ROUDAUT Constant

01/05/1914 - 12/08/1950

Grade : capitaine

Unité : BIMP - BIM

 

Français Libre

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  • Officier de la Légion d’Honneur
  • Compagnon de la Libération
  • Croix de Guerre 1939-1945 avec 6 citations
 

À propos

Lieu de naissance : Lambezellec

Lien compagnons

Mort pour la France

Date de décès : 12/08/1950

 

Écrits

Cet hommage, de même que la biographie de Constant Roudaut , extrait des "Mémoires de Guerre d’un artilleur ; Les combats de Herbsheim du 6 au 11 janvier 1945- bande dessinée par Xavier Zicchina" sont reproduits avec l’aimable autorisation de la Société d’Histoire des Quatre Cantons. Février 2013.

De juin 1940 à mai 1945, cinq ans de guer re, sept chefs de bataillon se sont succédé au commandement du Bataillon d’Infante rie de Marine et du Pacifique (BIMP), mais un seul officier a vu tomber nos qua tre cent quatorze morts, partir nos grands blessés, arriver tous les volontaires : ceux d’Egypte en 1940, ceux du Pacifique en 1941, ceux d’Afrique du Nord, d’Espagne ou de Corse en 1943, ceux de France, maquisards ou collégiens, ce fut Roudaut.

Constant Roudaut ; son prénom fut la de vise de ce Breton né à Lambezellec le 1e mai 1914, qui paraissait physiquement et moralement taillé dans le granit de la Pointe de Camaret où s’élève maintenant, face à l’Océan, le monument aux Bretons de la France Libre.

Constant dans sa foi patriotique que rien ne pouvait ébranler ; constant dans ses affections d’homme qui en faisaient le meilleur, le plus sûr des compagnons ; cons tant dans son humeur toujours égale de chef, confiant en lui-même comme en ses hommes.

Orphelin de guerre, enfant de troupe de l’Ecole d’Au-tun, il s’engage à 18 ans au 2e Régiment d’Infanterie Coloniale, entre en 1937 à Saint-Maixant dont il sort sous-lieutenant le 13 mars 1938 au 2e RIC. A la déclaration de guerre, le régiment envoie un bataillon au Levant pour y former le 24e Régiment d’Infanterie Coloniale. Roudaut en fait partie. En juin 1940, le sous-lieutenant Roudaut sert au 3e Bataillon du 24e RIC qui assume, aux côtés de la garnison britannique, la défense de l’île de Chypre.

L’annonce de nos défaites l’accable un instant, puis le révolte aussitôt ; l’humiliation de l’Armistice provoque sa détermination : il continuera la lutte... et pas seul. Les hommes de sa compagnie, bretons pour la plupart, par tagent sa foi dans le destin de leur Patrie. Roudaut se substitue à son capitaine hésitant et se joint au capitaine Lorotte qui, lui-même, a supplanté le chef de bataillon dé faillant. Ainsi, la 11e Compagnie du 24 devient la 2e Compagnie du 1e Bataillon d’Infanterie de Marine et frappe son fanion aux armes de la Bretagne.

Dès novembre 40, il est en opération au Western Désert, avec la 7e Divisision blindée britannique ; c’est la première campagne de Lybie, ce sont les premières victoires des Alliés : Bardia, Tobrouk. , Benghazi.

Et de ce jour il sera de toutes les campagnes sans en excepter aucune : 1941, la Syrie ; 1942, Bir Hakeim et El AL-mein ; 1943, Tripolitaine et Tunisie ; 1944. Italie et débarquement de Provence, libération jusqu’aux Vosges ; 1945, l’Alsace. A toutes les heures critiques, il demeure le "pilier du bataillon". Le colonel Broche et le commandant Savey tombent à Bir Hakeim, Roudaut fusionne les rescapés du Bataillon d’Infanterie de Marine et du Bataillon du Pacifique en juillet 1942.

Le commandant Magny est tué au Garigliano, Roudaut rallie le bataillon autour de la tombe du chef disparu et dicte le devoir : " En avant, la France nous attend ! " Avec son bon sens lucide, sa froide raison, sa calme ténacité, il était, à lui seul, l’ultime présence du chef de bataillon ; l’épée qu’on jette dans la balance pour faire pencher le plateau du bon côté, chaque fois le plateau a penché là où était Roudaut.

C’est pourquoi il a été choisi pour commander du 6 au 11 janvier à Herbsheim, dont il fut l’âme inébranlable de la résistance ainsi qu’en atteste sa dernière citation qui lui valut la rosette d’officier de la Légion d’Honneur.

La guerre finie, Roudaut quitte l’armée et sert dans l’administration de la France d’Outre-Mer.

C’est là qu’après l’avoir si longtemps épargné, la mort allait l’atteindre. Déprimé par son incessante activité, il doit finalement s’aliter et faire appeler le médecin du poste voisin. Le docteur est en tournée de brousse et ne reçoit pas son appel. Roudaut décide de s’évacuer lui-même en camion ; quand il arrive à Bozoum, il est trop tard :

le 12 août 1950 Roudaut meurt, il n’a que trente-six ans. Ce grand modeste restera pour tous ses camarades le symbole constant des héros demeurés inconnus.

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