PAULHIES Maurice

25/05/1923

Grade : sergent

Unité : BM 4

 

Français Libre

 

À propos

Profession : etudiant

Ralliement : tunisie (juin-43)

 

Écrits

A Carmaux où il habite, le jeune Maurice Paulhiès et quelques-uns de ses camarades provoquent les autorités en peignant des slogans gaullistes ou en perturbant des cérémonies officielles. Ces adolescents ne se rendent pas compte du danger, un des leurs sera déporté pour de tels faits et décédera à Buchenwald. Envoyé au lycée de Tunis pour poursuivre sa formation d’élève-maître, il se fait remarquer par son refus d’entrer dans les organisations de jeunesse pétainistes. En novembre 42, on annonce le débarquement des Américains mais ce sont les Allemands qui arrivent à Tunis, Maurice Paulhiès rejoint alors Béjà à l’ouest de Tunis en même temps que les premiers parachutistes anglais et part à la recherche des Gaullistes.. Mais c’est dans l’armée française obéissant au général Giraud qu’il est mobilisé. Il déserte pour s’engager dans l’armée des Français libres qu’il rejoint à 20 ans, fin mai 1943. Entraînement en Tripolitaine, puis la 1e DFL est engagée à Monte Cassino où elle force le passage au prix de lourdes pertes. Epuisé par une jaunisse, Maurice Paulhiès refuse de rester à l’hôpital et participe au débarquement de Provence du 15 août 1944. Il retrouve enfin le sol de France. La progression de l’armée vers le nord est stoppée en Alsace dans la région de Sélestat et ne reprend qu’au prix de combats extrêmement meurtriers. Au printemps 1945, l’unité de Maurice Paulhiès est chargée de prendre les positions retranchées que les Allemands ont conservées dans le Mercantour (Sud des Alpes). Le 8 mai 1945, c’est la victoire, mais il est le seul sous-officier encore en vie parmi ceux partis avec lui de Tripolitaine.

Récit du Pélerinage à BIR HAKEIM 2002

Avant de clore cette année BIR HAKEIM 2012, revenons un peu sur le voyage que la 1e DFL avait organisé en 2002, afin de commémorer le 60e anniversaire de cette terrible bataille.

Nous sommes 44.

Nous arrivons à TRIPOLI. Nous visitons le 2e jour LEPTIS-MAGNA, le 3e jour TOBROUK d’où, le 4e jour, nous nous déplaçons à BIR HAKEIM puis nous visitons les cimetières. Le 5e jour, nous filons vers TRIPOLI avec arrêt à CYRENE-APPOLONIA, BENGHAZI …. et retour.

Dans son compte-rendu, sous le titre Mais où sont les sables d’antan , notre ami Maurice PAULHIES, du BM 4, relate ce très émouvant et magnifique voyage.

Yvette Quélen, septembre 2012

MAURICE PAULHIES RACONTE :

7 avril 2002 : Peut-on parler de piste ? Le chauffeur du minibus qui nous brinquebale sans arrêt semble guidé par les traces du véhicule qui mène la course, plutôt que par les petites pyramides de cailloux, plantées tous les cent ou deux cents mètres, indiquant la direction à suivre.

Le paysage paraît rigoureusement plat et pourtant , le panache de poussière soulevée par la camionnette de tête disparaissait, de temps en temps, dans les milles ondulations du terrain.

J’ignore pourquoi l’homme au volant s’obstine à rouler assez loin des jalons, constitués de plus en plus souvent de touques d’essence, que nous connaissons bien, rouillées et remplies de cailloux, évitant aussi les traces des roues de son chef de file.

Son collègue roule quelques fois en parallèle et vient même se coller à nous pour, se penchant à la portière, se ravitailler en cigarettes.

Le PARIS-DAKAR ? … Pas du tout !

Je regarde l’aiguille du tableau de bord qui oscille entre 3 et 20 kilomètres à l’heure, rarement à 30. Une petite inquiétude taraude mon esprit en constatant que les arêtes des pierres blanchâtres, qui parsèment la surface du sol, paraissent très coupantes. Les passagers ne sont pas très bavards. Peut-être déjà l’émotion ressentie en arrivant en vue du monument de BIR HACHEIM au bout d’une heure environ.

Nous quittons nos véhicules et avançons, dispersés ou par petits groupes, vers l’enceinte. Nous savions que l’entretien laissait à désirer, mais, aucun de ceux qui n’étaient jamais venus là, n’osait croire à ce que révélaient nos yeux : la clôture démolie en plusieurs endroits, les croix arrachées, brisées, dispersées ! Une dame s’agenouille près de la ferraille torturée ayant armé le ciment d’une croix . Elle tente en vain de rassembler les éclats de la plaque devant porter le nom d’un disparu… D’autres recueillent de petits bouts de barbelé rouillé ou des coquilles de ces gros escargots blancs dont on se demande comment ils survivent dans pareil univers, ricordo, souvenir comme nous disaient, je crois, les Italiens… Beaucoup emporteront un peu de ce sable que le vent entasse au pied des touffes sèches, seule et maigre végétation dans cette nature hostile à la vie.

