PLONEIS Yves

25/07/1917

Grade : sergent-chef

Unité : BIMP

 

Français Libre

 

À propos

Lieu de naissance : spezet

Profession : militaire

Ralliement : palestine (juil.-40)

Pseudonyme : médaille militaire à Noyon, décoré par koenig

Mort pour la France

Lieu de décès : Alpes maritimes

Sépulture : 44 Escarène

 

Écrits

Dans son étude "l’Authion, signification d’un sacrifice", le général E. Magendie rend hommage aux combattants du BIMP tombés à l’Authion en avril 1945. Parmi ceux-ci, Yves PLONEIS .

En exergue de cet hommage figure ce texte ainsi qu’un poème choisi par Edmond Magendie :

" En témoignage de notre sentiment de fierté, je veux rendre un hommage particulier aux hommes du Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique dont j’ai pu apprécier le sens de l’honneur et du devoir à la lumière de situations exceptionnelles dans lesquelles certains d’entre eux se comportèrent héroïquement "

Les Meilleurs

La mort parfois semble un éclair d’été,

dans sa lueur livide et muette apparaît

plus clairement l’ordre des destinées :

Ce sont les meilleurs qui tombent.

Les meilleurs meurent en prison,
Ils sont abattus par les balles,
Engloutis par les vagues.

Les meilleurs ne construisent pas l’avenir
Ils se donnent totalement en mourant.

Ils ne veulent pas de nos regrets ; ils veulent survivre par notre foi.

De les avoir connus, en vérité, chacun se sent plus riche.

La terre est pleine de leur passage.

Ils survivent en d’autres êtres et nous graverons sur leur tombe :
"Les meilleurs ne nous quittent pas"

Capitaine Nordhal GRIEG
R.A.F. Norvégienne (Libre)
abattu par la suite le 3/12/43

Le Sergent-chef PLONEIS Yves mort pour la France au combat de l’AUTHION le 10 avril 1945

Soldat à la Compagnie d’accompagnement du 3/24e Régiment d’Infanterie Coloniale, Plonéis, breton de Nantes, avait largement contribué à entraîner compatriotes et camarades à rallier la France Libre, lorsque l’ordre était venu de Tripoli en Syrie, de réintégrer les garnisons du 24e R.I.C. afin d’appliquer l’Armistice de Juin 1940.

Ayant gagné tous ses grades au combat en Erythrée, en Libye, à Bir Hakim, en Tunisie, en Italie et en France depuis le débarquement de Provence, il est en avril 1945 adjoint au Chef de la section anti-chars. Son bataillon appartient à la 1e Division Française Libre qui, ayant quitté l’Alsace le 11 mars 1945, stationne à LEVÈNS dans l’arrière-pays niçois.

Puisque la fin de la guerre s’annonce, Plonéis a présenté une demande d’autorisation de mariage avec une jeune amie d’enfance nantaise. Il attend la décision de l’autorité militaire avant de partir en permission.

Le 4 avril il est convoqué au P.C. du Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique. "Plonéis, ta demande de mariage est acceptée ; pars le plus tôt possible en permission, le Bataillon ne va pas tarder à monter en ligne."

Plonéis n’hésite pas un seul instant. "Si mes hommes montent en ligne, ce ne sera pas sans moi. C’est notre habitude nous y allons ensemble."

Et l’autorisation de mariage reste au dossier.

Le 10 avril, l’attaque sur l’Authion est déclenchée et la 1e compagnie chargée d’une attaque frontale contre le massif fortifié de la Força, très fortement éprouvée, appelle à la rescousse. Les trois compagnies de voltigeurs sont engagées et toutes les trois sont en difficultés sérieuses. Comme souvent dans les combats ou l’allemand est hors d’état d’employer des chars, ce sont nos anti-chars qui fournissent les premiers renforts d’infanterie.

Le 10 avril Plonéis assiste l’aspirant Petitjean pour conduire une contre-attaque et reconquérir le piton Nord-Ouest de l’Authion culminant à 2 068 m. Une tourelle de char enterrée doit être détruite, l’aspirant rampe vers elle, grenade en main, la jette par l’embrasure, la mitrailleuse tire, l’aspirant est blessé mais il a réussi.

Plonéis évacue son chef " Ne vous inquiétez pas, mon lieutenant ; maintenant ce sera plus facile ; je prends la suite."

Plonéis n’est jamais revenu vivant de l’Authion tout comme cinq autres anti-chars et vingt-huit fantassins de la 1e compagnie ; grâce à eux le piton Nord-Ouest est resté entre nos mains, pendant trois fois 24 heures jusqu’à la fin de toute l’opération.