ROSSETTI Elie

01/02/1926

Grade : 1C

Unité : 11 Cuir

 

Français Libre

 

À propos

Lieu de naissance : Romans

Ralliement : (sept.-44)

 

Écrits

" Romagny, 4 km... " L’intrépidité de Elie ROSSETTI récompensée le 26 novembre 1944

(...) Après cet intermède imprévu nous traversions PETITMAGNY et arrivions à ETTUEFONT Haut et Bas fêtés par la population les mains pleines de bouteilles de mirabelle .

Quelle bonne saveur de prune nous réchauffait du froid humide que nous subissions !

Le lieutenant BOKA donnait ordre de ne plus boire et s’interposait devant les habitants qui nous servaient à gogo si heureux d’accueillir les libérateurs sans savoir le mal qu’ils leur faisaient à trop les pousser à boire !

Ces villages avaient été libérés par les Commandos de France et le BM5 , ce dernier s’emparait également d’ENJOUTEY un peu plus loin.

Nous savons que les chars ont toujours plus de succès, ils sont plus voyants et font surtout plus de bruit !

A notre tour nous arrivions dans Enjoutey apparemment vide. Les cloches se mirent à sonner faisant sortir les habitants tout heureux de nous voir . Ils avaient entendu la fusillade mais les chars les rassuraient plus. Re-mirabelle , cela leur faisait tellement plaisir de nous offrir la distillation de leur récolte de prunes.

Et le lieutenant Boka qui criait : " Un verre, seulement un petit verre ". Beaucoup de bouteilles allaient rejoindre les obus dans les soutes des blindés !

Pendant que nous bifurquions vers BOURG sous Chatelet le 2e pe|oton qui nous avait rejoint fonçait jusqu’au carrefour des Errues qu’il atteignait vers 12 heures (Embranchement avec la nationale 83 Belfort, Cernay , Colmar). II était accompagné par le groupement DE GASTINES dont les TD prirent à partie les Allemands qui se repliaient sur Belfort. Sur les chars 131 et 134, OFFI, LEROY, LECOMTE, FELIX et MONNIER allaient en patrouille jusqu’à Bethonviliers. Rien d’anormal, ils faisaient demi-tour. deux heures après c’était tout le peloton de chars avec nos amis qui repartaient sans cette ville prendre position sur la route de Ménoncourt.

Bourg était traversée sans problème à part cette foutue mirabelle ! Et nous arrivions à Saint Germain , nous sautions à terre , notre char allait se mettre en position défensive avec deux lights qui s’y trouvaient déjà . Nous avions l’impression que ça sentait l’allemand !

Nous avions intérêt à être vigilants . J’arrivais vers une grosse maison sur la droite de la route , y était accolé un long bâtiment avec un retour sur la gauche.

Passant à cet alignement je voyais un Allemand qui se retirait derrière pour se cacher !

Empruntant un petit chemin de terre je fonçais et me trouvais devant sept fridolins qui aussitôt levaient les bras.

Attendaient-ils quelqu’un pour se rendre ?

Serrant bien mon FM par les deux mains je m’en servais pour leur faire comprendre d’aller vers la route qui descendait vers la nationale qui traverse le patelin.

Traversant cette route je me retrouvais avec mes invités sur une place où se trouvait la Mairie et d’où en sortait le lieutenant BOKANOWSKI qui m’interpellait :

—  " Hep le Cuirassier vient voir ".

M’approchant de lui il me disait :

—  " Va en patrouille à deux cent mètres avec tes copains et tu viendras me dire ce que vous avez vu, nous avons trop avancé il faut attendre les renforts ".

Lui montrant les prisonniers :

— Laisse les là on va s’en occuper, tu auras la croix de guerre " !

Exécutant cet ordre je rejoignais mes camarades qui avaient tous comme moi dix huit ans.

SPANU , PEOTTA , BOUFFIER , CLEMENT .

Nous partîmes en direction dont on ne savait où ! Notre passage dans Saint Germain n’avait pas été long .

