QUELEN André, Ronan

10/04/1921 - 13/08/2010

Grade : lieutenant

Unité : BM 5

 

Français Libre

Voir ses décorations

  • Commandeur de la Légion d’Honneur
  • Compagnon de la Libération
  • Chevalier de l’Ordre National du Mérite
  • Croix de Guerre 1939-1945 avec 2 citations
  • Médaille commémorative des services volontaires dans la France Libre
  • Officier de l’Orde du Nicham El Anouar
  • Médaille Coloniale
 

À propos

Lieu de naissance : Pleyben

Profession : étudiant

Ralliement : Londres (juillet 1940)

Lien compagnons

Date de décès : 13/08/2010

Lieu de décès : Plougonvelin

Sépulture : cimetière de Plougonvelin

 

Écrits

André Quelen est né le 10 avril 1921 à Pleyben dans le Finistère de parents instituteurs.

Après le baccalauréat, il prépare l’Ecole navale en 1939 lorsque la guerre éclate.

Agé de 19 ans, il quitte Brest le 18 juin 1940 avec quelques camarades et réussit à embarquer pour Ouessant d’où il rejoint l’Angleterre sur un charbonnier, le Mousse Le Moyec.

Engagé aux Forces Françaises Libres le 1er juillet 1940, il est incorporé à la 1ère Compagnie de Chasseurs à Camberley puis est choisi pour le peloton d’élève aspirant de Camberley.

Nommé aspirant le 1e mai 1941, il rejoint l’Afrique après deux semaines de navigation sur le Copacabana pour arriver à Brazzaville fin juin. est affecté au Cameroun, le 1e août 1941, au 3e Bataillon du Régiment de Tirailleurs du Cameroun créé à l’initiative du commandant Gardet quatre mois auparavant. En mars 1942, le Bataillon devient le Bataillon de Marche n°5 (BM 5) de la 2e Brigade Française Libre.

Comme chef de section, André Quelen prend part à toutes les campagnes de la 1e Division Française Libre (1e DFL) avec son unité : El Alamein, la Tunisie, l’Italie où, devenu officier de renseignements du BM 5, il ne cesse de se dépenser sans compter, notamment du 17 au 25 mai 1944, assurant ses fonctions sous de violents bombardements et obtenant le maximum de rendement de ses observateurs.

Après l’attaque du Rio Forma Quesa, dans la nuit du 19 au 20 mai 1944, il part spontanément à la recherche de son chef de corps dont on est sans nouvelles depuis plusieurs heures.

Au cours de la campagne de France, le lieutenant Quelen se distingue à nouveau pendant le franchissement de vive force de l’Ill lors de l’offensive d’Alsace, le 23 janvier 1945, quand, blessé grièvement par un éclat d’obus, il refuse de quitter son poste avant que les troupes aient pu franchir le fleuve.

Après la guerre, il devient administrateur des Colonies puis administrateur en chef de la France d’Outre-mer à Conakry et à Brazzaville jusqu’en 1960.

De 1960 à 1964, André Quelen est chargé de mission à l’Aménagement du Territoire puis de 1964 à 1981, cadre administratif au Commissariat à l’Energie Atomique.

Il est également président de l’Amicale de la 1e DFL au sein de la Fondation de la France Libre.

En septembre 2005, il est nommé membre du Conseil de l’Ordre de la Libération.

André Quelen est décédé le 13 août 2010 à Plougonvelin dans le Finistère où il est inhumé.

  • Commandeur de la Légion d’Honneur
  • Compagnon de la Libération - décret du 18 janvier 1946
  • Croix de Guerre 39/45 (2 citations)
  • Médaille Coloniale
  • Officier du Nicham El Anouar

Source : Ordre de la Libération


Evocation

rédigée et prononcée par son petit-fis Yves lors de ses obsèques.

André Quelen

1921 : Pleyben

2010 : Plougonvelin

Environ 73 km en passant par le Tréhou,
Tréflévenez, et Saint-Pierre-Quilbignon. Les lieux de son enfance, berceau de notre famille. 

Pour évoquer la vie de mon grand-père, le 1er quatrain d’un célèbre sonnet me semble plus approprié.

« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy-là qui conquît la toison,

Et puis est retourné plein d’usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge ».

Voyage

Son premier grand voyage, c’est l’épopée de la France Libre. Après avoir entendu le discours de demande d’armistice du Maréchal Pétain, avec l’accord de sa maman, il décide de partir pour l’Angleterre en compagnie de son ami Fernand Péres.

