THEODORE Gérard

27/11/1920 - 09/06/2012

Grade : lieutenant

Unité : RA

 

Français Libre

 

À propos

Lieu de naissance : Paris

Profession : etudiant

Ralliement : londres (juil.-40)

Lien compagnons

Date de décès : 09/06/2012

 

Écrits

Gérard Théodore est né à Paris le 28 novembre 1920 de parents commerçants. Il poursuit un cursus scientifique à Paris aux lycées Michelet et Saint-Louis et obtient le certificat de Mathématiques générales.

En 1939, il est sous admissible à Polytechnique et admissible à l’Ecole de l’Air ; il n’est pas mobilisé en raison de son âge. Il continue ses études en classe préparatoire, à la rentrée de septembre 1939, au lycée de Coutances.

Refusant l’armistice, après avoir entendu l’appel du général de Gaulle, il gagne Grandville à bicyclette. De là, le 25 juin 1940, il embarque sur un bateau de pêche et, via Chausey et Jersey, rejoint l’Angleterre sur un navire de commerce.

Engagé dans les Forces françaises libres dès le 1e juillet 1940, il est affecté à une des sections de l’artillerie des FFL. Il participe aux premières campagnes de son unité : Dakar, Erythrée, Syrie et Libye. Il est cité à l’ordre de la Brigade d’Orient pour avoir, le 6 avril 1941, en Erythrée, rempli ses fonctions de canonnier pointeur, en donnant à ses camarades un exemple de courage, "ne pensant qu’à assurer son service sans songer à s’abriter".

Après le regroupement des FFL en Palestine, il participe à la campagne de Syrie et aux combats de Kissoué et de Damas face aux troupes de Vichy.

Ensuite, Gérard Théodore suit les cours d’élève aspirant de Damas. Promu aspirant, il prend part à la campagne de Libye à la 1e Brigade française libre du général Koenig. Officier de tir à Bir-Hakeim, bien que légèrement blessé par l’exécution d’un tir le 8 juin 1942, il reste à son poste. Une heure plus tard, il a la jambe gauche arrachée en se portant à une pièce pour en vérifier la direction. Il quitte la position de Bir-Hakeim avec l’ensemble de la Brigade dans la nuit du 10 au 11 juin 1942. Evacué sur Tobrouk, soigné à l’Hôpital de Beyrouth (où il est décoré de la Croix de la Libération par le général de Gaulle), Gérard Théodore rejoint le 1e Régiment d’Artillerie en juillet 1943 à Sabratha en Tripolitaine. Il est ensuite affecté à l’Etat-major FFI Zone-nord du général Koenig en Angleterre, de décembre 1943 à août 1944.

Le lieutenant Théodore est envoyé en mission en France (Bayeux et Saint-Lô) fin juillet 1944 puis arrive à Paris le 25 août 1944.

Gérard Théodore a été Président de la Société d’Entraide des Compagnons de la Libération (SECL) de 1983 à 2006. Il était Membre du Conseil de l’Ordre de la Libération depuis septembre 2002.

Allocution de Fred MOORE

Gérard THEODORE nous a quittés. Les honneurs militaires lui ont été rendus dans la cour des Invalides le mardi 19 juin à 10 heures. Fred MOORE, chancelier de l’Ordre de la Libérationa prononcé l’allocution en présence de nombreux Compagnons de la Libération et d’amis de Gérard Théodore.

Gérard THEODORE, ancien du 1e Régiment d’Artillerie, bien que légèrement blessé par l’exécution d’un tir le 8 juin 1942 à Bir-Hacheim reste à son poste. Une heure plus tard, il a la jambe gauche arrachée en se portant à une pièce pour en vérifier la direction. Evacué sur Tobrouk, soigné à l’Hôpital de Beyrouth , il est décoré de la Croix de la Libération par le général de Gaulle. Gérard Théodore fut Président de la Société d’entraide des Compagnons de la Libération de 1983 à 2006. Il était membre du Conseil de l’Ordre de la Libération depuis 2002 et Président d’Honneur de l’Amicale de la 1e Division Française Libre.

L’évocation du courage de son ami Gérard par Roger Nordmann, et sa dernière interview dans le documentaire sur Bir Hakeim de Timothy Miller diffusé le 7 juin dernier sur France 3 ont ému et marqué tous les esprits. Il y évoquait également sa rencontre avec son épouse Tamara... C’est un ami très cher au coeur de l’ADFL , mais aussi aux familles de Compagnons de la Libération qui s’en va. Il sera particulièrement présent dans nos pensées lundi 11 juin lors du ravivage de la flamme à l’Arc de Triomphe, commémorant la sortie de Bir Hakeim. Nous le revoyons sur cette photo à l’Arc de Triomphe en 2002, ravivant la flamme avec son ami Roger Nordmann.

