Un officier du 1er RFM, Régiment de reconnaissance de la Division témoigne : un épisode des combats de la 1ère D.F.L pour la libération du Var

Un ÉPISODE des COMBATS de la 1ere D.F.L. pour la libération du Var

Notre camarade PONT, à Hyères et à La Garde.

(Extraits de notes prises à l’époque par un officier du 1e Régiment de Fusiliers Marins, Régiment de Reconnaissance de la Division).

Au cours des combats qui ont suivi le débarquement sur la côte méditerranéenne, en août I944 et qui ont abouti en quelques jours à la libération de Toulon et de Marseille, la 1e D.F.L., qui a eu 308 tués, a fait 3 000 prisonniers.

Nous relatons ici les combats menés par un escadron de l’unité de reconnaissance de la D.F.L. pour libérer Hyères et qui ont porté la division jusque dans les faubourgs est de Toulon.

21 août 1944.

A la nuit tombante, le 1e peloton du 4e escadron, sous les ordres de l’ Enseigne de Vaisseau Pont , et le 2e peloton sous les ordres d’un autre lieutenant se portent derrière le fort de .... afin d’être en mesure d’effectuer, dès le lever du jour, le passage du Gapeau.

L’escadron fait alors partie d’un groupement aux ordres du Colonel Raynal qui a pour mission la libération d’Hyères. Aussitôt qu’Hyères sera libérée, un groupement aux ordres du Colonel Simon, dont fera partie l’escadron, sera constitué pour exploiter le succès en direction de Toulon.

Le pont du Gapeau est sauté. Le Génie doit travailler pendant la nuit à aménager un passage dans le lit de la rivière qui est à sec.

Au-delà du Gapeau, la situation est mal connue. Le BM 24 est sur la rive est et a peut-être des éléments sur la rive ouest, à hauteur du pont, avec comme axe la route du littoral d’Hyères. A sa droite, le B.I.M.P. a probablement, des éléments sur la rive ouest. On estime à deux compagnies environ les éléments amis au-delà du Gapeau.

L’ennemi tient l’Hôtel du Golfe, énorme bâtisse en ciment. Les batteries d’artillerie et do mortiers situées aux alentours de l’hôtel ou au défilement des collines qui dominent Hyères, appuient la défense. Les tirs d’artillerie sur l’hôtel ont très peu d’efficacité.

Vers 23 heures, un officier de l’escadron prend contact avec le capitaine du B.M. 24 à l’entrée du pont sauté. Il apprend alors que le B.M. 24 n’a réussi qu’à faire passer deux groupes de combat de l’autre côté de la rivière — qui ont dû se replier dans le lit — et ont juste deux observateurs aux abords de la rive. Le passage d’une compagnie du B.I.M.P. plus au nord est problématique. On entend le Génie travailler à cinquante mètre de là, sans aucune couverture. Le pont ne sera prêt qu’à la fin de la nuit.

22 AOUT.

Au lever du jour, les deux pelotons font mouvement dans l’ordre indiqué. Au moment où le 1e peloton atteint le pont et le dépasse en remontant la rive jusqu’au passage aménagé, l’ennemi ouvre le feu.

Le Second-Maître Belzio est blessé. Accompagné d’éléments du B.M. 24 et de deux tanks destroyers du 8e Chasseurs, le 1e peloton passe le Gapeau et regagne la route d’hyères. Il est pris à partie par des tirs d’armes automatiques et de mortiers provenant de l’Hôtel du Golfe ; II est au contact de nids de résistance répartis dans de petites maisons au sud de la route et dans des fossés. Des grenadiers ennemis attaquent le premier tank destroyer qui se replie. Le Second-Maître Schickele , chef du scout-car de tête 412, porte son véhicule en avant et engage le combat à portée de grenade.

Aidé de son équipage, les matelots Patacchini, Keroula et Rousseau, conducteur , il ramasse les grenades ennemies qui tombent dans le scout-car et les renvoie. Ayant par ailleurs épuisé les bandes chargeurs de mitrailleuses, il met pied à terre, renvoie le véhicule et achève la destruction de l’ennemi le pistolet au poing. Le 1e peloton reprend sa progression sur la route. Pris à partie à nouveau par les mitrailleuses de l’Hôtel du Golfe, le Second-Maître Schickele est tué.

Le 1e peloton atteint le carrefour de la route qui va à l’Hôtel du Golfe où se trouve une barricade. Ce point est à quelques centaines de mètres au sud de l’Hôtel du Golfe.

