Tiré des flammes par l’ambulancier, il est laissé sur le terrain et sera sauvé par un médecin italien.

La 22e Compagnie a beaucoup souffert au cours de ces combats de Bir-Hakeim, ayant perdu 68 tues, blessés ou disparus, sur un effectif de 156 présents sur la position. Quatre mois plus tard, elle participe à la Bataille d’El Alamein, avec le 1e Bataillon de Légion dans le secteur d’Himeimat ; et c’est en Tunisie dans le Cap Bon, qu’elle sonnera l’hallali de l’Afrika Korps vaincu.

Le Capitaine LEQUESNE est alors fait Compagnon de la Libération le 2 juin 1943, avec la citation suivante :

"Officier énergique, modeste, de très haute valeur morale, a rendu les plus grands services militaires depuis son ralliement à la France Libre.

"Chargé de la mise sur pied des unités Nord-Africaines dans des conditions très délicates et difficiles. A commandé brillamment une Compagnie au cours des opérations de Libye, et a pris une part active et très efficace aux combats de Bir-Hakeim (juin 1942). A été engagé en premier échelon à l’attaque de l’Himeimat (octobre 1942) et dans les opérations de la libération de la Tunisie (juin 1943) ."

A partir de juillet 1943, l’afflux de volontaires venus d’Afrique du Nord, de France par l’Espagne et de Corse, permet à la Compagnie Nord-Africaine devenir un solide Bataillon fort de 800 hommes encadrés par 34 jeunes officiers plein de dynamisme. Sur leur calot bleu, ces soldats d’élite arborent la Croix de Lorraine ceinte d’un croissant, portant la fière devise "Vae Victis".

Le 27 avril 1944, le Commandant LEQUESNE débarque à Naples à la tête du 22e BMNA. Au jour "J", le Bataillon franchit le Garigliano et reçoit son baptême du feu. Malgré la violence des tirs d’artillerie et la puissance des contre-attaques, il remporte une coûteuse victoire : le tiers de ses effectifs, soit 214 des siens sont mis hors de combat, dont 55 morts. Sur 34 officiers. 5 été tués, dont le Capitaine Ait Idir MOKRANE et 11 blessés. Les dernières paroles du Sous-Lieutenant DUPORT , blessé à mort, lui qui ne croyait pas aux mots historiques, furent : "Je meurs pour la Liberté".

A San-Ambrogio, le 22e rend les honneurs au Général de GAULLE, accompagné du Général JUIN, commandant le C.E.F.I. Le Général accroche la Croix de Guerre au fanion, puis remet quelques décorations : le Révérend Père BIGO, aumônier, le Lieutenant TASSIN, le Lieutenant PIOBETTA sont faits Compagnons de la Libération, ce dernier a titre posthume. Le Commandant LANGLOIS reçoit la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur décernée à son frère tué à l’attaque du 11 mai.

Le texte de la citation à l’Ordre de l’Armée du 22ème BMNA est le suivant :

Magnifique Bataillon créé de toutes pièces par le Commandant LEQUESNE da des circonstances particulièrement difficiles en 1941.

"S’est distingué au cours de la campagne de Lybie et Tunisie. Vient à nouveau sous les ordres du Chef de Bataillon LEQUESNE de manifester ses remarquables qualités combatives et son admirable esprit de sacrifice, réalisant la percée décisive de la ligne "Gustav" dans le secteur Ouest du Garigliano, du 10 au 16 mai 1944 ".

Après avoir défilé en vainqueur dans Rome conquise, pavoisée de drapeaux rouges, au milieu d’une foule romaine en délire, le Bataillon poursuit son avance sous un soleil de plomb, dans une poussière effroyable.

Et c’est le 18 juin que la Division par la brutalité et la rapidité de son action rompt la dernière ligne "Hitler" sur laquelle le Maréchal KESSERLING tente de se rétablir. Le Capitaine MEZAN, officier prestigieux, tombe en tête de ses tirailleurs. Il ne pouvait mourir qu’un 18 Juin !

Après la prise de Radicofani, Lonte Gatona, Piaggo Villanova, la plaine de Toscane s’ouvre à l’entrée des forces françaises. En 45 jours de combats, la Division a perdu. 100 blessés dont 205 officiers. Elle laisse 700 tombes.

