PASQUINI col Pierre

15/02/1921 - 10/03/2005

Grade : lieutenant

Unité : DCR/QG 50

 

Français Libre

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  • Croix de Guerre
 

À propos

Ralliement : tunisie (juin-43)

Date de décès : 10/03/2005

 

Notes

Italie

Écrits

Corse, premier vice-président de l’Assemblée nationale de 1962 à 1967 puis de 1978 à 1980 et maire de l’Ile rousse Pierre PASQUINI est né le 16 février 1921 à Sétif (Algérie), Pierre Pasquini était ce qu’il est convenu d’appeler un gaulliste historique . Engagé au cours de la Seconde Guerre mondiale dans les Forces françaises libres, il n’avait jamais renié sa fidélité intransigeante au général de Gaulle. Fidélité d’ailleurs récompensée, puisqu’il fut ministre, député de Nice et de la Corse (de 1958 à 1967, puis de 1978 à 1981), et par ailleurs maire de l’Île Rousse. Pierre Pasquini, licencié en droit et ès lettres fut avocat au Barreau de Nice ; De 1947 à 1965, adjoint au maire de Nice, et député UNR des Alpes-Maritimes sans discontinuer de 1958 à 1967 (1e circonscription, Nice I, II, III) ; De 1978 à 1981 député RPR (Rassemblement pour la République) de Haute-Corse, 2e circonscription ; De 1962 à 1965 puis de 1978 à 1979 Vice-président de l’Assemblée nationale ; Le 18 Mai 1995 : Ministre des Anciens Combattants et Victimes de guerre du premier gouvernement Juppé ; Le 7 novembre 1995 : Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Anciens Combattants et Victimes de Guerre du deuxième gouvernement Juppé ; De 1971 à 2001 Maire de l’Île-Rousse (Haute-Corse).

Croix-de-Guerre (1939-1945), médaille de la France libre, Officier de la Légion d’honneur. ( d’après le site Nice Rendez-vous)

Témoignage de Rolf WEINBERG* (ancien du QG 50) en 2006

De retour à la division, le général Diego BROSSET, sur ordre du général DE GAULLE, m’a convoqué au QG 50.

Après un long entretien en espagnol, langue que nous parlions tous les deux couramment, il m’a informé que j’étais muté au premier DCR, QG 50, une unité considérée comme unité d’élite.

Je me suis trouvé là avec le sous-lieutenant Pierre PASQUINI. Je pense que rarement pendant cette guerre on n’a pu trouver des êtres aussi humains que Diego BROSSET et Pierre PASQUINI.

J’ai pleuré comme un enfant lorsque le général BROSSET est mort pour la libération de la France.

Après la guerre, je suis resté en contact avec Pierre PASQUINI et nous sommes devenus de bons amis.

Il a joué, à un moment donné, un rôle important dans ma vie.

La perte de ces deux hommes, Diego BROSSET, qui n’avait que 46 ans et Pierre PASQUINI, décédé le 1e mars 2006, a été très douloureuse pour ceux qui les ont connus et se sont battus à leurs côtés.

Nous n’oublierons jamais nos camarades qui ont donné leur vie pour libérer la France de ses occupants méprisables et criminels . "

* Rolf Weinberg nous a quittés le 23 juin 2011 


Texte de l’Allocution de Maître Pasquini

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Allocution de Maître Pierre PASQUINI

Ancien Ministre des Anciens Combattants
Maire d’Ile Rousse

Prononcée le 02/10/1999, jour de l’inauguration du Mémorial National de la PREMIERE DIVISION FRANCAISE LIBRE, à HYERES LES PALMIERS

Mesdames, Messieurs,
Mes chers camarades, je vous salue tous

Nous étions ici quelques milliers, c’était il y a cinquante cinq ans.

C’était le 21 août 1944 et c’était un Lundi. Un fait unique au monde s’était produit six jours auparavant. La Première Division Française Libre avait débarqué au petit matin, dans la baie et sur la plage de Cavalaire.

La Première Division Française Libre avait ceci de particulier, que tous les hommes, les femmes qui la constituaient n’étaient que des volontaires. C’était des gens qui voulaient faire la guerre pour leur pays et qui voulaient libérer leur pays.


C’était la seule Division de France, qui jamais, ne fut composée que de volontaires, qui avaient répondu, à l’appel du 18 juin 1940 de Charles de GAULLE. Le Général attendait des politiques, il n’en vint pas, il attendait l’Académie Française, elle ne vint pas.

Mais vinrent les gens de l’Ile de Sein, vinrent les gens de la 13e demi Brigade de la Légion étrangère, vinrent les gens de tous les coins du monde, ce qu’un Rostand d’un temps moderne aurait pu appeler les petits, les obscurs, les sans grades et, c’est ainsi que la Division fût constituée de la 13e Brigade de la Légion Etrangère qui revenait de Narvik.

Elle s’enrichit des gens de Polynésie, de Tahiti, qui constituèrent le BIMP, il y eut les fusiliers marins, il y eut des Régiments d’Afrique du Nord au fur et à mesure que les territoires se ralliaient il y eut le 22e BMNA, il y eut des Syriens, des Libanais, des Malgaches, des Antillais, des gens des Comptoirs des Indes, et ce fait unique qui s’était produit six jours auparavant et que nous n’avons jamais lu dans les livres d’histoire de notre Pays ou l’éducation nationale a des lacunes graves, c’était la première fois que les gens venus de tous les coins de ce que l’on appelait les colonies venaient libérer la France.