Et puis, nous nous rassemblons au pied de la pyramide construite par les gars de la Légion. L’émotion initiale, mêlée de surprise malgré tout ce que chacun a pu lire dans nos bulletins et les livres consacrés à cet épisode de la guerre, a fait place à l’incompréhension, à l’indignation. Les commentaires de plusieurs expriment même leur révolte contre les responsables de la désolation du site : ils doivent bien exister !!!!!!

La rugosité de nos réactions s’expliquait sans doute aussi par les visites faites au mémorial allemand puis au cimetière britannique de TOBROUK.

Le premier surprend celui qui ignore ce qu’il représente. De loin on se demande : Fort Turc ? Espagnol ? Forme carrée, sûrement pas du Vauban… Du solide. De hautes alvéoles aménagées tout autour de l’espace intérieur et tapissées des quelques 6 000 à 7 000 noms de soldats allemands disparus dans les combats ; le tout en mosaïque très fine. Impressionnant.

Le cimetière britannique se révèle conforme à ce que nous connaissons déjà ailleurs de leur savoir-faire. Impeccable. Ces croix de marbre blanc, aux inscriptions très précises : nom, prénom, nationalité (nous y trouvons celles de quelques français), confession, unité, date de naissance et du décès…

Nous commençons à être déçus au cimetière français de TOBROUK, mais alors, à BIR HAKEIM !...

Nous écoutons les commentaires, les explications des Anciens , prenons les photos que nous montrerons aux amis, aux enfants, avant de nous recueillir… Nos deux drapeaux s’inclineront lors des sonneries enregistrées par notre compagnon ROBEDAT.

Ce n’est qu’ensuite, lorsque nous pousserons jusqu’aux ruines du fortin italien qui dominait la position que je me rendrai réellement compte des dimensions et du relief de l’emplacement.

Nous poussons le snobisme (dixit J.M.) jusqu’à pique-niquer à quelques mètres du mur d’enceinte, les plus souples assis sur une pierre de vingt à trente centimètres (il n’y a rien de plus haut), sous le soleil quand même, mais le vent est très frais.

Notre petite caravane de minibus rejoindra ensuite la grande route où nous attend le car. Les organisateurs du voyage ont poussé le souci du détail jusqu’à nous faire subir une tempête de sable dans le dernier quart d’heure de piste ! Ambiance garantie… et réussie !

Je pense que d’autres avaient, comme moi, choisi de participer à cette randonnée en LIBYE parce qu’elle nous donnait surtout l’occasion de cette expédition à BIR HAKEIM. Nous en profitâmes pour découvrir certains hauts lieux de l’histoire méditerranéenne, plus magnifique et grandiose les uns que les autres, et nous rendre compte de l’évolution du paysage depuis notre séjour à ZOUARA en 1943.

Déjà, avant notre atterrissage, j’avais remarqué, pendant les dix ou quinze dernières minutes de vol, que les cultures, apparemment beaucoup d’oliveraies, remplaçaient ce qui, dans mes souvenirs se rapprochait davantage du désert.

Notre guide nous emmena après un temps consacré à notre installation dans les chambres, parcourir les rues de la médina . Je ne risquais pas de m’y reconnaître puisqu’elle se trouvait of limites quand nous venions en permission de la journée.

Nous partions le lendemain, de bonne heure, pour LEPTIS-MAGNA que nous visitions en deux temps, la partie où se trouve le théâtre occupant l’après-midi. Je demeure surpris par les dimensions de ce comptoir phénicien et la largeur de ses voies. A misi, nous inaugurons la série des repas qui nous seront servis tout au long de notre périple. Assiette de crudités, soupe libyenne, dont je ne me lasserai point. J’apprécie les mets bien relevés d’Afrique du Nord, poulet au riz et aux frites accompagné souvent d’un morceau de viande de mouton. A SABRATA, le poulet sera remplacé par une belle daurade individuelle et nous aurons droit à un couscous marocain le dernier soir à TRIPOLI, si j’en crois J.M. car je demeure un fervent du couscous tunisien et cela n’avait rien de commun. Comme boisson nous aurons toujours de l’eau à volonté, souvent des jus de fruits et le thé à la menthe terminait les repas.

Malgré le vent très fort, des familles entières de citadins profitaient de leur vendredi, jour de congé chez les musulmans, pour se détendre sous les oliviers. La présence des voitures, garées à proximité de la route, me laissait penser qu’il s’agit d’habitants de TRIPOLI.

C’est en Boeing 727 que nous rejoindrons BENGHASI avant de nous lancer pour une étape de 450 km en car vers TOBROUK. Heureusement notre véhicule est très confortable mais j’ai l’impression d’avoir roulé tout au long d’une interminable ligne droite seulement coupée, assez régulièrement, par les contrôles de police fixes qui quadrillaient les routes. En réalité, nous fîmes halte dans un fondouk (caravansérail) où nous allions nous dégourdir les jambes pendant que notre guide faisait préparer des sandwiches au thon pour ne pas nous retarder.

Le matin, j’ai observé les enfants se rendant à l’école en remarquant qu’il n’y avait pas plus de foulards que chez nous.