Sous la protection des véhicules de tête le Génie entreprend le dégagement de la barricade qui est minée.

Ce carrefour constitue la limite de bond fixée à l’escadron.

Au moment où la barricade est dégagée, il apparaît que si l’ennemi tient toujours l’Hôtel du Golfe, aucune résistance ne se révèle en direction d’Hyères.

Les contacts radio du 1e peloton étant mauvais et ne permettant pas de demander de nouveaux ordres, le Lieutenant Pont prend l’initiative de foncer sur Hyères, après avoir averti son camarade qui rend compte au Commandant et reçoit l’ordre de le suivre et de nettoyer le quartier nord de la ville.

Le 1e peloton entre à Hyères, la traverse rapidement d’est en ouest et arrive à la sortie ouest de la ville sur la route de Toulon où vient de passer le dernier 88 allemand. Il s’y installe en attendant l’infanterie.

Le 2e peloton dépasse l’Hôtel du Golfe qui continue à battre la route et entre à Hyères où iI est arrêté au premier carrefour par une foule rassemblée en quelques secondes. Le lieutenant arrête le peloton pour prendre quelques renseignements sur la situation dans la ville. Les véhicules sont entourés, des bras tendent des fleurs et des bouteilles. Des patrouilles sont effectuées dans la partie nord de la ville : un Allemand qui vient de revêtir un costume civil est dénoncé par une Française : il est trouvé porteur de deux livrets militaires et abattu sur place.

Quelques tireurs restent à l’extérieur de la ville, direction nord-est, sur les crêtes situées à l’ouest de l’Hôtel d’Hyères : ils sont signalés à l’infanterie.

Au centre de la ville, deux Allemands en civil sont trouvés abattus par la population ; dans les chaussettes de l’un d’eux on trouve 400 000 francs.

Un jeune garçon d’Hyères, un nommé Pratali , s’est porté volontaire pour guider la patrouille de tête et occupe la place du chef de peloton dans le scout-car 421. Au moment où la patrouille redescend sur la rue principale, un obus de 88 éclate au carrefour à quelques mètres du scout-car et blesse légèrement au bras le jeune Pratali.

Le 2e peloton vient se placer en arrière du 1e à la sortie de la ville. Une section du B.M. 24 rejoint peu après.

Il est alors environ midi.

Des tirs de 88 sont effectués par l’ennemi à la sortie ouest de la ville, mettent le feu à un half-track et en endommagent un autre. Le matelot Fiori est tué. Une résistance ennemie est localisée au sud-est de la ville.

Vers 18 heures, l’infanterie et des chars du 1e escadron rejoignent, le Général Brosset arrive en jeep avec l’ aspirant Jean-Pierre Aumont , officier d’ordonnance.

Il s’étonne que le Groupement Simon n’ait pas encore tenté d’exploiter le succès en direction de Toulon.

Le Colonel Simon donne l’ordre de constituer une colonne blindée composée du 1er peloton, du peloton de chars et des tanks destroyers à la sortie ouest de la ville, et de l’engager en direction de Toulon ( Groupement Perriquet ).

Par ailleurs, une deuxième colonne comprenant les 2e et 3e pelotons et un half-track du Génie prendra éventuellement la route de La Garde.

Le groupement Perriquet est mis en place soit une dizaine de véhicules blindés, sur la première section droite de la route à la sortie de la ville. L’ennemi déclenche immédiatement un tir très précis et dense d’anti-chars et de 88 : un scout-car du 1e peloton reçoit un coup direct et a plusieurs hommes blessés grièvement.

La section du B.M. 24 qui encadre les véhicules blindés se replie le long du fossé avec des blessés.

Tandis que le Lieutenant Goere (1) , commandant le peloton de chars et le chef du 2e peloton s’entretiennent sur la route, le Général Brosset arrive en jeep et demande à ce dernier quelle est la situation. Le Général conclut que le but est atteint puisque l’ennemi s’est révélé, et que l’action devra être engagée le lendemain matin. En attendant, la colonne doit immédiatement être repliée pour ne pas être détruite.

Le lieutenant chef du 2e peloton propose d’aller en donner l’ordre aux véhicules de tête. A ce moment-là un obus passant au-dessus des interlocuteurs coupe l’antenne du char qui se trouve à cinq mètres.

