ROUMEGUERE Jacques

09/04/1917 - 25/12/2006

Grade : lieutenant

Unité : RA

 

Français Libre

 

À propos

Lieu de naissance : Le Havre (Seine-Maritime 76)

Profession : étudiant

Ralliement : Londres (juillet 1940)

Lien compagnons

Date de décès : 25/12/2006

 

Écrits

A l’occasion du 70e anniversaire de l’Appel du 18 juin 1940, et à l’initiative de Monsieur Etienne Jacheet, Délégué départemental de la France Libre, des commémorations ont été organisées en collaboration avec les maires des communes des 13 Compagnons de la Libération du Loiret, entre le 8 mai et le 11 décembre 2010. Le texte ci-dessous a été prononcé à l’occasion de la cérémonie en l’honneur de Jacques ROUMEGUERE qui a eu lieu le 26 juin 2010 au village de Saint Loup-de-Gonois.


Nous sommes très touchés que vous soyez venus si nombreux et très heureux d’évoquer la mémoire de Jacques ROUMEGUERE ici à Saint Loup de Gonois, et tout à l’heure à La Recette, sachant l’attachement de mon père pour cette maison qui, depuis 1964 a représenté pour lui un port d’attache dans une vie qui fut plutôt voyageuse.

Ce sont trois moments forts de son parcours individuel pendant la guerre que je souhaite évoquer avec vous : trois moments qui témoignent de l’esprit collectif de ces rebelles que furent les Français Libres, dont quelques uns furent faits Compagnons de la Libération, et qui tous furent animés par un même idéal incarné par leur chef, le Général de Gaulle : rendre coûte que coûte sa liberté à la France

Mon père a 23 ans lorsqu’en mai 1940, suite à l’offensive allemande en Belgique, son régiment recule en désordre sous la fulgurante percée ennemie, jusqu’à ce qu’un énorme embouteillage stoppe la colonne des unités en retraite. Son capitaine l’envoie en tête pour dégager la voie, où mon père attend ensuite, en vain, le retour de son régiment. Il raconte :  désemparé, abandonné par mon chef, c’est de ce moment que date l’émergence de ma pleine maturité lorsque, m’engageant à pied en direction de la France sur cette route que j’avais débloquée, j’ai résolument décidé de prendre désormais mon destin en main, fermement déterminé à conduire "ma" guerre moi-même .

C’est donc seul et en habits civils, qu’il rejoint la citadelle de Lille organisée en bastion de résistance où il se met à la disposition d’un officier d’artillerie. Mais la citadelle se rend et mon père est fait prisonnier le 31 mai 1940. Evacués en Belgique, les prisonniers subissent l’humiliation d’un passage en revue par des officiers allemands, que mon père qualifie de  superbes, raides et fiers  , et cette humiliation lui fait prendre aussitôt, je cite  la décision de s’évader à la première occasion afin de reprendre la lutte .

Il s’évade, regagne la France et parvient à Audresselles près du Cap Gris Nez où il se cache dans une cave à partir du 9 juin grâce à l’appui du Maire et de quelques pêcheurs du village.

Rejoint par 4 soldats britanniques, il décide de rallier avec eux l’Angleterre et ils s’embarquent de nuit le 15 juin pour une traversée de la Manche à la rame, comme il le raconte :  Vers minuit, les marins roulent le canot jusqu’au rivage après le passage de la patrouille allemande signalé par les guetteurs qui nous couvrent, ils le mettent à l’eau, nous souhaitent "bonne chance" et remmènent le chariot. Je laisse derrière moi mon pays, ma famille et ma fiancée, mes amis, pour combien de temps ?… peut-être pour toujours.

