TRANAPE Jean

02/12/1918 - 20/08/2012

Grade : sergent

Unité : BIMP

 

Français Libre

 

À propos

Profession : liberal

Ralliement : nouvelle caledonie (mai-41)

Lien compagnons

Date de décès : 20/08/2012

Sépulture : Rueil Malmaison

 

Écrits

Jean Tranape est né le 3 décembre 1918 à Nouméa en Nouvelle-Calédonie. Son père était commerçant.

Dessinateur aux Travaux Publics de Nouméa, il effectue son service militaire au Bataillon Mixte d’Infanterie Coloniale où il est incorporé en janvier 1940.

Volontaire, il est incorporé après le ralliement de Tahiti, le 2 septembre 1940, dans le Bataillon du Pacifique rassemblé à l’initiative du Commandant Broche, commandant les troupes de Tahiti.

Jean Tranape arrive au Moyen-Orient en juillet 1941 avec son unité et participe à toutes les actions de son Bataillon.

En juin 1942, après Bir-Hakeim où il est cité à l’ordre de l’Armée, il est intégré au Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique nouvellement créé par la fusion des effectifs, décimés à Bir-Hakeim, du Bataillon du Pacifique et du 1e Bataillon d’Infanterie de Marine.

Il est affecté en Tunisie au 10e RTS, puis à Madagascar au 1e RMM pendant trois ans (1932-1934) avant de revenir à Tunis.

Capitaine en septembre 1938, Félix Broche est affecté au commandement du détachement d’Infanterie coloniale de Papeete où il arrive en juillet 1939.

Il prend ensuite le commandement de la Compagnie autonome d’Infanterie de marine à Tahiti succédant, à la suite de la déclaration de guerre, au détachement qu’il commande.

Avec énergie il instruit ses hommes et organise la défense de l’Ile jusqu’à l’armistice de juin 1940 auquel il ne peut se résoudre.

Félix Broche ne se résout pas non plus à démobiliser sa Compagnie et, le 2 septembre 1940, en même temps que l’Océanie, il rallie avec enthousiasme la France libre. A Nouméa, le 24 septembre, il est appelé au commandement supérieur des troupes du Pacifique et quitte Tahiti en octobre 1940 pour la Nouvelle-Calédonie.

Il s’attache alors à mettre sur pied un corps expéditionnaire ne comprenant que des volontaires de la Polynésie, de Nouvelle-Calédonie et des Nouvelles Hébrides.

Promu chef de bataillon le 1e février 1941, il prend le commandement du 1e contingent du corps expéditionnaire du Pacifique, bataillon à l’effectif de 600 hommes, dont 300 Tahitiens, qui quitte Nouméa, à bord du Zealandia, le 5 mai 1941.

En août 1941, après 45 jours d’entraînement en Australie, près de Sydney, les "Pacifiens" arrivent en Palestine. Pendant cinq mois l’entraînement se poursuit près de Tel Aviv jusqu’à l’engagement du contingent, devenu le Bataillon du Pacifique (BP1), dans la campagne d’Afrique.

Le BP1 est incorporé à la 1e Brigade française libre (1e BFL) du général Koenig. Promu lieutenant-colonel en octobre 1941, Félix Broche - que les Tahitiens surnomment le Metua (le Père) - conserve à sa demande le commandement du bataillon qui, fin décembre, avec la 1e Brigade, se met en marche vers la Libye.

Au cours de la campagne de Libye, le BP1 se signale d’abord dans les combats d’Halfaya et de Tengeder en janvier 1942.

Le 14 février 1942, la brigade française reçoit l’ordre de relever une unité britannique à Bir-Hakeim. Pendant trois mois, celle-ci devra aménager la position, creuser dans ce terrain rocailleux des éléments de tranchée et organiser des patrouilles profondes (jock column) qui harcèlent l’ennemi en rapportant des renseignements. Cette guerre de course se poursuivra jusqu’à fin mai 1942.