Les champs sont cultivés et la plus petite des habitations rustiques possède une de ces paraboles aux surprenantes dimensions que nous avons évidemment repérées à presque tous les balcons des immeubles des villes. Il a plu récemment, comme le prouvent les flaques d’eau, mais cela ne suffit pas à expliquer l’état général des cultures. L’irrigation doit utiliser l’eau fossile de la grande rivière . On expose bien volontiers, dans les squares de tripoli ces énormes éléments de canalisation de 4mètres de diamètre sur 7 mètres de long.

Si je mentionne que nous arrivons à l’hôtel à 19h30, c’est parce que nous nous réunîmes autour de Jacques ROUMEGUERE, ancien de BIR HAKEIM avec le RA, pour qu’il nous explique, avant le repas et notre visite du lendemain, le POURQUOI ? de BIR HAKEIM. Nous avons donc passé notre dimanche de Pâques à TOBROUK et BIR HAKEIM. 

Notre équipée dans le désert terminée sous la pluie, nous appréciâmes le chauffage de notre chambre en arrivant à l’hôtel à EL BAIDA. Les imperfections de l’installation électrique pourraient expliquer les pannes d’ascenseur… et un repas qui débuta aux chandelles.

Il fallait se lever tôt pour aller admirer l’agora et la victoire de Samothrace dans les ruines de la ville grecque de CYRENE.

Malgré les apparitions timides du soleil, le froid continue à transpercer mon coupe-vent. L’altitude (800m.) et l’exposition magnifique de la partie religieuse de la cité au-dessus de la plaine verdoyante me font penser à DELPHES. La température sera heureusement plus clémente quand nous irons admirer les restes des trois basiliques et le port d’ APOLLONIA.

Nous reviendrons à CYRENE le lendemain pour faire la connaissance d’un temple de Zeus, le plus grand d’Afrique construit sur le modèle du Parthénon au Ve siècle avant J.C.

Du petit aérodrome d’EL BEIDA, je retiendrai la minutieuse fouille de ma sacoche, avant l’embarquement, assez désordonnée dans le 727 qui nous ramenait à TRIPOLI.

31 ! Que c’est bon !

Ah ! Je vais revoir SABRATHA. Auparavant, nous visitons le très beau musée de TRIPOLI dont nous comprenons d’autant mieux tous les éléments maintenant que nous avons circulé dans plusieurs sites archéologiques. Je ne connaissais que le théâtre ; notre intérêt n’allait pas aux ruines phéniciennes lorsque nous avions 20 ans ! d’autant, qu’à la même époque, j’avais été très déçu par ce qu’on trouvait à CARTHAGE. SABRATHA mérite plus qu’un détour. De la ville actuelle, je note son extraordinaire extension et la hauteur du minaret en construction aperçu au loin dans la brume de chaleur (108m.).

Avant de rejoindre l’aérodrome du départ, on nous laissa près de deux heures pour nous promener librement dans la capitale. L’architecture, les larges avenues, rappellent l’occupation italienne et réveillent en moi quelques souvenirs d’une permission, d’une photo d’identité en uniforme FREE FRENCH de la VIIIe Armée, mon premier calot de la coloniale…

On ne sent pas la misère comme dans d’autres pays musulmans, mais ce n’est pas propre et n’existent pas les magasins d’artisanat pour touristes… J’ai lu quelque part que le PIB libyen figurait parmi les tout premiers de ceux des pays africains… bien avant la Tunisie, par exemple.

Pas de commentaire à propos du retour. Tout se serait déroulé très normalement sans les petites tribulations d’Antoine qui ne se défait pas de son drapeau, de notre drapeau, aussi facilement que les sbires libyens le supposaient sans doute !

Nous avons ramené, comme Wladislas, un gros rhume de nos visites à CYRENE, et un excellent souvenir de ce pèlerinage réussi, grâce à l’organisation de QUELEN et ROBEDAT certes, mais aussi à la gentillesse, la patience, la disponibilité, la clarté des commentaires ou des traductions servis par un français très correct, de notre guide libyen. On pourrait ajouter l’autorité mais ce fut inutile, tant notre groupe montra de cohésion, de discipline et d’attention.

EN SAVOIR PLUS SUR MAURICE PAULHIES

16 avril 2010- Blaye-les-Mines. Maurice Paulhiès devant les collégiens sur le site de la Dépêche

LES FORCES FRANCAISES LIBRES 1940-1945
PARCOURS DE FRANCAIS LIBRES
Direction artistique : PIERRE GUERIN
Label : FREMEAUX & ASSOCIES
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DISTINCTIONS :

RECOMMANDÉ PAR LE NOUVEL OBSERVATEUR / RECOMMANDÉ PAR FRANCE 2 / RECOMMANDÉ PAR FRANCE CULTURE

Témoignages de résistants sur 3 CD produit par Paroles Images et Sons coédité par Frémeaux & Associés et le Mémorial de Caen accompagné d’un livret de 48 pages.

Liste des intervenants sur ce CD :

De Boissieu Alain, Dupuy Robert, Helguen Rene L, Berger Blanche, Paulhies Maurice