Recueillis près des côtes le lendemain par un navire britannique, ils mettent le pied à Douvres, la veille de l’Appel prononcé par le Général de Gaulle. Mon père rejoint les volontaires français rassemblés au camp de Trentham Park où il retrouve une quarantaine d’artilleurs regroupés sous les ordres du commandant de Conchard. Mais comme l’Armistice vient d’être prononcé par le Maréchal Pétain, la majorité d’entre eux décide de rejoindre la France, et ils ne sont plus que 5 à vouloir poursuivre le combat. Il dit :  Nous sommes restés la gorge nouée, sans pouvoir nous parler le reste de la journée pour ne pas pleurer.

Mais, comme le martelait le Général de Gaulle dans son Appel du 18 juin 1940, la France n’est pas seule . Il savait qu’elle pouvait compter sur les hommes et les territoires de son Empire colonial et il décide de lever le Corps expéditionnaire à destination de l’Afrique.

Mon père et ses camarades embarquent avec le Général de Gaulle à bord du Westernland et de son escorte, à Liverpool le 30 août 40. Ces 3 000 premiers soldats sont des militaires, en majorité des légionnaires du Corps expéditionnaire de Narvik en Norvège, mais aussi des civils évadés de Métropole ou des colonies.

Pour lui et ses camarades, commence alors à partir du Cameroun un parcours de 5 années et de 90 000 kilomètres au sein de ce qui deviendra plus tard la 1e Division Française Libre.

Les effectifs de la DFL se renforceront progressivement jusqu’à compter 15 000 hommes en 1943, grâce notamment, à l’incorporation volontaire des hommes des bataillons coloniaux formés en Afrique noire, du Bataillon de Marche Nord-Africain ou de celui du Pacifique, ou encore des nombreux Malgaches du 1e Régiment d’Artillerie, unité à laquelle appartient mon père.

Je souscris à ce que me disait la semaine dernière Henri BEAUGE, Compagnon de la Libération, qui regrette qu’il ait fallu 70 ans pour que l’on commence à mesurer et rendre hommage à l’engagement de tous ces soldats coloniaux qui choisirent de rejoindre le combat pour notre Liberté. Pour que l’on mesure le sacrifice de tous ceux d’entre eux qui, tués dans les combats au cours de leur longue marche, n’auront même jamais pu fouler la terre de Métropole.

Peu équipée, pas toujours formée au départ, la 1e D.F.L va néanmoins relever le défi et faire ses preuves aux yeux de nos Alliés de la VIIIArmée britannique, grâce à des chefs remarquables, qui s’engagent dans le théâtre d’opérations du WESTERN DESERT en 1941 et 1942.

Il s’agit des généraux DE LARMINAT et Pierre Marie KOENIG mais encore, des lieutenants colonels de la 1e Demi Brigade de Légion Etrangère Dimitri AMILAKVARI et Bernard SAINT HILLIER - futur Général, présents, notamment, sur le théâtre d’opérations de BIR HAKEIM. 

C’est au sein du 1e Régiment d’Artillerie que mon père participe, comme son ami Roger NORDMANN qui est parmi nous aujourd’hui, au combat de Bir Hakeim. Ce combat a tenu une importance singulière dans sa mémoire et dans son cœur et nous espérons qu’il restera dans celle des Français et de leur histoire, comme l’incarnation du courage, de l’esprit de résistance et du jusqu’au-boutisme qui anima les Français Libres.

Il faut imaginer le site de Bir Hakeim : un ancien puits abandonné, dans le désert de Cyrénaïque en Libye sous une température accablante de 50. Ce lieu invivable représente toutefois aux yeux de la VIIIArmée britannique, un point stratégique, le plus au Sud, de son Plan qui vise à stopper l’avancée italo-allemande et à protéger les bases arrières du corps de bataille allié réparti entre Gazala et Tobrouk.

En février 1942, la 1e Brigade Française Libre, sous les ordres du Général KOENIG reçoit la mission de fortifier cette position d’une quinzaine de km2 puis de la tenir durant quelques jours tout au plus.