Le Général demande si l’on croit qu’il ne peut y aller lui-même. Le chef de peloton lui répond qu’il a sans doute d’autres choses à faire et que c’est pour lui faire gagner du temps. Le Général exécute un demi-tour entre les véhicules blindés et s’en va. La colonne est repliée.

Le Colonel Simon décide d’engager le groupe Langlois sur le deuxième axe. La colonne aussitôt formée est prise à partie par la résistance au sud-sud-est de la ville. Des armes automatiques tirent d’un grand bâtiment situé à quelques centaines de mètres sur les scout-cars et interdisent le passage des fantassins sur la route principale. Le Colonel Simon décide, comme le jour tombe, de replier cette colonne.

Le scout-car 422 du Premier-Maître Nonen Yves (2) , véhicule de tête du 2e peloton, est immobilisé par une panne de transmission électrique et reste sous le feu des armes automatiques ennemies pendant une demi-heure ; l’obusier 425 parvient à le remorquer.

L’escadron bivouaque sur te trottoir.

C’est le premier contact avec une ville française libérée. Il incitera les matelots à n’accepter qu’avec prudence les généreuses libations qui leur sont offertes.

23 AOUT

Le 4e escadron tout entier est engagé dans le cadre du groupement Langlois, l’axe principal est la route de La Garde l’axe secondaire est celle du Pradet. Un premier sous groupement aux ordres du Lieutenant chef du 2e peloton comprendra le 2 peloton, suivi des éléments du 1e peloton réduit à une patrouille par les avaries de matériel et les destructions de la veille, en outre un half-track du Génie.

Trois chars du 1e escadron et trois tanks destroyers du 8e Chasseurs seront en réserve. Le 3e peloton agira seul sur l’axe secondaire du Pradet.

Le départ s’effectue au jour. Les premiers civils rencontrés confirment que les batteries qui avaient été identifiées dans un périmètre de quelques kilomètres aux alentours d’Hyères ont été repliées. Des civils déclarant venir de La Garde affirment qu’il n’y a plus d’Allemands.

Le groupement arrive en vue de La Garde, piton surmonté d’un château et dominant toute la zone côtière. Le premier sous-groupement atteint le remblai de la voie ferrée qui passe en direction nord-sud aux abords immédiats est de La Garde. Le chef du 2e peloton fait masser les véhicules à l’abri du remblai, engage le scout-car de tête par le passage en dessous au pied du château et place son scout-car an passage en dessous. La deuxième patrouille se porte au sud le long du remblai. A ce moment, un tir d’artillerie extrêmement violent et précis arrive, écrêtant le remblai.

Le Sous-Lieutenant du Génie est tué, un de ses hommes blessé ; une section d’infanterie (B.M. 24) partie dans la nuit venait de dépasser le remblai.

Au-delà du remblai, l’infanterie et le scout-car 422 ( Premier-Maître Nonen ) échappent aux tirs d’artillerie mais sont soumis à ceux des tireurs d’élite installés sur les flancs du piton. La liaison radio étant défectueuse, le chef du sous-groupement se porte avec le scout-car 421 à côté du 422 et lui donne l’ordre de se replier.

Les fantassins en feront autant peu après. Plusieurs d’entre eux ont le casque percé par les balles.

Une jeep est hors d’état.

Le Lieutenant chef du 2e peloton met pied à terre et dirige le repli des véhicules dans des directions différentes par les deux routes allant vers l’est, avec ordre de s’abriter derrière les maisons disséminées à quelques centaines de mètres, II est légèrement blessé par éclat d’obus.

Les véhicules sont répartis dans deux groupes de maisons où ils sont immédiatement pris à partie par un tir d’artillerie exceptionnellement précis et violent. Quatre coups de 83 tombent sur les murs intérieurs d’une courette de quatre mètres de côté où se trouvent deux véhicules. Le Matelot Berthier Roger est blessé. Le Quartier-Maître Tissot est tué. Le chef du 2e peloton est blessé à nouveau. Il donne l’ordre de replier les véhicules hors de vue des observateurs ennemis. Le décrochage s’effectue sans incident. Liaison est prise avec le Commandant Langlois au P.C. situé à un kilomètre des premières positions ennemies. Le Commandant donne l’ordre d’attendre les ordres.

Dans le même temps, le 3e peloton est en contact au Pradet où il détruit un dispositif de lance-flammes ennemi.

Il est environ midi.

Vers 13h30, le Colonel Simon donne l’ordre de renouveler immédiatement la tentative du matin.