A l’aube du 27 mai 1942 la division italienne Ariete déclenche la première attaque sur Bir-Hakeim. Le Bataillon du Pacifique occupe le flanc sud ouest de la position. L’investissement de la position se poursuit et bientôt face à la position isolée des français se regroupent des forces telles (trois divisions dont une blindée) que la position française semble intenable. En vain, les Français sont sommés de se rendre et les ultimatum sont appuyés par une préparation d’artillerie et d’aviation intense.

Du 1e au 3 juin, Le BP1 mène avec succès une opération offensive en avant ligne, à Rotonda Segnali, malgré une forte opposition de l’aviation ennemie.

A partir du 6 juin commencent les attaques de grand style. L’ennemi repoussé rassemble ses forces et se lance dans un nouvel assaut le 8 juin. Le Bataillon du Pacifique parvient à maintenir ses positions mais la situation s’aggrave, l’eau et les munitions viennent à manquer.

Le 9 juin, alors que la position doit faire face à une attaque générale, le lieutenant-colonel Broche, en même temps que son adjoint le capitaine Duché de Bricourt, est tué dans le bombardement dans son P.C. Inhumé sur place, le corps de Félix Broche a été ensuite transféré au cimetière de Tobrouk.

  • Chevalier de la Légion d’Honneur
  • Compagnon de la Libération - décret du 11 mai 1943
  • Croix de Guerre 39/45
  • Officier du Nicham Iftikar

Source : Ordre de la Libération

Emouvant adieu au Compagnon de la Libération Jean Tranape, le 28 aout 2012 à Rueil Malmaison

Les obsèques de Jean TRANAPE (3 décembre 1918 – 21 août 2012) ont eu lieu le 28 août 2012 en l’église Saint Pierre-Saint Paul de Rueil-Malmaison.

Autour de son épouse Odette, de ses deux fils, Yvon et Jean-Claude, et de sa famille,

sont venus rendre un dernier hommage à Jean Tranape,

les autorités civiles et militaires représentées par M.Pierre-André Peyvel, Préfet des Hauts-de-Seine, M. Patrick Ollier, Député-Maire de Rueil-Malmaison, M. le Général Georges, Représentant le Gouverneur Militaire de Paris, M. le Colonel Fred Moore, Chancelier de l’Ordre de la Libération, et M. Noël Murati, Président de l’amicale de la 1e DFL.

Ses camarades anciens combattants de la 1e DFL.

Des représentants de familles de Compagnons dont M. François Broche, Président de l’association des Familles de Compagnon et fils du fondateur du Bataillon du Pacifique.

Sous les ordres du Colonel Michel Billard, commandant en second de la 1e Brigade Mécanisée, une délégation comprenant 21 des nouveaux engagés issus de toutes les unités de la 1e Brigade Mécanisée (héritière des traditions de la 1e DFL) dont Jean Tranape est le parrain.

De nombreux porte-drapeaux avec à leur tête les drapeaux de l’amicale de la 1e DFL et du BIM (Bataillon d’Infanterie de Marine).

Le port du cercueil était assuré par un détachement du 4e régiment de Dragons.

La cérémonie religieuse a été conduite par le Père Jacques Agnelli. Le Colonel Moore a rappelé la brillante campagne militaire de Jean Tranape et rendu un poignant hommage à son ami qui était aussi devenu le plus ancien membre du Conseil de l’Ordre (nommé en 1958 par le Général de Gaulle).

A l’issue de la cérémonie religieuse, sur le parvis de l’église, sous un soleil rayonnant et devant une foule nombreuse, les honneurs militaires ont été rendus à Jean Tranape par un piquet d’honneur du 4e régiment de Dragons.

Un nombre plus restreint d’intimes et d’amis a accompagné la famille jusqu’au cimetière de Rueil-Malmaison pour l’inhumation. Celle-ci à donné lieu à d’émouvants témoignages d’amitié.

Yves Tomasi

Parrain de la promotion du CFIM de Dieuze, 28 avril 2012

Un homme merveilleux, d’une grande modestie, journée exceptionnelle en présence de son épouse odette, de ses fils Jean-Claude et Yvon et son petit-fils.