A la sortie de ce village à côté du cimetière, une borne attirait notre attention, " ROMAGNY 4 kms"

Les deux cent mètres étaient certainement déjà parcourus mais la mirabelle faisant son effet en plein accord nous décidions d’y aller !

Sur les côtés de la route c’était une panique incroyable, des chariots, des vélos, toute sorte de choses et d’objets abandonnés qui nous étonnaient, éparpillés de partout.

Nous ne pensions plus à nos deux cent mètres et nous avancions en direction de ce Romagny et nous y arrivions !

Ce village était tout en longueur et il était désert !

Les habitants qui avaient entendu au loin la fusillade et le canon, vu les Allemands se replier étaient tous planqués dans leurs habitations.

Rentrant dans l’une d’elles, je me trouvais devant un homme dont la ceinture arrivait au niveau du plancher, une trappe dans le couloir était levée, je n’ai su s’il descendait ou remontait de la cave par contre ce qui m’avait surpris c’est qu’il tremblait comme un roseau un jour de grand vent !

Les mains levées il avait une frousse qui lui enlevait toute compréhension, il me prenait pour un Allemand !

Après pas mal d’explications il finissait par comprendre que j’étais un soldat français.

Je n’avais pas fait attention que le bout du canon de mon fusil était juste devant sa figure et c’est ce qui l’avait terrorisé !

Tout heureux il sortait pour prévenir ses voisins en criant : Ce sont les français, ce sont les français .

En peu de temps nous étions entourés de gens qui laissaient éclater leur joie. Mon dieu quel bonheur !

Ils ne s’attendaient pas a voir les combattants français de si tôt, les femmes et les filles nous embrassaient, les hommes nous serraient les mains et bien sûr.... mirabelle.

Ils voulaient trinquer avec nous et ne comprenaient pas pourquoi nous refusions !

Depuis notre départ de ROUGEGOUTTE le matin nous avions déjà trop bu d’alcool et nous n’avions rien manger !

Qu’a cela ne tienne ! on pouvait se rattraper et on ne s’en privait pas.

Quelle surprise aussi ! tous croyaient que nous arrivions à cinq de Rougegoutte, il nous a fallu leur expliquer que nous arrivions à pied de Saint Germain où nous avions laissé les chars qui attendaient des renforts.

Ils trouvaient aussi que nous étions jeunes !

—  Mais quel âge avez-vous ? Dix huit ans ! mon dieu ils n’ont que dix huit ans ! ce n’est pas possible !

Que d’explications il nous a fallu donner ! que nous n’étions pas des combattants venus d’Afrique, que nous avions été rattachés à eux et que nous étions du VERCORS . Je n’ai pas souvenir d’une femme qui ne pleurait pas !

Nous apprenions que nous étions qu’à trois kilomètres de ROUGEMONT LE CHATEAU et, au début de l’offensive nous avions entendu dire que nous devions faire la jonction avec l’armée LECLERC dans cette ville, elle devait arriver de Thann.

Nous décidions d’y aller !

Mais non il ne faut pas y aller, il y a là-bas une garnison de 800 Allemands, vous allez vous faire tuer !

Ces braves gens nous retenaient par nos habits et malgré leur inquiétude nous les quittions, qu’allions nous trouver à Rougemont !

Il est vrai qu’avec le recul et quand je pense à cette aventure je me dis que nous étions drôlement gonflés et surtout très inconscients, la mirabelle aidant !

Très prudents quand même et toujours en file indienne nous arrivions dans cette petite ville d’environ 1 400 âmes, située sur la limite du territoire de Belfort.

Nous rasions le fossé qui sépare la route des maisons pas tellement abrités en somme et regardions partout. Nous arrivions à un endroit où la route assez droite tourne légèrement sur la gauche, nom d’une pipe ! A une centaine de mètres un groupe important d’ennemis était occupé a miner un pont encore intact, ayant appris plus tard que l’autre avait sauté le matin même de très bonne heure.

Ils ne nous avaient pas vu arriver, c’était un miracle ! Pas plus que les copains ne les avaient remarqués.

Je leur conseillais de sauter dans le fossé profond à cet endroit d’environ quatre vingt centimètres en leur donnant l’exemple.

