Poèmes composés et dits par Théo GILLET (1e RFM)

le 26 mai 1991 à ROSCOFF

Je me fais grand honneur, d’être né Roscovite
Et constate quoiqu’on dise, qu’un siècle passe vite.

Voici juste cent ans, naissait Charles De Gaulle,
Au destin iugé digne de porter auréole, vous qui l’avez suivi, fûtes traités d’arrivistes,
Et puis en complément, appelés sales Gaullistes
Si ce Grand Homme eût nom Charles Vercingétorix,
Vous eussiez tous été ses fidèles Gaulois,
Portant le patronyme d’Astérix, d’Obélix,
Autrement que Marcel, ou Jean Yves ou François.

Bien sûr nous pardonnons ces insultes gratuites,
Venant de tous ceux qui, voyaient les carottes cuites,
En remarquant ce jour, que la plus grande louange,
Vient de ceux qui jadis, nous trainaient dans la fange.

Ceux qui en toute conscience nous condammaient à mort
En jurant maintenant qu’ils enviaient notre sort,
On leur fait pas reproche d’avoir douté, plutôt
On leur demande qu’ils taisent leur culot.

Ils sont toujours présents, savourant le bonheur,
De n’avoir compte à rendre du moindre brin d’honneur
D’être demeurés sourds, en se planquant derrière,
Bon sang, l’Appel Sauveur, lui venait d’Angleterre
Heureux que vous Free-French, blessés d’être humiliés,
Vous gardâtes l’arme au pied, auprès de notre alliée,
Qui seule tenait bon, continuait la guerre,
Pour notre liberté, pour défendre sa terre
Nous avions le devoir, depuis l’Entente Cordiale,
De vivre et de mourir ensemble, sous les balles.

Ainsi notre poignée d’hommes, pleine d’abnégation
Montrait là, par son geste, à notre pauvre Nation
Qu’elle niait l’armistice, faisant de nous des neutres,
En nous faisant passer, de ce fait, pour des pleutres.

Notre gloire ignorée, fêtant ce centenaire,
C’est d’avoir cru en l’homme, sublime paratonnerre
C’est d’avoir cru en lui et par lui en la France,
Le sol de nos aïeux, la terre de notre enfance
Et puis surtout disons, Merci chère Angleterre,
Pendant les années sombres, notre seconde mère.

9 NOVEMBRE 1990

Voici treize mois passés, nous étions à Sospel,
Autre coin d’Hexagone, là-bas, sur l’Esterel.

Et dans le Finistère, nous voilà à Rosko,
Cela prouve qu’on n’a pas , deux pieds en même sabot
Comme vous le constatez, Dieu a bien fait les choses,
D’abord créé Roscoff et en apothéose,
Pour que ce bel ouvrage ait sa consécration,
Il a voulu qu’y vienne, notre grande Division.

Et nous voilà touchés, qu’elle foule la contrée,
Qu’elle hume l’air marin, qui l’encense par bordée.

Ici vous êtes chez vous, vous tous nos bons amis,
Tachons donc d’oublier, nos tracas et soucis.

Madame Météo, par une sorte de hargne,
Dit qu’il tombe des fagots, de la pluie en Bretagne,
On a, convenons en, parfois quelque crachin
Simple petit boujaron, pour soleil du matin.

Aussi n’en croyez rien, Télé n’est point prophète,
C’est l’éternel refrain, qu’elle rabache et répète.

En jetant ce mensonge, gros comme une maison,
Elle fait bien rigoler, le vieux peuple Breton.

Venez y en vacances, la cité accueillante
Vous refait la santé, grâce à l’iode vivifiante.

Comme vous aimez la table, celle faite de valeur,
Mangez donc ses oignons, l’artichaut, son chou-fleur.

Le fermier Léonard, ce véritable artiste,
Vous fait lever légume, comme serpent le flûtiste.

Goûtez à sa langouste, avant qu’il soit trop tard,
Pour varier fricassez quelque crabe et homard.

Dans ce pays on dit, rapportant la légende,
Nos aïeux Roscovites, n’obtenant pas prébende,
Durent bâtir leur église sur domaine maritime,
Puisqu’on leur refusait, un terrain légitime.

Depuis ce temps ancien, le jour de grande marée,
Quand tempête du nord et pousse l’onde déchainée,
La vague se faufile et comme une vieille complice,
Remontant les ruelles, caresse l’édifice.

Ce vieux port autrefois, était nid de corsaires,
Chaque crique, chaque cave, tout autant de repaires.

Et ce qu’il engrangeait, faites confiance au Breton,
Quand il maniait le sabre, la prise avait du bon.

Sur son socle graniteux de la côte léonarde,
Veille sans désemparer, la fidèle sainte Barbe,
En larguant les amarres, filant à l’aventure,
Tout marin, la passant implore sa figure.

Un soir de Juin Quarante, fout rempli d’amertume
Je me suis fait devoir de suivre la coutume,
Et pense certes qu’alors, elle m’a bien entendu,
Puisque là, parmi vous, ici suis revenu.

Nous pouvons affirmer, la France et son image
Valait bien que nous tous, ayons fait ce voyage
Qui nous mena bien loin, loin de notre patrie,
Mettant dans la balance, notre espoir, notre vie.

De Gaulle a dit un jour, parlant de l’Ile de Sein,
Heureux qu’elle soit là, sinon j’étais sans rien.

Vous êtes de tous ceux qui ont ouï l’Appel,
Là présents, vieux briscards de l’immense DFL
Qui entraient dans la danse, n’ayons garde d’oublier,
Au même pas que Brosset, Simon et Saint Hillier.

Théo Gillet, 26 Mai 1991

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