Le Commandant Langlois transmet par radio ordre au chef du 2e peloton de mettre la colonne en route y compris les éléments encore disponibles du 1e peloton du Lieutenant Pont qui passent sous les ordres du Lieutenant chef du 2e peloton.

Le chef du 2e peloton devance la colonne pour recevoir des instructions de détail du Commandant Langlois. Il en reprend le commandement au passage et arrête la colonne environ trois cents mètres plus loin pour prendre liaison avec les éléments du B.M. 24 dispersés dans les premières maisons.

Un agent de police de La Garde (3) ayant passé les lignes et qui se trouve avec les fantassins précise la position exacte des deux batteries allemandes situées de part et d’autre de La Garde, légèrement à l’ouest et d’un canon auto-moteur anti-char situé à l’est du remblai, à quatre cents mètres environ au sud du passage en dessous. Au moment où le Lieutenant va rejoindre la colonne pour prendre des dispositions en conséquence, il s’aperçoit que celle-ci ayant été prise violemment à partie par l’artillerie et les armes anti-chars ennemies, le Premier Maître Yves Nonen, chef du scout-car de tête 422, l’a fait avancer au remblai pour l’abriter, ignorant la position de l’anti-char. Quand le Lieutenant rejoint le remblai, il constate une situation analogue à celle du matin mais beaucoup plus grave.

L’obusier 415 du 1e peloton est en flammes, détruit par un anti-char, deux jeep et un six roues anti-char sont également hors d’état.

Le Premier-Maître Nonen a renvoyé à nouveau vers l’arrière tous les véhicules intacts, il reste seul dans le passage en dessous attendant l’arrivée du chef du sous-groupement.

Le scout-car 411 du Lieutenant Pont est en train de se replier. Son équipage déclare que le Lieutenant Pont est parti après avoir dirigé le repli des véhicules et avoir été blessé à l’œil.

Le Matelot Torre , conduisant la Jeep du chef du 2e peloton, met pied à terre avec le Quartier-Maître Fragassi pour ramasser le Second-Maitre Antoine , chef de l’obusier 415 grièvement blessé. L’arrivée d’un 88 blesse à nouveau le Second-Maître Antoine et pour la deuxième fois également le matelot Torre , déjà blessé le matin.

L’obusier 425, sous les ordres du Second-Maître Augier , dès son arrivée au remblai, ayant vu le départ des coups de l’anti-char ennemi situé à quatre cents mètres, a marché sur lui à découvert afin de le détruire. Sa culasse s’étant coincée, il a dû se replier aussi. Une partie du personnel des véhicules détruits s’est abritée dans une niche située sous le remblai et ne peut en sortir sans être pris à partie par les feux ennemis.

Le Commandant Langloi s décide de maintenir ce qui reste de véhicules et du personnel repliés.

En attendant l’exécution d’un tir d’artillerie sur les positions des batteries ennemies, le chef de peloton des tanks destroyers tente en vain d’aller reconnaître la position de l’antichar pour le manœuvrer.

Il est environ 14h30.

Le Lieutenant Pont est porté disparu.

Le Lieutenant chef du 2e peloton retourne à pied au remblai pour le retrouver. Ses recherches restent vaines.

Au total la moitié du matériel est hors de combat, l’escadron compte onze tués et trente-huit blessés (4) .

Au Pradet, la situation est stationnaire.

Le B.I.M.P. montant en ligne sur La Garde dépasse le P.C. de l’escadron.

Le Quartier-Maître Puis (5) vient rendre compte que deux véhicules, pendant une manœuvre de remorquage, ont été pris à partie par l’antichar et ont reçu une dizaine de coups au but.

Le Matelot Roffe a eu la jambe emportée. S’apercevant qu’un camarade qui était à ses côtés avait peur, il le prend par le bras et lui dit : Fais comme mol, je n’ai pas peur moi . Il expira une demi-heure plus tard.

L’équipage du 424 s’est abrité dans un caniveau passant sous la route. Un obus de 88 tombe dans le fossé et roule sur eux sans exploser.

Le Père Starki , aumônier du B.I.M.P., arrive dans la maison où l’on avait transporté le matelot Roffe au moment où celui-ci venait d’expirer. Que faut-il donc faire pour arriver à temps, dit-il, on aurait dû venir me chercher . On ne pouvait pas savoir qu’il fallait aller vous chercher entre nous et l’ennemi , lui est-il répondu.

