VOUR’CH Yves

07/07/1924 - 19/11/2007 / 1924-2007

 

Français Libre

 

À propos

Date de décès : 19/11/2007

 

Notes

LA FAMILLE VOURC’H PRÉSENTE UN CAS EXCEPTIONNEL D’ENGAGEMENT COLLECTIF DANS LA FRANCE LIBRE :

Parmi les neuf enfants du couple, quatre fils rejoignent les FFL et deux filles la Résistance bretonne.

Les départs des fils s’opèrent en ordre dispersé.

"Il y avait 6 FFL dans la famille ; ma mère Marguerite née le 11 juin 1893, décédée en février 1950 est également FFL"

Anne Vourc’h 

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Écrits

Lycéen en 1940, participe d’abord avec son père et son frère Paul aux réseaux Johnny et Bordeaux-Loupiac, puis rejoint l’Angleterre en janvier 1944 et sert, comme son aîné Guy, au commando Kieffer comme simple quartier-maître. Cette humble et superbe saga d’une famille résistante bretonne, écrira Jean Marin, symbolise et reflète comme dans un miroir que le temps n’a pas altéré, le portrait même de la Résistance des Français née dès le premier instant de la défaite et de l’abandon, de l’amour de la patrie et de l’Appel qu’il avait inspiré .

Jean-François Muracciole

Dictionnaire de la France Libre Robert Laffont ed. 2010

Revue de la France libre :

Yves Vourc’h, le dernier des quatre garçons de sa famille qui, tous, avaient rejoint les FFL, est décédé à Plomodiern le 19 novembre dernier. Ses obsèques ont été célébrées le 21 novembre en l’église de Plomodiern, là où il était né le 7 juillet 1924.

Parmi les références dont Yves Vourc’h pouvait se prévaloir, la première dans l’ordre fut son appartenance au réseau Johnny.

En mars 1941, lorsque les fondateurs du réseau débarquèrent sur la côte nord du Finistère, Yves et Paul Vourc’h étaient élèves au collège Saint-Yves à Quimper. En ville, ils occupaient une chambre située au-dessus du bureau de poste de Kerfunteun, commune aujourd’hui intégrée à Quimper.

C’est de leur chambre que débutèrent, le 27 mars 1941, les premières liaisons radiotélégraphiques durables entre la zone occupée et l’Angleterre.

Un point d’histoire : avant son départ en mission, fin décembre 1940, d’Estienne d’Orves convint d’un rendez-vous avec Robert Alaterre, chef du futur réseau Johnny, pour le 20 mars 1941 à Nantes chez Mlle de La Patellière.

Cependant, le départ de Robert Alaterre et de ses trois compagnons n’avait pu se faire à temps, puisque c’est précisément dans la nuit du 19 au 20 mars qu’ils débarquèrent sur la côte nord du Finistère.

Robert ne se rendit à Nantes que le 5 avril 1941. C’est alors que Vf de La Patellière lui apprit que d’Estienne d’Orves était arrêté depuis le... 21 janvier. Alaterre rentra aussitôt à Quimper. C’est de la chambre d’Yves que fut transmis le message qui informa le commandant Passy que d’Estienne d’Orves avait été arrêté deux mois et demi plus tôt. Au cours de cette période, le commandant Passy avait cru qu’il échangeait messages avec d’Estienne d’Orves alors que son correspondant était le colonel Dernbach, chef de l’Abwehr pour l’ouest de la zone occupée. On connaît aujourd’hui la trahison de Gaester.

La chambre d’Yves Vourc’h et de son frère Paul fut le seul lieu d’émission du réseau Johnny jusqu’au 12 avril 1941.

Le 28 novembre 1941, Paul rejoignit l’Angleterre par l’une des liaisons mari times du réseau Johnny. À cette date, Yves ne savait pas que le départ de son aîné allait le conduire, à terme, à reprendre son activité dans la Résistance.

En effet, à son arrivée en Angleterre, Paul entra à l’Ecole des Cadets . Il se lia d’amitié avec l’un de ses condisciples. Celui-ci, à sa sortie de l’école, fut affecté au BCRA.

Il reçut la mission de retourner en France afin d’y organiser un réseau d’évasion. Bien entendu, Paul lui avait donné l’adresse de sa mère et de son frère. C’est ainsi que, en février 1943, Jean-Claude Camors , l’ami de Paul, fut parachuté sur la France pour prendre la tête du réseau d’évasion Bordeaux-Louplac. Il se présenta à Plomodiern, où, naturellement, il fut reçu à bras ouverts par Mme Vourc’h et le plus jeune de ses garçons.

En octobre 1943, Jean-Claude Camors n’a pas encore 24 ans... Il est en train de monter sa première grande opération maritime à partir de la Bretagne.

Mais le 11 octobre 1943, Jean-Claude Camors est mortellement blessé par la Gestapo alors qu’il se trouvait au café de l’Époque à Rennes. Son corps ne sera jamais retrouvé.

Cependant, l’équipe de Plomodiern, composée de Mme Vourc’h, d’Yves, de Pierre Philippon, Jean de La Patellière, Jos Le Bris et Pierre Drevillon, était bien décidée à remplir jusqu’au bout la mission que Jean-Claude Camors leur avait confiée .

En janvier 1944, Yves Vourc’h et ses amis réussirent une extraordinaire évasion vers l’Angleterre. Il s’engagea dans les commandos. Son frère aîné s’y entraînait depuis longtemps avant d’être parmi les Bérets verts français qui, sous les ordres du commandant Kieffer, débarquèrent le 6 juin 1944 à Ouistreham. Ce jour, Guy Vourc’h fut grièvement blessé.

Plus tard, Yves débarquera, lui aussi, en Normandie. Puis il se battra en Hol-lande avec les Bérets verts de Kieffer.