Le fait était sans précédent et il n’aura pas de successeur, l’objectif était atteint nous vivions notre rêve. Bien sur que nous nous sommes agenouillés sur la plage, bien sur que certains d’entre nous avaient embrassé le sable et que notre regard s’était porté vers le ciel pour dire à la vierge, Mère voyez vos fils, qui se sont tant battus.

Notre choix avait été déterminé, dés juin 40 où plus tard, mais l’histoire était déterminée par ce choix par ce que nous avions 17 ans, 20 ans, et que nous avions a en décider entre deux appels, l’appel d’un Maréchal qui était une gloire nationale qui nous disait qu’il fallait capituler et l’appel d’un Général inconnu qui sur une rive étrangère nous disait, il faut continuer le combat.

Il est curieux, que la providence voulut que notre choix ait été en quelque sorte dicté par Charles PEGUY qui avait été tué en août 1914 sur la Somme et qui avait déjà écrit, à la guerre précédente lorsqu’il fallut s’asseoir à la croisée de route et choisir le regret d’avec le remord, lorsqu’il fallut s’assoir aux coins des doubles sorts et fixer le regard sous la culée des deux voûtes, vous seule maîtresse du secret saviez que l’un des deux chemins allait en contre bas et vous saviez aussi choisir nos pas. Non tant par vertu car nous n’en avions guère et non par devoir car nous ne l’aimions pas, mais par besoin de se mettre dans l’axe de détresse.

C’est ce qu’on fait les volontaires de la Première Division Française libre, au point que notre chef et nous n’en avions qu’un en réalité, avait pu nous dire : mes compagnons, soyez purs, fermes, fidèles, il y a au bout de votre route la plus grande gloire du monde, celle des hommes et des femmes qui n’ont jamais cédé.

Etions nous courageux, étions nous, nous qui étions en quelques sortes des aventuriers, au point d’avoir quitté notre pays pour suivre un chef que personne ne connaissait, pour continuer à nous battre pour notre pays. Etions nous particulièrement courageux, non, non pas du tout, nous ne l’étions pas plus que d’autres.

Certes nous avions nos condottieres, nous en avions qui étaient plus forts que la moyenne mais en réalité nous étions tous semblables, et je ne manque jamais l’occasion de citer à la cantonade, le lieutenant André ZIRNHELD, un SAS français libre, mort en Libye, et sur lequel on avait trouvé dans ces vêtements une supplique qui disait entre autre : donnez moi mon Dieu ce qu’on vous demande jamais, je ne vous demande pas mon Dieu le repos, ni la tranquillité, tout cela mon Dieu vous ne devez plus en avoir, donnez moi ce qui vous reste, donnez moi l’insécurité, la tourmente, donnez moi l’inquiétude et la bagarre, et donnez les moi définitivement car je n’aurai jamais le courage de toujours vous le demander.

Honneur, Honneur à ceux qui ont réalisé le Mémorial de la DFL, Honneur à toi Guy qui l’a conçu, et vous êtes en réalisant ce Mémorial sans doute, après, vous êtes un morceau de la mémoire de la France. Mémoire, je vous dis à vous tous qui êtes ici, et y êtes fidèles, alors ne doutez pas que dés aujourd’hui, ce soir, cette nuit, demain, ce monument sera entouré par les grandes ombres de ceux qui furent nos chefs.

Bien sûr qu’AMILAKVARI, le Prince géorgien tué à El Alamein s’y trouvera, bien sur que Amiot d’INVILLE le pacha des fusiliers marins tué en Italie s’y trouvera, bien sûr que le colonel Laurent CHAMPROSAY l’artilleur tué également en Italie, bien sûr que le colonel BROCHE tué à Bir Hakeim, que DEMAISONS le capitaine de la Compagnie lourde, celui qui avait créé la chanson : un français de fusillé c’est un français libre, honneur, patrie, liberté, il sera vengé. Oui c’était ça nos hommes, c’était ça nos chefs, ils seront là. Le lieutenant FEVRE le dernier officier français de la DFL, tué le 21 avril 1945, alors que la cessation des combats sans condition devait sonnée le 8 mai.

Pour tous, et pour tous les survivants qui sont ici, les Corses qui sont venus de leur Ile et qui témoignent qu’en Corse tout le monde n’est pas comme les Médias le disent pour les crimes. Pour tous s’est vrai que tout a été dur, sauf le service rendu à la France.

Alors à mon tour je salue nos souvenirs, je salue l’immense, cohorte de ceux qui sont encore là et qui avec ceux qui ont disparu, ont pu ; comme nous l’avait dit un jour, le Général de GAULLE : Oui nous pouvons regarder la terre sans rougir et nous pouvons regarder le ciel sans pâlir .


RETROUVEZ LE MEMORIAL NATIONAL D’HYERES-LES-PALMIERS SUR LA CARTE DES CHEMINS DE MEMOIRE DE LA DFL

Présentation du Memorial d’Hyères par Guy Vadon le 19 mai 2010

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pres_vadon-33974.pdf

 

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