Etonnés ils en faisaient de même mais sans comprendre !

Devant nous une grosse buse qui permettait l’évacuation de l’eau et servait de passage d’entrée à la maison voisine ;

Baissés dans cette eau boueuse, ce qui n’était pas notre souci, nous nous mettions vite en position de tir et quelques secondes après nous ouvrions le feu.

Nous ne comptions pas ceux qui tombaient ou ceux qui lâchaient leur outil, nous mettions tant de coeur à tirer que c’en était de la rage !

La riposte ne tardait pas mais ils tiraient à l’aveuglette, ils ne nous avaient pas repérés, impensable !

On tirait, on tirait et tout d’un coup je me retournais, je criais :

—  " Démerde toi ".

Je m’adressais à BOUFFIER qui ne me passait plus de chargeur ! Sa réponse me glaçait :

—  " Je n’en ai plus "

Effectivement il n’y avait plus de munitions !

La catastrophe à laquelle on ne pensait pas était là, que faire ?

Nous bondissions dans la maison d’à côté, vite au premier étage, chacun planqué derrière une fenêtre en observation.

Les secondes passaient puis les minutes qui nous paraissaient des heures.

Notre inconscience gonflée par la mirabelle nous jouait un bien mauvais tour et nous commencions à comprendre le guêpier où nous nous étions fourrés. La riposte ennemie s’était un peu calmée quand tout d’un coup, pan ta ta ta, pan ta ta ta, un bruit familier de tir que nous connaissions bien.

Ces tirs provenaient d’un light, ouvrant ma fenêtre et me penchant je le vis arriver, le canon et la mitrailleuse tiraient en continu. Ces braves pompons rouges arrivaient à la rescousse, ouf ! Le canonnier tirait dans le clocher de l’église, les Allemands ayant pour habitude de les prendre comme point d’observation , la mitrailleur tirait dans toutes les directions, pas de doute ces courageux Fusiliers étaient là pour nous , ils nous cherchaient !

Nous sortîmes en vitesse et prestement les copains grimpaient sur le char qui démarrait juste le temps de passer le FM. Si je n’avais pas eu le réflexe d’attraper une anse qui servait a attacher les paquetages, je restais sur place. Je faisais le retour sur Romagny pendu par les mains, il était temps que nous arrivions je n’en pouvais plus ! Aussitôt à terre le char du chef PRZYBILSKI repartait à fond de train, nous n’avions pas remarqué que le mitrailleur avait écopé une balle dans l’épaule droite, le blindé servait d’ambulance !

Le lieutenant BOKA était là, énervé, les renforts n’étaient pas arrivés.

Ne nous ayant pas vu de retour et ayant entendu la fusillade il avait envoyé un de ses chefs nous chercher, sa patience était à rude épreuve !

Quand il me vit en train de me frotter les mains pour me les décrisper et sans doute pour se calmer , il m’engueula rageusement. Il me baptisa de pas mal de quolibets et finissait par :

—  " Petit con je t’ai dit d’aller en patrouille à deux cent mètres mais pas d’attaquer Rougemont, tu nous fous dans la merde ".

Rouge comme une tomate bien mure je n’osais pas répondre et attendais qu’il se calme un peu, finalement je finissais par lui dire :

—  "Mon lieutenant on a empêché les schleuhs de faire sauter un pont et s’il saute les chars ne pourront plus passer ".

Le ton de sa voix changea de suite et il donna des ordres !

—  VASSEUR  fonce  ",  nous montrant notre TD qui était là aussi, " retournez y vite, vous aurez la croix de guerre tous les cinq".

Du haut de mon char je lui criais :

— Je n’ai que vintg cinq balles" "Met le coup par coup , foncez".

Effectivement sur le char j’avais trouvé un chargeur , que pouvais-je faire avec vingt cinq balles !

Après ce que nous venions de faire, être engueulé de la sorte je trouvais ça injuste, c’était dingue, le lieutenant m’avait passé son énervement et sur notre blindé qui fonçait derrière les deux lights sur Rougemont je prenais envie de tout casser !