La campagne d’Italie est terminée, et le 16 août le moment tant attendu du débarquement en France est arrivé. Après avoir enlevé Carqueiranne, le BMNA participe à la prise de la place de Toulon puissamment défendue. De là, remontant la vallée du Rhône, il traverse le fleuve à Avignon et entre, avec les Fusiliers Marins, en libérateur à Lyon le 3 septembre.

Après la libération de Lyon, la 4e Compagnie du Capitaine NAUDET en appui des Fusiliers-Marins se porte sur Autun. En présence du Général BROSSET, les éléments retardateurs de la Xlème Armée allemande sont accrochés et détruits. Il y a là des F.F.I, le 2e Dragon et le 1e Bataillon de légion qui prend une part importante à l’affaire.

Mais l’avance a été trop rapide et le ravitaillement ne suit pas, le Bataillon s’arrête à cours d’essence. Puis, la Division fait mouvement vers les Vosges où elle arrive le 15 septembre sous une pluie torrentielle. La prise de contact avec l’ennemi est difficile et se heurte avec des allemands bien équipés, arrivés récemment de Norvège, et décidés à résister.

Quelques jours après, le 22e est en ligne à Frédéric-Fontaine. La route en lacets qui y mène est barrée de nombreux abatis minés. L’allemand est partout, ses tireurs d’élite perches dans les arbres abattent les hommes à coup sûr, et leurs mortiers pilonnent tout ce qui est à leur portée : villages, carrefours et Bosquets. A l’observatoire d’Eboulet, le Général et son Chef d’Etat-Major sont blesses par des obus de mortiers éclatant dans les arbres.

Dans la nuit du 1e au 2 octobre, le Bataillon attaque Eboulet après une courte préparation d’artillerie. Il échoue et de nombreux blessés des 1e et 2e Compagnies restent entre les lignes ; le Père BIGO se porte à leur secours. Il est fait prisonnier avec les infirmiers qui l’accompagnaient. On les retrouvera pendus, achevés à la mitraillette après avoir subi des tortures.

Ce héros et ce saint, rescapé de Dunkerque, était blessé dans un hôpital britannique lorsqu’il rallia la France Libre. Estimé de tous, il fut pleuré par tous ceux auxquels il se dévouait : les Tirailleurs de toutes confessions, ses amis.

La Compagnie NAUDET enlève dans un assaut irrésistible Eboulet. Elle y trouve quatre des nôtres assassinés après avoir été torturés.

Le lendemain 3 octobre, la fonderie de Ronchamp est occupée et la route de Clairegoutte ouverte. Malgré les mines et les pièges, les tirs d’artillerie, le 1e R.F. M. soutenu par le 22e, progresse jusqu’à la route de Belfort au sud de Champagney-le-Magny. Au cours de ces combats menés du 28 septembre au 3 octobre, 58 officiers, sous-officiers ou tirailleurs du 22e MNA. sont morts pour la France.

Faute de munitions, les opérations s’arrêtent le 10 octobre à 20 kilomètres de Belfort, on en revient à la guerre de position. Les tirailleurs sont encore en tenue de toile et ne possèdent qu’un paquetage d’assaut. Le reste de leurs affaires se trouve encore en Italie, dans les sacs entassés dans des remorques à l’échelon B. Les tirailleurs supportent avec peine l’apparition anormalement précoce d’un automne diluvien et froid.

Le 14 novembre, la bataille pour Belfort s’engage, la neige tombe sans arrêt, les rivières sont en crue, les champs inondés, les bois piégés. Notre Compagnon le Lieutenant PROST , chef de section de la 1e Compagnie est tué.

Le 20 novembre attaquant en direction de Plancher-les-Mines, la 3e Compagnie, commandée par le Sous-Lieutenant TABURET, seul officier encore indemne, atteint ses objectifs.

Le 21 novembre, le Général BROSSET adresse un ordre au jour aux unités de la D.F.L., qui sera son dernier message. Notre chef qui avait si souvent, joyeusement, défié les risques de la guerre, disparaissait dans le Rahin, torrent aux eaux grossies par les pluies.

Mais les événements se précipitent et la débâcle allemande commence. Au sein de la 1e Brigade, le 22e BMNA participe à la conquête de la vallée de la Doller. La 4e Compagnie du Capitaine ANTHONIOZ s’empare en force d’Oberbruck puis de Wegsheid et parvient jusqu’au RossDerg où il est fortement accroché puis contre-attaque.