Débarquant d’un Charbonnier, le Mousse-le-Moyec à Plymouth le 20 juin 1940, il signe son engagement dans la France Libre le 1er juillet 1940. Peloton d’élèves aspirants de Camberley en Angleterre, Baptême du Feu à El Alamein, peur de la Mort à Takrouna, au sein du Bataillon de Marche numéro 5 de la 2ème brigade
de la 1ère Division Française Libre, en tant que chef de section puis officier de renseignements, il participera aux campagnes de Lybie, de Tunisie jusqu’au Cap Bon, d’Italie où il s’illustra lors du franchissement du Rio Forma Quesa, âprement défendu, puis de France du débarquement à Cavalaire le 16 août 1944 jusqu’à sa blessure par un éclat d’obus pendant le franchissement de vive force de l’Ill lors de l’offensive d’Alsace, le 23
janvier 1945.

Après la guerre, comme administrateur de la France d’Outre-Mer, il assurera des fonctions en Guinée et au Congo, accompagné de son épouse, Jacqueline, et de ses 5 petits Moundélés, Anne-Marie, Brigitte, Catherine, Sylvie et Marc.

Toison

Il fait partie des premiers Français Libres, 7 000 en juillet 1940, qui se sont rassemblés autour du général de Gaulle pour poursuivre le combat pour la libération de la France.

Aux questions sur cet engagement, il répondait qu’il n’avait fait que son devoir et rien d’exceptionnel, faisant
sienne la devise de l’ordre de la Libération dont la croix lui a été décernée, Patriam Servando Victoriam Tullit. D’une simplicité déroutante au 1erabord pour son interlocuteur.

La reconnaissance de ses chefs et les deux
citations, l’une à l’ordre de la division et l’autre à l’ordre de l’armée, qu’il a obtenu, et dont il n’a jamais parlé, démontrent pourtant un grand courage au combat.

En tout état de cause, son choix de l’engagement dans la France Libre à 19 ans aura été l’acte déterminant de son existence et ses « effets sur sa vie ne cesseront pas ».

Raison

Depuis juillet 1940 et sans interruption, il sera fidèle au général de Gaulle, à son action puis à sa mémoire.

« Toute ma vie, je me suis toujours fait une certaine idée de la France », ainsi débute les mémoires de Guerre du général de Gaulle. Lui, il a adhéré à cette idée faite de traditions, de modernité, de grandeur et aussi de pragmatisme portée par le Grand Homme.

Papy, n’as-tu pas poussé un peu loin le mimétisme ? Mourir subitement, le 13 août 2010, en fin d’une journée ordinaire et occupée, sans signe ne laissant percevoir une quelconque faiblesse et sans possibilité de te réanimer, comme cela s’est passé le 9 novembre 1970 à la Boisserie.

Mais il n’était pas homme à faire du prosélytisme, à vouloir imposer son point de vue même au sein de sa famille.

Son attachement à ces valeurs, à la mémoire
du général de Gaulle et du général Brosset, chef historique de la 1er DFL et à celle de ses camarades de combat, a dirigé sa dernière mission : pérenniser la mémoire de la 1ère DFL, d’abord aux côtés du général Saint-Hillier puis comme Président de l’amicale de la 1ère DFL.
Faire vivre cette mémoire, porter témoignage tout en s’attachant à mettre sa division en avant et non lui-même aura été la grande œuvre de la fin de sa vie.

Entre ses Parents

Et, quelle famille !! Une grande famille 5 enfants, 21 petits-enfants et 14 arrières-petits-enfants, dont depuis la mort de mamie, à laquelle nous pensons fort en ce moment, tu étais l’unique pilier.
Une référence solide, disponible et sympathique.

Nous garderons en souvenir ton portrait souriant avec la fossette prononcée sur le côté gauche. Nous pensons également à Yvette, ton épouse en secondes noces. Auprès de laquelle tu avais retrouvé ton côté jovial. Elle fait désormais partie de la famille.

Chacun d’entre-nous avons en souvenir des
moments heureux, au Trez-Hir, au Mesnil-le-Roi, à Paris, devant un plateau de fruits de mer, ton fameux gâteau aux pommes, un gâteau breton, la énième dernière bouteille de Haut-Caussan, ou à la plage, à la pêche à la crevette, en promenade, ou encore des discussions….

Enfin les quelques mots bretons que tu nous as appris. Plutôt que ton départ soudain, nous aurions aimé te dire de rester tammig bihan encore auprès de nous.

Kenavo Papy !!!


Retrouvez les discours prononcés par le Président André Quelen lors du dernier Congrès de l’Amicale, à Fréjus les 27 et 28 mai 2010 : au Monument de l’Armée Noire le 27 et au cimetière de Boulouris le 28 mai