A son épouse Tamara, ses enfants, ses petits-enfants, nous adressons le soutien et l’affection du Bureau et de la grande famille de la D.F.L.

"HOMMAGE - Il y a soixante-dix ans, le général de Gaulle appelait les Français à le rejoindre outre-Manche. Gérard Théodore se souvient...

Pour moi, c’était l’espoir que tout n’était pas terminé

C’est un homme simple, bien que multidécoré, qui parle de son engagement comme d’une évidence. Aujourd’hui âgé de 89 ans, Gérard Théodore n’a pas hésité une seconde, ce 18 juin 1940. Je me promenais dans Coutances (Manche), où j’étais pensionnaire. Tout d’un coup, j’ai entendu le discours. Ça venait d’une maison, derrière un mur. Je me suis arrêté pour écouter, et quand je suis rentré au lycée, on m’a expliqué que c’était le général de Gaulle. Cinq jours plus tard, je partais, bien décidé à rejoindre Londres.

Direction Grandville, à bicyclette. En vérité, j’ai roulé trois-quatre heures, et après j’ai fait du stop, sourit-il. Le jeune homme n’a pas encore 20 ans, mais décide de tout quitter du jour au lendemain, famille, fiancée. J’étais farouchement antifasciste. Je ne pouvais pas imaginer que c’était fini. Cet appel, c’était l’espoir que tout n’était pas terminé. De Grandville, Gérard Théodore embarque sur un bateau de pêche pour l’île britannique de Jersey. De là, un autre navire l’emmène à Londres.

Enrôlé dans les Forces françaises libres, il participe aux campagnes d’Erythrée, de Syrie et de Libye. Le 8 juin 1942, il est blessé à la bataille de Bir-Hakeim. Il y a eu un tir d’obus. Je n’ai pas eu tellement mal sur le coup mais quand j’ai regardé ma jambe, j’ai vu qu’elle faisait un angle à 90 °.

Toujours ému par la Libération

Evacué à l’hôpital de Beyrouth, où il est décoré de la croix de la Libération par le général de Gaulle, le jeune officier de 22 ans n’entend pas abandonner son régiment. Après un séjour aux Etats-Unis où il se fait appareiller, Gérard Théodore revient au combat en juillet 1943. Mais j’étais parfaitement apte ! Je conduisais même les camions, une canne sur l’embrayage , s’exclame-t-il, presque offusqué qu’on puisse l’imaginer finir la guerre à l’arrière.

L’aventure se poursuit à Londres sous les ordres du général Koenig, puis en France en 1944. Envoyé à Bayeux, il rejoint les troupes de la division Leclerc. A leurs côtés, il entre dans Paris le 25août 1944. Un souvenir qui émeut encore Gérard Théodore : On était tellement contents… Les gens dans la rue avaient l’air si heureux. Malgré les acclamations, Gérard Théodore n’a qu’un objectif : rejoindre la rue Pétrelle, où vivait sa fiancée. Il était le premier Français libre à rentrer dans le quartier, vous savez , sourit fièrement Tamara, devenue sa femme un mois plus tard.

C.M. "

Source : site internet de 20minutes

Jean-Mathieu BORIS se souvient de Gérard Théodore à Bir Hacheim :

Avec la journée du 8 juin, l’attaque ennemie débouche face au BM 2. Les pionniers allemands ouvrent un passage dans les champs de mines. La bataille dure tout le jour, appuyée par des passages répétés de dizaines de bombardiers Junkers. Ce jour-là, les tirs débutent vers 7 heures.Au milieu de l’après-midi, je suis de permanence au PC du groupe. Le téléphone sonne, la 3e batterie demande le médecin, l’aspirant Théodore vient d’être blessé .

Duval n’est pas là et je me précipite à la position de batterie à 100 mètres du PC ; Gérard a eu la jambe coupée par un obus fusant de 88.Avec l’aide de Ravix et sous les obus qui continuent à tomber, je lui assure un garrot en attendant son évacuation vers l’ambulance chirurgicale. Je reçois alors l’ordre de le remplacer comme lieutenant de tir de la 3e batterie.

Ayant pris mon commandement, je me promène sur la position de batterie, coiffé de mon casque français. Les Allemands-Italiens sont à portée de fusil. On m’appelle de l’abri enterré situé légèrement en arrière Message du commandant ; Je m’approche et me penche vers le radio qui sort la tête en me tendant un papier. Son casque heurte le bord de l’abri. Il se relève, ma tête est à quelques centimètres de la sienne ; il s’effondre, une balle en plein front. "

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