Le BM 21 venait d’attaquer par une route du côté ouest car ça claquait dur ! Les lights tiraient de partout, sur qui, sur quoi ! Ils faisaient du bruit, beaucoup de bruit ! Notre engin s’arrêtait, on sautait même avec le fusil et on avait pas besoin de m’engueuler pour cela, je préférais être en bas que dessus d’autant que j’étais toujours très excité ! On ne voyait pas l’ennemi qui était bien retranché et que l’on sentait présent.

Arrivés au château nous manquions un Général qui venait de partir il y avait quelques minutes. Quel dommage il nous aurait fait un beau tableau de chasse quelle belle prise manquée !

Attention ! nous étions repérés, les balles sifflaient dans notre direction et s’écrasaient plus loin. Il ne fallait pas essayer de passer, le tir de l’arme automatique qui s’occupait de nous était trop dangereux !

Je commençais à maudire ce tireur et son fusil mitrailleur , son chargeur et son pourvoyeur.

Et puis flûte ! Je décidais alors d’aller les prendre par derrière et avec l’idée fixe de les contourner je partais en courant.

L’engueulée pas encore digérée et passablement énervé je ne réalisais aucun danger !

J’avais fait le matin sept prisonniers je pouvais bien en faire trois de plus !

Je sus par la suite qu’un Fusilier s’était élancé derrière moi en s’exlamant :

— ll est fou ce jeune , où il va !"

Guidé par le bruit du tir j’arrivais vers un petit bois, m’engouffrais sous les arbres et je soufflais un peu cherchant d’où partaient ces putains de rafales.

Un petit monticule de terre plus loin attirait mon attention, pas de doute, j’en devenais persuadé, ça devait être de là !

Sans chercher plus loin je refonçais et j’arrivais à une espèce de tranchée, je lâchais une rafale et, surpris, je restais glacé d’effroi !!

Les Allemands étaient nombreux, la tête retournée vers l’arrière ils me regardaient, ébahis et sans comprendre pourquoi j’étais derrière eux !

Moi non plus je ne comprenais rien, le FM c’étaient deux mitrailleuses !

Mon cerveau me disait de tirer mais j’en étais incapable !

Que devais-je faire ? D’autant que je me rappelais d’un coup que je n’avais pas de balles ou si peu !

Eux et moi on se regardait, moi comme eux nous étions étonnés, qu’allait-il se passer ?

Et puis .... Le Fusilier était là avec sa mitraillette !

Moi qui les admirais, depuis je les adorais !

Il se mettait à gueuler en allemand, je ne compris rien à ce qu’il disait mais ceux qui étaient dans la tranchée avaient bien entendu car tous ensemble ils levèrent les bras.

Ouf ! Je venais d’en échapper à une belle !

Ma tête était vide et j’avais du mal à réaliser, quelle aventure !

Je regardais ce type qui se démenait au bord de la tranchée et qui n’arrêtait pas de crier, il était sacrement courageux !

Les Allemands décontenancés se serraient les uns contre les autres les mains sur la tête, exécutant les ordres donnés par le Fusilier qui d’après son galon était aspirant.

Tous sortis du boyau ils allongèrent un blessé à terre, c’était un vieux qui pleurait et j’éprouvais un sentiment de pitié à son égard.

Je lui avais logé deux balles dans une cuisse et une dans l’autre, à côté un jeune assis par terre en avait pris une dans une cheville.

Mon dieu que j’avais tiré bas !

Sortant des pansements d’un sac qu’il portait autour du ventre l’aspirant me dit de les soigner puis il partit, emmenant avec lui 30 prisonniers.

Se retournant il me dit :

— Petit tu auras la médaille militaire "

Quelle histoire ! Moi qui croyais surprendre trois Allemands avec un FM il y en avait trente deux avec deux mitrailleuses, dans l’état ou je me trouvais je n’avais pas fait la différence de tir entre ces armes, la mirabelle aussi n’avait de bon que le goût !

Le calme revenu, les blessés évacués, je retrouvais mes amis me gardant bien de leur raconter ma mésaventure pas plus que je leur parlais de la médaille militaire promise par celui qui m’avait sorti d’une situation périlleuse dans laquelle je m’étais inconsciemment fourré.

