Nod-sur-Seine : le 13 septembre 2014

A l’invitation de M. le Maire de Nod-sur Seine, M. Dominique Bayen, du président départemental de la 1e DFL, M. Pierre Albert, et du président départemental de la 2e DB, M. Louis Berthou, nous avons assisté à la traditionnelle cérémonie du souvenir de la jonction des unités de la 1e DFL et de la 2e DB.

De nombreuses personnalités étaient présentes : le président national de l’association de la 2e DB, le colonel Maurice Courdesses, la secrétaire générale de l’Amicale de la 1e DFL, Mme Yvette Buttin-Quelen, accompagnée de M. Pierre Saint-Hillier, conseiller du président Noël Murati, hospitalisé, et le colonel Michel Billard, vice-président de l’ADFL, du président du conseil général de Côte d’Or, député et ancien ministre, M. François Sauvadet, du général Bruno Cuche, président de la Fondation Maréchal Leclerc, du général de gendarmerie Favier, du colonel Pierre Real, commandant la base aérienne de Dijon, du préfet de la Côte d’Or, M. Eric Delzant et de nombreux élus locaux.

La journée commença par une messe célébrée par le père Houdart en l’église saint Martin de Nod-sur-Seine, où les invités entrèrent en procession devant un cortège de porte-drapeaux.

Nous nous retrouvâmes ensuite devant la superbe stèle matérialisant le lieu de la jonction qui eut lieu le 12 septembre 1944 au grand étonnement des habitants. Là, des véhicules d’époque nous attendaient avec des équipages en uniforme de la guerre 39-45 et des enfants habillés comme en 1944, jouant aux galets. Les véhicules s’approchèrent les uns vers les autres et se rencontrèrent devant la stèle sous les applaudissements de l’assistance. La fanfare joua et nous chantâmes le chant des Africains.

Enfin, la cérémonie fut ouverte et annoncée par Mme Bertaux, fille de M. Pierre Albert, hospitalisé, et remplacé pour l’occasion par le colonel Baron. Les orateurs se succédèrent au micro : M. le maire prit la parole, puis le colonel Baron (c’était l’année de la 1e DFL, car chaque année le discours est prononcé par le président d’une des unités en alternance) retraça avec émotion les évènements de ces journées de 1944.

Le Président du conseil général, M. François Sauvadet retraça les glorieux parcours de la 2ème DB et de la 1e Armée et de leurs chefs, le général Leclerc et le général de Lattre de Tassigny et plus particulièrement l’épopée de la 1e DFL commandée par le général Brosset.

Enfin le dernier mot revint à M. le Préfet de Côte d’Or qui conclut brillamment la série des discours.

Il fut alors procédé à des dépôts de gerbe par M. le Maire et M. le Président du conseil général, puis par la 1e DFL et la 2e DB conjointement, et enfin par M. le Préfet.

Après la minute de recueillement, la fanfare joua la Marseillaise puis les chants de la 1e DFL et de la 2e DB. M. le Maire nous convia alors à un vin d’honneur dans la cour de la mairie, joliment aménagée de barnums sous les arbres centenaires.

Un convivial déjeuner nous attendait à la salle des fêtes de la commune voisine de Chamesson, où nous eûmes le temps de fructueux échanges et de magnifiques rencontres avec anciens, porte-drapeaux, familles et membres du conseil municipal. Quelques médailles furent échangées et le général Cuche, qui présida le comité de la flamme, offrit à quelques uns un très beau livre sur la Flamme. A la fin du repas, M. le Maire accomplit un sympathique tour de table avec une bouteille de goutte à la main.

Quelques uns repartirent déposer une gerbe sur la tombe du capitaine Rendu à Saint-Marc-sur-Seine.

Nous regagnâmes nos foyers avec la tête pleine du souvenir de cette belle journée ensoleillée et de belles rencontres.

70e ANNIVERSAIRE de la JONCTION – 2e DB et 1e DFL

Par le Colonel Maurice BARON

C’est un réel bonheur pour nous, les Anciens de vous voir à nos côtés, pour le 70e anniversaire de la jonction des 2 seules Unités de la France Libre : La 2e Division Blindée et la 1e Division Française Libre. Soyez-en vivement remerciés.

Je commencerai mon propos en ayant une pensée, à laquelle je vous prie de vous associer, pour notre dévoué président, Pierre ALBERT, hospitalisé depuis juillet et auquel nous souhaitons un prompt rétablissement.

Je salue respectueusement les autorités civiles et militaires, lesquelles prouvent, par leur présence, leur attachement au devoir de mémoire : Monsieur le Préfet de Région Bourgogne, Messieurs les Parlementaires, Messieurs les Députés, Sénateurs, Président du Conseil Régional, Départemental, Messieurs les Maires. Je salue avec le même respect, le Général Gouverneur des Invalides, le Général Bruno CUCHE, le Général Commandant la Gendarmerie de Chatillon, Messieurs les officiers, sous-officiers et militaires de tous rangs, gendarmes, policiers, Associations d’anciens combattants, porte-drapeaux toujours fidèles à toutes nos cérémonies, pompiers, infirmiers, ainsi que tous les participants venus apporter leur contribution à cette cérémonie du souvenir.

