extrait concernant les transmissions radio en tahitien durant les combats du Bataillon du Pacifique à Bir Hakeim

Ce texte nous a été transmis de Papeete le 12 mars 2012 par Jean-Christophe Teva SHIGETOMI, Président de l’Association "Les Polynésiens dans la Guerre"

Les transmissions en tahitien

L‘anecdote de l’utilisation de la langue tahitienne dans des messages destinés à déjouer un piège ennemi. Nous n’avons eu connaissance des faits que par les conversations entre nous, le calme revenu.

Rotonda Signali à 20 kms au Nord de Bir Hakeim-Juin 1942

Les Italiens feignent d’abandonner cette position qu’ils occupaient depuis le début de la bataille. Elle est aussitôt occupée par le Bataillon du Pacifique qui s’y rend depuis Bir Hacheim.

Les Sud-Africains qui patrouillent dans le secteur avec leurs automitrailleuses préviennent le colonel BROCHE que les Italiens ne sont pas partis loin et se regroupent.

Échange de messages toute la journée avec le QG du Général KOENIG demeuré à Bir Hacheim. La consigne de KOENIG est toujours la même : tenir coûte que coûte.

A la tombée de la nuit le chef des automitrailleuses sud-africaines prévient le colonel BROCHE de la fin de sa mission et du mouvement de l’ennemi de plus en plus prononcé dans leur direction. C’est alors que le Colonel BROCHE flaire un piège, et décide d’utiliser la chance d’avoir à sa disposition deux opérateurs radio d’origine tahitienne , l’un auprès de lui et l’autre à Bir Hacheim, près du QG.

Il demande à celui qui est près de lui de décrire la situation par phonie à son collègue, en tahitien, et d’en apporter de toute urgence la traduction au Général KOENIG. La réponse ne s’est pas fait attendre.

En tahitien aussi, ce devait être “ A HOI OIOI MAI “ (Revenez vite !). Il n’y a pas eu de texte écrit de cette conversation “hors normes”, c’est pourquoi il n’y a aujourd’hui aucune trace.

Que c’était-il passé ? Nos postes de radio étaient alimentés par la batterie de nos voitures. Nos opérateurs avaient l’habitude de couper l’alimentation du poste dès la réception de la réponse, pour économiser la batterie. L’ennemi s’était mis sur notre fréquence, et dès que Broche posait sa question à Koenig, c’était l’ennemi qui répondait à Broche. Cette réponse reçue, le poste était coupé et en n’entendait rien d’autre.

Que serait-il advenu du Bataillon du Pacifique si deux tahitiens n’avaient pas apporté leur spécificité pour sauver tout un bataillon ? "

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