L’aspirant VASSEUR avait pris le commandement du char 124 il y avait peu de temps mais il n’était pas à son premier exploit. Je n’ai jamais compris pourquoi il n’avait pas cherché à me retrouver ?

Le restant du 3e peloton et une escouade du 2e arrivée peu après avec leurs blindés m’ont permis de récupérer des munitions et de manger.

Nous nous dirigions ensuite vers notre char et son équipage des valeureux Chasseurs avec lesquels nous avions bien sympathisé, nous avions entre nous une magnifique considération et une profonde amitié nous liait maintenant.

Le chef de char le maréchal des logis chef PIEROT, le chauffeur Roger ALLIOT, le tireur Lucien GIMBAL, le chargeur Edmond MOUNARD et le radio Marcel BACCONIN.

Le Commandant BARBEROT qui commandait le 1e escadron des Fusiliers Marins s’approchait de nous et posait une question à notre ami Bépi (PEOTTA Alérame) :

—  "Qui est le chef de groupe" ?

Bépi répondait :

— Nous sommes deux brigadiers mon Commandant"

—  "Quel est le plus vieux" ?

Bépi demandait à SPANU la date de sa naissance.

"Le 28 Mai 26 fut sa réponse". Et Bépi de répondre au Commandant BARBEROT :

—  " C’est moi mon Commandant puisque je suis du 26 Mai"

Deux jours séparaient nos intrépides brigadiers à leur naissance !

La réponse aux questions du Commandant tombait :

—  "La médaille militaire pour le chef de groupe , la croix de guerre pour les autres ".

Ce jour-là que de promesses de citations ! Personnellement j’avais celles de la médaille militaire et trois croix de guerre.

L’état-major du Général GARBAY avait prévu la prise de Rougemont le 26 Novembre, cinq jeunes Cuirassiers gonflés par l’effet magique de la mirabelle avaient sauvé le pont de Rougemont et permis à l’enseigne de vaisseau BOKANOWSKI , venu uniquement reconnaître Romagny et de là observer Rougemont et les Allemands qui l’occupaient de lancer ses chars sur notre affirmation et de libérer cette ville presque sans pertes !

Plus de 150 prisonniers étaient faits ce jour-là, j’avais un peu de fierté d’être à l’initiative de 32 d’entre eux.

Jusqu’au 28 Novembre, revenus à Romagny nous passâmes des heures de décontraction dans un demi repos bien mérité .

Qelques habitants nous montrant du doigt disaient :

— Ce sont eux qui nous ont libérés ou , ce sont eux qui ont sauvé le pont de Rougemont".

Nous n’avions fait que passer dans leur village sans nous battre puisque les Allemands étaient repliés à Rougemont mais pour eux, étant arrivés les premiers nous étions leurs libérateurs .

Pourtant, nous leur expliquions que les libérateurs c’était l’ensemble de la 1e DFL, que des circonstances avaient fait que c’étaient nous qui étions rentrés les premiers chez eux comme d’autres compagnons d’armes rentraient les premiers dans d’autres villages.

Nous étions contents de leur dire que c’était les efforts conjugués de tous qui donnaient de bons résultats et que seul on ne pouvait rien faire.

Que d’explications il nous a fallu donner à ces braves gens et à toutes les questions qu’ils nous posaient. qui étions nous, d’où venions nous, pourquoi étions nous si jeunes etc...

Je reste persuadé que beaucoup d’entre eux doivent se souvenir des Cuirassiers du VERCORS. Nous étions contents d’être les auteurs de tant de joie et d’avoir revu des copains qui partageaient le même cantonnement dans cette ville en effervescence.

En fin de matinée le Général EISENHOWER et le Général DE LATTRE DE TASSIGNY étaient venus féliciter le Colonel GARBAY qui nommé Général était maintenu dans le commandement de la 1e DFL.

Extrait de l’ouvrage d’Elie ROSSETTI : Le 11e Régiment de Cuirassiers.... paru en 1997. Imprimerie Raymond 13770 Venelles

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