Mais les Alliés vont subir des revers et le siège de Bir Hakeim va finalement durer quinze jours – du 27 mai au 10 juin à l’aube – durant lesquels nos 3 600 Français Libres retranchés vont devoir tenir tête aux 37 000 assaillants de la Division italienne Ariete et de l’Afrika Korps conduits par le général Rommel.

Leur détermination sera à la hauteur de cet inégal rapport de forces de 10 contre 1 !

Cette résistance acharnée et imprévue des Français Libres contraint l’Allemagne à mobiliser dans cette région 1/5de la Lufftwaffe. Aussi, dans les premiers jours de juin, l’ennemi est-il décidé à en finir avec le camp retranché des Free French en déclenchant sur eux un déluge de bombes.

C’est dans ces conditions infernales que les artilleurs eurent pour mission de stopper l’avancée des chars allemands sur la position.

La 2batterie d’artillerie à laquelle appartient mon père en qualité de chef de section, en est à son 14jour de siège le 9 juin, lorsque, je le cite :  16 des 24 pièces du régiment avaient été détruites par les bombardements. Je n’avais moi-même plus qu’un seul canon de ma section en état de tirer, et je venais d’effectuer un tel tir lorsqu’un obus passe à quelques centimètres au dessus de nos têtes. Je reçois l’ordre de répéter en décalant la pièce en direction. Je demande au Lieutenant de tir de signaler que je suis allumé par un artilleur d’en face et que je tirerai dans 3 ou 4 minutes, le temps qu’il pense avoir fait mouche et qu’il aille observer ailleurs.

Mais, recevant en réponse du P.C. un ordre d’exécution immédiate, mon père commence à mettre la pièce dans la nouvelle direction. A peine l’a-t-il déplacée qu’un obus éclate sur le bouclier de protection, met la pièce hors d’usage et selon son expression, l’envoie au tapis avec plusieurs éclats dont l’un lui ouvre le genou sur 13 cm.

Bien que grièvement touché, il refuse d’abandonner son poste avant le lendemain jusqu’à ce que sa blessure à la jambe lui interdise tout mouvement et il est évacué dans l’ambulance qui fonce à travers les lignes ennemies dans la nuit du 10 au 11 juin, lors de ce que l’on a appelé l’épique sortie de vive force .

En effet, cette nuit là, les Résistants de Bir Hakeim sont sortis les armes à la main, au prix de nombreuses pertes, mais avec la fierté d’avoir rempli leur mission sans avoir jamais cédé aux injonctions répétées de reddition du Général ROMMEL.

Mon père est fait Compagnon de la Libération par le Général de Gaulle le 9 septembre 1942 à Beyrouth, à l’issue de quatre mois de convalescence.

Au sujet de cette distinction, il exprimait, je le cite,  le sentiment d’humilité que l’on a devant le titre que l’on porte ; il faut penser qu’il est extensible à beaucoup qui ne l’ont pas reçu et qui l’auraient mérité et encore j’estime que nous ne sommes que des représentants de nos camarades, soit morts, soit méconnus.  .

Le dernier pèlerinage de mon père à BIR HAKEIM, en 2002 lui a inspiré un texte qu’il a intitulé Pour toute mémoire .

Au fil des ans je suis retourné trois fois sur le site des combats de la 1e BFL, à Bir Hakeim (…)

En y pénétrant la dernière fois aux côtés de Daniel CORDIER, secrétaire de Jean MOULIN qui symbolisait dans ce pèlerinage la présence fraternelle de la Résistance intérieure, celui si c’est exclamé en dominant visiblement une profonde émotion : Ici était l’âme de la France Libre .

La réaction spontanée de Daniel Cordier m’a inspiré une méditation sur le Comment ? de notre résistance. Cette question émanait déjà de la déclaration du général SCHULZT, Chef du service du renseignement de Rommel, exposant au général MASSON le point de vue allemand sur Bir Hakeim lors d’une rencontre entre les anciens adversaires sur les lieux en 1953 :

C’est l’ampleur de votre résistance qui nous a étonnés et nous étonne encore : nous connaissions vos forces et nous comptions que vous vous rendriez après deux jours de combat .