Les 1e et 2e Compagnies prennent pied sur la rive sud de la Doller vers Amberg et Hahbul, puis occupent après de rudes combats Kirchberg ; la 3e Compagnie prend, malgré un feu nourri, Niederbruck et la liaison est faite avec la Légion, le Ballon d’Alsace est pris et la vallée de la Doller nettoyée.

Le Général EISENHOWER, accompagné du Général DEVERS et du Général de LATTRE vient féliciter le Général GAR3AY a son P.C., déclarant "La Première Armée Française restera dans l’histoire comme le vainqueur de Belfort, la 1e D.F.L. étant la première à avoir réalisé la percée."

J’étais alors le chef d’Etat-Major et j’assurai la permanence du commandement entre la disparition du Général BROSSET et l’arrivée du Général GARBAY, je fus promu sur le champ Lieutenant-Colonel.

Au cours de cette poussée victorieuse de 35 kilomètres, la Division a perdu 300 tués et plus de 1 300 blessés, mais l’ennemi a durement payé sa résistance laissant 750 prisonniers, plusieurs batteries d’artillerie et un matériel important entre nos mains.

Le 9 décembre 1944, le Commandant LEQUESNE est envoyé en mission au Levant. Promu Colonel, il doit prendre le commandement de l’Ecole de formation d’Elèves Officiers autochtones. Le Commandant BERTRAND lui succédera après l’intérim du Capitaine PALENC.

En 1947, le Lieutenant-Colonel LEQUESNE prend part, à la tête d’une Demi Brigade, aux opérations de pacification de Madasgacar. Il tombera à son tour en service commandé le 4 octobre 1947 à Ambalavao, victime d’un accident d’avion. Avec lui disparaissait un bon compagnon, un magnifique soldat.

Lorsque Von RUSTEDT, au dernier jour de 1944 déclenche sa puissante offensive sur le front des Ardennes, la D.F.L. est en déplacement. Elle interrompt son mouvement vers les poches de l’Atlantique pour défendre Strasbourg et à marche forcée remonte vers l’Alsace où elle récupère son fidèle 8e R.C.A (unité rattachée à la 1e D.P.L. durant la campagne d’Alsace.

Etirée sur soixante kilomètres de front, avec pour seul renfort le Groupement Mozart de la 5e D.B. et une Compagnie de la Brigade Alsace-Lorraine, la Division est attaquée le 7 janvier par deux Divisions Allemandes et un groupement S.S. L’ordre est reçu de "résister sans esprit de recul", la D.F.L. subit de plein fouet les attaques allemandes sans céder.

Le 9 janvier, le Général LECLERC adresse à son camarade de promotion GARBAY le message suivant : " La Division Française Libre a probablement sauvé Strasbourg après que la 2e D.B. l’a conquise. "

Le 10 janvier les avant-postes sont repliés, le 22e BMNA quitte Herbsheim. Auprès du Rhin à Obenheim, le BM 24 de la 4e Brigade isolé est anéanti, mais la ligne de résistance demeure intacte.

Le 12 janvier l’ennemi est définitivement arrêté, la Division a tenu et m gré de lourdes pertes, ses Bataillons ont contre attaqué avec des Compagnies souvent réduites à 30 ou 40 hommes. Et Strasbourg est sauvé.

Parmi les héros disparus au combat en Alsace, je citerai le Lieutenant BEL HADJ, Algérien né à Saïda, il avait rallié les Forces Françaises Libres et à Bir-Hakeim au péril de sa vie, avait sauvé son Commandant de Compagnie.

Médaillé Militaire, brave jusqu’à la témérité et vénéré de ses tirailleurs

Il fut mortellement blessé le 10 janvier ; il dit au docteur dont il recevait les soins : "le Lieutenant BEL HADJ va mourir, mais ça ne fait rien, vive la France !".

Suprême message de notre camarade algérien dont vous les jeunes et nous TOUS réunis devant ce monument devons-nous souvenir.

Mais la tâche en Alsace n’est pas terminée, après avoir sauvé Strasbourg, la D.F.L. reçoit l’ordre de participer à la libération de Colmar. Terrible épreuve subie sous la neige et par un froid de moins quinze degrés.

Fin janvier 1945 par un matin glacial, le 22e est engagé face au bois de l’Illwald. Le jour se lève à peine lorsque l’attaque démarre accueillie par un tir nourri de mitrailleuses qui balayent le glacis neigeux sur lequel les tirailleurs s’engagent.