Le Second-Maître Antoine est évacué vers l’arrière affreusement déchiqueté. Croisant un groupe de prisonniers allemands, il demande qu’on leur fasse tourner la tête pour qu’ils ne voient pas un Français dans cet état. II expirera une heure plus tard.

Par suite de mauvaises transmissions, le tir d’artillerie demandé n’est pas déclenché.

Vers 18 heures, le Général Brosset arrive au P.C. de l’escadron, indique que le B.I.M.P. va attaquer La Garde et demande au commandant du groupement de renouveler ses précédentes tentatives.

Le Commandant Langlois expose au Général la situation de l’escadron et le Général annule son ordre, tout en demandant que le groupement reste sur place Jusqu’à sa relève par le 2e escadron, pour l’attaque qui aura lieu le lendemain si la tentative du B.I.M.P. reste sans succès (6) .


Notes

(1) Mort au champ d’honneur le 30 septembre 1944 devant Belfort

(2) Compagnon de la Libération, mort pour la France au Ballon d’Alsace le 24-11-44

(3) Son nom est resté inconnu jusqu’à ce jour

(4) Sur une centaine de marins engagés

(5) Qui perdra une jambe dans les combats d’Alsace

(6) Le B.I.M.P. ayant atteint le remblai du chemin de fer piétine sous le jeu meurtrier des canons ennemis, un tir de notre artillerie sur La Garde est commandé pour soutenir l’attaque.

Cependant les premiers éléments du B.I.M.P. entreront dans le village avant le déclenchement de ce tir, sous la conduite d’un de nos camarades dans les conditions que relate la citation suivante : (o/général n°17 du 2e C.A.)

X., Chef de section confirmé... le 23 août 1944 a, par une initiative heureuse pénétré avec quelques hommes dans le village de La Garde que le bataillon se préparait à attaquer, est revenu rendre compte de ses actes, traversant à plusieurs reprises la zone prise à partie par les canons ennemis qui tiraient à vue. Il est à souligner que cette opération a évité au village de La Garde la dure épreuve d’un bombardement par notre propre artillerie .

​24 AOUT

Au lever du Jour le P.C. est à nouveau pris à partie par un tir d’artillerie et d’antichars ennemis.

Vers 8 heures, le 2e escadron procède à la relève. Entre-temps, les canons ennemis se sont repliés.

L’escadron entre à Hyères où il enterre ses morts et répare son matériel. Il y restera quatre Jours pendant lesquels chaque matelot sera l’hôte d’un habitant de la ville.

Au cours d’une prise d’armes, le Commandant Langlois remettra, en présence du Commandant Saint-Hillier , chef de l’Etat-Major de la Division, et du Commandant de Morsier, commandant le régiment, les croix de guerre gagnées en Italie (7).


Notes

(7) Le jeune Pratali, habitant d’Hyères, blessé le 21 août en guidant les troupes, engagé au Régiment est décoré de la Croix de Guerre.

LA LEGION D’HONNEUR DE PONT

PONT (E.-J.-E.) enseigne de vaisseau de 1e classe : Officier de grande valeur inspiré d’un haut sens du devoir. S’étant évadé de France pour reprendre la lutte, a participé avec le 1e R.F.M. à la Campagne d’Italie.

Le 22 août, au Golf Hôtel et à Hyères (Var) a pris avec son peloton une part décisive dans la libération de cette ville, montrant un calme, un esprit de décision et une lucidité remarquables sous Les feux violents des mortiers et des armes automatiques ennemis. A engagé le combat corps à corps avec des grenadiers ennemis, détruisant les derniers nids de résistance dépassés par l’infanterie amie ; a appuyé celle-ci de ses feux, est resté au contact tandis qu’elle se repliait. Ayant pénétré le premier dans la ville, l’a traversée d’un trait d’Est en Ouest et a verrouillé certaines de ses issues jusqu’à l’arrivée de l’Infanterie amie.

Le 23 août, à La Garde (Var) a pris le commandement de deux pelotons et mis pied à terre, sous un feu très meurtrier d’armes automatiques d’artillerie et d’anti-chars ennemi, pour en assurer le repli. Blessé à l’œil, n’a pas cessé de commander tous ses éléments repliés, resté seul au feu, il mourait en héros quelques instants plus tard, frappé d’une balle en pleine poitrine.

BIR-HAKIM l’Authion N°6 - Décembre 1953

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