(…) Nous aussi nous nous sommes parfois demandé quelle force intérieure a pu nous faire soutenir pendant quinze jours, sans défaillance individuelle ni collective ce combat inhumain mené sur les 15 km2 de notre position sous le déluge de 1 400 tonnes de bombes et 45 000 obus de gros calibre. Et nous n’en sommes sortis de vive force à travers les lignes ennemies, qu’après épuisement, non de nos forces ni de notre moral, mais seulement de nos munitions, de l’eau et de notre armement, détruits un à un.

J’ai réalisé soudain que ce n’était plus l’homme-animal qui combattait dans Bir Hakeim avec ses seules armes, la peur au ventre, la vision de l’horreur qui l’entourait et l’angoisse permanente de la mort. En chacun de nous un souffle spirituel animé par une foi inébranlable en notre idéal, la volonté d’acier d’accomplir coûte que coûte la mission que nous nous étions donnée et la rage de vaincre enveloppait nos êtres comme une aura qui les aurait transcendés : oubliant qu’ils étaient mortels, ils sont alors devenus insensibles aux réalités matérielles…et se sont révélés invincibles.

Oui, c’est bien l’âme de la France Libre et combattante qui a insufflé en chacun de nous cet état de grâce qui nous a soudés dans le combat en un bloc d’airain (…) Elle flotte depuis lors sur ce sanctuaire pour l’éternité, insensible au vent du désert qui efface inexorablement les traces matérielles de notre combat.

L’évocation de la Résistance intérieure au début de cette réflexion me conduit à vous raconter les retrouvailles de mon père avec sa famille lorsque, en septembre 1944, il reçoit sa première permission et monte sur Paris en jeep avec le Commandant de sa batterie, Albert CHAVANAC.

Il raconte :  Arrivée le soir en plein blackout, sans lumières. Chavanac descend et demande à la concierge de la rue des Ursulines de monter prévenir Maman de mon arrivée. En montant l’escalier, j’entends Maman s’exclamer …mais c’est lequel ? J’ai deux fils dans la résistance ! J’arrive sur le palier, et Maman craque une allumette pour voir mon visage .

C’est comme cela que mon père apprit que son frère aîné, le Docteur Pierre ROUMEGUERE, dont la fille aînée, ma cousine Isabelle est parmi nous aujourd’hui, avait été fait prisonnier et s’était évadé à la même période que lui, puis s’était engagé dans les Bataillons de la mort, l’un des premiers réseaux de résistance du Nord de la France.

Comme ce fut le cas pour nombre d’enfants de Compagnons de la Libération, mon père ne nous a rien raconté de son parcours. Une fois leur mission terminée, une autre tâche attendait les Français libres de retour dans leurs foyers : ils avaient à construire leur propre vie, alors même que le cours normal de leur jeunesse avait été bouleversé par 5 longues années de guerre.

Pourtant, sans avoir besoin de nous dire ce qu’il avait vécu, notre père a su faire rayonner à travers notre éducation et nos échanges le plus bel héritage qui soit : l’amour de la vie – lui qui faillit bien la perdre - et un certain nombre des valeurs spirituelles ou morales forgées dans l’expérience singulière de son engagement.

La fidélité à soi même : à ses idées, à ses amitiés, et à l’Homme du 18 juin – fidélité gaullienne et non gaulliste , comme il aimait à le préciser.

Son idéalisme agissant ensuite, qu’il mit au service de sa carrière dans l’administration publique à travers la très haute idée qu’il se faisait de l’intérêt collectif et de la justice.

C’est ainsi par exemple qu’au lieu de rédiger ses mémoires comme son fils le lui demanda le jour de ses 80 ans, il préféra consacrer les dernières années de sa vie à défendre l’action du Capitaine Gravier et sa géniale conception du système de défense de Bir Hakeim, dont mon père estimait qu’ils avaient été injustement critiqués.