Je suis particulièrement sensible à la présence de notre Secrétaire Nationale Madame QUELEN, veuve de l’ancien président national qui a tant fait pour que perdure le souvenir des combats menés par sa chère DFL. Elle est accompagnée par le fils et la fille du Général SAINT HILLIER, ancien président national, fidèle entre les fidèles, qui ne manquait jamais un anniversaire ici à Nod et c’était pour tous un bonheur de le voir et l’écouter.

Au nom des Anciens Combattants des deux divisions, je tiens à exprimer mes remerciements et ma profonde gratitude à Monsieur le Maire de Nod, ainsi qu’aux membres du Conseil Municipal et des 250 habitants du village, lequel nous accueille depuis tant d’années avec gentillesse, spontanéité et générosité, malgré le coût des commémorations.

Merci à mon compagnon, Louis BERTHOU, président actif de l’amicale des anciens combattants de la 2e DB qui met tout son cœur, sa compétence, son expérience afin de perpétuer le souvenir de ce que fut cette grande et belle Division, veillant scrupuleusement à l’ordination et au bon déroulement de chaque cérémonie.

C’est donc ici qu’eut lieu, il y a 70 ans, la jonction. La 2DB, commandée par le légendaire Général LECLERC, débarquée en Normandie, poursuivait après avoir libéré Paris son offensive vers Strasbourg, alors que la 1e DFL, commandée par le fougueux Général BROSSET, débarquée en Provence, remontait la Vallée du Rhône. Et c’est au sein de la Première Armée Française, commandée par le Général de LATTRE de TASSIGNY, qu’elles allaient reprendre leur marche victorieuse.

Je vais brièvement, compte tenu du temps qui m’est imparti, vous relater le long périple de la 1e Division Française Libre, dont on a peu parlé, sans doute, en raison de la modestie de ceux qui en ont fait l’Histoire. Dans un souci du Devoir de Mémoire, les survivants de cette glorieuse épopée, ont souhaité appeler l’attention de la jeunesse actuelle, sur le sacrifice de ces garçons qui ont laissé leurs 20 ans et parfois leur vie, sur le long chemin de la liberté.

Le 27 février 1946, le Général de GAULLE, voulant lui rendre hommage, écrivait : Ce qu’a su faire la 1e Division Française Libre, ce qu’elle a su faire par le cœur, le corps, les armes de ceux qui en étaient, ce qu’elle a su faire avec ses chefs, Koenig, Brosset, Garbay, ses officiers, ses sous-officiers et ses soldats, c’est un rocher, que les vagues du temps ne pourront détruire à jamais, c’est pour toujours un défi lancé à ceux qui doutent de la France .

Il faudrait des pages et des pages pour rapporter la geste fabuleuse des combattants de cette 1e DFL car, entre 1940 et 1945, le chemin a été bien long du Moyen-Orient au Rhin : Erythrée, Syrie, Bir-Hacheim, El-Alamein, Tobrouck, Tunisie, Italie et enfin la France avec les points forts de Toulon, Dijon, Autun, Besançon, Belfort, les Vosges, l’Alsace avec Colmar et Strasbourg puis, à nouveau, les Alpes et l’Italie du Nord. La 1e DFL a vécu la plus grande aventure de tous les temps, fait plus de campagnes et traversé plus de pays que les troupes d’Alexandre le Grand, de Gengis-Khan ou de Napoléon.

De tous ces sacrifices consentis pendant 5 années de souffrance, d’exil et d’espoirs, de cette éblouissante série de victoires amassées au prix de lourdes pertes, demeurent et demeureront, non seulement 4 citations à l’ordre de l’Armée, le souvenir de 102.700 prisonniers, glanés sur tous les champs de bataille, de dizaines de milliers de kilomètres parcourus dans le sable, la boue et la neige par monts et par vaux, non seulement le culte des 4 .000 morts qui jalonne la voie de peine et d’efforts de tous ces guerriers venus des quatre coins du monde et unis sous le signe de la Croix de Lorraine ; Infanterie de marine, Bataillon de Nord-Africains, où vivaient et combattaient côte à côte, des algériens, des marocains , des tunisiens, puis des antillais, des syriens, des indochinois, des pondichériens et des français sortis des maquis, évadés de la métropole et des prisons de la Gestapo.

Tous ces artisans de la reconquête ont sauvé et maintenu avec l’honneur et l’unité de la Patrie, l’irréductible dignité des hommes libres.

Plus d’un, tantôt surpris par ce qu’il voit dans le train – train de vie -, dans le flux et le reflux des intrigues et des ambitions, tantôt rassemblant des lambeaux de souvenirs et de songeries, ou bien évoquant l’ombre des compagnons disparus, aime à se répéter, avec une pointe de mélancolie, certes, mais avec tout de même, une foi dans l’avenir de la Patrie, que leurs sacrifices n’auront pas été vains.

 
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