Entretien Jean Tranape - promotion CFIM de Dieuze par Flo Roumeguere

Cérémonie du 4 avril 2012 - Ville de Rueil Malmaison

Allocution de monsieur Jean Tranape

Cher Patrick,

Monsieur le Chancelier,

chers amis,

Je voudrais tout d’abord vous exprimer toute ma reconnaissance et mon émotion de vous rencontrer ce soir dans cette magnifique salle. Un grand merci d’avoir répondu si nombreux à l’invitation de notre Maire et de son Conseil municipal.

Brièvement, je vais vous expliquer la raison de cette cérémonie.

De juillet au début octobre de l’année dernière, s’est tenue dans la cour d’honneur des Invalides une exposition en hommage aux ’Combattants des Outre-Mer’. Cette superbe exposition avait été conçue et réalisée par l’ECPAD (Etablissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense), par le musée de l’Armée et le musée de l’Ordre de la Libération. Elle consistait en la présentation de 29 grandes photos placées sur les colonnes de la cour d’honneur des Invalides, lieu ô combien historique connu du monde entier. Par ces clichés, l’exposition rappelait le rôle majeur joué par les combattants issus de Nouvelle-Calédonie, de Tahiti, de Saint-Pierre-et-Miquelon, de Guyane, des Antilles, de La Réunion, de Mayotte, depuis les tranchées de la Grande Guerre jusqu’aux actuelles opérations militaires extérieures. Cette sélection d’images témoignait de l’engagement, du rôle majeur et du sacrifice de tous ces français des territoires ultra-marins, au long d’un siècle de conflits.

Une de ces 29 photos montrait le général de Gaulle décorant de la Croix de la Libération celui qui à l’honneur et la joie de vous parler. C’était à Marcianise en Italie le 30 juin 1944 après les très durs combats de mai dans la région de Girofano que la 1e DFL a dû affronter. Les mots me manquent pour vous dire l’intense émotion de me trouver pour la 2e fois devant le Général. Non, je n’avais pas le trac, mais l’émotion me submergeait d’être à nouveau face à l’homme du 18 juin.

Pour terminer, je vais vous faire une confidence : fin septembre dernier, jeudi 29 exactement, en début d’après-midi, avec mon épouse, je suis allé voir cette photo que vous verrez dans quelques minutes. J’ai eu la joie et l’honneur de vivre ce moment, pour moi très important, accompagné par notre Maire.

Patrick : ’Odette et moi, nous vous remercions du fond du coeur de cet accompagnement.’

L’exposition terminée, la photo me concernant m’a été proposée. J’ai bien évidemment accepté. Ce soir, j’ai le plaisir de la donner à la ville de Rueil en la personne de son Maire.

Cette photo permettra, je l’espère, de rappeler à toutes et tous, en particulier aux jeunes d’aujourd’hui et de demain, que sur les 1 038 Compagnons choisis par le général de Gaulle, 3 sont Rueillois : Jacques Baumel, le général Guy Baucheron de Boissoudy et .... Jean Tranape. A ce jour, 28 Compagnons sont encore en vie.

Je vous remercie de votre attention.

"Qu’en pensent les jeunes d’aujourd’hui ?"

Dans un livre d’Henri Weill paru en 2006, Jean TRANAPE évoque ses camarades du Bataillon du Pacifique, "morts pour la France" : " Une France qu’ils ne connaissaient pas, dont ils n’ont pas foulé la terre. C’est et cela demeure un exemple de patriotisme. QU’EN PENSENT LES JEUNES DE 2006 ? Que savent-ils du sacrifice de ces jeunes de 20 ans, venus du Pacifique ?"

En 2007, Jean TRANAPE a évoqué dans un courrier, à la demande de Blandine Bongrand Saint-Hillier, le récit que vous découvrez dans cette page.

Citations

HOMMAGES - " Jean Tranape : French war hero who helped fight off the Desert Fox " - Cet article du journaliste Phil Davison est paru dans l’édition en ligne du quotidien The Independant du vendredi 31 aout 2012. A travers le portrait de Jean Tranape et son parcours exceptionnel, Phil Davison rend également hommage au Bataillon du Pacifique et aux résistants de Bir Hakeim aux côtés des Alliés Britanniques dans la guerre du Western desert. Les articles de la presse française parus sur le décès de Jean Tranape sont accessibles dans notre revue de presse "Scoop it DFL" .