Je voudrais remercier chaleureusement trois camarades de mon père, anciens du 1RA de la 1e D.F.L pour leur présence parmi nous aujourd’hui :

  • Monsieur Henri ECOCHARD, qui devança l’Appel à l’âge de 17 ans, et dut falsifier ses papiers pour être incorporé parmi les forces françaises libres en juillet 1940 et qui devient par la suite spécialiste des avions d’observation américains que l’on nommait les piper-cubs…
  • Monsieur Pierre GAUTHIER qui rallia le réseau Combat- Alger et intégra ensuite la 1e DFL en Tunisie, en 1943 au sein de laquelle il participa à la campagne d’Italie puis à la Libération du territoire.,
  • Monsieur Roger NORDMANN, qui porte le N°10 sur son acte d’engagement dans les FFL et qui a fait tout le parcours de la DFL…sauf l’Erythrée ! Il est aujourd’hui Vice Président de cette grande famille qu’est l’Amicale de la 1e Division Française Libre, que j’ai rejointe après la disparition de mon père en 2006 et auprès de laquelle je retrouve ce que j’imagine de cette fraternité joyeuse que connut mon père au temps des Français Libres.

Je tiens aussi à remercier la présence parmi nous des familles des Compagnons du Loiret ainsi que celle de Madame Blandine BONGRAND, fille du Général Bernard SAINT HILLIER, qui représente ici aujourd’hui l’Association des Familles de Compagnons de la Libération.

Et enfin, je vous remercie tous et toutes, très sincèrement pour avoir partagé avec nous cette cérémonie en hommage à Jacques Roumeguère, et pour m’avoir prêté si longuement votre attention.


Le jour se lèvera aussi sûrement que le soleil demain, où les noms des Français Libres, riches d’honneurs reconnus, seront gravés dans la pierre de toutes les rues et de tous les villages d’une France rendue à sa pleine liberté.

Winston Churchill, lors de sa Déclaration aux communes en août 1940.


Si cette superbe vision se réalise en 2010 pour les 13 Compagnons de la Libération du Loiret, nous savons le devoir à la volonté et à l’investissement exceptionnel de Monsieur Etienne JACHEET, Délégué départemental de la Fondation de la France Libre, ainsi qu’aux Maires de nos communes qui en ont permis la réalisation, et de Monsieur DREUX en particulier pour celle de Saint Loup de Gonois.

Notre famille tient à les en remercier et à remercier tous ceux et celles qui ont contribué à l’organisation de cet hommage à Jacques Roumeguère ou qui s’y sont associés par leur présence.


Vous pouvez retrouver sur la page de Jacques Roumeguère, sur le site des Compagnons de la Libération du Loiret les photos et videos de cette cérémonie ainsi que des archives familiales .


(…) Ce que je retiens de cet Appel c’est avant tout l’espérance, dans la volonté de ne jamais renoncer quelles que soient les difficultés présentes. Et l’exemple du Général est bien de ne jamais perdre espoir dans la fidélité à ses seules convictions, même si l’on est seul.

Puissent les jeunes générations retenir cet exemple.

Puissent ceux qui ont des responsabilités et particulièrement les hommes politiques ne voir dans leurs décisions que l’intérêt général, celui des valeurs de la République, puissent-ils toujours faire preuve d’indépendance, et savoir eux aussi dire "non".

De Gaulle appartient à toutes et à tous ; entré dans l’histoire, il a démontré combien l’honneur était le seul idéal, combien la liberté devait être défendue envers et contre tout. Il était profondément républicain.

Pierre Mazeaud, président de la Fondation Charles de Gaulle, au sujet de l’Appel du 18 juin 1940, Juin 2010.

Sources

Une conférence de Jacques Roumeguère sur Bir Hakeim lors de la Journée Portes Ouvertes du 1e RAMA à Laon en mai 2004