Franchissant l’Ill, le Bataillon entreprend le nettoyage de la forêt où l’ad-versaire installé dans des abris sous rondins, résiste vigoureusement.

Le 29, avec l’Escadron de chars du 1e R.F.M., il occupe le bois d’Onnenheim malgré une vive résistance et, le 1e février, atteint le Rhin.

La Division a perdu en Alsace 5 356 tués, blessés ou évacués pour pieds gelés.

Le Général JUIN décide alors d’envoyer la Division dans les Alpes du Sud. Il s’agit de repousser l’ennemi au-delà de la crête frontière pour qu’il ne reste plus un seul allemand sur le sol de la France le jour de la victoire.

Le 9 avril, la Division attaque sur un front très étendu. La 4e Brigade s’empare de la citadelle naturelle de l’Authion, aux sommets culminant à 2 000 mètres, couronnés d’ouvrages fortifiés construits sur le modèle de la ligne Maginot.

La 13e D.B.L.E., appuyée par quatre chars légers du 1e R.F.M enlève La Gonelle, La Reole et enfin le fort de La Marta. La 2e Brigade dans le sud, a pour mission d’exécuter un large mouvement de débordement au long de la mer. Elle conquiert au lance-flammes l’ouvrage de la Cime du Bosc, que lui disputent jusqu’à la nuit de violentes contre-attaques. Le 20 avril le village de la Piena ne cède à la 2e Brigade qu’après un assaut du 22e BMNA. qui va jusqu’au corps à corps.

Près de Vintimille disparait un des premiers compagnons du Général de GAULLE le Lieutenant Jean FEVRE, dernier officier de la 1e D.F.L. à trouver la mort au cours de cet ultime combat. Il avait montré, disait une de ses citations : " un rare courage, un calme réfléchi, un esprit de décision exceptionnel" au cours de ses campagnes d’Italie et de France. "La mort ne surprend jamais le soldat ", disait-il.

A l’annonce de la mort de son frère ainé, le Lieutenant tué à Rethel, le 9 juin 1940, il confie à l’un de ses camarades "moi aussi je ne reviendrai pas".

A défaut d’éloquence, les chiffres ont une signification : c’est ainsi que le 22e BMNA au cours de ses quatre années de guerre a tué plus d’un millier d’ennemis et fait 2 000 prisonniers.

Il a mérité deux citations à l’ordre de l’Armée et la fourragère de la Croix de Guerre. Douze des siens furent faits Compagnons de la Libération.

Mais ce Bataillon d’élite devait payer d’un lourd tribut ses succès. 305 des siens, dont 17 officiers, sont tombés au Champ d’Honneur, et il compte un millier de blessés.

Dans deux hauts lieux de France, reposent deux officiers du 22e BMNA., témoins de la valeur de leur engagement au service de la France, ils sont là pour servir d’exemple aux générations futures :

► Le Lieutenant Stéphane PIOBETTA, Compagnon de la Libération, normalien, est enterré dans la Crypte de la Sorbonne, il représente l’Université Combattante.

► Le Sous-Lieutenant DUPORT, instituteur, dont les cendres sont au Mont Valérien, où il représente les morts de la Campagne d’Italie.

Trois autres témoins de "L’Epopée de la reconquête" menée par la 1e D.F.L.

reposent également au Mont Valérien :

► Le Caporal MOURGUES du B.I.M.P tué le 1e novembre 1842 a El Alamein,

► Le Tirailleur NABOULKEDE du BM 24 tué le 23 août 1944 devant Toulon.

Le Matelot-Fusilier BRIERE du 1e R.F.M. tué le 23 novembre 1944 dans les Vosges près de Giromagny.

Après son allocution, le Général SAINT HILLIER, le Président René ROBERT, et le fils du Commandant LEQUESNE, dévoilent la plaque offerte par le Bataillon, qui a été scellée auprès du monument, à la mémoire de leur Chef et de tous les disparus du 22e BMNA, depuis le 1e septembre 1941 en Syrie, jusqu’à l’armistice du 8 mai à l’Authion.

Le dévoilement de cette plaque, marquera la fin des cérémonies sur cette "Place au 22e BMNA à Eboulet, au cours desquelles le Colonel GUILLAUMET Président d’Honneur de la 1e D.F.L., nous a fait l’honneur d’assister.